UE908 - Pratiques sociales de la racialisation, de l’altérisation et de la domination dans l’esclavage et le post-esclavage


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=908.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A427
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), vendredi 14:30-16:30
    du 5 novembre 2021 au 3 juin 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 11 mai 2022 17:02

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Domaine
-
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Esclavage Post-coloniales (études) Racismes et races
Aires culturelles
Afrique Amériques Asie Atlantiques (mondes) Europe
Intervenant·e·s

Ce séminaire commun aux centres Mondes américains et au CIRESC (USR 2002 CNRS) retrace, dans une perspective pluridisciplinaire, la généalogie des pratiques d’altérisation qui fondent la stratification des sociétés esclavagistes et post-esclavagistes. Magali Bessone (professeure à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Klara Boyer-Rossol (membre du CIRESC, chercheure associée à l'URMIS), Ary Gordien (postdoctorant à l’Université Paris 8) et Romy Sanchez (chargée de recherche au CNRS, Université de Lille) participent aussi à l'animation de ce séminaire.

Cette réflexion collective se propose de revisiter l’histoire des processus de racialisation et de métissage, de défaire l’évidence du lien, trop souvent admis, entre race et couleur dans les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes et de contraster ces processus de domination avec d’autres plus inexplorés. Nous souhaitons interroger la tension entre pratiques d’altérisation et idéal de « citoyenneté moderne », inscrit dans l’horizon de l’égalité civile et politique, comme enjeu majeur de la construction des sociétés démocratiques. L’attention portée par l’historiographie aux abolitions a paradoxalement occulté les formes d’altérisation durables, notamment — mais pas uniquement — celles fondées sur les différences ethno-raciales, comme enjeu démocratique et/ou républicain.

Ce séminaire inscrit l’histoire de ces pratiques dans le temps long en les considérant non pas comme un processus linéaire mais davantage comme un ensemble de dynamiques distinctes selon les lieux et les temporalités. La dimension généalogique de la transmission de la dignité et de l’indignité à travers le temps et les corps est ainsi mise en lumière. Les pratiques d’altérisation économiques, politiques, juridiques, culturelles, somatiques, ontologiques et épistémiques sont ainsi repensées en dehors des enjeux de la grande traite négrière atlantique, trop souvent prise comme cadre d’interprétation paradigmatique des esclavages.  

Pour analyser le fonctionnement de ces rapports de domination, il s’agit d’étudier ainsi des périodes parfois négligées par les historiens (Antiquité et Moyen Âge) et de mettre en relation les espaces américains, européens, africains et les îles de l’Océan Indien, dans l’espoir de remettre en cause une certaine fragmentation historiographique. Les complexités de la racialisation et du colorisme, points nodaux de l’expérience esclavagiste transatlantique, seront mises en regard avec d’autres logiques d’infériorisation moins connues et explorées. Par exemple, en  Europe, en Afrique et dans l’Océan Indien, la culture, la filiation, l’ethnicité, la langue, la religion ou l’honneur peuvent s’avérer, sur le temps long, plus opérants que la race et la couleur pour comprendre certaines dynamiques.Enfin, l’une des visées de ce séminaire est de saisir comment se sont transmises des logiques et des pratiques d’altérisation, d’infériorisation et de domination. Par quelles pratiques passe la reproduction des stratifications des sociétés post-esclavagistes, comment ont-elles évolué et quels sont les changements en cours ? L'analyse des mobilisations politiques des populations descendantes d’esclaves au prisme de la réalité du maintien de cercles de pouvoir restreints d’élites esclavagistes ou composées de descendants d’esclavagistes représente à ce titre un objet d’étude essentiel. L'appréhender permet de se pencher sur les continuités et les mutations des revendications portées et des mécanismes de domination contestés.

Vendredi 5 novembre : introduction et présentation du Lexique des réparations (Karthala, 2021) dirigé par Magali Besonne et Myriam Cottias

Vendredi 19 novembre : Jonathan M. Square, Parsons School of Design, The Myth of the Tignon and the Invention of New Orleans

Vendredi 3 décembre : Mariana Dantas, Université de Ohio (invitée EHESS) : Pères Blancs et Mères Noires : la formation de la famille face à la violence de l’esclavage 

Vendredi 17 décembre : Marie-Jeanne Rossignol, Université de Paris, présentation de l’ouvrage : Penseuses et penseurs noirs d’Amérique du Nord et Haïti : une anthologie (XVIIIe–XIXe siècles), dirigé par Marlene Daut, Marie-Jeanne Rossignol, Cécile Roudeau et Michaël Roy.

Vendredi 7 janvier : Fabrizio Filioli Uranio, Université de Boon : La couleur et l'argent: quand l'économie identifie les esclaves. Valencia et Naples au XVIe et au XVIIe siècles

Vendredi 21 janvier : Jesús Sanjurjo, Université de Cardiff : A dangerous germ’: White Supremacy, Slavery and Radical Politics in Spain’s Atlantic Empire

Vendredi 4 février : Laura Carter, City University of New York (CUNY) : Reconnaissance to reconciliation? Guadeloupean movements that (re)place reparations into the equation

Vendredi 18 février : Ary Gordien, Université de Paris : Représentations de la couleur dans les réseaux gais noirs atlantiques

Vendredi 4 mars : Ariela Gross, Université de Californie du Sud : présentation de son ouvrage Becoming Free, Becoming Black: Race, Freedom, and Law in Cuba, Virginia, and Louisiana

Vendredi 18 mars : Stéphanie Mulot, Université de Toulouse Jean Jaurès, The Memorial ACTe in Guadeloupe: Clearing the Dark Memory of Slavery?

 Vendredi 1er avril : Andrew Daily, Université de Memphis : French Caribbean anti-colonialism, race and post-slavery

Vendredi 15 avril : Edenz Maurice, IHEMI-Mondes américains/CERMA, présentation de son ouvrage : L'autre creuset. Histoire de la Guyane des années 1920 au tournant des années 1980 (à paraître en 2022 aux Indes Savantes)

Vendredi 20 mai (salle 0.016, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet)


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
m.cottias@me.com
Informations pratiques

site web : http://www.esclavages.cnrs.fr/

Pour tout renseignement: contacter Céline Flory par courriel.

 

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous uniquement. Contacter Céline Flory par courriel (uniquement pour les master) ou Myriam Cottias par courriel (doctorat)

Réception des candidats
-
Pré-requis

à partir du Master 1 et auditeurs libres acceptés.

Dernière modification : 11 mai 2022 17:02

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Domaine
-
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Esclavage Post-coloniales (études) Racismes et races
Aires culturelles
Afrique Amériques Asie Atlantiques (mondes) Europe
Intervenant·e·s

Ce séminaire commun aux centres Mondes américains et au CIRESC (USR 2002 CNRS) retrace, dans une perspective pluridisciplinaire, la généalogie des pratiques d’altérisation qui fondent la stratification des sociétés esclavagistes et post-esclavagistes. Magali Bessone (professeure à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Klara Boyer-Rossol (membre du CIRESC, chercheure associée à l'URMIS), Ary Gordien (postdoctorant à l’Université Paris 8) et Romy Sanchez (chargée de recherche au CNRS, Université de Lille) participent aussi à l'animation de ce séminaire.

Cette réflexion collective se propose de revisiter l’histoire des processus de racialisation et de métissage, de défaire l’évidence du lien, trop souvent admis, entre race et couleur dans les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes et de contraster ces processus de domination avec d’autres plus inexplorés. Nous souhaitons interroger la tension entre pratiques d’altérisation et idéal de « citoyenneté moderne », inscrit dans l’horizon de l’égalité civile et politique, comme enjeu majeur de la construction des sociétés démocratiques. L’attention portée par l’historiographie aux abolitions a paradoxalement occulté les formes d’altérisation durables, notamment — mais pas uniquement — celles fondées sur les différences ethno-raciales, comme enjeu démocratique et/ou républicain.

Ce séminaire inscrit l’histoire de ces pratiques dans le temps long en les considérant non pas comme un processus linéaire mais davantage comme un ensemble de dynamiques distinctes selon les lieux et les temporalités. La dimension généalogique de la transmission de la dignité et de l’indignité à travers le temps et les corps est ainsi mise en lumière. Les pratiques d’altérisation économiques, politiques, juridiques, culturelles, somatiques, ontologiques et épistémiques sont ainsi repensées en dehors des enjeux de la grande traite négrière atlantique, trop souvent prise comme cadre d’interprétation paradigmatique des esclavages.  

Pour analyser le fonctionnement de ces rapports de domination, il s’agit d’étudier ainsi des périodes parfois négligées par les historiens (Antiquité et Moyen Âge) et de mettre en relation les espaces américains, européens, africains et les îles de l’Océan Indien, dans l’espoir de remettre en cause une certaine fragmentation historiographique. Les complexités de la racialisation et du colorisme, points nodaux de l’expérience esclavagiste transatlantique, seront mises en regard avec d’autres logiques d’infériorisation moins connues et explorées. Par exemple, en  Europe, en Afrique et dans l’Océan Indien, la culture, la filiation, l’ethnicité, la langue, la religion ou l’honneur peuvent s’avérer, sur le temps long, plus opérants que la race et la couleur pour comprendre certaines dynamiques.Enfin, l’une des visées de ce séminaire est de saisir comment se sont transmises des logiques et des pratiques d’altérisation, d’infériorisation et de domination. Par quelles pratiques passe la reproduction des stratifications des sociétés post-esclavagistes, comment ont-elles évolué et quels sont les changements en cours ? L'analyse des mobilisations politiques des populations descendantes d’esclaves au prisme de la réalité du maintien de cercles de pouvoir restreints d’élites esclavagistes ou composées de descendants d’esclavagistes représente à ce titre un objet d’étude essentiel. L'appréhender permet de se pencher sur les continuités et les mutations des revendications portées et des mécanismes de domination contestés.

Vendredi 5 novembre : introduction et présentation du Lexique des réparations (Karthala, 2021) dirigé par Magali Besonne et Myriam Cottias

Vendredi 19 novembre : Jonathan M. Square, Parsons School of Design, The Myth of the Tignon and the Invention of New Orleans

Vendredi 3 décembre : Mariana Dantas, Université de Ohio (invitée EHESS) : Pères Blancs et Mères Noires : la formation de la famille face à la violence de l’esclavage 

Vendredi 17 décembre : Marie-Jeanne Rossignol, Université de Paris, présentation de l’ouvrage : Penseuses et penseurs noirs d’Amérique du Nord et Haïti : une anthologie (XVIIIe–XIXe siècles), dirigé par Marlene Daut, Marie-Jeanne Rossignol, Cécile Roudeau et Michaël Roy.

Vendredi 7 janvier : Fabrizio Filioli Uranio, Université de Boon : La couleur et l'argent: quand l'économie identifie les esclaves. Valencia et Naples au XVIe et au XVIIe siècles

Vendredi 21 janvier : Jesús Sanjurjo, Université de Cardiff : A dangerous germ’: White Supremacy, Slavery and Radical Politics in Spain’s Atlantic Empire

Vendredi 4 février : Laura Carter, City University of New York (CUNY) : Reconnaissance to reconciliation? Guadeloupean movements that (re)place reparations into the equation

Vendredi 18 février : Ary Gordien, Université de Paris : Représentations de la couleur dans les réseaux gais noirs atlantiques

Vendredi 4 mars : Ariela Gross, Université de Californie du Sud : présentation de son ouvrage Becoming Free, Becoming Black: Race, Freedom, and Law in Cuba, Virginia, and Louisiana

Vendredi 18 mars : Stéphanie Mulot, Université de Toulouse Jean Jaurès, The Memorial ACTe in Guadeloupe: Clearing the Dark Memory of Slavery?

 Vendredi 1er avril : Andrew Daily, Université de Memphis : French Caribbean anti-colonialism, race and post-slavery

Vendredi 15 avril : Edenz Maurice, IHEMI-Mondes américains/CERMA, présentation de son ouvrage : L'autre creuset. Histoire de la Guyane des années 1920 au tournant des années 1980 (à paraître en 2022 aux Indes Savantes)

Vendredi 20 mai (salle 0.016, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet)

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
m.cottias@me.com
Informations pratiques

site web : http://www.esclavages.cnrs.fr/

Pour tout renseignement: contacter Céline Flory par courriel.

 

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous uniquement. Contacter Céline Flory par courriel (uniquement pour les master) ou Myriam Cottias par courriel (doctorat)

Réception des candidats
-
Pré-requis

à partir du Master 1 et auditeurs libres acceptés.

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=908.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A427
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), vendredi 14:30-16:30
    du 5 novembre 2021 au 3 juin 2022
    Nombre de séances : 12