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UE90 - La traite transatlantique, XVIIe-XIXe siècle : problématiques, débats et sources


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 08:30-10:30
    du 2 novembre 2021 au 7 juin 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 17 mars 2022 15:47

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Archives Coloniales (études) Diaspora Empire Esclavage Histoire Historiographie
Aires culturelles
Afrique Amériques Atlantiques (mondes) Europe
Intervenant·e·s
  • Cécile Vidal [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre d'études nord-américaines (MONDA-CENA)

Le séminaire explorera l'historiographie et la documentation relative à la traite transatlantique dans l'objectif d'écrire une histoire du suicide dans la traite et l'esclavage au sein des empires atlantiques français et britannique aux XVIIIe et XIXe siècles.

La séance du 29 mars 2022 est annulée.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel : cecile.vidal@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

Licence.


Compte rendu


Cette année le séminaire a porté sur l’historiographie de la traite transatlantique dans l’objectif d’écrire une histoire du suicide dans la traite et l’esclavage au sein des empires atlantiques français et britannique aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le séminaire a commencé par présenter les grandes évolutions de cette historiographie. La recherche sur la traite transatlantique est née avec l’abolitionnisme, mais elle prend un nouvel essor avec la professionnalisation de la discipline historique au cours du XIXe siècle. Pendant longtemps, les travaux se focalisent sur le passage du milieu, soit la traversée transatlantique, ont des préoccupations d’histoire démographique et économique, ne s’intéressent qu’au rôle des Européens et restent dans un cadre national, voire se concentrent sur tel ou tel port de traite en Europe.

Le débat sur les chiffres, qui avait été porté par les abolitionnistes, reprend à partir des années 1960, cette fois-ci dans une perspective d’histoire globale, puis est transformé par la création d’une base de données transnationale, commencée au début des années 1990 et mise en ligne en 2008. Outre le nombre d’esclaves déportés et les taux de mortalité des esclaves et de l’équipage, elle donne à voir l’évolution des flux (les liens entre les régions de départ et d’arrivée), ainsi que le profil des captifs (genre, âge, ethnicité).

Les sujets abordés par les travaux d’histoire économique concernent la régulation de la traite, le prix des esclaves, l’organisation et les profits des expéditions de traite, ainsi que, plus récemment l’assurance des navires de traite. Un autre grand débat est celui de l’impact démographique et économique de la traite transatlantique sur l’Afrique. La question culturelle n’est cependant pas absente. En fait, depuis les années trente, les discussions autour du transfert des pratiques culturelles et des identités ethniques d’Afrique aux Amériques n’ont jamais cessé.

À partir des années 1990, l’historiographie de la traite se centre moins sur l’Europe et les Européens et prend une inflexion plus résolue vers l’histoire sociale et culturelle. Les historiens s’intéressent de plus en plus au volet africain de la traite : le rôle des Africains dans la traite, les voyages de traite des zones de capture à la côte, le fonctionnement des postes de traite et l’impact géopolitique, politique et socio-culturel de la traite en Afrique. Ils considèrent aussi dorénavant le passage du milieu dans une perspective anthropologique, prêtant attention au fonctionnement sociopolitique du navire de traite et à l’expérience des esclaves. En outre, la traite n’est plus seulement étudiée avant et durant le passage du milieu, mais aussi après, une base de données étant en cours de constitution sur les traites intra- et intercoloniales aux Amériques. Enfin, la traite est aussi de plus en plus prise en considération par les historiens de la médecine et des sciences et des savoirs naturels.

À partir de la discussion d’ouvrages ayant fait date, les séances ont ensuite porté sur des thématiques nouvelles dans l’historiographie de la traite : la partie africaine de la traite entre la capture et l’arrivée sur la côte, les postes de traite sur les côtes africaines, l’anthropologie historique du navire de traite, le traitement et l’expérience différenciés des hommes et des femmes durant le passage du milieu, le rôle des chirurgiens à bord des navires de traite et les rapports entre traite et médecine, la place des marins en position subalterne vis-à-vis des officiers et dominante par rapport aux esclaves, l’assurance des cargaisons humaines considérées en droit comme des marchandises, le combat en faveur de l’abolition de la traite (les grands débats sur l’abolitionnisme et les abolitions, l’abolitionnisme comme mouvement social, les représentations et discours autour de la traite dans les lettres et les arts), ainsi que les formes de résistance des captifs/esclaves tout au long de leur parcours de traite.

Publications
  • Une histoire sociale du Nouveau Monde, XVIe-XVIIIe siècle, Paris, Éditions de l’EHESS, 2021.
  • Avec Paulin Ismard et Benedetta Rossi, Les mondes de l’esclavage. Une histoire comparée, Paris, Le Seuil, 2021.
  • Avec Jean-Frédéric Schaub, « Introduction : Des mondes nouveaux pour tous », « Travail », « Ordre social », dans Une histoire sociale du Nouveau Monde, op. cit., p. 13-43, p. 75-103, p. 263-292.
  • « Culture », « Justice », « Maîtres », « Mort », « Résistance », « Révoltes », « Traites », « Ville », « Violence », « Des empires esclavagistes. Impérialisme, colonialisme et esclavage dans les mondes atlantiques, XVe-XVIIIe siècles », « L’ordre de la race dans les mondes atlantiques, XVe-XVIIIe siècles », dans Les mondes de l’esclavage. Une histoire comparée, op. cit., p. 445-460, p. 549-562, p. 563-580, p. 611-623, p. 655-671, p. 673-696, p. 711-730, p. 751-769, p. 771-784, p. 881-895, p. 923-940.
  • « Entretien : Dans l’enfer de la plantation », dans Depuis 5000 ans l’esclavage. Une histoire mondiale, Les Collections de L’Histoire, n° 93, octobre 2021, p. 42-50.
  • « La société et l’économie esclavagiste en Louisiane, XVIIIe-XIXe siècles », dans Black Indians de La Nouvelle-Orléans, Arles, Actes Sud et Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, 2022, p. 35-43.

Dernière modification : 17 mars 2022 15:47

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Archives Coloniales (études) Diaspora Empire Esclavage Histoire Historiographie
Aires culturelles
Afrique Amériques Atlantiques (mondes) Europe
Intervenant·e·s
  • Cécile Vidal [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre d'études nord-américaines (MONDA-CENA)

Le séminaire explorera l'historiographie et la documentation relative à la traite transatlantique dans l'objectif d'écrire une histoire du suicide dans la traite et l'esclavage au sein des empires atlantiques français et britannique aux XVIIIe et XIXe siècles.

La séance du 29 mars 2022 est annulée.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel : cecile.vidal@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

Licence.

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 08:30-10:30
    du 2 novembre 2021 au 7 juin 2022
    Nombre de séances : 12

Cette année le séminaire a porté sur l’historiographie de la traite transatlantique dans l’objectif d’écrire une histoire du suicide dans la traite et l’esclavage au sein des empires atlantiques français et britannique aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le séminaire a commencé par présenter les grandes évolutions de cette historiographie. La recherche sur la traite transatlantique est née avec l’abolitionnisme, mais elle prend un nouvel essor avec la professionnalisation de la discipline historique au cours du XIXe siècle. Pendant longtemps, les travaux se focalisent sur le passage du milieu, soit la traversée transatlantique, ont des préoccupations d’histoire démographique et économique, ne s’intéressent qu’au rôle des Européens et restent dans un cadre national, voire se concentrent sur tel ou tel port de traite en Europe.

Le débat sur les chiffres, qui avait été porté par les abolitionnistes, reprend à partir des années 1960, cette fois-ci dans une perspective d’histoire globale, puis est transformé par la création d’une base de données transnationale, commencée au début des années 1990 et mise en ligne en 2008. Outre le nombre d’esclaves déportés et les taux de mortalité des esclaves et de l’équipage, elle donne à voir l’évolution des flux (les liens entre les régions de départ et d’arrivée), ainsi que le profil des captifs (genre, âge, ethnicité).

Les sujets abordés par les travaux d’histoire économique concernent la régulation de la traite, le prix des esclaves, l’organisation et les profits des expéditions de traite, ainsi que, plus récemment l’assurance des navires de traite. Un autre grand débat est celui de l’impact démographique et économique de la traite transatlantique sur l’Afrique. La question culturelle n’est cependant pas absente. En fait, depuis les années trente, les discussions autour du transfert des pratiques culturelles et des identités ethniques d’Afrique aux Amériques n’ont jamais cessé.

À partir des années 1990, l’historiographie de la traite se centre moins sur l’Europe et les Européens et prend une inflexion plus résolue vers l’histoire sociale et culturelle. Les historiens s’intéressent de plus en plus au volet africain de la traite : le rôle des Africains dans la traite, les voyages de traite des zones de capture à la côte, le fonctionnement des postes de traite et l’impact géopolitique, politique et socio-culturel de la traite en Afrique. Ils considèrent aussi dorénavant le passage du milieu dans une perspective anthropologique, prêtant attention au fonctionnement sociopolitique du navire de traite et à l’expérience des esclaves. En outre, la traite n’est plus seulement étudiée avant et durant le passage du milieu, mais aussi après, une base de données étant en cours de constitution sur les traites intra- et intercoloniales aux Amériques. Enfin, la traite est aussi de plus en plus prise en considération par les historiens de la médecine et des sciences et des savoirs naturels.

À partir de la discussion d’ouvrages ayant fait date, les séances ont ensuite porté sur des thématiques nouvelles dans l’historiographie de la traite : la partie africaine de la traite entre la capture et l’arrivée sur la côte, les postes de traite sur les côtes africaines, l’anthropologie historique du navire de traite, le traitement et l’expérience différenciés des hommes et des femmes durant le passage du milieu, le rôle des chirurgiens à bord des navires de traite et les rapports entre traite et médecine, la place des marins en position subalterne vis-à-vis des officiers et dominante par rapport aux esclaves, l’assurance des cargaisons humaines considérées en droit comme des marchandises, le combat en faveur de l’abolition de la traite (les grands débats sur l’abolitionnisme et les abolitions, l’abolitionnisme comme mouvement social, les représentations et discours autour de la traite dans les lettres et les arts), ainsi que les formes de résistance des captifs/esclaves tout au long de leur parcours de traite.

Publications
  • Une histoire sociale du Nouveau Monde, XVIe-XVIIIe siècle, Paris, Éditions de l’EHESS, 2021.
  • Avec Paulin Ismard et Benedetta Rossi, Les mondes de l’esclavage. Une histoire comparée, Paris, Le Seuil, 2021.
  • Avec Jean-Frédéric Schaub, « Introduction : Des mondes nouveaux pour tous », « Travail », « Ordre social », dans Une histoire sociale du Nouveau Monde, op. cit., p. 13-43, p. 75-103, p. 263-292.
  • « Culture », « Justice », « Maîtres », « Mort », « Résistance », « Révoltes », « Traites », « Ville », « Violence », « Des empires esclavagistes. Impérialisme, colonialisme et esclavage dans les mondes atlantiques, XVe-XVIIIe siècles », « L’ordre de la race dans les mondes atlantiques, XVe-XVIIIe siècles », dans Les mondes de l’esclavage. Une histoire comparée, op. cit., p. 445-460, p. 549-562, p. 563-580, p. 611-623, p. 655-671, p. 673-696, p. 711-730, p. 751-769, p. 771-784, p. 881-895, p. 923-940.
  • « Entretien : Dans l’enfer de la plantation », dans Depuis 5000 ans l’esclavage. Une histoire mondiale, Les Collections de L’Histoire, n° 93, octobre 2021, p. 42-50.
  • « La société et l’économie esclavagiste en Louisiane, XVIIIe-XIXe siècles », dans Black Indians de La Nouvelle-Orléans, Arles, Actes Sud et Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, 2022, p. 35-43.