Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2022-2023.

UE83 - Témoigner par l’image à l’ère numérique. Écritures, circulations et devenirs archive des récits audiovisuels d’expériences de la violence


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle gradinée
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e/5e), lundi 10:30-12:30
    du 22 novembre 2021 au 23 mai 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 11 mai 2022 15:13

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie visuelle Archives Corps Écriture Émotions Ethnographie Guerre Image Médias Mémoire Méthodes et techniques des sciences sociales Mobilisation(s) Mouvements sociaux Numérique Politique Pratiques Réseaux sociaux Révolutions Témoignage Violence Visuel
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Cécile Boëx [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

L’omniprésence des caméras au cœur des mouvements de révolte et des conflits a engendré une somme considérable d’images et de sons captés par ceux-là même aux prises avec les événements. Partagées sur YouTube ou les réseaux sociaux, ces vidéos s'inscrivent dans l'expérience de la protestation, de la guerre ou de la violence extrême. Ce séminaire portera plus spécifiquement sur les pratiques et les écritures du témoignage par la vidéo. Comment celles et ceux qui subissent la violence se saisissent-ils, dans l’urgence, de la caméra et d’Internet pour raconter, prouver et convaincre ? Quelles ressources visuelles, narratives et performatives sont mobilisées dans des contextes où l’interprétation des faits est controversée ? Tout en réfléchissant aux manières et aux méthodes par lesquelles ces objets audiovisuels et numériques peuvent constituer des sources de connaissance pour les sciences sociales, nous interrogerons les trajectoires de ces images au sein des mondes médiatiques, judiciaires et humanitaires. Il s’agira de saisir ici les attentes spécifiques projetées sur ces images en terme de fiabilité tout comme les modalités de leur formatage. Nous aborderons également les devenirs archive de ces vidéos ainsi que leurs enjeux mémoriaux au regard de la volatilité de l’environnement numérique mais aussi des conflits politiques qu’elles réfractent et actualisent.

La séance du 9 mai se déroulera en salle 0.031, bâtiment recherche Sud, Campus Condorcet

La séance du 23 mai se déroulera en salle 2.14, GED, Campus Condorcet


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art (M2) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun.


Compte rendu


Ce séminaire proposait d'explorer les pratiques et les écritures du témoignage par la vidéo dans un contexte où les caméras sont omniprésentes dans les mouvements de révolte et des conflits : comment celles et ceux qui subissent la violence se saisissent-ils, dans l’urgence, de la caméra et d’Internet pour raconter, prouver et convaincre ? Quelles ressources visuelles, narratives et performatives sont mobilisées dans des contextes où l’interprétation des faits est controversée ? Nous avons également abordé les différentes trajectoires de ces images au sein des mondes médiatiques, judiciaires et humanitaires à la lumière des attentes spécifiques projetées sur ces images en terme de fiabilité, qui induisent plusieurs types de formatage. Enfin, nous avons abordé les devenirs archive de ces vidéos ainsi que leurs enjeux mémoriaux au regard de la volatilité de l’environnement numérique mais aussi, des conflits politiques qu’elles réfractent et actualisent.

Quatre séances ont porté spécifiquement sur le contexte syrien pour interroger d’abord les formes vernaculaires du témoignage filmé au début de la révolte entre 2011 et 2012. Durant cette période, on trouve de nombreuses vidéos où de simples sympathisants de la révolution, des manifestants ou des activistes rendent compte et dénoncent des faits de violence, souvent dans l’urgence et au péril de leur vie. Nous avons étudié les manières de montrer, de raconter et de prouver qui ne relèvent pas de pratiques institutionnalisées, en montrant que la mise en danger du corps filmant pouvait être pensée comme un dispositif d’attestation. C’est ensuite sur l’émergence de la figure de l’activiste médiatique que nous avons porté notre attention pour repérer comment les modalités du témoignage filmé se sont transformées au contact des médias traditionnels et des organisations de défense des droits de l’homme. Une autre séance a été consacrée aux formes expertes du témoignage open source et à la figure de l’expert numérique autodidacte, étranger au terrain sur lequel il produit son expertise.

Plusieurs intervenants ont proposé d’autres approches sur les usages de la caméra pour témoigner, à partir de contextes et de pratiques très différents. L'analyse de Christophe Cognet, réalisateur et auteur d’un ouvrage sur les photographies clandestines des camps nazis, a permi de mieux saisir les gestes de témoignages par l'image, la fragilité de leurs traces, leurs itinéraires jusqu'à nous et la manière dont on peut les regarder et les comprendre aujourd'hui. Valérie Beaudouin sociologue, spécialiste des écritures et des usages du numérique, a proposé une réflexion sur les usages de l’image par les amateurs de la Grande Guerre pour faire revivre le passé tout en exposant les questions méthodologiques propre à l’enquête en ligne. Floriane Zaslavski, spécialiste des mouvements de mobilisation Dalit en Inde, a montré comment une chaîne YouTube consacrée à des témoignages vidéo de membres de la communauté dalit visait à reconstruire la mémoire collective d’un groupe dominé. L’intervention d’Alain Zind a mis en lumière les modalités du témoignage filmé de soldats américains en Irak en 2003. Enfin, Agnès Devictor a analysé l’usage de la vidéo (caméscopes) pour documenter les massacres perpétrés par les soldats russes pendant la guerre de Tchétchénie.

Publications
  • « YouTube and the Syrian Revolution: On the Impact of Video Recording on Social Protests », dans Video Theories A Transdisciplinary Reader, sous la dir. de D. Daniels et J. Thoben (Anthology Editors), New York, Londres, Bloomsbury, 2022.
  • « Résurgences de la mémoire du massacre Hama après 2011 », dans Syrie, le pays brûlé (1970-2021). Livre noir des Assad, sous la dir. de C. Coquio, J. Hubrecht, L. Mansour et F. Mardam-Bey, Paris, Le Seuil, 2022.
  • « Impunité et cruauté. Les vidéos de torture filmées par des membres de l’armée syrienne », dans Syrie, le pays brûlé (1970-2021). Livre noir des Assad, sous la dir. de C. Coquio, J. Hubrecht, L. Mansour et F. Mardam-Bey, Paris, Le Seuil, 2022
  • « Témoignages filmés de la violence en Syrie. Le corps comme preuve, le récit comme réplique », dans Images de Chair et de Sang, sous la dir. de Chehayed Nibras, Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2021.

Dernière modification : 11 mai 2022 15:13

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie visuelle Archives Corps Écriture Émotions Ethnographie Guerre Image Médias Mémoire Méthodes et techniques des sciences sociales Mobilisation(s) Mouvements sociaux Numérique Politique Pratiques Réseaux sociaux Révolutions Témoignage Violence Visuel
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Cécile Boëx [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

L’omniprésence des caméras au cœur des mouvements de révolte et des conflits a engendré une somme considérable d’images et de sons captés par ceux-là même aux prises avec les événements. Partagées sur YouTube ou les réseaux sociaux, ces vidéos s'inscrivent dans l'expérience de la protestation, de la guerre ou de la violence extrême. Ce séminaire portera plus spécifiquement sur les pratiques et les écritures du témoignage par la vidéo. Comment celles et ceux qui subissent la violence se saisissent-ils, dans l’urgence, de la caméra et d’Internet pour raconter, prouver et convaincre ? Quelles ressources visuelles, narratives et performatives sont mobilisées dans des contextes où l’interprétation des faits est controversée ? Tout en réfléchissant aux manières et aux méthodes par lesquelles ces objets audiovisuels et numériques peuvent constituer des sources de connaissance pour les sciences sociales, nous interrogerons les trajectoires de ces images au sein des mondes médiatiques, judiciaires et humanitaires. Il s’agira de saisir ici les attentes spécifiques projetées sur ces images en terme de fiabilité tout comme les modalités de leur formatage. Nous aborderons également les devenirs archive de ces vidéos ainsi que leurs enjeux mémoriaux au regard de la volatilité de l’environnement numérique mais aussi des conflits politiques qu’elles réfractent et actualisent.

La séance du 9 mai se déroulera en salle 0.031, bâtiment recherche Sud, Campus Condorcet

La séance du 23 mai se déroulera en salle 2.14, GED, Campus Condorcet

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art (M2) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC –  Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle gradinée
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e/5e), lundi 10:30-12:30
    du 22 novembre 2021 au 23 mai 2022
    Nombre de séances : 12

Ce séminaire proposait d'explorer les pratiques et les écritures du témoignage par la vidéo dans un contexte où les caméras sont omniprésentes dans les mouvements de révolte et des conflits : comment celles et ceux qui subissent la violence se saisissent-ils, dans l’urgence, de la caméra et d’Internet pour raconter, prouver et convaincre ? Quelles ressources visuelles, narratives et performatives sont mobilisées dans des contextes où l’interprétation des faits est controversée ? Nous avons également abordé les différentes trajectoires de ces images au sein des mondes médiatiques, judiciaires et humanitaires à la lumière des attentes spécifiques projetées sur ces images en terme de fiabilité, qui induisent plusieurs types de formatage. Enfin, nous avons abordé les devenirs archive de ces vidéos ainsi que leurs enjeux mémoriaux au regard de la volatilité de l’environnement numérique mais aussi, des conflits politiques qu’elles réfractent et actualisent.

Quatre séances ont porté spécifiquement sur le contexte syrien pour interroger d’abord les formes vernaculaires du témoignage filmé au début de la révolte entre 2011 et 2012. Durant cette période, on trouve de nombreuses vidéos où de simples sympathisants de la révolution, des manifestants ou des activistes rendent compte et dénoncent des faits de violence, souvent dans l’urgence et au péril de leur vie. Nous avons étudié les manières de montrer, de raconter et de prouver qui ne relèvent pas de pratiques institutionnalisées, en montrant que la mise en danger du corps filmant pouvait être pensée comme un dispositif d’attestation. C’est ensuite sur l’émergence de la figure de l’activiste médiatique que nous avons porté notre attention pour repérer comment les modalités du témoignage filmé se sont transformées au contact des médias traditionnels et des organisations de défense des droits de l’homme. Une autre séance a été consacrée aux formes expertes du témoignage open source et à la figure de l’expert numérique autodidacte, étranger au terrain sur lequel il produit son expertise.

Plusieurs intervenants ont proposé d’autres approches sur les usages de la caméra pour témoigner, à partir de contextes et de pratiques très différents. L'analyse de Christophe Cognet, réalisateur et auteur d’un ouvrage sur les photographies clandestines des camps nazis, a permi de mieux saisir les gestes de témoignages par l'image, la fragilité de leurs traces, leurs itinéraires jusqu'à nous et la manière dont on peut les regarder et les comprendre aujourd'hui. Valérie Beaudouin sociologue, spécialiste des écritures et des usages du numérique, a proposé une réflexion sur les usages de l’image par les amateurs de la Grande Guerre pour faire revivre le passé tout en exposant les questions méthodologiques propre à l’enquête en ligne. Floriane Zaslavski, spécialiste des mouvements de mobilisation Dalit en Inde, a montré comment une chaîne YouTube consacrée à des témoignages vidéo de membres de la communauté dalit visait à reconstruire la mémoire collective d’un groupe dominé. L’intervention d’Alain Zind a mis en lumière les modalités du témoignage filmé de soldats américains en Irak en 2003. Enfin, Agnès Devictor a analysé l’usage de la vidéo (caméscopes) pour documenter les massacres perpétrés par les soldats russes pendant la guerre de Tchétchénie.

Publications
  • « YouTube and the Syrian Revolution: On the Impact of Video Recording on Social Protests », dans Video Theories A Transdisciplinary Reader, sous la dir. de D. Daniels et J. Thoben (Anthology Editors), New York, Londres, Bloomsbury, 2022.
  • « Résurgences de la mémoire du massacre Hama après 2011 », dans Syrie, le pays brûlé (1970-2021). Livre noir des Assad, sous la dir. de C. Coquio, J. Hubrecht, L. Mansour et F. Mardam-Bey, Paris, Le Seuil, 2022.
  • « Impunité et cruauté. Les vidéos de torture filmées par des membres de l’armée syrienne », dans Syrie, le pays brûlé (1970-2021). Livre noir des Assad, sous la dir. de C. Coquio, J. Hubrecht, L. Mansour et F. Mardam-Bey, Paris, Le Seuil, 2022
  • « Témoignages filmés de la violence en Syrie. Le corps comme preuve, le récit comme réplique », dans Images de Chair et de Sang, sous la dir. de Chehayed Nibras, Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2021.