UE645 - Les objets comme source : les textiles et leurs matériaux. 2


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A327
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / bimensuel (1re/3e/5e), jeudi 13:30-17:30
    du 21 octobre 2021 au 3 février 2022
    Nombre de séances : 6


Description


Dernière modification : 31 janvier 2022 08:17

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Domaine
-
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Archéologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
https://wildsilks.hypotheses.org/459 
Langues
anglais français
Mots-clés
Artisanat Arts Biologie et société Circulations Coloniales (études) Comparatisme Culture matérielle Geste technique Globalisation Objets Techniques Textiles
Aires culturelles
Afrique Amériques Arabe (monde) Asie Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Annabel Vallard [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre Asie du Sud-Est (CASE)
  • Sophie Desrosiers   maîtresse de conférences (retraité·e), EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Les objets constituent une source particulière du fait de leur matérialité et des possibilités qu’ils nous offrent de repérer, d'analyser et de comparer les pratiques et les idées mises en œuvre au cours de leur fabrication et de leur vie sociale, économique, politique et religieuse. Riches en informations sur le présent comme sur le passé, les textiles permettent de retisser l'histoire parfois sur la très longue durée et de documenter le présent en apportant des clefs de compréhension que les autres sources ne peuvent pas toujours fournir. Pour l’année 2021-2022, le séminaire continuera à explorer les questions de méthodes et de disciplines à travers des études de cas portant sur des mondes proches et lointains en s'intéressant plus particulièrement à la diversité des matériaux impliqués dans les productions textiles (minéraux, plumes, perles, et autres matériaux naturels et chimiques). 

Calendrier des séances :

Jeudi 21 octobre 2021 : Introduction générale (approche, programme, validation), prise de contact avec les étudiant.es, suivi de « Introduction méthodologique sur l'étude de(s) objet(s), tout particulièrement de(s) textile(s) »(Sophie Desrosiers & Annabel Vallard)

Jeudi 18 novembre 2021 : Des plumes sous toutes les coutures

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »

  • Nelly Saunier (artiste plumassière, Paris. http://www.nelly-saunier.com), « L'expérience de la plume »

  • Miguel Mesa Posada (créateur de mode et M2 d’ethnologie à l’EHESS, Bogota), « Les textiles qui s’envolent : notes sur un savoir-faire mexicain revisité » (intervention reportée au 20 janvier)
  • Jérôme Thomas (Institut de recherche intersite en études culturelles, Université Paul-Valery, Montpellier) -https://iriec.www.univ-montp3.fr/fr/les-membres/jérôme-thomas), « Simple esthétique ou langage codifié ? L’ars plumaria en Amérique »

L’Ars plumaria en Amérique a peu retenu l’attention. Considéré comme anecdotique, sans signification aucune, les recherches ont surtout privilégié l’aspect esthétique et la beauté de ces parures. Foisonnantes, multicolores, majestueuses, elles ne laissent pas indifférent et provoquent l’admiration, l’étonnement. Pourtant ces panaches de plumes sont bien plus que de simples ornements. Cet art de l’ornementation corporelle questionne fortement sur la transformation du corps en tant que réceptacle de l’organisation sociale et culturelle d’une société, mais également sur la place des plumes dans cette anthropologie de l’apparence.

Cette étude de cas présente une manière toute particulière d’utiliser les plumes à Florence, au quinzième siècle, pour la création des costumes d’anges, portés par des jeunes garçons pendant des processions ou des spectacles religieux. Pour mieux comprendre cette pratique, au début, je vais présenter les caractéristiques et spécificités du théâtre religieux florentin de cette période, en me refermant sur ses promoteurs, les réseaux sociaux des confraternités adultes ou des enfants, mais aussi sur le phénomène plus général de la matérialisation du sacré, auquel elles participent.

Ensuite, je vais discuter sur la base des témoignages et des documents confraternels les aspects concernant les matériaux et les techniques avec lesquels les ailes d’anges étaient réalisés. En même temps, je vais utiliser des sources iconographiques qui offrent des informations visuelles concernant les spectacles religieux de Florence et implicitement sur les plumes des enfants-anges ailés. En analysant ces textes et ces images on peut reconstituer un traitement unique des plumes dans la Florence du quinzième siècle, qui s’inscrit dans une tendance plus générale avec laquelle l’idée imaginaire des êtres divins et de l’au-delà prend vie sur scène, s’incarne et se matérialise pour créer des expressions uniques de la culture matérielle du Quattrocento.

  • Ingrid Houssaye-Michienzi (CNRS, UMR 8167 Orient & Méditerranée), « Le commerce des plumes d'autruche à la fin du Moyen-Âge: du désert aux marchés européens »

À la fin du Moyen-Âge, les plumes d'autruche, fines et précieuses, étaient acheminées des confins du monde africain alors connu et exportées sur les principaux marchés d'Europe occidentale. Dans cette intervention nous nous pencherons sur les traces de ce commerce et sur les différents usages qui étaient faits de ces plumes particulières.

Jeudi 2 décembre 2021 : Colorants: indigo, cochenille, etc.

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Clément Bottier (designer textile et couleur) – « Les colorants naturels, des couleurs plurielles »

L’histoire des colorants organiques naturels est millénaire. Source unique de coloration textile jusque 1856, ces plantes et animaux renfermant des colorants restent pourtant méconnus des historiens, des scientifiques et des praticiens des couleurs. 

Ces matières colorantes connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt chez les chercheurs, artisans, designers et industriels. Aujourd’hui, ces couleurs plurielles offrent de nouvelles perspectives dans les pratiques de teinture contemporaines et croisent les recherches des historiens de l’art, archivistes et historiens des techniques.

  • Georges Roque (historien, Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS/EHESS, https://cral.ehess.fr/membres/georges-roque) – « Les aventures de la cochenille dans le monde du textile et de la peinture »- Intervention en ligne

Une histoire matérielle de la couleur ne peut se contenter de s'intéresser à un colorant sous l'angle strict de la teinte qu'il produit. Le cas exemplaire de la cochenille permet d'étendre la réflexion à d'autres aspects relevant notamment de l'histoire économique. On insistera en ce sens sur l'importance de bien distinguer la teinte du colorant/pigment avec toutes les conséquences qu'entraîne cette distinction. Il sera aussi question des différences frappantes entre les usages de la cochenille dans les textiles et en peinture.

  • Olivier Gosselain (archéologue et ethnologue, Université Libre de Bruxelles, Centre d’Anthropologie Culturelle https://cac.centresphisoc.ulb.be/fr/user/654) - «Danse d'objets autour d'un tas de cendres. Documenter l'ancienne activité de teinturerie au Nord Bénin »

Dans la région du fleuve Niger, au Nord bénin, une filière textile centrée sur le coton s'est développée il y a plusieurs siècles. Disparue dans les années 1980, elle ne survit plus aujourd'hui que dans la mémoire des derniers praticiens encore en vie ou dans les objets et dispositifs techniques qui ont résisté à l'usure du temps.

En me focalisant sur le processus de teinture à l'indigo des fils et des tissus, je montrerai comment nous nous efforçons de documenter les techniques et le monde social de l'activité par interview des anciens praticiens. Nous verrons notamment comment les personnes interrogées "donnent à voir" la technique en manipulant des objets usuels lors des entretiens filmé ou en commentant les vestiges visibles sur les sites d'anciens ateliers. Cette collecte d'informations réalisée hors des cadres de pratique et essentiellement étayée par des témoignages oraux permet, étonnamment, d'accéder à un haut niveau de détail dans la description de l'activité de teinturerie.

Jeudi 16 décembre 2021 : Soies domestique et sauvages

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Min Sun Hwang (Conservator of Chinese and Korean costumes and textiles, Department of Asian Art, MMA, New York) – « Three weeks and forty Silkworms: Sericulture of Wild and Cultivated Silk in Japan »

Cultivated silkworm Bombyx mori sericulture in Japan can be dated back to the 5th century and the Japanese wild silkworm Antheraea yamamai has existed more than 1,000 years. The long history and complex development of Japanese sericulture have been researched and contextualized by many art historians and other scholars. However, it is rare to find research texts that describes the varied physical properties of the final silk products resulting from different sericulture processes. This presentation is an overview of a three weeks long trip, financially supported by The Metropolitan Museum of Art, that was made in order to witness similarities and differences between cultivated silk and wild silk sericulture, eventually helping to differentiate silk textiles woven with cultivated silk yarns and wild silk yarns in the Met textile collection.

  • Annemarie Stauffer (Prof. Dr. Annemarie Stauffer, Cologne University of Conservation Sciences) – « Wild silk in the Roman world (1 c. BC – 3rd c. CE). The evidence from Palmyra and recent finds from north western Germany »

From the 1st c. BC intensified trade connections between the East and the Roman empire also left traces in the area of dress and adornment among the people who were in direct contact with or acted themselves as traders. Since the 1st c. BC, a continuously increasing number of written sources reflect the considerable amount of silk fabrics from China becoming available in Rome and the Roman Empire. Yet the original documents from this period are almost completely missing. An exception is the numerous textiles recovered at Palmyra, an important trading place in the Syrian desert. All textile finds can be dated between the 1st c. BC. to the 3rd c. Among those finds a large number of fabrics woven from mulberry silk from China could be identified as well as a number of items woven from wild silk. In the first part of the lecture the place, its trading connections and the fragments of wild silk found in Palmyrene tombs will be presented. 

The second part is focused on optical characteristics of the material and the question how wild silk can be separated from mulberry silk with analytical methods generally accessible to textile researchers (digital microscope, translucent microscope and SEM). Analyses of samples from Palmyra will be presented and the differences between silk and wild silk from Palmyra will be discussed.

The third part is dedicated to recent finds of wild silk in the north western Roman provinces Gallia Belgica and Germania. Within the last 20 years fibers of wild silk could be identified among the contents of sarcophagi at Trier and three sites in the neighborhood of Cologne (Borschemich, Weilerswist Rommerskirchen), both important administrative places within the Roman empire. The burials can be dated between the early 2nd c. and 300. Different to the finds in Palmyra, only traces of single fibres could be identified as being wild silk. All finds came to light in tombs of members belonging to the highest social class. The finds and their context will be presented and their impact on textile history and history of trade will be discussed.

  • Bo Young Lee (Ph.D., D. Phil (OXON), postdoctoral research fellow, Smithsonian Museum Conservation Institute) – « Silk: entomology, physicochemical properties, and challenges in archaeology »

Silk has been a luxurious commodity throughout modern human history, and sericulture has played an important role in ancient global trade as well as technological and cultural developments. Although what we reckon as silk today is the product of Bombyx mori silkworm, the domesticated Chinese silkworm, the surviving indigenous crafts and historical records suggest various “wild silks” have also been used prior to the domestication of the B. mori

The first section will explain how the varieties of silks are different from each other by briefly discussing their entomology and geographical habitat and give a digest of silk cultivation and thread production. We will discuss how the materiality has affected the socio-cultural aspect of silk.

The second section will describe the physical and chemical properties of domesticated and non-domesticated silks from a polymer to a molecular level. This will lead to the discussion of technical challenges in investigating the origins of different silks from archaeological specimen and how to tackle them.

The third section will be dedicated to the archaeological interpretation of the recent analysis of Palmyra silks. The alleged wild silks were identified as silk fibres derived from the Indian silkworm Antheraea mylitta by protein mass spectrometry technique. This is the first biochemical evidence supporting the production and trade of Indian wild silks in antiquity as recorded in Periplus Maris Erythraei. A solid scientific study can bridge the gaps in archaeology and contribute to the reconstruction of the history.

Jeudi 20 janvier 2022 : Séance ouverte aux participant.es du séminaire et travaux d’étudiant.es

  •  Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Elvire Gaucher (M1, Savoir en société, HSTS, EHESS), Lecture critique de l’article de Thierry Maillet : "Les échantillons, un vecteur d’innovations dans l’industrie textile en France au XIXe siècle". In : J.-F. Eck, P. Tilly, (dir.), Innovations et transferts de technologie en Europe du Nord-Ouest aux XIXe et XXe siècles, Bruxelles, PIE Peter Lang (Euroclio – vol. 60), 2011 https://eur.academia.edu/ThierryMaillet .

  • Katharina Vilieva (M1, Savoir en société, HSTS, EHESS) Choix et refus de techniques : retour à des techniques désuètes chez les typographes

Comment les chercheurs ont abordé la question de choix ou de refus technique ? Comment comprendre le retour à des anciennes techniques de production et comment ces techniques désuètes s'articulent avec les innovations contemporaines ? Dans les ateliers de typographes les techniques sont une partie prise dans la production, mais ne se limitent pas à des recherches esthétiques et graphiques, elles ont ouvert des portes à des échanges sur les modes de production, la transmission de savoirs et la valeur de travail. Le retour à l'artisanat, un "stade" avant la formation de la classe ouvrière ou retour à des machines du XXe comme à "l'époque" d'avant les ordinateur et l'atomisation du métier est comme un anté porteur d'une utopie sociale et une forme de résistance à l'injonction d’accélération et d'innovation. Cependant la recherche des techniques perdues est loin d'être cloisonnée et est sans cesse confrontée à des nouvelles pratiques et culture visuelle qui la transforment.

  • Harena Raveloarison (M2, Histoire, EHESS), L'histoire du vêtement comme fenêtre sur les relations entre le Japon de Meiji et la France : dynamiques de co-création et de co-production dans l'industrie de l'habillement (1850-1920)

L’objectif principal de mon projet de recherche est de mobiliser l'histoire du vêtement et de la mode pour contribuer aux études sur les relations entre le Japon et la France au tournant du XXe siècle. En s'intéressant tout particulièrement aux enjeux matériels et techniques du vêtement, le projet se focalise sur un segment particulier de la création et de la production vestimentaire de cette période : les vêtements "japonisants" ou "d'inspiration japonaise" commercialisés en France.

  • Caroline Nautré Pérez (doctorante en histoire & archéologie, Université de Nanterre), « La ‘Capacocha’. Nouvelles perspectives sur le rituel préhispanique andin de sacrifice d’enfants. Présentation des textiles « Capacocha » trouvés en Haute Montagne » 

La « Capacocha » concerne un pan de l’histoire préhispanique andine à la veille de la conquête espagnole : il s’agirait d’un rituel de la période Inca (XVe-XVIe siècles de notre ère) caractérisé par le sacrifice d’enfants. Ce rituel nous est connu à travers les documents coloniaux des XVIe-XVIIe siècles mais aussi les vestiges archéologiques, notamment ceux trouvés sur la cime des Hautes Montagnes de la cordillère andine. Parmi ces vestiges, les textiles, pour lesquels nous disposons d'informations, descriptions et parfois d'illustration dans les chroniques coloniales, sont particulièrement bien conservés. Dans les contextes archéologiques, les vêtements de ces enfants ont ainsi été trouvés dans d'excellentes conditions de conservation, ainsi que ceux enveloppant des statuettes miniatures. Ces textiles nous offrent, à travers leurs couleurs, techniques et iconographie, une clé de lecture et ouvrent la voie à de nouvelles interprétations sur ce rituel sacrificiel. 

Jeudi 3 février 2022 : Soies marines

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Felicitas Maeder (Naturhistorisches Museum, Basel) https://muschelseide.ch/en/ Du byssus antique à la soie marine moderne - Faits et Fake News

L'histoire de la soie marine est indissociable de la notion de byssus. Dans l'Antiquité, et dans la Bible, le byssus est le terme utilisé pour désigner le lin le plus fin. Suite à une erreur de traduction de l'Historia animalium d'Aristote, la barbe fibreuse de la Pinna nobilis a également été appelée byssus dès le XVIe siècle. Les erreurs d'attribution étaient donc inévitables. La soie marine est le byssus nettoyé, peigné et utilisées pour des travaux textiles. Les premières sources écrites datent du IIe siècle de notre ère, la première découverte matérielle du IVe siècle de notre ère. Le premier objet conservé date du XIVe siècle : le bonnet simple a été trouvé lors de fouilles à proximité de la basilique de Saint-Denis. Les termes utilisés pour désigner la soie marine sont nombreux. On trouve également des désignations pour la soie marine dans les anciennes cultures autour de la Méditerranée, mais certaines nécessitent encore des études approfondies. Depuis 1700, Tarente dans les Pouilles et l'île de Sardaigne étaient les principales zones de production. On y fabriquait de petits objets tricotés, des tentures murales brodées et une sorte de fourrure à partir de la barbe entière nettoyée. L'analyse de la fibre révèle une section transversale elliptique caractéristique. L'histoire de la soie marine est marquée par de nombreux mythes et légendes qui, ces dernières années, ont souvent donné lieu à des interprétations erronées de textiles anciens. Malheureusement, une prétendue découverte de fibres de soie marine à Pompéi s'est avérée être une fausse attribution.

Bibliographie.

Maeder, F., Walton Rogers, P. and Gleba, M. A mysterious little piece: a compound weave textile incorporating sea silk from the Natural History Museum, LondonArchaeological Textile Review ATR. 61, 2019, 114-121.

Maeder, F. and Médard, F. Too good to be true – no sea-silk in Pompeii. In Purpureae Vestes VI: Proceedings of the International Symposium “Textiles and Dyes in the Mediterranean Economy and Society”, Padova 17-20 Oct. 2016. M. S. Busana, M. Gleba, F. Meo, A. R. Tricomi (eds.), Libros Pórtico, Zaragoza: 295- 303, 2018.

Maeder, F.  Byssus and sea-silk: a linguistic problem with consequences. In Treasures from the Sea –Sea Silk and Shellfish Purple Dye in Antiquity. H. Landenius Enegren and F. Meo (eds), Oxbow Books, Ancient Textile Series 30, Oxford, 4-19, 2017b.

Maeder, F.  Irritating Byssus – Etymological problems, material facts and the impact of mass media. In Textile Terminologies from the Orient to the Mediterranean and Europe 1000 BC – AD 1000. S. Gaspa, C. Michel, M.-L. Nosch (eds), Lincoln NE : Zea Books), 500-519, 2017a.

  • Boyoung Lee, Ph.D., D. Phil (OXON). Postdoctoral Research Fellow at the Smithsonian Museum Conservation Institute Proteomics study of Byssus Fibre (online from Washington DC)

Byssus, also known as sea silk, is produced by Pinna nobilis L. These are threads used to anchor the bivalve to the ocean floor. Byssus is mentioned in ancient and medieval literature and samples have been collected from 19th century travels. Most recently, byssus threads have been studied in order to understand its unique adhesive bonding mechanisms and working properties. Yet the fibrous protein threads have not been characterized by proteomics. As the material is not well known and can be confused with silk from silkworms morphologically, a method based on chemical characterization would be desirable. It might be able to reveal the use of sea silk fibres in ancient textiles where it has been overlooked or misidentified. Here, samples of raw fibres and of a yarn from the National Museum of Natural History (Smithsonian NMNH) were examined by high resolution microscopy and nanoLC-tandem MS on Orbitrap Velos. The analysis showed that the extracted parts of P. nobilis byssus fibre protein has some similarities to A. pectinata foot protein (A0A0U1XN99) and the thrombospondin-like protein of P. fucata (A0A0P0M060), indicating P. nobilis is likely made from structural proteins that are non-collagen based, as opposed to other mussel species from the Mytiloida order. In the absence of genomics data and protein sequences for P. nobilis, de novo sequences were evaluated, allowing the identification of a high number of potential markers and creation of consensus sequences for four proteins: Kazal-type serine protease inhibitor, chitinase 1, foot protein 1 and TSP1-containing protein. The proteins and markers identified are very different from traditional silk peptides from silkworms and can be used to unambiguously differentiate the different types of silk in ancient textiles. In addition, differences were observed between the raw fibres sourced in Algeria and the yarn produced in Italy, suggesting variations at the protein level between specimens from different geographic areas, which might mirror genetic divergence observed for P. nobilis on a North-South divide of the Mediterranean basin.

Selected Bibliography

1 Project Muschelseide” (https://muschelseide.ch/), conducted by Dr.Felicitas Maeder based at the Natural History Museum in Basel

2 Waite JH, Qin X-X, Coyne KJ. “The Peculiar Collagens of Mussel Byssus”. Matrix Biology. 1998, 17: 93-106.

3 Pasche D, Horbelt N, Marin F, Motreuil S, Fratzl P, Harrington MJ. “Self-healing silk from the sea: role of helical hierarchical structure in Pinna nobilis byssus mechanics”. Soft Matter. 2019, 15(47): 9654-64.

  • Patricia Ribault (Institute for Cultural History and Theory, Université de Humbolt, Berlin) :

Pensée magique et démarche scientifique sont-elles incompatibles ? L’exemple de Chiara Vigo.

Le projet « Sea Silk » du Max Planck Institute of Colloids and Interfaces de Potsdam porte sur les propriétés mécaniques spécifiques du byssus de Pinna Nobilis, ainsi que sur le processus de transformation de ce biomatériau extrêmement léger, lisse et résistant, en un fil doré également appelé "soie de mer". Pour cela, l’équipe a rencontré Chiara Vigo, une tisseuse sarde de soie de mer, qui récolte, tisse, teint et brode ce matériau et met en scène sa pratique à grand renfort de gestes et de chants censés être magiques. Ce faisant, elle tente de sauvegarder une tradition et une technique qu’elle s’est appropriées en faisant appel au prestige du maître et du magicien — c’est-à-dire au culte du secret — tout en révélant ses modes opératoires aux scientifiques qui lui en font la demande. Science, technique et magie peuvent-elles coexister dans le monde actuel de la connaissance logique et des opérations rationnelles ? Peut-on encore donner un sens à ces gestes et rituels sans discréditer les efforts déployés depuis les Lumières pour que le savoir encyclopédique remplace les croyances obscures et les pratiques irrationnelles ? En fin de compte, la pratique de Chiara Vigo a-t-elle encore lieu d’être aujourd’hui ?

Bibliographie

• “Blowing as a Mode of Giving Form. Perspectives on Two Cultural Techniques” in Breath. Morphological, Ecological and Social Dimensions, Eds. Linn Burchert, Iva Rešetar, Walter de Gruyter GmbH, Berlin/Boston, 2021, pp. 119 - 133.

• « Chiara Vigo ou la maîtrise de soie. Pensée magique, processus technique et démarche scientifique en question », in Images Re-vues, Hors-série 7 | 2019, mis en ligne le 10 décembre 2019, CNRS, EHESS. URL : http://journals.openedition.org/imagesrevues/7055

Biographie

Patricia Ribault est professeure de Performative Design Research à l’École d’art et de design Weißensee depuis 2020 et Principal Investigator du Cluster d'Excellence Matters of Activity de l'Université Humboldt de Berlin. Elle est aussi enseignante aux Beaux-Arts de Paris depuis 2011. Elle a commencé sa carrière par des études d'arts appliqués et de céramique à Paris et un apprentissage du verre soufflé en Angleterre, Italie (Murano) et Tunisie. Ses recherches portent principalement sur les notions de corps, geste, travail, technique, matière, art, artisanat, industrie et design, mais aussi, plus récemment, sur l’animalité, les relations interspécifiques et le post-humanisme. Elle édite actuellement un livre intitulé Design, Gestaltung, Formatività. Philosophies of Making, à paraître chez Birkhaüser en 2022.


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets (M1) – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art (M2) – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
sophie.desrosiers@ehess.fr
Informations pratiques

contacter les enseignantes par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel.

Pré-requis

à partir du M1.

Dernière modification : 31 janvier 2022 08:17

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Domaine
-
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Archéologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
https://wildsilks.hypotheses.org/459 
Langues
anglais français
Mots-clés
Artisanat Arts Biologie et société Circulations Coloniales (études) Comparatisme Culture matérielle Geste technique Globalisation Objets Techniques Textiles
Aires culturelles
Afrique Amériques Arabe (monde) Asie Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Annabel Vallard [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre Asie du Sud-Est (CASE)
  • Sophie Desrosiers   maîtresse de conférences (retraité·e), EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Les objets constituent une source particulière du fait de leur matérialité et des possibilités qu’ils nous offrent de repérer, d'analyser et de comparer les pratiques et les idées mises en œuvre au cours de leur fabrication et de leur vie sociale, économique, politique et religieuse. Riches en informations sur le présent comme sur le passé, les textiles permettent de retisser l'histoire parfois sur la très longue durée et de documenter le présent en apportant des clefs de compréhension que les autres sources ne peuvent pas toujours fournir. Pour l’année 2021-2022, le séminaire continuera à explorer les questions de méthodes et de disciplines à travers des études de cas portant sur des mondes proches et lointains en s'intéressant plus particulièrement à la diversité des matériaux impliqués dans les productions textiles (minéraux, plumes, perles, et autres matériaux naturels et chimiques). 

Calendrier des séances :

Jeudi 21 octobre 2021 : Introduction générale (approche, programme, validation), prise de contact avec les étudiant.es, suivi de « Introduction méthodologique sur l'étude de(s) objet(s), tout particulièrement de(s) textile(s) »(Sophie Desrosiers & Annabel Vallard)

Jeudi 18 novembre 2021 : Des plumes sous toutes les coutures

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »

  • Nelly Saunier (artiste plumassière, Paris. http://www.nelly-saunier.com), « L'expérience de la plume »

  • Miguel Mesa Posada (créateur de mode et M2 d’ethnologie à l’EHESS, Bogota), « Les textiles qui s’envolent : notes sur un savoir-faire mexicain revisité » (intervention reportée au 20 janvier)
  • Jérôme Thomas (Institut de recherche intersite en études culturelles, Université Paul-Valery, Montpellier) -https://iriec.www.univ-montp3.fr/fr/les-membres/jérôme-thomas), « Simple esthétique ou langage codifié ? L’ars plumaria en Amérique »

L’Ars plumaria en Amérique a peu retenu l’attention. Considéré comme anecdotique, sans signification aucune, les recherches ont surtout privilégié l’aspect esthétique et la beauté de ces parures. Foisonnantes, multicolores, majestueuses, elles ne laissent pas indifférent et provoquent l’admiration, l’étonnement. Pourtant ces panaches de plumes sont bien plus que de simples ornements. Cet art de l’ornementation corporelle questionne fortement sur la transformation du corps en tant que réceptacle de l’organisation sociale et culturelle d’une société, mais également sur la place des plumes dans cette anthropologie de l’apparence.

Cette étude de cas présente une manière toute particulière d’utiliser les plumes à Florence, au quinzième siècle, pour la création des costumes d’anges, portés par des jeunes garçons pendant des processions ou des spectacles religieux. Pour mieux comprendre cette pratique, au début, je vais présenter les caractéristiques et spécificités du théâtre religieux florentin de cette période, en me refermant sur ses promoteurs, les réseaux sociaux des confraternités adultes ou des enfants, mais aussi sur le phénomène plus général de la matérialisation du sacré, auquel elles participent.

Ensuite, je vais discuter sur la base des témoignages et des documents confraternels les aspects concernant les matériaux et les techniques avec lesquels les ailes d’anges étaient réalisés. En même temps, je vais utiliser des sources iconographiques qui offrent des informations visuelles concernant les spectacles religieux de Florence et implicitement sur les plumes des enfants-anges ailés. En analysant ces textes et ces images on peut reconstituer un traitement unique des plumes dans la Florence du quinzième siècle, qui s’inscrit dans une tendance plus générale avec laquelle l’idée imaginaire des êtres divins et de l’au-delà prend vie sur scène, s’incarne et se matérialise pour créer des expressions uniques de la culture matérielle du Quattrocento.

  • Ingrid Houssaye-Michienzi (CNRS, UMR 8167 Orient & Méditerranée), « Le commerce des plumes d'autruche à la fin du Moyen-Âge: du désert aux marchés européens »

À la fin du Moyen-Âge, les plumes d'autruche, fines et précieuses, étaient acheminées des confins du monde africain alors connu et exportées sur les principaux marchés d'Europe occidentale. Dans cette intervention nous nous pencherons sur les traces de ce commerce et sur les différents usages qui étaient faits de ces plumes particulières.

Jeudi 2 décembre 2021 : Colorants: indigo, cochenille, etc.

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Clément Bottier (designer textile et couleur) – « Les colorants naturels, des couleurs plurielles »

L’histoire des colorants organiques naturels est millénaire. Source unique de coloration textile jusque 1856, ces plantes et animaux renfermant des colorants restent pourtant méconnus des historiens, des scientifiques et des praticiens des couleurs. 

Ces matières colorantes connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt chez les chercheurs, artisans, designers et industriels. Aujourd’hui, ces couleurs plurielles offrent de nouvelles perspectives dans les pratiques de teinture contemporaines et croisent les recherches des historiens de l’art, archivistes et historiens des techniques.

  • Georges Roque (historien, Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS/EHESS, https://cral.ehess.fr/membres/georges-roque) – « Les aventures de la cochenille dans le monde du textile et de la peinture »- Intervention en ligne

Une histoire matérielle de la couleur ne peut se contenter de s'intéresser à un colorant sous l'angle strict de la teinte qu'il produit. Le cas exemplaire de la cochenille permet d'étendre la réflexion à d'autres aspects relevant notamment de l'histoire économique. On insistera en ce sens sur l'importance de bien distinguer la teinte du colorant/pigment avec toutes les conséquences qu'entraîne cette distinction. Il sera aussi question des différences frappantes entre les usages de la cochenille dans les textiles et en peinture.

  • Olivier Gosselain (archéologue et ethnologue, Université Libre de Bruxelles, Centre d’Anthropologie Culturelle https://cac.centresphisoc.ulb.be/fr/user/654) - «Danse d'objets autour d'un tas de cendres. Documenter l'ancienne activité de teinturerie au Nord Bénin »

Dans la région du fleuve Niger, au Nord bénin, une filière textile centrée sur le coton s'est développée il y a plusieurs siècles. Disparue dans les années 1980, elle ne survit plus aujourd'hui que dans la mémoire des derniers praticiens encore en vie ou dans les objets et dispositifs techniques qui ont résisté à l'usure du temps.

En me focalisant sur le processus de teinture à l'indigo des fils et des tissus, je montrerai comment nous nous efforçons de documenter les techniques et le monde social de l'activité par interview des anciens praticiens. Nous verrons notamment comment les personnes interrogées "donnent à voir" la technique en manipulant des objets usuels lors des entretiens filmé ou en commentant les vestiges visibles sur les sites d'anciens ateliers. Cette collecte d'informations réalisée hors des cadres de pratique et essentiellement étayée par des témoignages oraux permet, étonnamment, d'accéder à un haut niveau de détail dans la description de l'activité de teinturerie.

Jeudi 16 décembre 2021 : Soies domestique et sauvages

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Min Sun Hwang (Conservator of Chinese and Korean costumes and textiles, Department of Asian Art, MMA, New York) – « Three weeks and forty Silkworms: Sericulture of Wild and Cultivated Silk in Japan »

Cultivated silkworm Bombyx mori sericulture in Japan can be dated back to the 5th century and the Japanese wild silkworm Antheraea yamamai has existed more than 1,000 years. The long history and complex development of Japanese sericulture have been researched and contextualized by many art historians and other scholars. However, it is rare to find research texts that describes the varied physical properties of the final silk products resulting from different sericulture processes. This presentation is an overview of a three weeks long trip, financially supported by The Metropolitan Museum of Art, that was made in order to witness similarities and differences between cultivated silk and wild silk sericulture, eventually helping to differentiate silk textiles woven with cultivated silk yarns and wild silk yarns in the Met textile collection.

  • Annemarie Stauffer (Prof. Dr. Annemarie Stauffer, Cologne University of Conservation Sciences) – « Wild silk in the Roman world (1 c. BC – 3rd c. CE). The evidence from Palmyra and recent finds from north western Germany »

From the 1st c. BC intensified trade connections between the East and the Roman empire also left traces in the area of dress and adornment among the people who were in direct contact with or acted themselves as traders. Since the 1st c. BC, a continuously increasing number of written sources reflect the considerable amount of silk fabrics from China becoming available in Rome and the Roman Empire. Yet the original documents from this period are almost completely missing. An exception is the numerous textiles recovered at Palmyra, an important trading place in the Syrian desert. All textile finds can be dated between the 1st c. BC. to the 3rd c. Among those finds a large number of fabrics woven from mulberry silk from China could be identified as well as a number of items woven from wild silk. In the first part of the lecture the place, its trading connections and the fragments of wild silk found in Palmyrene tombs will be presented. 

The second part is focused on optical characteristics of the material and the question how wild silk can be separated from mulberry silk with analytical methods generally accessible to textile researchers (digital microscope, translucent microscope and SEM). Analyses of samples from Palmyra will be presented and the differences between silk and wild silk from Palmyra will be discussed.

The third part is dedicated to recent finds of wild silk in the north western Roman provinces Gallia Belgica and Germania. Within the last 20 years fibers of wild silk could be identified among the contents of sarcophagi at Trier and three sites in the neighborhood of Cologne (Borschemich, Weilerswist Rommerskirchen), both important administrative places within the Roman empire. The burials can be dated between the early 2nd c. and 300. Different to the finds in Palmyra, only traces of single fibres could be identified as being wild silk. All finds came to light in tombs of members belonging to the highest social class. The finds and their context will be presented and their impact on textile history and history of trade will be discussed.

  • Bo Young Lee (Ph.D., D. Phil (OXON), postdoctoral research fellow, Smithsonian Museum Conservation Institute) – « Silk: entomology, physicochemical properties, and challenges in archaeology »

Silk has been a luxurious commodity throughout modern human history, and sericulture has played an important role in ancient global trade as well as technological and cultural developments. Although what we reckon as silk today is the product of Bombyx mori silkworm, the domesticated Chinese silkworm, the surviving indigenous crafts and historical records suggest various “wild silks” have also been used prior to the domestication of the B. mori

The first section will explain how the varieties of silks are different from each other by briefly discussing their entomology and geographical habitat and give a digest of silk cultivation and thread production. We will discuss how the materiality has affected the socio-cultural aspect of silk.

The second section will describe the physical and chemical properties of domesticated and non-domesticated silks from a polymer to a molecular level. This will lead to the discussion of technical challenges in investigating the origins of different silks from archaeological specimen and how to tackle them.

The third section will be dedicated to the archaeological interpretation of the recent analysis of Palmyra silks. The alleged wild silks were identified as silk fibres derived from the Indian silkworm Antheraea mylitta by protein mass spectrometry technique. This is the first biochemical evidence supporting the production and trade of Indian wild silks in antiquity as recorded in Periplus Maris Erythraei. A solid scientific study can bridge the gaps in archaeology and contribute to the reconstruction of the history.

Jeudi 20 janvier 2022 : Séance ouverte aux participant.es du séminaire et travaux d’étudiant.es

  •  Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Elvire Gaucher (M1, Savoir en société, HSTS, EHESS), Lecture critique de l’article de Thierry Maillet : "Les échantillons, un vecteur d’innovations dans l’industrie textile en France au XIXe siècle". In : J.-F. Eck, P. Tilly, (dir.), Innovations et transferts de technologie en Europe du Nord-Ouest aux XIXe et XXe siècles, Bruxelles, PIE Peter Lang (Euroclio – vol. 60), 2011 https://eur.academia.edu/ThierryMaillet .

  • Katharina Vilieva (M1, Savoir en société, HSTS, EHESS) Choix et refus de techniques : retour à des techniques désuètes chez les typographes

Comment les chercheurs ont abordé la question de choix ou de refus technique ? Comment comprendre le retour à des anciennes techniques de production et comment ces techniques désuètes s'articulent avec les innovations contemporaines ? Dans les ateliers de typographes les techniques sont une partie prise dans la production, mais ne se limitent pas à des recherches esthétiques et graphiques, elles ont ouvert des portes à des échanges sur les modes de production, la transmission de savoirs et la valeur de travail. Le retour à l'artisanat, un "stade" avant la formation de la classe ouvrière ou retour à des machines du XXe comme à "l'époque" d'avant les ordinateur et l'atomisation du métier est comme un anté porteur d'une utopie sociale et une forme de résistance à l'injonction d’accélération et d'innovation. Cependant la recherche des techniques perdues est loin d'être cloisonnée et est sans cesse confrontée à des nouvelles pratiques et culture visuelle qui la transforment.

  • Harena Raveloarison (M2, Histoire, EHESS), L'histoire du vêtement comme fenêtre sur les relations entre le Japon de Meiji et la France : dynamiques de co-création et de co-production dans l'industrie de l'habillement (1850-1920)

L’objectif principal de mon projet de recherche est de mobiliser l'histoire du vêtement et de la mode pour contribuer aux études sur les relations entre le Japon et la France au tournant du XXe siècle. En s'intéressant tout particulièrement aux enjeux matériels et techniques du vêtement, le projet se focalise sur un segment particulier de la création et de la production vestimentaire de cette période : les vêtements "japonisants" ou "d'inspiration japonaise" commercialisés en France.

  • Caroline Nautré Pérez (doctorante en histoire & archéologie, Université de Nanterre), « La ‘Capacocha’. Nouvelles perspectives sur le rituel préhispanique andin de sacrifice d’enfants. Présentation des textiles « Capacocha » trouvés en Haute Montagne » 

La « Capacocha » concerne un pan de l’histoire préhispanique andine à la veille de la conquête espagnole : il s’agirait d’un rituel de la période Inca (XVe-XVIe siècles de notre ère) caractérisé par le sacrifice d’enfants. Ce rituel nous est connu à travers les documents coloniaux des XVIe-XVIIe siècles mais aussi les vestiges archéologiques, notamment ceux trouvés sur la cime des Hautes Montagnes de la cordillère andine. Parmi ces vestiges, les textiles, pour lesquels nous disposons d'informations, descriptions et parfois d'illustration dans les chroniques coloniales, sont particulièrement bien conservés. Dans les contextes archéologiques, les vêtements de ces enfants ont ainsi été trouvés dans d'excellentes conditions de conservation, ainsi que ceux enveloppant des statuettes miniatures. Ces textiles nous offrent, à travers leurs couleurs, techniques et iconographie, une clé de lecture et ouvrent la voie à de nouvelles interprétations sur ce rituel sacrificiel. 

Jeudi 3 février 2022 : Soies marines

  • Annabel Vallard & Sophie Desrosiers« Introduction »
  • Felicitas Maeder (Naturhistorisches Museum, Basel) https://muschelseide.ch/en/ Du byssus antique à la soie marine moderne - Faits et Fake News

L'histoire de la soie marine est indissociable de la notion de byssus. Dans l'Antiquité, et dans la Bible, le byssus est le terme utilisé pour désigner le lin le plus fin. Suite à une erreur de traduction de l'Historia animalium d'Aristote, la barbe fibreuse de la Pinna nobilis a également été appelée byssus dès le XVIe siècle. Les erreurs d'attribution étaient donc inévitables. La soie marine est le byssus nettoyé, peigné et utilisées pour des travaux textiles. Les premières sources écrites datent du IIe siècle de notre ère, la première découverte matérielle du IVe siècle de notre ère. Le premier objet conservé date du XIVe siècle : le bonnet simple a été trouvé lors de fouilles à proximité de la basilique de Saint-Denis. Les termes utilisés pour désigner la soie marine sont nombreux. On trouve également des désignations pour la soie marine dans les anciennes cultures autour de la Méditerranée, mais certaines nécessitent encore des études approfondies. Depuis 1700, Tarente dans les Pouilles et l'île de Sardaigne étaient les principales zones de production. On y fabriquait de petits objets tricotés, des tentures murales brodées et une sorte de fourrure à partir de la barbe entière nettoyée. L'analyse de la fibre révèle une section transversale elliptique caractéristique. L'histoire de la soie marine est marquée par de nombreux mythes et légendes qui, ces dernières années, ont souvent donné lieu à des interprétations erronées de textiles anciens. Malheureusement, une prétendue découverte de fibres de soie marine à Pompéi s'est avérée être une fausse attribution.

Bibliographie.

Maeder, F., Walton Rogers, P. and Gleba, M. A mysterious little piece: a compound weave textile incorporating sea silk from the Natural History Museum, LondonArchaeological Textile Review ATR. 61, 2019, 114-121.

Maeder, F. and Médard, F. Too good to be true – no sea-silk in Pompeii. In Purpureae Vestes VI: Proceedings of the International Symposium “Textiles and Dyes in the Mediterranean Economy and Society”, Padova 17-20 Oct. 2016. M. S. Busana, M. Gleba, F. Meo, A. R. Tricomi (eds.), Libros Pórtico, Zaragoza: 295- 303, 2018.

Maeder, F.  Byssus and sea-silk: a linguistic problem with consequences. In Treasures from the Sea –Sea Silk and Shellfish Purple Dye in Antiquity. H. Landenius Enegren and F. Meo (eds), Oxbow Books, Ancient Textile Series 30, Oxford, 4-19, 2017b.

Maeder, F.  Irritating Byssus – Etymological problems, material facts and the impact of mass media. In Textile Terminologies from the Orient to the Mediterranean and Europe 1000 BC – AD 1000. S. Gaspa, C. Michel, M.-L. Nosch (eds), Lincoln NE : Zea Books), 500-519, 2017a.

  • Boyoung Lee, Ph.D., D. Phil (OXON). Postdoctoral Research Fellow at the Smithsonian Museum Conservation Institute Proteomics study of Byssus Fibre (online from Washington DC)

Byssus, also known as sea silk, is produced by Pinna nobilis L. These are threads used to anchor the bivalve to the ocean floor. Byssus is mentioned in ancient and medieval literature and samples have been collected from 19th century travels. Most recently, byssus threads have been studied in order to understand its unique adhesive bonding mechanisms and working properties. Yet the fibrous protein threads have not been characterized by proteomics. As the material is not well known and can be confused with silk from silkworms morphologically, a method based on chemical characterization would be desirable. It might be able to reveal the use of sea silk fibres in ancient textiles where it has been overlooked or misidentified. Here, samples of raw fibres and of a yarn from the National Museum of Natural History (Smithsonian NMNH) were examined by high resolution microscopy and nanoLC-tandem MS on Orbitrap Velos. The analysis showed that the extracted parts of P. nobilis byssus fibre protein has some similarities to A. pectinata foot protein (A0A0U1XN99) and the thrombospondin-like protein of P. fucata (A0A0P0M060), indicating P. nobilis is likely made from structural proteins that are non-collagen based, as opposed to other mussel species from the Mytiloida order. In the absence of genomics data and protein sequences for P. nobilis, de novo sequences were evaluated, allowing the identification of a high number of potential markers and creation of consensus sequences for four proteins: Kazal-type serine protease inhibitor, chitinase 1, foot protein 1 and TSP1-containing protein. The proteins and markers identified are very different from traditional silk peptides from silkworms and can be used to unambiguously differentiate the different types of silk in ancient textiles. In addition, differences were observed between the raw fibres sourced in Algeria and the yarn produced in Italy, suggesting variations at the protein level between specimens from different geographic areas, which might mirror genetic divergence observed for P. nobilis on a North-South divide of the Mediterranean basin.

Selected Bibliography

1 Project Muschelseide” (https://muschelseide.ch/), conducted by Dr.Felicitas Maeder based at the Natural History Museum in Basel

2 Waite JH, Qin X-X, Coyne KJ. “The Peculiar Collagens of Mussel Byssus”. Matrix Biology. 1998, 17: 93-106.

3 Pasche D, Horbelt N, Marin F, Motreuil S, Fratzl P, Harrington MJ. “Self-healing silk from the sea: role of helical hierarchical structure in Pinna nobilis byssus mechanics”. Soft Matter. 2019, 15(47): 9654-64.

  • Patricia Ribault (Institute for Cultural History and Theory, Université de Humbolt, Berlin) :

Pensée magique et démarche scientifique sont-elles incompatibles ? L’exemple de Chiara Vigo.

Le projet « Sea Silk » du Max Planck Institute of Colloids and Interfaces de Potsdam porte sur les propriétés mécaniques spécifiques du byssus de Pinna Nobilis, ainsi que sur le processus de transformation de ce biomatériau extrêmement léger, lisse et résistant, en un fil doré également appelé "soie de mer". Pour cela, l’équipe a rencontré Chiara Vigo, une tisseuse sarde de soie de mer, qui récolte, tisse, teint et brode ce matériau et met en scène sa pratique à grand renfort de gestes et de chants censés être magiques. Ce faisant, elle tente de sauvegarder une tradition et une technique qu’elle s’est appropriées en faisant appel au prestige du maître et du magicien — c’est-à-dire au culte du secret — tout en révélant ses modes opératoires aux scientifiques qui lui en font la demande. Science, technique et magie peuvent-elles coexister dans le monde actuel de la connaissance logique et des opérations rationnelles ? Peut-on encore donner un sens à ces gestes et rituels sans discréditer les efforts déployés depuis les Lumières pour que le savoir encyclopédique remplace les croyances obscures et les pratiques irrationnelles ? En fin de compte, la pratique de Chiara Vigo a-t-elle encore lieu d’être aujourd’hui ?

Bibliographie

• “Blowing as a Mode of Giving Form. Perspectives on Two Cultural Techniques” in Breath. Morphological, Ecological and Social Dimensions, Eds. Linn Burchert, Iva Rešetar, Walter de Gruyter GmbH, Berlin/Boston, 2021, pp. 119 - 133.

• « Chiara Vigo ou la maîtrise de soie. Pensée magique, processus technique et démarche scientifique en question », in Images Re-vues, Hors-série 7 | 2019, mis en ligne le 10 décembre 2019, CNRS, EHESS. URL : http://journals.openedition.org/imagesrevues/7055

Biographie

Patricia Ribault est professeure de Performative Design Research à l’École d’art et de design Weißensee depuis 2020 et Principal Investigator du Cluster d'Excellence Matters of Activity de l'Université Humboldt de Berlin. Elle est aussi enseignante aux Beaux-Arts de Paris depuis 2011. Elle a commencé sa carrière par des études d'arts appliqués et de céramique à Paris et un apprentissage du verre soufflé en Angleterre, Italie (Murano) et Tunisie. Ses recherches portent principalement sur les notions de corps, geste, travail, technique, matière, art, artisanat, industrie et design, mais aussi, plus récemment, sur l’animalité, les relations interspécifiques et le post-humanisme. Elle édite actuellement un livre intitulé Design, Gestaltung, Formatività. Philosophies of Making, à paraître chez Birkhaüser en 2022.

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets (M1) – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art (M2) – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, dossier de recherche personnelle, exposé oral
Contacts additionnels
sophie.desrosiers@ehess.fr
Informations pratiques

contacter les enseignantes par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel.

Pré-requis

à partir du M1.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A327
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / bimensuel (1re/3e/5e), jeudi 13:30-17:30
    du 21 octobre 2021 au 3 février 2022
    Nombre de séances : 6