UE645 - Territoires et trajectoires du religieux en Europe du Sud-Est, XVIIIe-XXIe siècle


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=645.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A602
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (2e), lundi 09:30-12:30
    du 10 octobre 2022 au 13 février 2023
    Nombre de séances : 5


Description


Dernière modification : 5 septembre 2022 12:37

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Fait religieux Mémoire Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Europe centrale et orientale Europe sud-orientale
Intervenant·e·s
  • Catherine Horel [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Galia Valtchinova   professeure des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès

Thème pour l'année 2022-2023 : Fabrication de saints et néo-martyrs et circulation de leurs cultes entre les Balkans, l'Europe de l’Est et l’Asie Centrale post-soviétique : enjeux sociétaux et politiques

Nous nous interrogerons sur les rapports entre sainteté et société(s) dans le cadre de l'Europe du Sud-Est depuis l'époque ottomane tardive (XIXe siècle) jusqu'au temps présent. Les évolutions du « long » XXe siècle, y compris la période communiste qu’ont traversées la plupart des sociétés balkaniques et les manières dont celle-ci a déterminé la compréhension du « martyr » ainsi que les procédures et protocoles de sacralisation, seront au cœur de nos préoccupations. Les sociétés « produisent » des saints depuis le XIXe siècle et encore aujourd'hui. Notre questionnement portera sur les conditions, les contextes et les finalités de cette production ou fabrication sociale (sociopolitique) des figures d’exemplarités considérées comme saints dans la perspective des diverses traditions des trois « religions du Livre ». Il examinera aussi les manières dont saint.es et martyr.es ont incarné la nation par l'intermédiaire des emblèmes et lieux (de mémoire, de pèlerinage, autorisés ou non). Dans des contextes du Sud-Est européen où l'adhésion populaire est encouragée, manipulée ou orientée par les autorités religieuses et civiles, le « culte de saint/e » et sa réception posent question : comment les éléments du discours sont-ils perçus par la population ? Inséparable du martyre, la sainteté passe par la souffrance et permet ainsi une identification. On passe ainsi des victimes des Ottomans à celles des communistes ; on assiste à la création de cultes ou de lieux de recueillement/pélerinage en leur hommage. Par ailleurs, des « néo-martyrs » entrent dans la litanie, et font l'objet d'un usage politique au gré des pouvoirs qui les « inventent » et/ou les récupèrent. La catégorie du saint laïque, héros national, dirigeant politique, martyr, nous permettra de traiter du glissement sémantique et de l'adaptation des rites au culte laïc. Dans ce volet, on relève également les politiques mémorielles autour des saints, liées au fait national, mais aussi à des rites plus informels voire multiconfessionnels ou transnationaux . On observe ainsi un décalage entre piété « nationale » et fréquentation quotidienne, centrée sur des dates symboliques. Ici nous regarderons la construction de lieux symboliques et fortement ancrés dans le narratif national et la permanence de lieux de mémoire et de pèlerinage qui transcendent les frontières confessionnelles et étatiques. Le séminaire sera centré sur la question des réseaux, des croisements, emprunts et émulations dans la mise en place d’un culte de saint ou martyr, processus impliquant deux régions proches de l’espace postcommuniste. Il se déroulera autour de deux grands axes : les dispositifs permettant au culte émergeant d’un/e saint/s de « prendre », s’installer et rayonner au sein d’une société ; les logiques qui facilitent ou président au transfert d’un culte de saint/martyr récent dans un environnement socioculturel ou contexte stato-politique différent de celui de son émergence. Les deux axes se rencontrent au niveau des usages symboliques et politiques des cultes de saints et martyrs – usages allant jusqu’à des mobilisations de communautés religieuses transnationales. Les ethnographies qui ont nourri cette réflexion se rapportent à l’émergence et la diffusion des cultes de quelques saint·e·s et martyrs du communisme depuis la Russie et la zone sous influence russe vers les Balkans, ou (à titre exceptionnel) vice-versa. Notre réflexion s’attachera aux contextes, conditions, et finalités de la production et de la circulation de ces saint·e·s et martyrs. On s’interrogera sur les logiques de l'appropriation d’un saint dans un contexte balkanique, sur les acteurs et les réseaux de ces appropriations : dans quelle mesure l'adhésion populaire est acquise à ces initiatives dont la plupart viennent « d’en haut » ; quels sont les relais de diffusion et d’élaboration de discours de solidarité religieuse ou confessionnelle ? Comment les fidèles dans un contexte balkanique s’approprient-ils, au-delà de ces nouvelles figures de sainteté, une nouvelle exemplarité ? Et enfin, même si les martyrs ne sont pas toujours déclarés saints, assiste-t-on à la création de lieux de recueillement ou de véritables pèlerinages en leur hommage (tombes collectives, églises) ?

Trois séances de trois heures sont prévues au premier semestre en octobre, novembre et décembre ; une séance en février et une dernière en mai dans un format de journée d'étude.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 5 septembre 2022 12:37

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Fait religieux Mémoire Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Europe centrale et orientale Europe sud-orientale
Intervenant·e·s
  • Catherine Horel [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Galia Valtchinova   professeure des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès

Thème pour l'année 2022-2023 : Fabrication de saints et néo-martyrs et circulation de leurs cultes entre les Balkans, l'Europe de l’Est et l’Asie Centrale post-soviétique : enjeux sociétaux et politiques

Nous nous interrogerons sur les rapports entre sainteté et société(s) dans le cadre de l'Europe du Sud-Est depuis l'époque ottomane tardive (XIXe siècle) jusqu'au temps présent. Les évolutions du « long » XXe siècle, y compris la période communiste qu’ont traversées la plupart des sociétés balkaniques et les manières dont celle-ci a déterminé la compréhension du « martyr » ainsi que les procédures et protocoles de sacralisation, seront au cœur de nos préoccupations. Les sociétés « produisent » des saints depuis le XIXe siècle et encore aujourd'hui. Notre questionnement portera sur les conditions, les contextes et les finalités de cette production ou fabrication sociale (sociopolitique) des figures d’exemplarités considérées comme saints dans la perspective des diverses traditions des trois « religions du Livre ». Il examinera aussi les manières dont saint.es et martyr.es ont incarné la nation par l'intermédiaire des emblèmes et lieux (de mémoire, de pèlerinage, autorisés ou non). Dans des contextes du Sud-Est européen où l'adhésion populaire est encouragée, manipulée ou orientée par les autorités religieuses et civiles, le « culte de saint/e » et sa réception posent question : comment les éléments du discours sont-ils perçus par la population ? Inséparable du martyre, la sainteté passe par la souffrance et permet ainsi une identification. On passe ainsi des victimes des Ottomans à celles des communistes ; on assiste à la création de cultes ou de lieux de recueillement/pélerinage en leur hommage. Par ailleurs, des « néo-martyrs » entrent dans la litanie, et font l'objet d'un usage politique au gré des pouvoirs qui les « inventent » et/ou les récupèrent. La catégorie du saint laïque, héros national, dirigeant politique, martyr, nous permettra de traiter du glissement sémantique et de l'adaptation des rites au culte laïc. Dans ce volet, on relève également les politiques mémorielles autour des saints, liées au fait national, mais aussi à des rites plus informels voire multiconfessionnels ou transnationaux . On observe ainsi un décalage entre piété « nationale » et fréquentation quotidienne, centrée sur des dates symboliques. Ici nous regarderons la construction de lieux symboliques et fortement ancrés dans le narratif national et la permanence de lieux de mémoire et de pèlerinage qui transcendent les frontières confessionnelles et étatiques. Le séminaire sera centré sur la question des réseaux, des croisements, emprunts et émulations dans la mise en place d’un culte de saint ou martyr, processus impliquant deux régions proches de l’espace postcommuniste. Il se déroulera autour de deux grands axes : les dispositifs permettant au culte émergeant d’un/e saint/s de « prendre », s’installer et rayonner au sein d’une société ; les logiques qui facilitent ou président au transfert d’un culte de saint/martyr récent dans un environnement socioculturel ou contexte stato-politique différent de celui de son émergence. Les deux axes se rencontrent au niveau des usages symboliques et politiques des cultes de saints et martyrs – usages allant jusqu’à des mobilisations de communautés religieuses transnationales. Les ethnographies qui ont nourri cette réflexion se rapportent à l’émergence et la diffusion des cultes de quelques saint·e·s et martyrs du communisme depuis la Russie et la zone sous influence russe vers les Balkans, ou (à titre exceptionnel) vice-versa. Notre réflexion s’attachera aux contextes, conditions, et finalités de la production et de la circulation de ces saint·e·s et martyrs. On s’interrogera sur les logiques de l'appropriation d’un saint dans un contexte balkanique, sur les acteurs et les réseaux de ces appropriations : dans quelle mesure l'adhésion populaire est acquise à ces initiatives dont la plupart viennent « d’en haut » ; quels sont les relais de diffusion et d’élaboration de discours de solidarité religieuse ou confessionnelle ? Comment les fidèles dans un contexte balkanique s’approprient-ils, au-delà de ces nouvelles figures de sainteté, une nouvelle exemplarité ? Et enfin, même si les martyrs ne sont pas toujours déclarés saints, assiste-t-on à la création de lieux de recueillement ou de véritables pèlerinages en leur hommage (tombes collectives, églises) ?

Trois séances de trois heures sont prévues au premier semestre en octobre, novembre et décembre ; une séance en février et une dernière en mai dans un format de journée d'étude.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

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-
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Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=645.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A602
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (2e), lundi 09:30-12:30
    du 10 octobre 2022 au 13 février 2023
    Nombre de séances : 5