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UE390 - Identités tsiganes. La question de l'oralité


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 9 mai 2024 12:52

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Anthropologie et linguistique Anthropologie historique Anthropologie sociale Diaspora Discrimination Littérature orale Oralité
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Jean-Pierre Cavaillé [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST)

Ce séminaire est consacré aux identités plurielles des Tsiganes « ou (de) ces inconnus qu’on appelle aussi Gitans, Bohémiens, Roms, Gypsies, Manouches, Rabouins, Gens du voyage », comme l’explicite une partie du titre de l’ouvrage posthume de Patrick Williams (2022). Cette année nous nous concentrerons surtout sur la question de l’identification et de l’identité à travers les discours, la parole vive et l’écriture. Depuis plus de six siècles en effet, en Europe de l’ouest, les Tsiganes, sous divers noms (Égyptiens, Bohémiens, Romanichels, Nomades, etc.) font parler et écrire, et sont l’objet de deux types de discours : un discours de haine qui semble ne connaître aucune limite, dont la virulence est aujourd’hui toujours aussi puissante (d’où la notion qui s’est imposée d’antitsiganisme) et des discours d’enchantement et de fantaisie qui retraitent inlassablement un même stock de lieux communs. Ces deux types de discours se rejoignent et conjoignent dans l'exotisation de ces populations, leur ensauvagement, leur désignation comme altérité radicale à partir de laquelle la civilisation occidentale élabore, par opposition, sa propre identité. Ce double dispositif a pour effet d’imposer du dehors à des groupes différenciés « une » identité générique factice dont la multiplicité des dénominations (voir ci-dessus) trahit la radicale inadéquation et, performativement, « fait » d’eux des « inconnus », au sens où l’on veut pouvoir continuer à parler d’eux sans les connaître et pour ne pas les connaître. Eux-mêmes, enclavés dans les sociétés des Gadjé (non tsiganes), s’approprient la plupart de ces discours et représentations fallacieuses et travaillent autant qu’il leur est possible à en retourner ou subvertir le sens. Ils le font principalement à travers une prédilection pour l’oralité, – qui bien sûr peut aussi se fixer dans de l’écrit –, dont l’un des mérites majeurs est justement de se soustraire largement à l’emprise et au contrôle toujours plus capillaire des Gadjé. C’est cette oralité, qui ne se réduit pas aux altérités linguistiques (le romanès, le parler voyageurs, le kalo gitan, etc.), que nous examinerons surtout cette année, envisagée comme une oralité de résistance par réinvention permanente de la différence à travers des pratiques d’emprunt et de détournement. À travers celles-ci s’exprime et agit une réticence multiséculaire à se laisser prendre aux pièges de réification identitaire proposés par les modèles littéraires et lettrés imposés par les Gadjé à leur sujet, dont ils font donc les frais et qui, tout autant, les protègent en détournant les regards et l’attention de leurs réalités sociales et culturelles, au profit d’images toutes faites et de discours stéréotypés démultipliés à l’infini par l’imprimerie et les médias modernes.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Séminaire de recherche délivré à Toulouse et intégré au cursus de M2 d'anthropologie de l'université Jean Jaurès. Le séminaire se déroule dans le bâtiment Olympe de Gouge (salle encore à préciser) les jeudis du premier semestre de 16h20 à 18h20.

Direction de travaux des étudiants

Les jeudi de 14 à 16 heure, Maison de la Recherche, bureau 421

Réception des candidats

contact par mail : cavaille@ehess.fr

Pré-requis

niveau M1 en Sciences Sociales

Dernière modification : 9 mai 2024 12:52

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Anthropologie et linguistique Anthropologie historique Anthropologie sociale Diaspora Discrimination Littérature orale Oralité
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Jean-Pierre Cavaillé [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST)

Ce séminaire est consacré aux identités plurielles des Tsiganes « ou (de) ces inconnus qu’on appelle aussi Gitans, Bohémiens, Roms, Gypsies, Manouches, Rabouins, Gens du voyage », comme l’explicite une partie du titre de l’ouvrage posthume de Patrick Williams (2022). Cette année nous nous concentrerons surtout sur la question de l’identification et de l’identité à travers les discours, la parole vive et l’écriture. Depuis plus de six siècles en effet, en Europe de l’ouest, les Tsiganes, sous divers noms (Égyptiens, Bohémiens, Romanichels, Nomades, etc.) font parler et écrire, et sont l’objet de deux types de discours : un discours de haine qui semble ne connaître aucune limite, dont la virulence est aujourd’hui toujours aussi puissante (d’où la notion qui s’est imposée d’antitsiganisme) et des discours d’enchantement et de fantaisie qui retraitent inlassablement un même stock de lieux communs. Ces deux types de discours se rejoignent et conjoignent dans l'exotisation de ces populations, leur ensauvagement, leur désignation comme altérité radicale à partir de laquelle la civilisation occidentale élabore, par opposition, sa propre identité. Ce double dispositif a pour effet d’imposer du dehors à des groupes différenciés « une » identité générique factice dont la multiplicité des dénominations (voir ci-dessus) trahit la radicale inadéquation et, performativement, « fait » d’eux des « inconnus », au sens où l’on veut pouvoir continuer à parler d’eux sans les connaître et pour ne pas les connaître. Eux-mêmes, enclavés dans les sociétés des Gadjé (non tsiganes), s’approprient la plupart de ces discours et représentations fallacieuses et travaillent autant qu’il leur est possible à en retourner ou subvertir le sens. Ils le font principalement à travers une prédilection pour l’oralité, – qui bien sûr peut aussi se fixer dans de l’écrit –, dont l’un des mérites majeurs est justement de se soustraire largement à l’emprise et au contrôle toujours plus capillaire des Gadjé. C’est cette oralité, qui ne se réduit pas aux altérités linguistiques (le romanès, le parler voyageurs, le kalo gitan, etc.), que nous examinerons surtout cette année, envisagée comme une oralité de résistance par réinvention permanente de la différence à travers des pratiques d’emprunt et de détournement. À travers celles-ci s’exprime et agit une réticence multiséculaire à se laisser prendre aux pièges de réification identitaire proposés par les modèles littéraires et lettrés imposés par les Gadjé à leur sujet, dont ils font donc les frais et qui, tout autant, les protègent en détournant les regards et l’attention de leurs réalités sociales et culturelles, au profit d’images toutes faites et de discours stéréotypés démultipliés à l’infini par l’imprimerie et les médias modernes.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
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Informations pratiques

Séminaire de recherche délivré à Toulouse et intégré au cursus de M2 d'anthropologie de l'université Jean Jaurès. Le séminaire se déroule dans le bâtiment Olympe de Gouge (salle encore à préciser) les jeudis du premier semestre de 16h20 à 18h20.

Direction de travaux des étudiants

Les jeudi de 14 à 16 heure, Maison de la Recherche, bureau 421

Réception des candidats

contact par mail : cavaille@ehess.fr

Pré-requis

niveau M1 en Sciences Sociales

Planning en cours de validation.