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UE890 - Constructions et déconstructions du Brésil contemporain : approches historiographiques


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A427
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 11:00-13:00
    du 9 novembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 16


Description


Dernière modification : 17 mai 2022 16:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Droit, normes et société Enquêtes Esclavage Histoire Historiographie Intellectuels Politique Sociohistoire Temps/temporalité Violence
Aires culturelles
Amérique du Sud
Intervenant·e·s

Une « histoire » du Brésil est d’abord celle des discours que cette terre suscite. A contre-courant des Indépendances américaines du XIXe siècle, la seule colonie lusophone à taille continentale maintient son unité territoriale et adopte le régime monarchique comme forme de gouvernement. La singularité de cet « Empire sous les tropiques » fait du Brésil – dernier pays à abolir l’esclavage –   un paradigme spécifique des sociétés post-esclavagistes.

Le séminaire visera, d’une part, à éclairer l’histoire du Brésil contemporain (1822-1988) par l’étude des historiographies brésiliennes et brésilianistes successives qui ont tenté d’en rendre compte de cette singularité, tout en établissant un dialogue constant avec l'actualité. Et de l’autre, les analyses comparatives, tant avec les réalités américaines qu’européennes, nous permettront de saisir à la fois la réalité et les limites d’une spécificité « nationale ».   

 1 éme  séance  Au départ il y avait un roi. La constitution du Brésil comme corps politique autonome

2 éme  séance  Au-delà du latifundium .   La loi de terres de 1850 et la diversité de la structure foncière  

                   3 éme  séance  Les systèmes  esclavagistes. L’expansion du café et le second esclavage

                   4 éme  séance  Maudite Guerre : La guerre du Paraguay et le tournant des années 1870.

                  5 éme  séance   Bando de idées novas.   La diffusion des théories raciales et de la criminologie.

6 éme  séance   Faire l’Amérique : immigrants et nationaux

7 éme  séance      La Coluna est passée par là. Tenentismo et réflexions sur la première expérience républicaine.

8 éme  séance      Cangaceiros et « fanatiques » : banditisme, Canudos et Padre Cícero

9 éme  séance      L’ère Vargas I : Les plusieurs révolutions de 1930 et l’Intégralismo

10 éme  séance   L’ère Vargas II : Repenser l’Estado Novo

La séance du 10 mai se déroulera en salle 0.007, bâtiment Recherche Nord, Campus Condorcet

La séance du 24 mai se déroulera en salle 1.17, GED, Campus Condorcet

La séance du 14 juin se déroulera en salle 1.17, GED, Campus Condorcet


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
goretti.frouin@ehess.fr
Informations pratiques

Patricia Sampaio Silva, sampaio@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

lundi, mardi, jeudi, vendredi, bureau 449, Campus Condorcet,  sur RDV

Réception des candidats

Patricia Sampaio Silva, sampaio@ehess.fr, lundi, mardi, jeudi, vendredi, 

Pré-requis

--------


Compte rendu


À partir de lectures obligatoires, les séances du séminaire ont été à la fois l’occasion d’aborder les différents courants historiographiques et d’analyse de certaines sources. Parmi les thèmes traités cette année figure d’abord celui la première législation agraire, connue comme la Loi de terres de 1850. Au travers l’étude du décret qui règlemente son application et d’études études de cas, il a été possible de complexifier la réalité de la structure foncière du pays, au-delà du latifundium.

Il fut aussi question de l’importance de la propagation des concepts de la criminologie, de la transformation de la pensée juridique et ses conséquences. Également, nous avons examiné la diffusion des théories des races. En se basent sur certains écrits de ceux qui se revendiquent, à partir des années 1870, comme étant « des hommes de sciences », nous avons pu constater le problème posé, de manière nouvelle et récurrente, par l’existence d’une population à la majorité métisse : comment au vu de cette population serait-il possible constituer la Nation ?

Ensuite, en prolongement des réflexions de l’année précédente, une attention particulière a été portée à l’histoire des militaires. Ainsi, lors que nous avons examiné la manière dont les villes adhèrent (ou sont contrainte d’adhérer) au processus d’indépendance, au travers l’étude certaines cérémonies, il a été mis en exergue l’importance symbolique accordée aux troupes et à leurs défilées. Bien que lieu de tension, elles ne sont pas moins censées incarner le peuple, ou selon la formule d’alors « le peuple est devenu soldat, le soldat est devenu peuple ». Il a été également question de l’étude de la guerre de la Triple Alliance ou la guerre du Paraguay (1865-1870) et entre autres sujets abordés au moment de ce conflit, nous avons pu déconstruire la dimension abolitionniste revendiquée postérieurement par l’Armée. Nos réflexions se sont poursuivies par l’étude l’École militaire de Praia Vermelha (Rio de Janeiro), l’émergence de jeunes officiers scientifiques (ultérieurement appelés tenentes) ainsi que leur rôle majeur dans la chute du régime monarchique. Le thème du « tenentisme » a été approfondit par tant l’étude de leurs révoltes que par l’examen de leur longue marche au travers le Brésil, la Colonne Prestes (1925-1927). De même, il a été possible de démontrer que la revendication d’une justice sociale qui leur est, de nos jour, attribuée relève en réalité de l’anachronisme. Ceci s’explique, comme nous l’avons analysé, par la bifurcation idéologique dans les années 1930 de ces tenentes : les uns vers le communisme, les autres vers un parti d’extrême droite, qui bien qu’inspiré du fascisme italien, est une construction brésilienne : l’intégralismo. L’organisation interne de ce parti, ses symboles et rituels et le parcours de leur  « Chef Suprême » a fait objet d’une séance. Puis  au vu de la proximité entre intégralismo et le premier mouvement noir (Gente Negra) nous a permis de faire une parenthèse pour se pencher sur la complexité de ce dernier, lequel, entre autres, faisait l’apologie du métissage.

Enfin, quand nous étudié la dictature de Vargas (Estado Novo, 1937-1945) nous nous sommes penchés sur le rôle de militaires nationalistes. Par par suite, une fois le régime démocratique restauré, il fut question leur opposions aux militaires dit « internationalistes » lesquels développent de moyens de répression des premiers (y compris la torture) Ces méthodes – conçues donc pour une purge interne au sein de l’Armée, seront étendues postérieurement aux civils, quand s’instaure la dictature militaire en 1964, le régime se durcit  quatre ans plus tard.  

Dernière modification : 17 mai 2022 16:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Droit, normes et société Enquêtes Esclavage Histoire Historiographie Intellectuels Politique Sociohistoire Temps/temporalité Violence
Aires culturelles
Amérique du Sud
Intervenant·e·s

Une « histoire » du Brésil est d’abord celle des discours que cette terre suscite. A contre-courant des Indépendances américaines du XIXe siècle, la seule colonie lusophone à taille continentale maintient son unité territoriale et adopte le régime monarchique comme forme de gouvernement. La singularité de cet « Empire sous les tropiques » fait du Brésil – dernier pays à abolir l’esclavage –   un paradigme spécifique des sociétés post-esclavagistes.

Le séminaire visera, d’une part, à éclairer l’histoire du Brésil contemporain (1822-1988) par l’étude des historiographies brésiliennes et brésilianistes successives qui ont tenté d’en rendre compte de cette singularité, tout en établissant un dialogue constant avec l'actualité. Et de l’autre, les analyses comparatives, tant avec les réalités américaines qu’européennes, nous permettront de saisir à la fois la réalité et les limites d’une spécificité « nationale ».   

 1 éme  séance  Au départ il y avait un roi. La constitution du Brésil comme corps politique autonome

2 éme  séance  Au-delà du latifundium .   La loi de terres de 1850 et la diversité de la structure foncière  

                   3 éme  séance  Les systèmes  esclavagistes. L’expansion du café et le second esclavage

                   4 éme  séance  Maudite Guerre : La guerre du Paraguay et le tournant des années 1870.

                  5 éme  séance   Bando de idées novas.   La diffusion des théories raciales et de la criminologie.

6 éme  séance   Faire l’Amérique : immigrants et nationaux

7 éme  séance      La Coluna est passée par là. Tenentismo et réflexions sur la première expérience républicaine.

8 éme  séance      Cangaceiros et « fanatiques » : banditisme, Canudos et Padre Cícero

9 éme  séance      L’ère Vargas I : Les plusieurs révolutions de 1930 et l’Intégralismo

10 éme  séance   L’ère Vargas II : Repenser l’Estado Novo

La séance du 10 mai se déroulera en salle 0.007, bâtiment Recherche Nord, Campus Condorcet

La séance du 24 mai se déroulera en salle 1.17, GED, Campus Condorcet

La séance du 14 juin se déroulera en salle 1.17, GED, Campus Condorcet

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
goretti.frouin@ehess.fr
Informations pratiques

Patricia Sampaio Silva, sampaio@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

lundi, mardi, jeudi, vendredi, bureau 449, Campus Condorcet,  sur RDV

Réception des candidats

Patricia Sampaio Silva, sampaio@ehess.fr, lundi, mardi, jeudi, vendredi, 

Pré-requis

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  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle A427
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 11:00-13:00
    du 9 novembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 16

À partir de lectures obligatoires, les séances du séminaire ont été à la fois l’occasion d’aborder les différents courants historiographiques et d’analyse de certaines sources. Parmi les thèmes traités cette année figure d’abord celui la première législation agraire, connue comme la Loi de terres de 1850. Au travers l’étude du décret qui règlemente son application et d’études études de cas, il a été possible de complexifier la réalité de la structure foncière du pays, au-delà du latifundium.

Il fut aussi question de l’importance de la propagation des concepts de la criminologie, de la transformation de la pensée juridique et ses conséquences. Également, nous avons examiné la diffusion des théories des races. En se basent sur certains écrits de ceux qui se revendiquent, à partir des années 1870, comme étant « des hommes de sciences », nous avons pu constater le problème posé, de manière nouvelle et récurrente, par l’existence d’une population à la majorité métisse : comment au vu de cette population serait-il possible constituer la Nation ?

Ensuite, en prolongement des réflexions de l’année précédente, une attention particulière a été portée à l’histoire des militaires. Ainsi, lors que nous avons examiné la manière dont les villes adhèrent (ou sont contrainte d’adhérer) au processus d’indépendance, au travers l’étude certaines cérémonies, il a été mis en exergue l’importance symbolique accordée aux troupes et à leurs défilées. Bien que lieu de tension, elles ne sont pas moins censées incarner le peuple, ou selon la formule d’alors « le peuple est devenu soldat, le soldat est devenu peuple ». Il a été également question de l’étude de la guerre de la Triple Alliance ou la guerre du Paraguay (1865-1870) et entre autres sujets abordés au moment de ce conflit, nous avons pu déconstruire la dimension abolitionniste revendiquée postérieurement par l’Armée. Nos réflexions se sont poursuivies par l’étude l’École militaire de Praia Vermelha (Rio de Janeiro), l’émergence de jeunes officiers scientifiques (ultérieurement appelés tenentes) ainsi que leur rôle majeur dans la chute du régime monarchique. Le thème du « tenentisme » a été approfondit par tant l’étude de leurs révoltes que par l’examen de leur longue marche au travers le Brésil, la Colonne Prestes (1925-1927). De même, il a été possible de démontrer que la revendication d’une justice sociale qui leur est, de nos jour, attribuée relève en réalité de l’anachronisme. Ceci s’explique, comme nous l’avons analysé, par la bifurcation idéologique dans les années 1930 de ces tenentes : les uns vers le communisme, les autres vers un parti d’extrême droite, qui bien qu’inspiré du fascisme italien, est une construction brésilienne : l’intégralismo. L’organisation interne de ce parti, ses symboles et rituels et le parcours de leur  « Chef Suprême » a fait objet d’une séance. Puis  au vu de la proximité entre intégralismo et le premier mouvement noir (Gente Negra) nous a permis de faire une parenthèse pour se pencher sur la complexité de ce dernier, lequel, entre autres, faisait l’apologie du métissage.

Enfin, quand nous étudié la dictature de Vargas (Estado Novo, 1937-1945) nous nous sommes penchés sur le rôle de militaires nationalistes. Par par suite, une fois le régime démocratique restauré, il fut question leur opposions aux militaires dit « internationalistes » lesquels développent de moyens de répression des premiers (y compris la torture) Ces méthodes – conçues donc pour une purge interne au sein de l’Armée, seront étendues postérieurement aux civils, quand s’instaure la dictature militaire en 1964, le régime se durcit  quatre ans plus tard.