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UE938 - Dire et traduire l'incertain


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 50
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (3e), vendredi 16:30-18:30
    du 17 décembre 2021 au 17 juin 2022
    Nombre de séances : 7


Description


Dernière modification : 18 mai 2022 11:49

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)
Disciplines
Linguistique, sémantique
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie et linguistique
Aires culturelles
Arabe (monde) Asie orientale Europe
Intervenant·e·s
  • Michèle Leclerc-Olive [référent·e]   chargée de recherche (retraité·e), CNRS / Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)

Le séminaire entend comparer les manières de dire l'incertain dans différentes langues (grec ancien, français, italien, espagnol, anglais, allemand, arabe, chinois. 

Éventuel, possible, douteux, vraisemblable, crédible, probable, contingent, etc. : le lexique de l’incertain tel qu’on peut l’identifier dans différentes traditions linguistiques, est inscrit dans les vocabulaires philosophiques dont ils indiquent des inflexions capitales

À la lumière des choix de traduction de textes majeurs (Aristote, Platon, Foucault, Eco, Jankélévitch, Schapp, Arendt, etc.), le séminaire souhaite identifier les constellations lexicales propres aux aires linguistiques et proposer une analyse comparative des épistémologies de l’incertain. 

En indiquant en creux la place occupée par les notions de vérité, de certitude, etc. et en accordant une attention particulière aux manières de dire (ou non) les articulations entre les figures du temps et celles de l’incertain, ces études comparatives espèrent identifier les éventuelles spécificités des systèmes de pensée (incluant leurs controverses) attachés tant à certaines époques historiques qu’à certaines aires linguistiques, y compris les cultures de tradition orale.

La séance du 21 janvier est reportée au 28 janvier (en distanciel).

La séance du 15 avril est reportée au 29 avril (en distanciel).

La séance du 20 mai se déroulera en salle 0.015, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet

La séance du 17 juin se déroulera en salle 3.06, Centre des colloques, campus Condorcet


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous

Réception des candidats
-
Pré-requis

master 1


Compte rendu


À tort ou à raison, il a été décidé de consacrer les deux premières séances du séminaire à la présentation et à l’approfondissement des travaux réalisés dans le cadre du séminaire Épistémologies de l’incertain qui s’est réuni au cours des années universitaires 2019-20 et 2020-2021 (Sous les titres successifs Penser « entre » les catégories puis Épistémologues duales). 
On notera que ce séminaire est attaché au dialogue pluridisciplinaire qu’il veille à favoriser, notamment entre les sciences humaines et les sciences dites dures.

L’objectif de ces deux séances était de restituer les travaux qui servaient de préliminaires à la première partie du programme de cette année – Dire l’incertain –  en insistant sur quelques aspects majeurs : l’indigence de l’utilisation de l’usage de la biographie comme expérience intériorisée de l’incertain, les parcours sémantiques respectifs de probabilité et de vraisemblance, les limites des catégories aristotéliciennes pour penser l’incertain, et surtout les difficultés à dissocier les dimensions temporelles de l’incertain d’avec les modélisations de l’aléatoire : c’est dire que le séminaire s’est d’emblée émancipé de la théorie des probabilités trop souvent considérée comme l’unique manière de se rapporter à l’incertain.

Après cette introduction, deux séances ont été consacrées à la manière de se rapporter à l’incertain dans des cultures non-occidentales. Blondin Cissé, professeur de philosophie à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, a bien voulu nous présenter les manières de se rapporter à l’incertain dans les cultures animistes d’Afrique de l’Ouest, notamment à travers le recours aux contes. La focale s’est ensuite resserrée sur les aspects proprement linguistiques : Aly Sambou,  professeur de traductologie dans la même université et traducteur professionnel, a analysé les manières de traduire l’incertain en wolof et en jóola, nous faisant entrer de plain-pied dans le second volet de la recherche – Traduire l’incertain.  La séance d’avril, qui devait initialement être animée par Suzanne Mauduit Peix-Geldart sur la traduction en espagnol de Jankélévitch, a finalement été consacrée aux commentaires que Bernard Guy, géologue de l’École des mines de Saint-Étienne, avait rédigés pour discuter les thèses soutenues en introduction par Carlos Lobo et Michèle Leclerc-Olive.  Ces échanges sur les contraintes induites par le cadre théorique imposé par les modélisations probabilistes classiques (univers, spielraum, additivité, etc.) se poursuivront au cours de l’année 2022-23.

Ensuite, reprenant les interrogations laissées en suspens sur la proximité entre probabilité et vraisemblance, Xavier Riu, professeur de la philologie grecque à l’université de Barcelone, a bien voulu partager ses analyses des traductions du terme grec eikos, classiquement rendu jusqu’ici par ‘vraisemblance’ mais que récemment, des traducteurs jugent quasiment équivalent à probable. Enfin, ce cycle de séances s’est achevé par une rencontre animée par Gianfranco Pecchinenda, professeur de sociologie de la connaissance à l’université Federico II de Naples. Pecchinenda est également écrivain ; il a récemment publié (en italien, espagnol et français) une « biographie » de Ricardo Montero, avatar notoire de diverses personnalités présentes sur les réseaux sociaux. Ce fut l’occasion de partager les réflexions de l’auteur sur l'incertain, non comme élément lexical, mais comme élément central de l'approche sociologique de l'analyse de la littérature.

Si aucune de ces enquêtes n’a pu être véritablement achevée, le séminaire a ouvert des pistes de réflexion de nature à féconder tant les travaux généraux sur la complexité et l’incertain, que les travaux spécifiques des chercheurs qui participent à cette recherche collective.

Dernière modification : 18 mai 2022 11:49

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)
Disciplines
Linguistique, sémantique
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie et linguistique
Aires culturelles
Arabe (monde) Asie orientale Europe
Intervenant·e·s
  • Michèle Leclerc-Olive [référent·e]   chargée de recherche (retraité·e), CNRS / Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)

Le séminaire entend comparer les manières de dire l'incertain dans différentes langues (grec ancien, français, italien, espagnol, anglais, allemand, arabe, chinois. 

Éventuel, possible, douteux, vraisemblable, crédible, probable, contingent, etc. : le lexique de l’incertain tel qu’on peut l’identifier dans différentes traditions linguistiques, est inscrit dans les vocabulaires philosophiques dont ils indiquent des inflexions capitales

À la lumière des choix de traduction de textes majeurs (Aristote, Platon, Foucault, Eco, Jankélévitch, Schapp, Arendt, etc.), le séminaire souhaite identifier les constellations lexicales propres aux aires linguistiques et proposer une analyse comparative des épistémologies de l’incertain. 

En indiquant en creux la place occupée par les notions de vérité, de certitude, etc. et en accordant une attention particulière aux manières de dire (ou non) les articulations entre les figures du temps et celles de l’incertain, ces études comparatives espèrent identifier les éventuelles spécificités des systèmes de pensée (incluant leurs controverses) attachés tant à certaines époques historiques qu’à certaines aires linguistiques, y compris les cultures de tradition orale.

La séance du 21 janvier est reportée au 28 janvier (en distanciel).

La séance du 15 avril est reportée au 29 avril (en distanciel).

La séance du 20 mai se déroulera en salle 0.015, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet

La séance du 17 juin se déroulera en salle 3.06, Centre des colloques, campus Condorcet

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous

Réception des candidats
-
Pré-requis

master 1

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 50
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (3e), vendredi 16:30-18:30
    du 17 décembre 2021 au 17 juin 2022
    Nombre de séances : 7

À tort ou à raison, il a été décidé de consacrer les deux premières séances du séminaire à la présentation et à l’approfondissement des travaux réalisés dans le cadre du séminaire Épistémologies de l’incertain qui s’est réuni au cours des années universitaires 2019-20 et 2020-2021 (Sous les titres successifs Penser « entre » les catégories puis Épistémologues duales). 
On notera que ce séminaire est attaché au dialogue pluridisciplinaire qu’il veille à favoriser, notamment entre les sciences humaines et les sciences dites dures.

L’objectif de ces deux séances était de restituer les travaux qui servaient de préliminaires à la première partie du programme de cette année – Dire l’incertain –  en insistant sur quelques aspects majeurs : l’indigence de l’utilisation de l’usage de la biographie comme expérience intériorisée de l’incertain, les parcours sémantiques respectifs de probabilité et de vraisemblance, les limites des catégories aristotéliciennes pour penser l’incertain, et surtout les difficultés à dissocier les dimensions temporelles de l’incertain d’avec les modélisations de l’aléatoire : c’est dire que le séminaire s’est d’emblée émancipé de la théorie des probabilités trop souvent considérée comme l’unique manière de se rapporter à l’incertain.

Après cette introduction, deux séances ont été consacrées à la manière de se rapporter à l’incertain dans des cultures non-occidentales. Blondin Cissé, professeur de philosophie à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, a bien voulu nous présenter les manières de se rapporter à l’incertain dans les cultures animistes d’Afrique de l’Ouest, notamment à travers le recours aux contes. La focale s’est ensuite resserrée sur les aspects proprement linguistiques : Aly Sambou,  professeur de traductologie dans la même université et traducteur professionnel, a analysé les manières de traduire l’incertain en wolof et en jóola, nous faisant entrer de plain-pied dans le second volet de la recherche – Traduire l’incertain.  La séance d’avril, qui devait initialement être animée par Suzanne Mauduit Peix-Geldart sur la traduction en espagnol de Jankélévitch, a finalement été consacrée aux commentaires que Bernard Guy, géologue de l’École des mines de Saint-Étienne, avait rédigés pour discuter les thèses soutenues en introduction par Carlos Lobo et Michèle Leclerc-Olive.  Ces échanges sur les contraintes induites par le cadre théorique imposé par les modélisations probabilistes classiques (univers, spielraum, additivité, etc.) se poursuivront au cours de l’année 2022-23.

Ensuite, reprenant les interrogations laissées en suspens sur la proximité entre probabilité et vraisemblance, Xavier Riu, professeur de la philologie grecque à l’université de Barcelone, a bien voulu partager ses analyses des traductions du terme grec eikos, classiquement rendu jusqu’ici par ‘vraisemblance’ mais que récemment, des traducteurs jugent quasiment équivalent à probable. Enfin, ce cycle de séances s’est achevé par une rencontre animée par Gianfranco Pecchinenda, professeur de sociologie de la connaissance à l’université Federico II de Naples. Pecchinenda est également écrivain ; il a récemment publié (en italien, espagnol et français) une « biographie » de Ricardo Montero, avatar notoire de diverses personnalités présentes sur les réseaux sociaux. Ce fut l’occasion de partager les réflexions de l’auteur sur l'incertain, non comme élément lexical, mais comme élément central de l'approche sociologique de l'analyse de la littérature.

Si aucune de ces enquêtes n’a pu être véritablement achevée, le séminaire a ouvert des pistes de réflexion de nature à féconder tant les travaux généraux sur la complexité et l’incertain, que les travaux spécifiques des chercheurs qui participent à cette recherche collective.