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UE96 - Les recompositions contemporaines du croire


Lieu et planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    vendredi 14:00-17:00
    les 19 novembre 2021 (salle R2.03), 21 janvier (salle R2-02, de 14 h à 17 h), 25 mars (salle R3-46, de 14 h à 17 h) et 20 mai 2022 (salle R3-46)


Description


Dernière modification : 22 novembre 2021 09:33

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Fait religieux Politique Religieux (sciences sociales du) Sociohistoire Sociologie politique
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Patrick Michel [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche (émérite), CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Jean-Philippe Heurtin   professeur des universités, Université de Strasbourg

« Tour à tour instituantes et instituées, instauratrices et manipulées, les croyances ont une liquidité qui échappe d’autant plus à l’analyse qu’elle lui apparaît plus fondamentale ». C’est dans cette perspective, ouverte par Michel de Certeau, que le séminaire, dans la continuité de celui consacré aux « approches contemporaines de la conversion » (2015-2019), entend s’inscrire. Il s’agira donc de se saisir des recompositions contemporaines du croire, en rompant avec une approche qui se limiterait au seul religieux. Trop souvent de fait, le « croire » se voit rabattu sur ce religieux, et d’ailleurs souvent sur le religieux institutionnel, ce qui conduit à l’appréhender à travers les catégories produites pour rendre compte de ce religieux institutionnel.  On privilégiera une approche interdisciplinaire où seront analysés les redéploiements du croire, quel que soit le registre où celui-ci se voit sollicité, du religieux au politique, ou encore de l’identitaire au style de vie.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, note de recherche
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, note de recherche
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, note de recherche, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, note de recherche

Renseignements


Contacts additionnels
amollet@ens.fr
Informations pratiques

pour toute information complémentaire, contacter Arlette Mollet au Centre Maurice-Halbwachs.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Compte rendu


« Tour à tour instituantes et instituées, instauratrices et manipulées, les croyances ont une liquidité qui échappe d’autant plus à l’analyse qu’elle lui apparaît plus fondamentale ». C’est dans cette perspective, ouverte par Michel de Certeau, que le séminaire, dans la continuité de celui consacré aux « approches contemporaines de la conversion » (EHESS, 2015-2019), s’est inscrit. Il s’est donc agi de se saisir des recompositions contemporaines du croire, en rompant avec une approche qui se limiterait au seul religieux. Trop souvent de fait, le « croire » se voit rabattu sur ce religieux, et d’ailleurs souvent sur le religieux institutionnel, ce qui conduit à l’appréhender à travers les catégories produites pour rendre compte de ce religieux institutionnel. A été privilégiée une approche transdisciplinaire où se sont vus analysés les redéploiements du croire, quel que soit le registre où celui-ci se voit sollicité, du religieux au politique, ou encore de l’identitaire au style de vie. Le croire a été envisagé, dans une perspective certaldienne, comme une pratique où les questions d’authenticité, d’intériorité et de rapport à la vérité peuvent faire – et font le plus souvent – l’objet de critiques et d’épreuves : épreuve de cohérence ; épreuve du lien qu’il entretient avec l’expérience individuelle ; épreuve du vraisemblable. Si l’on peut diagnostiquer une crise contemporaine du croire, c’est, pour l’essentiel, du fait du déclin des institutions qui permettaient l’attestation de sa validité. De sorte que le croire est devenu inaccessible - sa vérité et sa cohérence restent en large partie indéterminées – sur le mode de la revendication généralisée et individualisée d’un « je sais bien mais quand même ». C’est dans ce ressort même que s’originent tant une labilité entre crédulité et incrédulité qu’une dissémination des pratiques de croyance dont la validité entend ne reposer que sur la seule force instituante de leur énonciateur.

 

Dans la continuité des années précédentes, avec les interventions d’Emma Aubin-Boltanski (CNRS – CESOR, EHESS) « Croire comment, croire à quoi, quand on est une réfugiée syrienne au Liban ? » ; Pierre Lagrange (CNRS – EHESS, IIAC) « L'ufologie: les fronts multiples de la croyance » ; et  Cyprien Tasset (LCSP, Université Paris 7 Denis Diderot) « Effondrisme : les métamorphoses de l’apocalyptique écologique » ; Emir Mahieddin (CNRS – CESOR, EHESS) « Question migratoire, banlieues urbaines et renouveau du théologico-politique en Suède » ; Christophe Jaffrelot (CNRS – CERI, Sciences Po.) « La puissance du croire dans les lieux sacrés partagés en Inde » ; Hamza Esmili (CMH, EHESS) « La cité et l'adoration. Formes et usages du croire en islam contemporain » ; et Thibault Ducloux (CMH, EHESS) « Fluctuations du croire et marché carcéral des biens de salut ; le séminaire a accueilli, avec pour fil directeur la question de l'articulation entre croire collectif et croire individuel, Myriam Revault d’Allonnes, philosophe, professeure émérite à l'EPHE et chercheure associée au CEVIPOF (Science Po) « Croire et politique » ; Jérôme Tournadre, chercheur au CNRS (ISP) « La conviction de l'inéluctable. Effondrisme et action collective dans la France contemporaine » ; Laurian Laborde (CMH, EHESS) « Du changement personnel au changement social : recompositions du rapport au politique dans des réseaux situés à l’interface du "développement personnel" et de l’activisme écologiste » ; et Véronique Altglas, enseignante-chercheure à la Queen's University Belfast et professeur invitée à l'EHESS « Congrégations messianiques : bricolage, fondamentalisme et politique ».

Publications
  • « Religion, société et politique en Europe centrale », dans La vie de l’esprit en Europe centrale et orientale depuis1945 - Dictionnaire encyclopédique, sous la dir. de Chantal Delsol et Joanna Nowicki, Cerf, Paris, 2021, p. 426-430.
  • « Droites et catholicisme : éléments de réflexion autour du cas polonais », dans Chrétiens et Sociétés XVIe-XXIe siècles (Droites et catholicisme – Circulations et réseaux transnationaux en France et en Europe des années 1960 à nos jours) - Documents et Mémoires n° 44, sous la dir. d'Olivier Dard et Bruno Dumons, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR 5190 LARHRA), 2021, p. 91-106.
  • « L’Eglise catholique est-elle un entrepreneur de mémoire ? », dans La mémoire collective en question(s), sous la dir. de Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc], PUF, Paris [à paraître en janvier 2023].

Dernière modification : 22 novembre 2021 09:33

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Fait religieux Politique Religieux (sciences sociales du) Sociohistoire Sociologie politique
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Patrick Michel [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche (émérite), CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Jean-Philippe Heurtin   professeur des universités, Université de Strasbourg

« Tour à tour instituantes et instituées, instauratrices et manipulées, les croyances ont une liquidité qui échappe d’autant plus à l’analyse qu’elle lui apparaît plus fondamentale ». C’est dans cette perspective, ouverte par Michel de Certeau, que le séminaire, dans la continuité de celui consacré aux « approches contemporaines de la conversion » (2015-2019), entend s’inscrire. Il s’agira donc de se saisir des recompositions contemporaines du croire, en rompant avec une approche qui se limiterait au seul religieux. Trop souvent de fait, le « croire » se voit rabattu sur ce religieux, et d’ailleurs souvent sur le religieux institutionnel, ce qui conduit à l’appréhender à travers les catégories produites pour rendre compte de ce religieux institutionnel.  On privilégiera une approche interdisciplinaire où seront analysés les redéploiements du croire, quel que soit le registre où celui-ci se voit sollicité, du religieux au politique, ou encore de l’identitaire au style de vie.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, note de recherche
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, note de recherche
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, note de recherche, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 3 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, note de recherche
Contacts additionnels
amollet@ens.fr
Informations pratiques

pour toute information complémentaire, contacter Arlette Mollet au Centre Maurice-Halbwachs.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-
  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    vendredi 14:00-17:00
    les 19 novembre 2021 (salle R2.03), 21 janvier (salle R2-02, de 14 h à 17 h), 25 mars (salle R3-46, de 14 h à 17 h) et 20 mai 2022 (salle R3-46)

« Tour à tour instituantes et instituées, instauratrices et manipulées, les croyances ont une liquidité qui échappe d’autant plus à l’analyse qu’elle lui apparaît plus fondamentale ». C’est dans cette perspective, ouverte par Michel de Certeau, que le séminaire, dans la continuité de celui consacré aux « approches contemporaines de la conversion » (EHESS, 2015-2019), s’est inscrit. Il s’est donc agi de se saisir des recompositions contemporaines du croire, en rompant avec une approche qui se limiterait au seul religieux. Trop souvent de fait, le « croire » se voit rabattu sur ce religieux, et d’ailleurs souvent sur le religieux institutionnel, ce qui conduit à l’appréhender à travers les catégories produites pour rendre compte de ce religieux institutionnel. A été privilégiée une approche transdisciplinaire où se sont vus analysés les redéploiements du croire, quel que soit le registre où celui-ci se voit sollicité, du religieux au politique, ou encore de l’identitaire au style de vie. Le croire a été envisagé, dans une perspective certaldienne, comme une pratique où les questions d’authenticité, d’intériorité et de rapport à la vérité peuvent faire – et font le plus souvent – l’objet de critiques et d’épreuves : épreuve de cohérence ; épreuve du lien qu’il entretient avec l’expérience individuelle ; épreuve du vraisemblable. Si l’on peut diagnostiquer une crise contemporaine du croire, c’est, pour l’essentiel, du fait du déclin des institutions qui permettaient l’attestation de sa validité. De sorte que le croire est devenu inaccessible - sa vérité et sa cohérence restent en large partie indéterminées – sur le mode de la revendication généralisée et individualisée d’un « je sais bien mais quand même ». C’est dans ce ressort même que s’originent tant une labilité entre crédulité et incrédulité qu’une dissémination des pratiques de croyance dont la validité entend ne reposer que sur la seule force instituante de leur énonciateur.

 

Dans la continuité des années précédentes, avec les interventions d’Emma Aubin-Boltanski (CNRS – CESOR, EHESS) « Croire comment, croire à quoi, quand on est une réfugiée syrienne au Liban ? » ; Pierre Lagrange (CNRS – EHESS, IIAC) « L'ufologie: les fronts multiples de la croyance » ; et  Cyprien Tasset (LCSP, Université Paris 7 Denis Diderot) « Effondrisme : les métamorphoses de l’apocalyptique écologique » ; Emir Mahieddin (CNRS – CESOR, EHESS) « Question migratoire, banlieues urbaines et renouveau du théologico-politique en Suède » ; Christophe Jaffrelot (CNRS – CERI, Sciences Po.) « La puissance du croire dans les lieux sacrés partagés en Inde » ; Hamza Esmili (CMH, EHESS) « La cité et l'adoration. Formes et usages du croire en islam contemporain » ; et Thibault Ducloux (CMH, EHESS) « Fluctuations du croire et marché carcéral des biens de salut ; le séminaire a accueilli, avec pour fil directeur la question de l'articulation entre croire collectif et croire individuel, Myriam Revault d’Allonnes, philosophe, professeure émérite à l'EPHE et chercheure associée au CEVIPOF (Science Po) « Croire et politique » ; Jérôme Tournadre, chercheur au CNRS (ISP) « La conviction de l'inéluctable. Effondrisme et action collective dans la France contemporaine » ; Laurian Laborde (CMH, EHESS) « Du changement personnel au changement social : recompositions du rapport au politique dans des réseaux situés à l’interface du "développement personnel" et de l’activisme écologiste » ; et Véronique Altglas, enseignante-chercheure à la Queen's University Belfast et professeur invitée à l'EHESS « Congrégations messianiques : bricolage, fondamentalisme et politique ».

Publications
  • « Religion, société et politique en Europe centrale », dans La vie de l’esprit en Europe centrale et orientale depuis1945 - Dictionnaire encyclopédique, sous la dir. de Chantal Delsol et Joanna Nowicki, Cerf, Paris, 2021, p. 426-430.
  • « Droites et catholicisme : éléments de réflexion autour du cas polonais », dans Chrétiens et Sociétés XVIe-XXIe siècles (Droites et catholicisme – Circulations et réseaux transnationaux en France et en Europe des années 1960 à nos jours) - Documents et Mémoires n° 44, sous la dir. d'Olivier Dard et Bruno Dumons, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR 5190 LARHRA), 2021, p. 91-106.
  • « L’Eglise catholique est-elle un entrepreneur de mémoire ? », dans La mémoire collective en question(s), sous la dir. de Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc], PUF, Paris [à paraître en janvier 2023].