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UE903 - Image et recherche critique


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.08
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    2nd semestre / hebdomadaire, jeudi 18:30-20:30
    du 24 février 2022 au 2 juin 2022
    Nombre de séances : 8


Description


Dernière modification : 2 novembre 2021 09:52

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie visuelle Archives Cinéma Esthétique Philosophie politique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

La discipline anthropologique est de plus en plus interpellée par la question des images, de leur place, de leur usage, de la façon dont elles participent à la recherche et la font évoluer. Bien des anthropologues utilisent la photographie, la vidéo, le cinéma, comme à la fois nourrissant leur propre réflexion et, à beaucoup d’égards, la reconfigurant. Et nombreux sont ceux dont la recherche peut prendre la forme d’une série photographique ou d’un film. Mais penser les images dans leur relation au terrain suppose aussi de questionner des choix esthétiques, de mobiliser une culture commune réflexive, philosophique et esthétique, qui permette une distance critique à l’égard de la production iconique. 

Ce séminaire vise donc à penser la relation entre travail des images photographiques (ou filmiques) et travail de la recherche en philosophie et en sciences sociales, dans les termes d’une interrelation entre esthétique, pensée critique et travail de terrain. L'image est en effet souvent insuffisamment pensée comme une véritable part du travail intellectuel, alors que des photographes et des cinéastes pensent leur propre pratique et se nourrissent d’une histoire de leur discipline.

En outre, se manifeste aussi une volonté de donner du jeu aux rigueurs et aux exigences de la forme académique écrite, qui peuvent par certains aspects contraindre la pensée et inhiber la créativité intellectuelle. Or le monde iconique, comme celui de l'écrit, est façonné dans la programmation « par défaut » des discours hégémoniques médiatisés. Comment envisager alors une collaboration entre un artiste et un chercheur ? Ou la position d’un chercheur formé à l’écrit en produisant aussi des images ? Ou le statut de la recherche-création ?

Enfin, les discours alternatifs en anthropologie et en sciences sociales, les perspectives critiques, supposent de repenser les positions respectives du chercheur et de l’enquêté, y compris dans la représentation visuelle des personnes. Ces enjeux renvoient à la question esthétique du point de vue philosophique (en particulier dans le rapport nouveau de la philosophie au terrain), trouvant leur source dans des pratiques de collaboration entre recherche et art. Ils doivent ainsi mobiliser des savoirs réflexifs, à partir d’une culture de l’image et du texte.

Le but du séminaire, associant une anthropologue, un photographe et une philosophe ayant tous trois la pratique corrélative du terrain, de la réflexion et de l’image, est donc de réfléchir à ces questions et de mobiliser la culture qu’elles nécessitent, à travers des projets concrets qui engagent des tandems chercheurs + artistes, des artistes-chercheurs ou des chercheurs-artistes.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
crivol@free.fr phbazin@free.fr
Informations pratiques

Pour toute information, contacter Christiane Vollaire : crivol(at)free.fr

 

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

Le séminaire est ouvert aux masterant.e.s qui valident l'UE, aux doctorant.e.s et aux auditeur.e.s libres assidu.e.s. L'assiduité est en effet un prérequis. 


Compte rendu


Le séminaire Image et recherche critique : de la documentation au documentaire s’est déroulé pour la deuxième année consécutive.

Douze séances ont eu lieu, du 24 février au 2 juin 2022, avec une présence régulière et active des étudiants.

La 1ère séance était consacrée à une introduction générale des trois organisateurs, précisant les objectifs, les enjeux et les attentes de ce séminaire à partir des documents transmis aux étudiants (cadrage théorique, bibliographies et filmographie). Il est attendu d’eux à la fois une intégration de quelques données de base d’une culture partagée, en termes de fondements théoriques et esthétiques, et un travail leur en permettant la mise en application dans un projet singulier. Au long des séances suivantes, les intervenants invités leur permettront d’interroger divers positionnements et réalisations autour de la relation entre image et recherche critique.

Le reste de la séance était consacré à la présentation de chaque étudiant (parcours et attentes pour ce séminaire).

La 2e séance était consacrée à un exposé de Christiane Vollaire présentant une généalogie de la pensée critique, de ses objets et de sa diversité, en relation avec les questionnements esthétique et politiques qu’elle pose.

Un second moment était consacré au travail commun associant philosophie de terrain et photographie documentaire critique, qu’elle mène avec Philippe Bazin depuis les années 2000.  

La 3e séance a invité les cinéastes Erika Haglund et Benjamin Serrero à une présentation de leur travail, permettant de saisir, à travers plusieurs extraits de leurs films, la mise à l’œuvre d’un travail documentaire et réflexif sur le lien social et la résistance aux processus de marginalisation induits par l’institution. Ils insistent sur la relation aux personnes filmées et leur désir d’être représentées.

La 4e séance a été animée par Chowra Makaremi qui a projeté aux étudiants son film Hitch, présentant les enjeux du croisement entre histoire familiale et histoire socio-politique dans l’Iran de la charnière du XXe au XXIe siècle. Et le travail d’archives et d’entretiens mené sur les diverses formes de la violence politique.

La 5e séance a été animée par Philippe Bazin, qui présente les objets, les spécificités et les finalités d’une photographie documentaire critique, à travers les exemples concrets tirés de son propre parcours et de ses productions, questionnant les fondements esthétiques du travail documentaire. 

La 6e séance devait être consacrée au travail de Nina Ferrer-Gleize, photographe invitée. Mais l’épidémie de covid ne lui permet pas de nous rejoindre. C’est donc Philippe Bazin qui présente les travaux de plusieurs photographes de référence, qui peuvent éclairer la relation de l’esthétique au politique et du document au documentaire : Alan Sekula, Martha Rosler, Lewis Baltz et Stan Douglas en particulier.

La 7e séance a invité Myr Muratet, photographe auteur en particulier du livre Paris Nord sorti en 2020. Il insiste notamment sur la présence, dans son travail des dispositifs anti-personnels qui font obstruction à l’appropriation populaire des espaces publics. Mais il a insisté également sur le long temps nécessaire à la relation aux marginaux.

La 8e séance a invité Piotr Pawlenski, artiste performer mettant en crise les lieux de pouvoir et les espaces de médiatisation pour en montrer la violence intrinsèque et en dévoyer la culture du secret. Pour ses interventions, il a parlé d’événements et non pas d’actions, choisissant d’en mettre en évidence l’impact social et collectif.

La 9e séance a invité Viviane Perelmuter et Isabelle Ingold, cinéastes, à présenter leur film Ailleurs, partout, qui articule en particulier les images des dispositifs de vidéo-surveillance à la parole d’un jeune exilé captée dans ses échanges téléphoniques ou sms avec sa mère et les deux cinéastes elles-mêmes.

La 10e séance  a été est consacrée à la présentation de travaux d’étudiants en relation avec les apports reçus des intervenants au long de cette année et les lectures qui leur ont fait suite ou les ont préparés.

La 11e séance a été consacrée à la fin des présentations des étudiants ainsi qu’à un retour des étudiants sur le travail de l’année, les éclairages qu’ils en ont reçu, les critiques, les suggestions et les perspectives que l’ensemble du séminaire leur a ouvertes.

Dernière modification : 2 novembre 2021 09:52

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie visuelle Archives Cinéma Esthétique Philosophie politique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

La discipline anthropologique est de plus en plus interpellée par la question des images, de leur place, de leur usage, de la façon dont elles participent à la recherche et la font évoluer. Bien des anthropologues utilisent la photographie, la vidéo, le cinéma, comme à la fois nourrissant leur propre réflexion et, à beaucoup d’égards, la reconfigurant. Et nombreux sont ceux dont la recherche peut prendre la forme d’une série photographique ou d’un film. Mais penser les images dans leur relation au terrain suppose aussi de questionner des choix esthétiques, de mobiliser une culture commune réflexive, philosophique et esthétique, qui permette une distance critique à l’égard de la production iconique. 

Ce séminaire vise donc à penser la relation entre travail des images photographiques (ou filmiques) et travail de la recherche en philosophie et en sciences sociales, dans les termes d’une interrelation entre esthétique, pensée critique et travail de terrain. L'image est en effet souvent insuffisamment pensée comme une véritable part du travail intellectuel, alors que des photographes et des cinéastes pensent leur propre pratique et se nourrissent d’une histoire de leur discipline.

En outre, se manifeste aussi une volonté de donner du jeu aux rigueurs et aux exigences de la forme académique écrite, qui peuvent par certains aspects contraindre la pensée et inhiber la créativité intellectuelle. Or le monde iconique, comme celui de l'écrit, est façonné dans la programmation « par défaut » des discours hégémoniques médiatisés. Comment envisager alors une collaboration entre un artiste et un chercheur ? Ou la position d’un chercheur formé à l’écrit en produisant aussi des images ? Ou le statut de la recherche-création ?

Enfin, les discours alternatifs en anthropologie et en sciences sociales, les perspectives critiques, supposent de repenser les positions respectives du chercheur et de l’enquêté, y compris dans la représentation visuelle des personnes. Ces enjeux renvoient à la question esthétique du point de vue philosophique (en particulier dans le rapport nouveau de la philosophie au terrain), trouvant leur source dans des pratiques de collaboration entre recherche et art. Ils doivent ainsi mobiliser des savoirs réflexifs, à partir d’une culture de l’image et du texte.

Le but du séminaire, associant une anthropologue, un photographe et une philosophe ayant tous trois la pratique corrélative du terrain, de la réflexion et de l’image, est donc de réfléchir à ces questions et de mobiliser la culture qu’elles nécessitent, à travers des projets concrets qui engagent des tandems chercheurs + artistes, des artistes-chercheurs ou des chercheurs-artistes.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
crivol@free.fr phbazin@free.fr
Informations pratiques

Pour toute information, contacter Christiane Vollaire : crivol(at)free.fr

 

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

Le séminaire est ouvert aux masterant.e.s qui valident l'UE, aux doctorant.e.s et aux auditeur.e.s libres assidu.e.s. L'assiduité est en effet un prérequis. 

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.08
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    2nd semestre / hebdomadaire, jeudi 18:30-20:30
    du 24 février 2022 au 2 juin 2022
    Nombre de séances : 8

Le séminaire Image et recherche critique : de la documentation au documentaire s’est déroulé pour la deuxième année consécutive.

Douze séances ont eu lieu, du 24 février au 2 juin 2022, avec une présence régulière et active des étudiants.

La 1ère séance était consacrée à une introduction générale des trois organisateurs, précisant les objectifs, les enjeux et les attentes de ce séminaire à partir des documents transmis aux étudiants (cadrage théorique, bibliographies et filmographie). Il est attendu d’eux à la fois une intégration de quelques données de base d’une culture partagée, en termes de fondements théoriques et esthétiques, et un travail leur en permettant la mise en application dans un projet singulier. Au long des séances suivantes, les intervenants invités leur permettront d’interroger divers positionnements et réalisations autour de la relation entre image et recherche critique.

Le reste de la séance était consacré à la présentation de chaque étudiant (parcours et attentes pour ce séminaire).

La 2e séance était consacrée à un exposé de Christiane Vollaire présentant une généalogie de la pensée critique, de ses objets et de sa diversité, en relation avec les questionnements esthétique et politiques qu’elle pose.

Un second moment était consacré au travail commun associant philosophie de terrain et photographie documentaire critique, qu’elle mène avec Philippe Bazin depuis les années 2000.  

La 3e séance a invité les cinéastes Erika Haglund et Benjamin Serrero à une présentation de leur travail, permettant de saisir, à travers plusieurs extraits de leurs films, la mise à l’œuvre d’un travail documentaire et réflexif sur le lien social et la résistance aux processus de marginalisation induits par l’institution. Ils insistent sur la relation aux personnes filmées et leur désir d’être représentées.

La 4e séance a été animée par Chowra Makaremi qui a projeté aux étudiants son film Hitch, présentant les enjeux du croisement entre histoire familiale et histoire socio-politique dans l’Iran de la charnière du XXe au XXIe siècle. Et le travail d’archives et d’entretiens mené sur les diverses formes de la violence politique.

La 5e séance a été animée par Philippe Bazin, qui présente les objets, les spécificités et les finalités d’une photographie documentaire critique, à travers les exemples concrets tirés de son propre parcours et de ses productions, questionnant les fondements esthétiques du travail documentaire. 

La 6e séance devait être consacrée au travail de Nina Ferrer-Gleize, photographe invitée. Mais l’épidémie de covid ne lui permet pas de nous rejoindre. C’est donc Philippe Bazin qui présente les travaux de plusieurs photographes de référence, qui peuvent éclairer la relation de l’esthétique au politique et du document au documentaire : Alan Sekula, Martha Rosler, Lewis Baltz et Stan Douglas en particulier.

La 7e séance a invité Myr Muratet, photographe auteur en particulier du livre Paris Nord sorti en 2020. Il insiste notamment sur la présence, dans son travail des dispositifs anti-personnels qui font obstruction à l’appropriation populaire des espaces publics. Mais il a insisté également sur le long temps nécessaire à la relation aux marginaux.

La 8e séance a invité Piotr Pawlenski, artiste performer mettant en crise les lieux de pouvoir et les espaces de médiatisation pour en montrer la violence intrinsèque et en dévoyer la culture du secret. Pour ses interventions, il a parlé d’événements et non pas d’actions, choisissant d’en mettre en évidence l’impact social et collectif.

La 9e séance a invité Viviane Perelmuter et Isabelle Ingold, cinéastes, à présenter leur film Ailleurs, partout, qui articule en particulier les images des dispositifs de vidéo-surveillance à la parole d’un jeune exilé captée dans ses échanges téléphoniques ou sms avec sa mère et les deux cinéastes elles-mêmes.

La 10e séance  a été est consacrée à la présentation de travaux d’étudiants en relation avec les apports reçus des intervenants au long de cette année et les lectures qui leur ont fait suite ou les ont préparés.

La 11e séance a été consacrée à la fin des présentations des étudiants ainsi qu’à un retour des étudiants sur le travail de l’année, les éclairages qu’ils en ont reçu, les critiques, les suggestions et les perspectives que l’ensemble du séminaire leur a ouvertes.