UE898 - Littérature et démocratie : approches théoriques, comparatives et historiques (XIXe-XXIe siècle). Les formes littéraires en démocratie (XIXe-XXIe siècle)


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=898.

  • 54 bd Raspail
    Salle B02_18
    54 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, mercredi 17:30-19:30
    du 23 février 2022 au 1er juin 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 23 février 2022 15:04

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Domaine
-
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
https://litdemo.hypotheses.org/ 
Langues
français
Mots-clés
Démocratie Fiction Histoire Littérature
Aires culturelles
Europe France Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Philippe Roussin [référent·e]   directeur de recherche (émérite), CNRS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)
  • Dominique Dupart   maîtresse de conférences, Université de Lille

Depuis une vingtaine d'années, la réflexion sur les liens entre la littérature et la démocratie s'inscrit dans un contexte renouvelé par les interrogations de la critique et de la théorie littéraire sur la place et la fonction de la littérature dans la symbolique culturelle et sociale. La réflexion sur la démocratie conduit à interroger le rapport entre littérature et politique dans une perspective qui a cessé d'être celle de la dichotomie engagement vs autonomie. Le séminaire abordera les questions suivantes : en quoi, de quelle façon, la littérature fait-elle partie du domaine plus vaste de la parole publique ? Que sont aujourd'hui les formes de la contribution de la littérature à l'espace public et à sa démocratisation ? Que fait aujourd'hui la littérature dans le débat démocratique, que l'on juge ce débat mis en œuvre dans un espace public déjà constitué ou bien encore à établir, lorsqu'il est nié ? Comment, dans ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler un monde globalisé, penser la question des liens que la littérature entretient avec la démocratie ?

En 2021-2022, le séminaire « Littérature et Démocratie » prendra pour perspective la question de la forme pour s’attacher à décrire et à cerner ce que c’est qu’une forme littéraire quand cette dernière se construit constitutivement avec et dans l’environnement démocratique. Par « forme », il faut entendre tout d’abord littéralement ce qui se décrit en termes d’écriture – timbre, style, image – qui définit comme une « couleur » reconnaissable de l’écriture en démocratie. Par exemple, la « satire », genre et forme liés dès avant la Révolution française au tournant critique et pamphlétaire de l’écriture philosophique devient autant une écriture médiatique omniprésente au cours du long XIXe siècle que l’instrument littéraire par excellence d’une propagande d’émancipation à visée révolutionnaire, avant de tourner à la propagande d’action en puissance de totalitarisme au tournant des années 1930 du XXe siècle. Mais la « forme » en démocratie désigne aussi l’invention de nouveaux genres qui se caractérisent par leur brièveté et leur caractère populaire et qui proposent comme une adaptation de la tradition rhétorique à l’usage de tous – ce qu’on a appelé « l’industrialisation de la littérature » depuis Sainte-Beuve, aussi bien dans la presse, que sur les places, à l’air libre ou encore, en représentation, dans les romans et dans les drames : c’est le cas de la « harangue », du « toast » lyrique et/ou oratoire, pour le XIXe siècle, du « slogan » mais aussi de la « tribune », ou encore des nouvelles formes démocratiques de la communication démocratique au XXIe siècle. Que ce soit en termes d’ « écriture » ou de « genre », la forme littéraire démocratique est inséparable d’une publicisation presque immédiate qui hybride la tradition des Belles-Lettres avec toutes les possibles du régime médiatique, ce qui explique comment elle a également pu, sous toutes ses formes, être frappée de discrédit, accusée de compromission, en termes d’objet littéraire d’étude ou selon la perspective d’une construction réflexive de la valeur littéraire. Enfin, la forme « roman », en tant que réservoir labile et réflexif de toutes les formes littéraires en cours et en vogue, ne sera pas oubliée au cours du séminaire : cependant, plutôt que revenir sur les différentes théories du roman démocratique généralement dérivées de Bakhtine qui ont pu avoir cours lors des vingt dernières années, on s’attachera davantage à en observer les dernières métamorphoses en tentant de les inscrire ces dans le cadre d’une filiation longue.

23 février 2022 : Séance introductive :  Dominique Dupart, Université de Lille  et Philippe Roussin, CRAL, CNRS/EHESS

2 mars 2022 : Dominique Dupart, « Littérature médiatique et combat démocratique (XIXe siècle) »

9 mars  2022 : Philippe Roussin, « Vu de France : démocratie et littérature   de Tocqueville à Sartre (et après)»

16 mars 2022 : Philippe Daros (Université de la Sorbonne nouvelle), « Olga Tokarczuk : littérature démocratique et nouvelles formes narratives »

23 mars 2022 : Yolaine Escande (CRAL, CNRS/EHESS), « Expression artistique et réseaux sociaux en Chine contemporaine. Le cas de Zhang Dongning, ou la critique sociale et idéologique en régime non démocratique »

30 mars 2022 : Geneviève Fraisse (CRAL, CNRS/EHESS), « L’amour au lendemain de la Révolution » (De L’amour de Stendhal et La muse de la raison)

6 avril 2022 : Alain Vaillant (Centre des sciences de la littérature française, Université paris Nanterre), « Rire et démocratie »

13 avril 2022 : Dominique Dupart, « Critique littéraire et démocratisation de l’espace public (XXe-XXIe siècles). »

20 avril 2022 : Mathilde Roussigné (post-doctorante, Université Paris Sorbonne Nouvelle, THALIM), « Invisibilité et voix dans la littérature contemporaine»

18 mai 2022 :  Pascal Engel (EHESS), « Bêtise, raison et démocratie : Joyce, Musil Kraus »

25 mai 2022 : Philippe Roussin, « États-Unis, années 1930 : une conception démocratique de l’art»

1er juin 2022 : Séance finale et discussion générale avec les étudiant(e)s


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets (M1) – M1/S2
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Littératures (M2) – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

personnes à contacter : roussin@ehess.fr ; dupartdominique@gmail.com 

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

personnes à contacter : roussin@ehess.fr ; dupartdominique@gmail.com 

Pré-requis

doctorat, M2, M1, projet de recherche écrit pour l'inscription

Dernière modification : 23 février 2022 15:04

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Domaine
-
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
https://litdemo.hypotheses.org/ 
Langues
français
Mots-clés
Démocratie Fiction Histoire Littérature
Aires culturelles
Europe France Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Philippe Roussin [référent·e]   directeur de recherche (émérite), CNRS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)
  • Dominique Dupart   maîtresse de conférences, Université de Lille

Depuis une vingtaine d'années, la réflexion sur les liens entre la littérature et la démocratie s'inscrit dans un contexte renouvelé par les interrogations de la critique et de la théorie littéraire sur la place et la fonction de la littérature dans la symbolique culturelle et sociale. La réflexion sur la démocratie conduit à interroger le rapport entre littérature et politique dans une perspective qui a cessé d'être celle de la dichotomie engagement vs autonomie. Le séminaire abordera les questions suivantes : en quoi, de quelle façon, la littérature fait-elle partie du domaine plus vaste de la parole publique ? Que sont aujourd'hui les formes de la contribution de la littérature à l'espace public et à sa démocratisation ? Que fait aujourd'hui la littérature dans le débat démocratique, que l'on juge ce débat mis en œuvre dans un espace public déjà constitué ou bien encore à établir, lorsqu'il est nié ? Comment, dans ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler un monde globalisé, penser la question des liens que la littérature entretient avec la démocratie ?

En 2021-2022, le séminaire « Littérature et Démocratie » prendra pour perspective la question de la forme pour s’attacher à décrire et à cerner ce que c’est qu’une forme littéraire quand cette dernière se construit constitutivement avec et dans l’environnement démocratique. Par « forme », il faut entendre tout d’abord littéralement ce qui se décrit en termes d’écriture – timbre, style, image – qui définit comme une « couleur » reconnaissable de l’écriture en démocratie. Par exemple, la « satire », genre et forme liés dès avant la Révolution française au tournant critique et pamphlétaire de l’écriture philosophique devient autant une écriture médiatique omniprésente au cours du long XIXe siècle que l’instrument littéraire par excellence d’une propagande d’émancipation à visée révolutionnaire, avant de tourner à la propagande d’action en puissance de totalitarisme au tournant des années 1930 du XXe siècle. Mais la « forme » en démocratie désigne aussi l’invention de nouveaux genres qui se caractérisent par leur brièveté et leur caractère populaire et qui proposent comme une adaptation de la tradition rhétorique à l’usage de tous – ce qu’on a appelé « l’industrialisation de la littérature » depuis Sainte-Beuve, aussi bien dans la presse, que sur les places, à l’air libre ou encore, en représentation, dans les romans et dans les drames : c’est le cas de la « harangue », du « toast » lyrique et/ou oratoire, pour le XIXe siècle, du « slogan » mais aussi de la « tribune », ou encore des nouvelles formes démocratiques de la communication démocratique au XXIe siècle. Que ce soit en termes d’ « écriture » ou de « genre », la forme littéraire démocratique est inséparable d’une publicisation presque immédiate qui hybride la tradition des Belles-Lettres avec toutes les possibles du régime médiatique, ce qui explique comment elle a également pu, sous toutes ses formes, être frappée de discrédit, accusée de compromission, en termes d’objet littéraire d’étude ou selon la perspective d’une construction réflexive de la valeur littéraire. Enfin, la forme « roman », en tant que réservoir labile et réflexif de toutes les formes littéraires en cours et en vogue, ne sera pas oubliée au cours du séminaire : cependant, plutôt que revenir sur les différentes théories du roman démocratique généralement dérivées de Bakhtine qui ont pu avoir cours lors des vingt dernières années, on s’attachera davantage à en observer les dernières métamorphoses en tentant de les inscrire ces dans le cadre d’une filiation longue.

23 février 2022 : Séance introductive :  Dominique Dupart, Université de Lille  et Philippe Roussin, CRAL, CNRS/EHESS

2 mars 2022 : Dominique Dupart, « Littérature médiatique et combat démocratique (XIXe siècle) »

9 mars  2022 : Philippe Roussin, « Vu de France : démocratie et littérature   de Tocqueville à Sartre (et après)»

16 mars 2022 : Philippe Daros (Université de la Sorbonne nouvelle), « Olga Tokarczuk : littérature démocratique et nouvelles formes narratives »

23 mars 2022 : Yolaine Escande (CRAL, CNRS/EHESS), « Expression artistique et réseaux sociaux en Chine contemporaine. Le cas de Zhang Dongning, ou la critique sociale et idéologique en régime non démocratique »

30 mars 2022 : Geneviève Fraisse (CRAL, CNRS/EHESS), « L’amour au lendemain de la Révolution » (De L’amour de Stendhal et La muse de la raison)

6 avril 2022 : Alain Vaillant (Centre des sciences de la littérature française, Université paris Nanterre), « Rire et démocratie »

13 avril 2022 : Dominique Dupart, « Critique littéraire et démocratisation de l’espace public (XXe-XXIe siècles). »

20 avril 2022 : Mathilde Roussigné (post-doctorante, Université Paris Sorbonne Nouvelle, THALIM), « Invisibilité et voix dans la littérature contemporaine»

18 mai 2022 :  Pascal Engel (EHESS), « Bêtise, raison et démocratie : Joyce, Musil Kraus »

25 mai 2022 : Philippe Roussin, « États-Unis, années 1930 : une conception démocratique de l’art»

1er juin 2022 : Séance finale et discussion générale avec les étudiant(e)s

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets (M1) – M1/S2
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Littératures (M2) – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

personnes à contacter : roussin@ehess.fr ; dupartdominique@gmail.com 

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

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Pré-requis

doctorat, M2, M1, projet de recherche écrit pour l'inscription

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=898.

  • 54 bd Raspail
    Salle B02_18
    54 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, mercredi 17:30-19:30
    du 23 février 2022 au 1er juin 2022
    Nombre de séances : 12