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UE679 - La fabrique de l'anthropologie politique


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    54 bd Raspail 75006 Paris
    Salle AS1_23
    semestriel / mensuel, mercredi 17:00-19:00
    du 26 février 2025 au 25 juin 2025
    Nombre de séances : 6

    • Mercredi 26/02/2025
    • Mercredi 09/04/2025
    • Mercredi 14/05/2025
    • Mercredi 28/05/2025
    • Mercredi 11/06/2025
    • Mercredi 25/06/2025

Description


Dernière modification : 17 juin 2025 11:10:27

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Pour cette quatrième édition du séminaire organisé par le collectif La Fabrique de l’Anthropologie Politique, nous prolongeons nos questionnements sur ce qu’est et ce que devient l’anthropologie politique. Nous considérons l’anthropologie politique comme une approche, une pratique particulière de l’anthropologie, et pas seulement comme l’anthropologie du ou de la politique. Cette année, nous abordons la question de son institutionnalisation et de sa diffusion en France et dans d’autres contextes, les circulations internationales de ses pratiquants et de leurs outils analytiques. Nous poursuivons également nos questionnements sur les usages de la notion d’alternative par les anthropologues dans l’espace public et académique, sur la spécificité et les apports de l’anthropologie politique en la matière. Nous invitons des anthropologues, mais aussi des sociologues, politistes, philosophes qui travaillent sur des objets et des concepts proches.

Le séminaire est organisé comme une conversation entre les invité·es, les organisateur·ices et les participant.es sur la base de textes envoyés en amont.

Séance du 26 février 2025 : « Intrusions fictionnelles : récits de l’entre-deux ». Séance en mémoire de Nicolas Nova.
Organisé par Stéphane Blümer et Olivier Coulaux.

Le séminaire était initialement destiné à accueillir le regretté Nicolas Nova. Les organisateurs ont décidé de transformer cette séance en un moment d’échange en sa mémoire. De cette façon, nous espérons mettre en perspective son travail en anthropologie des cultures numériques et enrichir notre réflexion collective sur l’anthropologie politique. Rejoignez-nous pour une table ronde intitulée « Intrusions fictionnelles : récits de l’entre-deux » afin de partager sur l’apport de l’œuvre de Nicolas Nova et les connexions qu’elle ouvre à travers l'ethnographie prospective sur les imaginaires contemporains.

Lectures conseillées :

  • Nova Nicolas, 2024, Persistance du merveilleux, Premier Parallèle.
  • Nova Nicolas et Disnovation.org, (éd.) 2024, Bestiaire de l’Anthropocène, Éditions art&fiction.
  • Nova Nicolas, 2023a, « Futurs alpins », Revue Terrain. Anthropologie & sciences humaines, 6 octobre 2023, no 79, p. 174‑185, https://doi.org/10.4000/terrain.25943, dernier accès : 3/02/2025.
  • Nova Nicolas, 2023b, Chamonix-sentinelles, Les éditions Volumiques.
  • Nova Nicolas, 2023c, Fragments d’une montagne: Les Alpes et leurs métamorphoses, Paris, Pommier.
  • Nova Nicolas, 2022, Exercices d’observation : Dans les pas des anthropologues, des écrivains, des designers et des naturalistes du quotidien, Paris, Premier Parallèle.

Séance du 9 avril 2025 : « Political Anthropology and Citizenship : Investigating the Emergence of a Republican Citizenship in Thailand » avec Wolfram Schaffar (University of Passau). Organisé par Olivier Coulaux et Martin Roy.

Nous recevons, dans le cadre de cette séance, Wolfram Schaffar, professeur à l’Université de Passau, titulaire de la Chair of Development Politics et professeur invité à l’EHESS.

La séance portera essentiellement autour de son chapitre Citizenship, rights and adversarial legalism in Thailand, publié dans l’ouvrage collectif Citizenship and Democratization in Southeast Asia sous la direction de Ward Berenschot, H.G.C. (Henk) Schulte Nordholt et Laurens Bakker (2016).

Dans ce chapitre, Schaffar explique avoir observé, lors d’enquêtes de terrain menées en Thaïlande au début de la décennie 2010, un nouveau type de citoyenneté (p. 259). Celui-ci explique notamment que la description de cette citoyenneté résiste à l’opposition que la littérature scientifique entretient ordinairement entre deux grands paradigmes : celui d’« antagonisme légaliste » (legalism adversarial), forme de citoyenneté associée au modèle dit occidental (Western-style rights-based movements), et celui de « clientélisme » (clientelism), forme de citoyenneté associée dans la littérature postcoloniale aux contextes du Sud global (postcolonial personalized/clientelist style movements). Cette citoyenneté, que Schaffar qualifie lui-même de républicaine, aurait été celle à l’œuvre dans des actions et des pratiques menées par des groupes activistes, notamment le Thai Network of People Living With HIV and AIDS.

Voici quelques questions que nous mettrons de l’avant afin d’animer la discussion :

Quel est le contexte politique général en Thaïlande ? Comment enquêter sur des phénomènes de citoyenneté lorsque les catégories adaptées à leur description manquent dans la littérature scientifique ? Comment fait-on lorsque le travail de terrain exige des déplacements d’ordre normatif dans l’emploi que nous faisons de catégories politiques lourdes comme la citoyenneté (Neveu 2009) ? En quoi consiste l’« ethnographie politique » (political ethnography) dont se revendique Wolfram Schaffar ? Comment des savoirs produits par d’autres disciplines peuvent-ils être tenus pour participer à la fabrique d’une perspective d’anthropologie politique appliquée aux phénomènes de citoyenneté ? Comment reconnaître aux formes de citoyenneté une qualité républicaine ?

Lecture conseillée :

  • Schaffar, W. (2017). Citizenship, Rights and Adversarial Legalism in Thailand. In W. Berenschot, H. S. Nordholt, & L. Bakker (Eds.), Citizenship and Democratization in Southeast Asia (pp. 238–264).

Séance du 14 mai 2025 « Anthropologie politique et usages du passé: mémoires, matérialités, appartenances » avec Marie-Aude Fouéré (EHESS, IMAF)

Lors de cette séance, nous interrogerons le rapport entre usages du passé et production d’appartenances et d’altérités en Tanzanie et au Zanzibar. Nous aborderons la question du rapport au passé à la fois comme expérience intime et comme mémoire collective. Nous nous intéresserons spécialement à ses matérialités, que ce soit à travers les vestiges des projets historiques de développement, le musée comme lieu de mémoire nationale et l’affiche électorale comme objet d’engagement et de politisation. Cette séance nous mènera également à interroger la circulation des savoirs anthropologiques dans la production de représentations du passé et leur rôle dans la formation d’identités individuelles et collectives.

Lectures conseillées :

Séance du 28 mai 2025 « Anthropologie politique au prisme des techniques et du sensoriel » avec Aël Théry (INRAE, CMH) et Alice Doublier (CNRS, CCJ)

Lors de cette séance, nous nous intéresserons au croisement de l'anthropologie des techniques, du sensoriel et de l'anthropologie politique. Au regard des recherches d'Aël Théry auprès de cuisiniers en Chine et sur les repas au travail dans les ports de Hong-Kong et de Brest, et d'Alice Doublier auprès d'artisans céramistes et sur la fermentation alimentaire au Japon, et de leur séminaire mené conjointement à l'EHESS autour d'une anthropologie des textures en Asie, nous échangerons autour de leur approche en anthropologie des techniques et du sensoriel pour saisir comment les manières d'interagir, avec la matière et avec les aliments, permettent de rendre compte de rapports au monde et au politique. Nous aborderons également le recours à d'autres formes d'écriture, à partir de leurs ethnographies d'ordre textuel, dessiné ou filmique.

Lectures conseillées :

Séance du 11 juin 2025 « Anthropologie politique des citoyennetés : l'étrange promesse de l'ordinaire » avec Catherine Neveu (CNRS, LAP)

Lors de cette séance, nous recevons l'anthropologue politiste Catherine Neveu (LAP-EHESS-CNRS). Nous discuterons de ses travaux en anthropologie politique de la citoyenneté, prêterons une attention toute particulière à la manière dont celle-ci mobilise la catégorie d' « ordinaire », tenterons de voir comment l'anthropologie politique peut dissoudre le problème « Humpty dumpty » (le problème que pose le sens de catégories lourdes comme Citoyenneté, État, etc.) et chercherons à saisir la place qu'occupe l'anthropologie de la citoyenneté dans le champ plus large des Citizenship Studies. (Peut-être aurons-nous l'occasion de saisir la place que peut occuper la littérature fantastique, en l'occurrence celle de Lewis Carroll, dans l'élaboration d'une problématique d'anthropologie politique.)

Neveu a publié le premier travail abouti d'anthropologie de la citoyenneté, Communauté, nationalité et citoyenneté. De l'autre côté du miroir : les Bangladeshis de Londres (1993). Dans celui-ci, elle s'est employée à détricoter, depuis une perspective d'anthropologie politique et au fil d'une ethnographie des processus politiques présidant au jeu des fabriques de différences (et d'identités), les liens d'équivalence entre nationalité et citoyenneté - trop souvent tenus pour aller de soi. Cette séance sera donc aussi l'occasion pour nous de revenir sur son parcours, de saisir ce que cela a impliqué pour une jeune anthropologue de défricher un nouveau champ de recherche thématique en anthropologie à une époque où l'anthropologie politique n'était pas encore reconnue (du moins en France) comme de l'anthropologie à proprement parler. Nous reviendrons d'ailleurs sur ses itinéraires ethnographiques afin d'en saisir les (dis)continuités : de Spitalfields, quartier central de Londres, en passant par la ville de Sylhet au Bangladesh, à la ville de Roubaix, jusqu'à Joué-lès-Tours.

Lectures conseillées pour la séance :

Sur le thème de l'ordinaire :

  • Neveu, C. “Practising Citizenship from the Ordinary to the Activist.” In : Engin F Isin and Peter Nyers (ed.). Routledge Handbook of Global Citizenship Studies, 1st ed., 86–95. Routledge, 2014. https://doi.org/10.4324/9780203102015-10.
  • Carrel, M., et C. Neveu. « Introduction ». Dans : Carrel, M., et C. Neveu. Citoyennetés ordinaires : pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes. Paris: Éditions Karthala, 2014.
  • Neveu, C., et M. Vanhoenacker. « La participation buissonnière, ou le secret dans l’ordinaire de la citoyenneté ». Participations 19, no 3 (2017): 7‑22. https://doi.org/10.3917/parti.019.0007.
  • Roy, M., and C. Neveu. “A Philosophy of the Theory of ‘Acts of Citizenship’ Woven into the Fabric of a Political Anthropology of Citizenship.” Citizenship Studies 27, no. 3 (2023): 385–405. https://doi.org/10.1080/13621025.2023.2171254.

Lectures complémentaires :

Critique des usages savants de la notion de citoyenneté qui mettent au travail un imaginaire de l'État :

  • Neveu, C. “Sites of Citizenship, Politics of Scales.” In : Willem Maas (ed.). Multilevel Citizenship, 203–12. Philadelphia: University of Pennsylvania Press, Inc, 2013. https://doi.org/10.9783/9780812208184.203.

Terrain(s) :

  • Neveu, C. « L’anthropologue, le citoyen et l’habitant: Le rapport au politique dans une ville du Nord ». Ethnologie française 29, no 4 (1999): 559‑67.
  • Neveu, C. « Une “petite fabrique de territoire” : quartiers et citoyenneté à Roubaix ». Ethnologie française 34, no 1 (2004): 59‑66. https://doi.org/10.3917/ethn.041.0059.
  • Neveu, C. « Habitants, citoyens : interroger les catégories ». In La démocratie participative, 39‑50. La Découverte, 2011. https://doi.org/10.3917/dec.bacqu.2011.01.0039.
  • Neveu, C. Communauté, nationalité et citoyenneté : de l’autre côté du miroir : les Bangladeshis de Londres. Paris: Éditions Karthala, 1993.

Séance du 25 juin 2025 : « Politique ordinaire : dialogue entre science politique et anthropologie politique » avec Julien Weisben (Sciences Po Toulouse, LASSP)

Lors de cette séance, nous discuterons des usages de la notion d’ “ordinaire” ou de “politique ordinaire” en science politique et ce que cela fait à la définition du “politique”. Dans ses derniers travaux, Julien Weisbein propose en effet une grammaire des approches de la politisation en fonction de leurs perspectives sur l’ordinaire, grammaire qu’il met à l’épreuve de son ethnographie des mobilisations des surfeurs de la côte basque. Quels dialogues entre science politique et anthropologie permet la notion d’ordinaire ? De manière plus générale, nous discuterons de la manière dont les discussions et les emprunts interdisciplinaires - entre science politique et anthropologie, mais aussi avec l’histoire ou la philosophie - permettent de déplacer les attendus disciplinaires et d’enrichir nos approches du politique. 

Lectures recommandées : 

  • Weisbein, J. “The enigmatic politicization of surfing: The Surfrider Foundation Europe (1990s-2020s)”, Article en cours de publication. (article envoyé par mail aux participants inscrits).

Lectures complémentaires

  • Weisbein, J. (2017). Vers un agenda de recherche sur les politisations ordinaires au sein de la sociologie politique française ? À propos de L’ordinaire du politique : enquêtes sur les rapports profanes au politique, dirigé par François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot et Sabine Rozier. Politix, 119(3), 147-160. https://doi.org/10.3917/pox.119.0147.
  • Judde de Larivière, C. et Weisbein, J. (2017). Dire et faire le commun Les formes de la politisation ordinaire du Moyen Âge à nos jours. Politix, 119(3), 7-30. https://doi.org/10.3917/pox.119.0007.
  • Camille Mazé, Olivier Ragueneau, Julien Weisbein, Emilie Mariat-Roy. Pour une anthropologie politique de la mer. Revue Internationale d’Ethnographie, 2015, 5, pp.189-202. ⟨hal-01366684⟩

Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 17 juin 2025 11:10:27

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Pour cette quatrième édition du séminaire organisé par le collectif La Fabrique de l’Anthropologie Politique, nous prolongeons nos questionnements sur ce qu’est et ce que devient l’anthropologie politique. Nous considérons l’anthropologie politique comme une approche, une pratique particulière de l’anthropologie, et pas seulement comme l’anthropologie du ou de la politique. Cette année, nous abordons la question de son institutionnalisation et de sa diffusion en France et dans d’autres contextes, les circulations internationales de ses pratiquants et de leurs outils analytiques. Nous poursuivons également nos questionnements sur les usages de la notion d’alternative par les anthropologues dans l’espace public et académique, sur la spécificité et les apports de l’anthropologie politique en la matière. Nous invitons des anthropologues, mais aussi des sociologues, politistes, philosophes qui travaillent sur des objets et des concepts proches.

Le séminaire est organisé comme une conversation entre les invité·es, les organisateur·ices et les participant.es sur la base de textes envoyés en amont.

Séance du 26 février 2025 : « Intrusions fictionnelles : récits de l’entre-deux ». Séance en mémoire de Nicolas Nova.
Organisé par Stéphane Blümer et Olivier Coulaux.

Le séminaire était initialement destiné à accueillir le regretté Nicolas Nova. Les organisateurs ont décidé de transformer cette séance en un moment d’échange en sa mémoire. De cette façon, nous espérons mettre en perspective son travail en anthropologie des cultures numériques et enrichir notre réflexion collective sur l’anthropologie politique. Rejoignez-nous pour une table ronde intitulée « Intrusions fictionnelles : récits de l’entre-deux » afin de partager sur l’apport de l’œuvre de Nicolas Nova et les connexions qu’elle ouvre à travers l'ethnographie prospective sur les imaginaires contemporains.

Lectures conseillées :

  • Nova Nicolas, 2024, Persistance du merveilleux, Premier Parallèle.
  • Nova Nicolas et Disnovation.org, (éd.) 2024, Bestiaire de l’Anthropocène, Éditions art&fiction.
  • Nova Nicolas, 2023a, « Futurs alpins », Revue Terrain. Anthropologie & sciences humaines, 6 octobre 2023, no 79, p. 174‑185, https://doi.org/10.4000/terrain.25943, dernier accès : 3/02/2025.
  • Nova Nicolas, 2023b, Chamonix-sentinelles, Les éditions Volumiques.
  • Nova Nicolas, 2023c, Fragments d’une montagne: Les Alpes et leurs métamorphoses, Paris, Pommier.
  • Nova Nicolas, 2022, Exercices d’observation : Dans les pas des anthropologues, des écrivains, des designers et des naturalistes du quotidien, Paris, Premier Parallèle.

Séance du 9 avril 2025 : « Political Anthropology and Citizenship : Investigating the Emergence of a Republican Citizenship in Thailand » avec Wolfram Schaffar (University of Passau). Organisé par Olivier Coulaux et Martin Roy.

Nous recevons, dans le cadre de cette séance, Wolfram Schaffar, professeur à l’Université de Passau, titulaire de la Chair of Development Politics et professeur invité à l’EHESS.

La séance portera essentiellement autour de son chapitre Citizenship, rights and adversarial legalism in Thailand, publié dans l’ouvrage collectif Citizenship and Democratization in Southeast Asia sous la direction de Ward Berenschot, H.G.C. (Henk) Schulte Nordholt et Laurens Bakker (2016).

Dans ce chapitre, Schaffar explique avoir observé, lors d’enquêtes de terrain menées en Thaïlande au début de la décennie 2010, un nouveau type de citoyenneté (p. 259). Celui-ci explique notamment que la description de cette citoyenneté résiste à l’opposition que la littérature scientifique entretient ordinairement entre deux grands paradigmes : celui d’« antagonisme légaliste » (legalism adversarial), forme de citoyenneté associée au modèle dit occidental (Western-style rights-based movements), et celui de « clientélisme » (clientelism), forme de citoyenneté associée dans la littérature postcoloniale aux contextes du Sud global (postcolonial personalized/clientelist style movements). Cette citoyenneté, que Schaffar qualifie lui-même de républicaine, aurait été celle à l’œuvre dans des actions et des pratiques menées par des groupes activistes, notamment le Thai Network of People Living With HIV and AIDS.

Voici quelques questions que nous mettrons de l’avant afin d’animer la discussion :

Quel est le contexte politique général en Thaïlande ? Comment enquêter sur des phénomènes de citoyenneté lorsque les catégories adaptées à leur description manquent dans la littérature scientifique ? Comment fait-on lorsque le travail de terrain exige des déplacements d’ordre normatif dans l’emploi que nous faisons de catégories politiques lourdes comme la citoyenneté (Neveu 2009) ? En quoi consiste l’« ethnographie politique » (political ethnography) dont se revendique Wolfram Schaffar ? Comment des savoirs produits par d’autres disciplines peuvent-ils être tenus pour participer à la fabrique d’une perspective d’anthropologie politique appliquée aux phénomènes de citoyenneté ? Comment reconnaître aux formes de citoyenneté une qualité républicaine ?

Lecture conseillée :

  • Schaffar, W. (2017). Citizenship, Rights and Adversarial Legalism in Thailand. In W. Berenschot, H. S. Nordholt, & L. Bakker (Eds.), Citizenship and Democratization in Southeast Asia (pp. 238–264).

Séance du 14 mai 2025 « Anthropologie politique et usages du passé: mémoires, matérialités, appartenances » avec Marie-Aude Fouéré (EHESS, IMAF)

Lors de cette séance, nous interrogerons le rapport entre usages du passé et production d’appartenances et d’altérités en Tanzanie et au Zanzibar. Nous aborderons la question du rapport au passé à la fois comme expérience intime et comme mémoire collective. Nous nous intéresserons spécialement à ses matérialités, que ce soit à travers les vestiges des projets historiques de développement, le musée comme lieu de mémoire nationale et l’affiche électorale comme objet d’engagement et de politisation. Cette séance nous mènera également à interroger la circulation des savoirs anthropologiques dans la production de représentations du passé et leur rôle dans la formation d’identités individuelles et collectives.

Lectures conseillées :

Séance du 28 mai 2025 « Anthropologie politique au prisme des techniques et du sensoriel » avec Aël Théry (INRAE, CMH) et Alice Doublier (CNRS, CCJ)

Lors de cette séance, nous nous intéresserons au croisement de l'anthropologie des techniques, du sensoriel et de l'anthropologie politique. Au regard des recherches d'Aël Théry auprès de cuisiniers en Chine et sur les repas au travail dans les ports de Hong-Kong et de Brest, et d'Alice Doublier auprès d'artisans céramistes et sur la fermentation alimentaire au Japon, et de leur séminaire mené conjointement à l'EHESS autour d'une anthropologie des textures en Asie, nous échangerons autour de leur approche en anthropologie des techniques et du sensoriel pour saisir comment les manières d'interagir, avec la matière et avec les aliments, permettent de rendre compte de rapports au monde et au politique. Nous aborderons également le recours à d'autres formes d'écriture, à partir de leurs ethnographies d'ordre textuel, dessiné ou filmique.

Lectures conseillées :

Séance du 11 juin 2025 « Anthropologie politique des citoyennetés : l'étrange promesse de l'ordinaire » avec Catherine Neveu (CNRS, LAP)

Lors de cette séance, nous recevons l'anthropologue politiste Catherine Neveu (LAP-EHESS-CNRS). Nous discuterons de ses travaux en anthropologie politique de la citoyenneté, prêterons une attention toute particulière à la manière dont celle-ci mobilise la catégorie d' « ordinaire », tenterons de voir comment l'anthropologie politique peut dissoudre le problème « Humpty dumpty » (le problème que pose le sens de catégories lourdes comme Citoyenneté, État, etc.) et chercherons à saisir la place qu'occupe l'anthropologie de la citoyenneté dans le champ plus large des Citizenship Studies. (Peut-être aurons-nous l'occasion de saisir la place que peut occuper la littérature fantastique, en l'occurrence celle de Lewis Carroll, dans l'élaboration d'une problématique d'anthropologie politique.)

Neveu a publié le premier travail abouti d'anthropologie de la citoyenneté, Communauté, nationalité et citoyenneté. De l'autre côté du miroir : les Bangladeshis de Londres (1993). Dans celui-ci, elle s'est employée à détricoter, depuis une perspective d'anthropologie politique et au fil d'une ethnographie des processus politiques présidant au jeu des fabriques de différences (et d'identités), les liens d'équivalence entre nationalité et citoyenneté - trop souvent tenus pour aller de soi. Cette séance sera donc aussi l'occasion pour nous de revenir sur son parcours, de saisir ce que cela a impliqué pour une jeune anthropologue de défricher un nouveau champ de recherche thématique en anthropologie à une époque où l'anthropologie politique n'était pas encore reconnue (du moins en France) comme de l'anthropologie à proprement parler. Nous reviendrons d'ailleurs sur ses itinéraires ethnographiques afin d'en saisir les (dis)continuités : de Spitalfields, quartier central de Londres, en passant par la ville de Sylhet au Bangladesh, à la ville de Roubaix, jusqu'à Joué-lès-Tours.

Lectures conseillées pour la séance :

Sur le thème de l'ordinaire :

  • Neveu, C. “Practising Citizenship from the Ordinary to the Activist.” In : Engin F Isin and Peter Nyers (ed.). Routledge Handbook of Global Citizenship Studies, 1st ed., 86–95. Routledge, 2014. https://doi.org/10.4324/9780203102015-10.
  • Carrel, M., et C. Neveu. « Introduction ». Dans : Carrel, M., et C. Neveu. Citoyennetés ordinaires : pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes. Paris: Éditions Karthala, 2014.
  • Neveu, C., et M. Vanhoenacker. « La participation buissonnière, ou le secret dans l’ordinaire de la citoyenneté ». Participations 19, no 3 (2017): 7‑22. https://doi.org/10.3917/parti.019.0007.
  • Roy, M., and C. Neveu. “A Philosophy of the Theory of ‘Acts of Citizenship’ Woven into the Fabric of a Political Anthropology of Citizenship.” Citizenship Studies 27, no. 3 (2023): 385–405. https://doi.org/10.1080/13621025.2023.2171254.

Lectures complémentaires :

Critique des usages savants de la notion de citoyenneté qui mettent au travail un imaginaire de l'État :

  • Neveu, C. “Sites of Citizenship, Politics of Scales.” In : Willem Maas (ed.). Multilevel Citizenship, 203–12. Philadelphia: University of Pennsylvania Press, Inc, 2013. https://doi.org/10.9783/9780812208184.203.

Terrain(s) :

  • Neveu, C. « L’anthropologue, le citoyen et l’habitant: Le rapport au politique dans une ville du Nord ». Ethnologie française 29, no 4 (1999): 559‑67.
  • Neveu, C. « Une “petite fabrique de territoire” : quartiers et citoyenneté à Roubaix ». Ethnologie française 34, no 1 (2004): 59‑66. https://doi.org/10.3917/ethn.041.0059.
  • Neveu, C. « Habitants, citoyens : interroger les catégories ». In La démocratie participative, 39‑50. La Découverte, 2011. https://doi.org/10.3917/dec.bacqu.2011.01.0039.
  • Neveu, C. Communauté, nationalité et citoyenneté : de l’autre côté du miroir : les Bangladeshis de Londres. Paris: Éditions Karthala, 1993.

Séance du 25 juin 2025 : « Politique ordinaire : dialogue entre science politique et anthropologie politique » avec Julien Weisben (Sciences Po Toulouse, LASSP)

Lors de cette séance, nous discuterons des usages de la notion d’ “ordinaire” ou de “politique ordinaire” en science politique et ce que cela fait à la définition du “politique”. Dans ses derniers travaux, Julien Weisbein propose en effet une grammaire des approches de la politisation en fonction de leurs perspectives sur l’ordinaire, grammaire qu’il met à l’épreuve de son ethnographie des mobilisations des surfeurs de la côte basque. Quels dialogues entre science politique et anthropologie permet la notion d’ordinaire ? De manière plus générale, nous discuterons de la manière dont les discussions et les emprunts interdisciplinaires - entre science politique et anthropologie, mais aussi avec l’histoire ou la philosophie - permettent de déplacer les attendus disciplinaires et d’enrichir nos approches du politique. 

Lectures recommandées : 

  • Weisbein, J. “The enigmatic politicization of surfing: The Surfrider Foundation Europe (1990s-2020s)”, Article en cours de publication. (article envoyé par mail aux participants inscrits).

Lectures complémentaires

  • Weisbein, J. (2017). Vers un agenda de recherche sur les politisations ordinaires au sein de la sociologie politique française ? À propos de L’ordinaire du politique : enquêtes sur les rapports profanes au politique, dirigé par François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot et Sabine Rozier. Politix, 119(3), 147-160. https://doi.org/10.3917/pox.119.0147.
  • Judde de Larivière, C. et Weisbein, J. (2017). Dire et faire le commun Les formes de la politisation ordinaire du Moyen Âge à nos jours. Politix, 119(3), 7-30. https://doi.org/10.3917/pox.119.0007.
  • Camille Mazé, Olivier Ragueneau, Julien Weisbein, Emilie Mariat-Roy. Pour une anthropologie politique de la mer. Revue Internationale d’Ethnographie, 2015, 5, pp.189-202. ⟨hal-01366684⟩

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 54 bd Raspail
    54 bd Raspail 75006 Paris
    Salle AS1_23
    semestriel / mensuel, mercredi 17:00-19:00
    du 26 février 2025 au 25 juin 2025
    Nombre de séances : 6

    • Mercredi 26/02/2025
    • Mercredi 09/04/2025
    • Mercredi 14/05/2025
    • Mercredi 28/05/2025
    • Mercredi 11/06/2025
    • Mercredi 25/06/2025