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UE800 - Approche narrative des élections : construction à partir des cas africains


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / hebdomadaire, mardi 14:30-16:30
    du 9 novembre 2021 au 8 février 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 21 juin 2021 14:02

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Domination Espace social Guerre Philosophie politique Politique Sociologie politique
Aires culturelles
Afrique
Intervenant·e·s

Nous continuerons, cette année, à développer l'hypothèse bâtie à partir de cas africains, selon laquelle le phénomène électoral est une forme de dramatisation des relations d’autorité immanentes à la reproduction du corps social.  Ces relations qui légitiment le droit de commander autrui, reposent principalement sur des hiérarchisations liées à l'âge, au capital scolaire, à la force et à la propriété.   Cette année sera l'occasion de saisir les intrigues historiques permettant de comprendre le sens des élections qui se déroulent sur ce continent. Les séances offriront également l'occasion de mettre à la discussion les données recueillies dans le cadre d'enquêtes en cours dans plus d’une dizaine de pays du continent africain.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Étude comparative du développement – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

eldubois@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

bazengui@ehess.fr

Pré-requis
-

Compte rendu


J’ai développé, cette année, trois points : la compréhension des relations entre les formes immanentes et les sphères de vie, l’approfondissement de la portée heuristique de l’approche narrative et, enfin, l’allongement du questionnaire pour préciser les outils d’analyse et de compréhension à développer.

 

Les premières séances ont éclairé comment comprendre ce qui fait que les agents s’engagent, avec le sentiment du cela va de soi, la compétition électorale et acceptent les résultats qui en résulte. Il a fallu, pour ce faire, revenir à l’idée que les situations électorales dramatisent la composition de quelques sphères de vie, nécessaires à la reproduction de la totalité sociale. Dans chacune de ces sphères opère une seule forme immanente d’autorité sociale spécifique en voie de conversion politique. Par cet éclairage, il s’agissait d’inviter à saisir le lien entre la reproduction politique de l'ordre social et la permanence des relations de domination. Ce qui représentait une autre manière de revenir à l’idée posée, les années précédentes, que ce qui assure cette reproduction se manifeste, en même temps, à travers des accords par l’action impulsés et consacrés dans des situations configurées dans le cadre de la conversion politique des formes immanentes d’autorité sociale valorisée par ladite société pour servir à cet effet.

Par la suite, les séances ont tourné sur l’approfondissement de l’approche narrative des élections. Nous avons discuté la pertinence d’adapter l’approche en termes d’explication narrative à trois niveaux mise en place par Andrew Abbott. Approche qui permet de lire les relations horizontales entre les éléments analytiques de même position comme syntaxique et, par contre, entre eux et ceux occupants des positions différentes comme sémantiques ou narratives. Il a été ainsi possible de saisir les relations entre les formes immanentes d’autorité sociale et les formes politiques dans un niveau sémantique. Par contre, celles entre les formes politiques et les intrigues dans des relations narratives. Or, ces relations entre échelles horizontales et verticales ne se développent pas dans un cadre statique mais plutôt processuel. Les années antérieures, j’avais déjà souligné que les procédures électorales sont scandées par trois séquences : l’ouverture, le vote et la guerre électorale. L’ordre de succession se trouve être celui où le corps électoral se trouve successivement réduit à celui du corps des élus et, enfin, du corps physique de l’élu qui figure la totalité politique. Pour résoudre cette interrogation, j’ai décidé de me tourner vers le travail de P. Ricoeur. En effet, pour ce dernier, l’intrigue consiste en l’unification en récit d’une multiplicité d’éléments hétéroclites sous l’égide du langage de l’action dans les trois phases de refiguration, configuration et reconfiguration. Il me semble pertinent d’appréhender les trois séquences des procédures électorales en ce sens.

Le troisième ensemble de séances a permi de commencer à réfléchir sur le développement des des capacités d’analyse et de compréhension de l’approche narrative proposée. Les recherches empiriques, menées sur les terrains africains, semblent indiquer que le nombre des intrigues électoraux est limité. Il est, dans ce cas, légitime de faire l’hypothèse que cette réalité consolide leur dimension comparative. Puisque tel est le cas, nous avons proposé de considérer que les intrigues constituent un ensemble à prendre en compte pour comprendre et interpréter les unes en relation avec les autres. La référence à cet ensemble constitue ainsi une condition d’intelligibilité de chaque intrigue dans la mesure où elle se conforme à un ensemble de contraintes matérialisées par le fait qu’elles appartiennent à un même ensemble. Par contre, il ne s’agit pas seulement de recycler, de cette manière, une approche structurale mais d’ouvrir une question en guise de conclusion. Comment les niveaux syntaxiques des éléments de même position (formes immanentes d’autorité socials, formes politiques et intrigues, entrent en résonnance (refiguration, configuration et reconfiguration) avec les niveaux sémantiques et narratifs que manifestent les éléments des autres positions. 

Publications
  • « Moïse le technicien et Josué le résistant : figures électorales des utopies au Congo-Brazzaville », dans Utopies et dystopies dans l’imaginaire politique, sous la dir. d'A. Montes Montoya, L’Harmattan, 2022, p.130-144.

Dernière modification : 21 juin 2021 14:02

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Comparatisme Domination Espace social Guerre Philosophie politique Politique Sociologie politique
Aires culturelles
Afrique
Intervenant·e·s

Nous continuerons, cette année, à développer l'hypothèse bâtie à partir de cas africains, selon laquelle le phénomène électoral est une forme de dramatisation des relations d’autorité immanentes à la reproduction du corps social.  Ces relations qui légitiment le droit de commander autrui, reposent principalement sur des hiérarchisations liées à l'âge, au capital scolaire, à la force et à la propriété.   Cette année sera l'occasion de saisir les intrigues historiques permettant de comprendre le sens des élections qui se déroulent sur ce continent. Les séances offriront également l'occasion de mettre à la discussion les données recueillies dans le cadre d'enquêtes en cours dans plus d’une dizaine de pays du continent africain.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Étude comparative du développement – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Dossier de recherche
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

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Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

bazengui@ehess.fr

Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / hebdomadaire, mardi 14:30-16:30
    du 9 novembre 2021 au 8 février 2022
    Nombre de séances : 12

J’ai développé, cette année, trois points : la compréhension des relations entre les formes immanentes et les sphères de vie, l’approfondissement de la portée heuristique de l’approche narrative et, enfin, l’allongement du questionnaire pour préciser les outils d’analyse et de compréhension à développer.

 

Les premières séances ont éclairé comment comprendre ce qui fait que les agents s’engagent, avec le sentiment du cela va de soi, la compétition électorale et acceptent les résultats qui en résulte. Il a fallu, pour ce faire, revenir à l’idée que les situations électorales dramatisent la composition de quelques sphères de vie, nécessaires à la reproduction de la totalité sociale. Dans chacune de ces sphères opère une seule forme immanente d’autorité sociale spécifique en voie de conversion politique. Par cet éclairage, il s’agissait d’inviter à saisir le lien entre la reproduction politique de l'ordre social et la permanence des relations de domination. Ce qui représentait une autre manière de revenir à l’idée posée, les années précédentes, que ce qui assure cette reproduction se manifeste, en même temps, à travers des accords par l’action impulsés et consacrés dans des situations configurées dans le cadre de la conversion politique des formes immanentes d’autorité sociale valorisée par ladite société pour servir à cet effet.

Par la suite, les séances ont tourné sur l’approfondissement de l’approche narrative des élections. Nous avons discuté la pertinence d’adapter l’approche en termes d’explication narrative à trois niveaux mise en place par Andrew Abbott. Approche qui permet de lire les relations horizontales entre les éléments analytiques de même position comme syntaxique et, par contre, entre eux et ceux occupants des positions différentes comme sémantiques ou narratives. Il a été ainsi possible de saisir les relations entre les formes immanentes d’autorité sociale et les formes politiques dans un niveau sémantique. Par contre, celles entre les formes politiques et les intrigues dans des relations narratives. Or, ces relations entre échelles horizontales et verticales ne se développent pas dans un cadre statique mais plutôt processuel. Les années antérieures, j’avais déjà souligné que les procédures électorales sont scandées par trois séquences : l’ouverture, le vote et la guerre électorale. L’ordre de succession se trouve être celui où le corps électoral se trouve successivement réduit à celui du corps des élus et, enfin, du corps physique de l’élu qui figure la totalité politique. Pour résoudre cette interrogation, j’ai décidé de me tourner vers le travail de P. Ricoeur. En effet, pour ce dernier, l’intrigue consiste en l’unification en récit d’une multiplicité d’éléments hétéroclites sous l’égide du langage de l’action dans les trois phases de refiguration, configuration et reconfiguration. Il me semble pertinent d’appréhender les trois séquences des procédures électorales en ce sens.

Le troisième ensemble de séances a permi de commencer à réfléchir sur le développement des des capacités d’analyse et de compréhension de l’approche narrative proposée. Les recherches empiriques, menées sur les terrains africains, semblent indiquer que le nombre des intrigues électoraux est limité. Il est, dans ce cas, légitime de faire l’hypothèse que cette réalité consolide leur dimension comparative. Puisque tel est le cas, nous avons proposé de considérer que les intrigues constituent un ensemble à prendre en compte pour comprendre et interpréter les unes en relation avec les autres. La référence à cet ensemble constitue ainsi une condition d’intelligibilité de chaque intrigue dans la mesure où elle se conforme à un ensemble de contraintes matérialisées par le fait qu’elles appartiennent à un même ensemble. Par contre, il ne s’agit pas seulement de recycler, de cette manière, une approche structurale mais d’ouvrir une question en guise de conclusion. Comment les niveaux syntaxiques des éléments de même position (formes immanentes d’autorité socials, formes politiques et intrigues, entrent en résonnance (refiguration, configuration et reconfiguration) avec les niveaux sémantiques et narratifs que manifestent les éléments des autres positions. 

Publications
  • « Moïse le technicien et Josué le résistant : figures électorales des utopies au Congo-Brazzaville », dans Utopies et dystopies dans l’imaginaire politique, sous la dir. d'A. Montes Montoya, L’Harmattan, 2022, p.130-144.