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UE74 - La Libération de Paris : un « retour » à la normale pour les familles juives parisiennes ?


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 27 avril 2024 09:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Circulations Discrimination Espace État et politiques publiques Shoah Ville
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s

L’année 2024 est placée par le gouvernement sous le signe de la commémoration du 80e anniversaire de la Libération du territoire qui marquera le début d’un cycle mémoriel. Dans ce contexte, nous aborderons une dimension de cette séquence ouverte en août 1944 qui a jusqu’ici été peu travaillée par la recherche : celle du « retour » des familles juives parisiennes. Sans mettre du côté la question fondamentale du retour des déportés juifs de France, nous souhaitons élargir la focale à l’ensemble de la population juive parisienne.

Après une enquête minutieuse et documentée sur la spoliation immobilière des locataires juifs à Paris et dans sa banlieue, le séminaire de cette année portera pour une large part sur le (non)retour des survivants dans leur logement après la Libération. Fidèles à une méthode déjà fertile depuis plusieurs années, nous considérerons le retour comme un déplacement, reliant plusieurs lieux possibles, afin de considérer des trajectoires diversifiées de familles juives, en plus de ceux qui rentrent de déportation.

Pendant l’occupation, des milliers de familles juives ont été dépossédées de leur contrat locatif – 25 000 familles d’après des estimations fin 1944 soit près de 100 000 juifs (la moitié de la communauté juive parisienne). À la Libération, les membres encore vivants de ces familles sont dispersés et se trouvent encore à Paris, ou plus souvent dans d’autres territoires libérés ou dans un refuge à l’étranger. Dans quelles conditions, et avec quelles contraintes, ont-ils pu réintégrer leur appartement ? Le gouvernement provisoire et la 4e République ont-ils considéré ces familles juives comme des victimes, et quelles ont été les éventuelles dispositions adoptées en leur faveur, ou pas ? D’un point de vue administratif, celui qui laisse le plus de traces dans les archives, quels ont été les services qui ont pris en charge le retour des Juifs dans le parc immobilier parisien ? Dans quelle mesure le recours à la justice a-il-été favorable à la réinstallation des familles dans leur appartement ? Enfin, comment les familles juives se sont-elles adaptées, voire ont utilisé, les conditions qui leur été faites ou bien d’autres dispositifs dans lesquels elles pouvaient s’insérer afin d’obtenir gain de cause ?

Le questionnement s’appliquera aussi bien aux familles revenues indemnes de la persécution qu’à celles dont des membres (et souvent le chef de famille) sont morts pendant la guerre, en déportation, fusillés, dans les troupes de la France libre ou dans d’autres circonstances. Comment la société parisienne, au sortir de la guerre, considère-t-elle les juifs, et les droits qu’ils pourraient revendiquer pour réintégrer la capitale dans laquelle ils étaient nombreux et intégrés. À cet égard, il sera aussi intéressant de comparer comment la question de la pénurie de logements a été traitée pendant la guerre et après la guerre, notamment à partir de la loi du 11 octobre 1945 sur les logements vacants et insuffisamment occupés. La question qui se pose est de savoir si ce qui avait été imaginé pendant l’occupation pour s’emparer des logements juifs a pu inséminer des solutions après-guerre, relativement autoritaires, ou du moins relevant d’un État providence en cours d’installation. Est-ce que cet État providence se serait inspiré des méthodes radicales de Vichy ? Ce ne serait pas le premier pan de l’activité gouvernementale qui aurait conservé les acquis de Vichy.

Si nous concluons à propos de la privation arbitraire et non consentie des baux à une spoliation, le séminaire accueillera des chercheurs avec qui nous pourrons ouvrir la discussion sur des comparaisons avec d’autres spoliations ou des terrains non parisiens, comparaison qui couvrira aussi bien les modalités de réparation après la Libération, les temporalités de la prise en charge par les pouvoirs publics et la manière dont la recherche s’est emparée de cette déclinaison de la persécution de la communauté juive.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire est ouvert à toute personne intéressée par sa thématique

Direction de travaux des étudiants

sur rendez vous par mail

Réception des candidats

sur rendez vous par mail

Pré-requis

Aucun

Dernière modification : 27 avril 2024 09:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Circulations Discrimination Espace État et politiques publiques Shoah Ville
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s

L’année 2024 est placée par le gouvernement sous le signe de la commémoration du 80e anniversaire de la Libération du territoire qui marquera le début d’un cycle mémoriel. Dans ce contexte, nous aborderons une dimension de cette séquence ouverte en août 1944 qui a jusqu’ici été peu travaillée par la recherche : celle du « retour » des familles juives parisiennes. Sans mettre du côté la question fondamentale du retour des déportés juifs de France, nous souhaitons élargir la focale à l’ensemble de la population juive parisienne.

Après une enquête minutieuse et documentée sur la spoliation immobilière des locataires juifs à Paris et dans sa banlieue, le séminaire de cette année portera pour une large part sur le (non)retour des survivants dans leur logement après la Libération. Fidèles à une méthode déjà fertile depuis plusieurs années, nous considérerons le retour comme un déplacement, reliant plusieurs lieux possibles, afin de considérer des trajectoires diversifiées de familles juives, en plus de ceux qui rentrent de déportation.

Pendant l’occupation, des milliers de familles juives ont été dépossédées de leur contrat locatif – 25 000 familles d’après des estimations fin 1944 soit près de 100 000 juifs (la moitié de la communauté juive parisienne). À la Libération, les membres encore vivants de ces familles sont dispersés et se trouvent encore à Paris, ou plus souvent dans d’autres territoires libérés ou dans un refuge à l’étranger. Dans quelles conditions, et avec quelles contraintes, ont-ils pu réintégrer leur appartement ? Le gouvernement provisoire et la 4e République ont-ils considéré ces familles juives comme des victimes, et quelles ont été les éventuelles dispositions adoptées en leur faveur, ou pas ? D’un point de vue administratif, celui qui laisse le plus de traces dans les archives, quels ont été les services qui ont pris en charge le retour des Juifs dans le parc immobilier parisien ? Dans quelle mesure le recours à la justice a-il-été favorable à la réinstallation des familles dans leur appartement ? Enfin, comment les familles juives se sont-elles adaptées, voire ont utilisé, les conditions qui leur été faites ou bien d’autres dispositifs dans lesquels elles pouvaient s’insérer afin d’obtenir gain de cause ?

Le questionnement s’appliquera aussi bien aux familles revenues indemnes de la persécution qu’à celles dont des membres (et souvent le chef de famille) sont morts pendant la guerre, en déportation, fusillés, dans les troupes de la France libre ou dans d’autres circonstances. Comment la société parisienne, au sortir de la guerre, considère-t-elle les juifs, et les droits qu’ils pourraient revendiquer pour réintégrer la capitale dans laquelle ils étaient nombreux et intégrés. À cet égard, il sera aussi intéressant de comparer comment la question de la pénurie de logements a été traitée pendant la guerre et après la guerre, notamment à partir de la loi du 11 octobre 1945 sur les logements vacants et insuffisamment occupés. La question qui se pose est de savoir si ce qui avait été imaginé pendant l’occupation pour s’emparer des logements juifs a pu inséminer des solutions après-guerre, relativement autoritaires, ou du moins relevant d’un État providence en cours d’installation. Est-ce que cet État providence se serait inspiré des méthodes radicales de Vichy ? Ce ne serait pas le premier pan de l’activité gouvernementale qui aurait conservé les acquis de Vichy.

Si nous concluons à propos de la privation arbitraire et non consentie des baux à une spoliation, le séminaire accueillera des chercheurs avec qui nous pourrons ouvrir la discussion sur des comparaisons avec d’autres spoliations ou des terrains non parisiens, comparaison qui couvrira aussi bien les modalités de réparation après la Libération, les temporalités de la prise en charge par les pouvoirs publics et la manière dont la recherche s’est emparée de cette déclinaison de la persécution de la communauté juive.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – présentation synthétique du master
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

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Réception des candidats

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Pré-requis

Aucun

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