Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2021-2022.

UE258 - Formes et pratiques performatives : quelles questions aujourd’hui ?


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_24
    54 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / bimensuel (1re/3e), mardi 18:30-20:30
    du 21 février 2023 au 20 juin 2023
    Nombre de séances : 8


Description


Dernière modification : 19 mai 2022 15:01

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Arts Corps Esthétique Histoire
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde)
Intervenant·e·s
  • Georges Vigarello [référent·e]   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Sylvie Roques  
  • Pascale Weber   maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Dans la tradition du langage populaire la performance signe une évaluation hiérarchique dans l’excellence ou dans l’exploit, mais depuis les années 1960 et ses avant-gardes artistiques, le mot « performance » évoque une action unique, donc non répétable, avec en son cœur la dépense corporelle, physique et l’accomplissement offert au regard du public. Seule existerait l’épaisseur quasi physique d’une mise en acte. Le mot anglais « performance » le dit plus spécifiquement encore : « The act of performing, execution, accomplishment » (Webster’s Dictionary).

Deux voies ont dominé dans ce qui pourrait s’appeler l’enjeu de la performance artistique.

La première est celle d’une exploitation quasi politique, l’utilisation de l’effervescence gestuelle par exemple comme un acte de transgression, un acte de remise en cause d’un ordre, la contestation concrète, quasi exemplifiée, des normes dominantes, des tabous, des frontières acquises. La seconde est plus individuelle, identifiée davantage au geste esthétique, elle est affirmation de singularité, exposition d’un soi. Elle décline les forces et les fragilités d’une identité. La première s’accordait avec une culture de la contestation, celle des années 1960-1970, celle d’un corps jouant avec toutes les transgressions, de l'avant-garde. La seconde s’accorde avec une culture de l’individualisme telle qu’elle s’est affirmée durant ces dernières décennies.

Aujourd'hui un versant central de la performance théâtrale affirme pouvoir exprimer le « tout » dans un immédiat sans distance, donner à la présence de chair tangible et instantanée, la valeur d’un « dire » sans parole. Dans cette perspective, il s’en suit un brouillage possible de frontières. La mise à distance qu’opérait la catharsis s’en trouve affaiblie. Les effets de la « mise à distance » étant compromis, c’est bien l’ordre symbolique qui en est affaibli : la présentation l’emporte sur la représentation, et le « performer » l’emporte sur le « personnage ».

Cet effacement de la parole comme de la politique n’est pourtant pas généralisable. Des performeur·e·s, au contraire, revendiquent depuis des pratiques corporelles comme la danse, la possibilité d’une performance verbale, discursive à valeur politique et mémorielle. Avec le retour de la parole nous assistons aussi au retour de l’historicité et de la politique.

Ré-émerge l’idée de performances non plus individuelles mais collectives telles que l’anthropologie a pu les analyser avec les notions de social drama de Turner, ou de performance ordinaire, chez Richard Schechner. La performance se reconfigure ainsi constamment dans ses enjeux politiques, culturels ou sociaux appelant pour l’analyser une exigence d’interdisciplinarité. Depuis des expériences aussi bien artistiques que politiques, historiques que contemporaines nous interrogerons ce que la notion de performance nous oblige à penser ensemble qui d’ordinaire demeure le plus souvent disjoint : le présent et le sédimenté sur le temps long du sujet comme du corps social, l’inventif et le répétitif, le conforme et le transgressif, l’entièrement neuf et le mémorial, le corps et la parole.

Nous aimerions ainsi depuis des analyses de performances artistiques mais aussi sociales, rituelles, politiques interroger ce que la notion de performance offre comme ressource épistémologiques pour ressaisir nos disciplines (histoire, science politique, anthropologie, études théâtrales, psychologie) sur des embranchements encore peu explorés ou abandonnés.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 19 mai 2022 15:01

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Arts Corps Esthétique Histoire
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde)
Intervenant·e·s
  • Georges Vigarello [référent·e]   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Sylvie Roques  
  • Pascale Weber   maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Dans la tradition du langage populaire la performance signe une évaluation hiérarchique dans l’excellence ou dans l’exploit, mais depuis les années 1960 et ses avant-gardes artistiques, le mot « performance » évoque une action unique, donc non répétable, avec en son cœur la dépense corporelle, physique et l’accomplissement offert au regard du public. Seule existerait l’épaisseur quasi physique d’une mise en acte. Le mot anglais « performance » le dit plus spécifiquement encore : « The act of performing, execution, accomplishment » (Webster’s Dictionary).

Deux voies ont dominé dans ce qui pourrait s’appeler l’enjeu de la performance artistique.

La première est celle d’une exploitation quasi politique, l’utilisation de l’effervescence gestuelle par exemple comme un acte de transgression, un acte de remise en cause d’un ordre, la contestation concrète, quasi exemplifiée, des normes dominantes, des tabous, des frontières acquises. La seconde est plus individuelle, identifiée davantage au geste esthétique, elle est affirmation de singularité, exposition d’un soi. Elle décline les forces et les fragilités d’une identité. La première s’accordait avec une culture de la contestation, celle des années 1960-1970, celle d’un corps jouant avec toutes les transgressions, de l'avant-garde. La seconde s’accorde avec une culture de l’individualisme telle qu’elle s’est affirmée durant ces dernières décennies.

Aujourd'hui un versant central de la performance théâtrale affirme pouvoir exprimer le « tout » dans un immédiat sans distance, donner à la présence de chair tangible et instantanée, la valeur d’un « dire » sans parole. Dans cette perspective, il s’en suit un brouillage possible de frontières. La mise à distance qu’opérait la catharsis s’en trouve affaiblie. Les effets de la « mise à distance » étant compromis, c’est bien l’ordre symbolique qui en est affaibli : la présentation l’emporte sur la représentation, et le « performer » l’emporte sur le « personnage ».

Cet effacement de la parole comme de la politique n’est pourtant pas généralisable. Des performeur·e·s, au contraire, revendiquent depuis des pratiques corporelles comme la danse, la possibilité d’une performance verbale, discursive à valeur politique et mémorielle. Avec le retour de la parole nous assistons aussi au retour de l’historicité et de la politique.

Ré-émerge l’idée de performances non plus individuelles mais collectives telles que l’anthropologie a pu les analyser avec les notions de social drama de Turner, ou de performance ordinaire, chez Richard Schechner. La performance se reconfigure ainsi constamment dans ses enjeux politiques, culturels ou sociaux appelant pour l’analyser une exigence d’interdisciplinarité. Depuis des expériences aussi bien artistiques que politiques, historiques que contemporaines nous interrogerons ce que la notion de performance nous oblige à penser ensemble qui d’ordinaire demeure le plus souvent disjoint : le présent et le sédimenté sur le temps long du sujet comme du corps social, l’inventif et le répétitif, le conforme et le transgressif, l’entièrement neuf et le mémorial, le corps et la parole.

Nous aimerions ainsi depuis des analyses de performances artistiques mais aussi sociales, rituelles, politiques interroger ce que la notion de performance offre comme ressource épistémologiques pour ressaisir nos disciplines (histoire, science politique, anthropologie, études théâtrales, psychologie) sur des embranchements encore peu explorés ou abandonnés.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_24
    54 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / bimensuel (1re/3e), mardi 18:30-20:30
    du 21 février 2023 au 20 juin 2023
    Nombre de séances : 8