Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2021-2022.

UE812 - Savoirs du dehors : épistémologie, histoire, critique


Lieu et planning


  • 10 rue Monsieur-le-Prince
    Salle Alphonse-Dupront
    10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris
    annuel / mensuel (3e), mercredi 14:30-17:30
    du 19 octobre 2022 au 21 juin 2023
    Nombre de séances : 8


Description


Dernière modification : 1 août 2022 15:37

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Empire Épistémologie Orientalisme Philosophie politique Post-coloniales (études) Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Britanniques (études) Inde Juives (études) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Gildas Salmon [référent·e]   chargé de recherche, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Anoush Ganjipour   chargé de recherche, CNRS
  • Elad Lapidot   professeur des universités, Université de Lille

Le séminaire a pour objet d’examiner ensemble trois types de réflexivité produits à partir de la rencontre des sciences sociales modernes avec les régimes de savoir qualifiées de « non-modernes ».

1) Depuis le XIXe siècle, le savoir occidental se caractérise par une volonté d’ouverture vers ce qui formait son dehors. Revendiquant une vocation universelle, les sciences sociales modernes ont effectué un mouvement théorique double. D’une part, elles ont voulu inclure, en tant qu'objets de connaissance, des individus, des sociétés ou des cultures non-occidentales. Mais d'autre part, elles ont aussi voulu tenir compte des autres savoirs ou régimes épistémologiques (qualifiés privativement comme « non-modernes » et « non-occidentaux »), et les intégrer afin de se donner un caractère englobant et absolu. Sur le plan pratique, cette ambition universaliste est indissociable de l'expansion coloniale de l'Europe : la volonté d’ouverture du savoir sur des sociétés « autres » s’est ainsi articulée avec la volonté de gouverner ces « autres ». C’est à partir de cette articulation qu’une série de nouvelles disciplines ont vu le jour qui, à leur tour, ont exercé un impact considérable sur l'affirmation des sciences sociales modernes et leur épistémologie tout au long des XIXe et XXe siècles : l’histoire des religions, l’orientalisme, la grammaire comparée, l’ethnologie etc.

2) La rencontre des modernes avec les cultures non-occidentales a produit un effet épistémologique inverse à l’intérieur de ces cultures : chez les populations autochtones, elle a déclenché une volonté analogue d’ouvrir leur savoir à l’épistémè moderne conçue précisément en tant que leur « dehors ». Une telle volonté semble comprendre à son tour trois aspects : a) développer un savoir sur les modernes ; b) intégrer les sciences sociales des modernes dans les traditions intellectuelles des « non-modernes » ; c) ces deux démarches ont été ici aussi conditionnées par le colonialisme, mais dans une configuration politique inverse, définie par le gouvernement et la domination que les modernes imposaient aux populations colonisées (le gouvernement exercé par les « autres » sur « nous »). Les répliques des penseurs indiens, musulmans, japonais ou chinois, ou encore celles des penseurs juifs européens aux sciences sociales et à la métaphysique modernes doivent être analysées et réévaluées dans cette perspective.

3) À partir de la seconde moitié du XXe siècle s’est développée, au sein des sciences sociales modernes, une approche critique du rapport que celles-ci ont entretenu avec leur dehors. Sous ses variantes discursives post-coloniales ou post-orientalistes, cette approche s’interroge précisément sur les conditions historico-politiques auxquelles les sciences sociales modernes ont pu faire des « autres » leur objet, ou subsumer leurs régimes de savoirs sous le leur. Elle met ainsi en question le lien entre les fondements épistémologiques ou métaphysiques de ces démarches d’une part et, de l’autre, la domination coloniale et l’idéologie du progrès qui a historiquement sous-tendu une telle domination. L'enjeu est de parvenir à déconstruire l'universalité et l'objectivité revendiquées par la « raison occidentale », et de lui rendre ainsi son caractère foncièrement situé, et intéressé.

L'étude comparative de ces trois dynamiques épistémiques et politiques a pour enjeu de comprendre comment la confrontation avec le dehors a opéré une problématisation mutuelle des savoirs, et a donné lieu, des deux côtés, à une mutation épistémologique qui ne peut être comprise que de manière relationnelle.

Dans ce séminaire mensuel, nous réunirons des spécialistes de l’épistémologie des sciences sociales modernes, des aires culturelles, ainsi que des historiens pour aborder à chaque fois l’un des aspects de notre thématique générale. Chaque séance se déroulera sous forme d’une intervention commentée par un discutant, suivie par la discussion avec les étudiants et le public.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rdv

Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 1 août 2022 15:37

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Empire Épistémologie Orientalisme Philosophie politique Post-coloniales (études) Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Britanniques (études) Inde Juives (études) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Gildas Salmon [référent·e]   chargé de recherche, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Anoush Ganjipour   chargé de recherche, CNRS
  • Elad Lapidot   professeur des universités, Université de Lille

Le séminaire a pour objet d’examiner ensemble trois types de réflexivité produits à partir de la rencontre des sciences sociales modernes avec les régimes de savoir qualifiées de « non-modernes ».

1) Depuis le XIXe siècle, le savoir occidental se caractérise par une volonté d’ouverture vers ce qui formait son dehors. Revendiquant une vocation universelle, les sciences sociales modernes ont effectué un mouvement théorique double. D’une part, elles ont voulu inclure, en tant qu'objets de connaissance, des individus, des sociétés ou des cultures non-occidentales. Mais d'autre part, elles ont aussi voulu tenir compte des autres savoirs ou régimes épistémologiques (qualifiés privativement comme « non-modernes » et « non-occidentaux »), et les intégrer afin de se donner un caractère englobant et absolu. Sur le plan pratique, cette ambition universaliste est indissociable de l'expansion coloniale de l'Europe : la volonté d’ouverture du savoir sur des sociétés « autres » s’est ainsi articulée avec la volonté de gouverner ces « autres ». C’est à partir de cette articulation qu’une série de nouvelles disciplines ont vu le jour qui, à leur tour, ont exercé un impact considérable sur l'affirmation des sciences sociales modernes et leur épistémologie tout au long des XIXe et XXe siècles : l’histoire des religions, l’orientalisme, la grammaire comparée, l’ethnologie etc.

2) La rencontre des modernes avec les cultures non-occidentales a produit un effet épistémologique inverse à l’intérieur de ces cultures : chez les populations autochtones, elle a déclenché une volonté analogue d’ouvrir leur savoir à l’épistémè moderne conçue précisément en tant que leur « dehors ». Une telle volonté semble comprendre à son tour trois aspects : a) développer un savoir sur les modernes ; b) intégrer les sciences sociales des modernes dans les traditions intellectuelles des « non-modernes » ; c) ces deux démarches ont été ici aussi conditionnées par le colonialisme, mais dans une configuration politique inverse, définie par le gouvernement et la domination que les modernes imposaient aux populations colonisées (le gouvernement exercé par les « autres » sur « nous »). Les répliques des penseurs indiens, musulmans, japonais ou chinois, ou encore celles des penseurs juifs européens aux sciences sociales et à la métaphysique modernes doivent être analysées et réévaluées dans cette perspective.

3) À partir de la seconde moitié du XXe siècle s’est développée, au sein des sciences sociales modernes, une approche critique du rapport que celles-ci ont entretenu avec leur dehors. Sous ses variantes discursives post-coloniales ou post-orientalistes, cette approche s’interroge précisément sur les conditions historico-politiques auxquelles les sciences sociales modernes ont pu faire des « autres » leur objet, ou subsumer leurs régimes de savoirs sous le leur. Elle met ainsi en question le lien entre les fondements épistémologiques ou métaphysiques de ces démarches d’une part et, de l’autre, la domination coloniale et l’idéologie du progrès qui a historiquement sous-tendu une telle domination. L'enjeu est de parvenir à déconstruire l'universalité et l'objectivité revendiquées par la « raison occidentale », et de lui rendre ainsi son caractère foncièrement situé, et intéressé.

L'étude comparative de ces trois dynamiques épistémiques et politiques a pour enjeu de comprendre comment la confrontation avec le dehors a opéré une problématisation mutuelle des savoirs, et a donné lieu, des deux côtés, à une mutation épistémologique qui ne peut être comprise que de manière relationnelle.

Dans ce séminaire mensuel, nous réunirons des spécialistes de l’épistémologie des sciences sociales modernes, des aires culturelles, ainsi que des historiens pour aborder à chaque fois l’un des aspects de notre thématique générale. Chaque séance se déroulera sous forme d’une intervention commentée par un discutant, suivie par la discussion avec les étudiants et le public.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rdv

Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 10 rue Monsieur-le-Prince
    Salle Alphonse-Dupront
    10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris
    annuel / mensuel (3e), mercredi 14:30-17:30
    du 19 octobre 2022 au 21 juin 2023
    Nombre de séances : 8