Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2022-2023.

UE745 - Made in Chinafrica. Anthropologie des circulations de marchandises dans le Sud global


Lieu et planning


  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, salle C, 2 rue de la Charité 13002 Marseille

    jeudi 3 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 24 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 31 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 7 avril 2022, 14:00-17:00
    jeudi 28 avril 2022, 14:00-17:00
    jeudi 12 mai 2022, 14:00-17:00
    jeudi 19 mai 2022, 14:00-17:00
    jeudi 2 juin 2022, 14:00-17:00


Description


Dernière modification : 4 octobre 2021 19:30

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie sociale Circulations Culture matérielle Ethnographie Globalisation Gouvernance Industrie Marché Politique Techniques Transnational Valeur
Aires culturelles
Afrique Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Giorgio Blundo [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Norbert-Elias (CNE)

Dans la littérature en sciences sociales sur les interconnexions au sein du Sud global, et tout particulièrement sur les relations entre la Chine et l’Afrique, l’étude des mobilités humaines a longtemps prévalu sur celle de la circulation de biens et marchandises. Les travaux se sont ainsi concentrés sur les acteurs de la « mondialisation par le bas », non sans quelques lectures réductrices ou misérabilistes, reléguant à l’arrière-plan les produits manufacturés asiatiques et leur inscription dans les sociétés africaines.

Croisant des approches issues du « material turn », des « thing-following studies » et de l’anthropologie de la globalisation, ce séminaire aborde les enjeux théoriques et empiriques d’une anthropologie globale des chaines d’approvisionnement et de valeur reliant la Chine à l’Afrique. Nous mobiliserons des travaux récents dédiés aux trajectoires « biographiques » de certaines marchandises mondialisées et les résultats de notre propre ethnographie sur la production, la commercialisation et les usages des motos de fabrication chinoise, marchandise qui incarne l’essor des relations commerciales entre l’Empire du Milieu et l’Afrique.

Au cours du séminaire, nous examinerons les itinéraires, les routes, les hubs et les clusters (villes portuaires, foires internationales, districts industriels, zones franches, marchés frontaliers) de ces circulations, les configurations d’acteurs qui les animent, les infrastructures et les moyens de transport qu’elles utilisent, les formes de régulation qui les encadrent et leurs contournements. Nous analyserons également les processus complexes de transformation, adaptation, voire transfiguration, affectant les marchandises étudiées pendant leur circulation.

Par des aller-retour entre les lieux de conception, fabrication, exposition, distribution et consommation, et le croisement des regards et des pratiques observés tout au long de la chaine d’approvisionnement, nous soulignerons la forte interdépendance entre importateurs africains et fabricants chinois. Ces formes inédites de coprésence, voire de coproduction, révèlent ce qui se joue aujourd’hui dans les échanges commerciaux et industriels au sein du Sud global, sur le plan de la transformation des modes de consommation, des styles culturels, des modèles entrepreneuriaux et de développement économique.

Nous aborderons également les problèmes, les potentialités et les ouvertures d’une ethnographie embrassant la totalité d’une chaine globale d’approvisionnement et de valeur. Traquer une marchandise globalisée morcelle le terrain entre un vaste répertoire d’acteurs, d’actants et de situations appartenant à des espaces sociaux et politiques transnationaux. Une ethnographie des circulations incite de ce fait à repenser la place des aires culturelles, les formes du comparatisme et l’exigence d’érudition qui leur est étroitement associée.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie [Marseille] – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, travail écrit

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

renseignements : par courriel ou via le secrétariat de la mention.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun


Compte rendu


À sa deuxième édition, ce séminaire correspond à une réorientation importante de mes recherches, jusqu’alors consacrées à l’anthropologie de l’État et des formes de gouvernance au Sahel. Il est construit autour d’un long terrain multisitué consacré à l’ethnographie d’une chaine globale de marchandises reliant la Chine à l’Afrique de l’Ouest.

L’ambition du séminaire était de revisiter la littérature sur les processus de globalisation, plutôt théorique ou focalisée sur les processus migratoires ou diasporiques, par une entrée résolument empirique, centrée sur les interconnexions inédites qu’engendre la circulation de biens et marchandises au sein du Sud global.

Les deux premières séances du séminaire ont posé les jalons théoriques et méthodologiques d’une anthropologie des circulations de marchandises. J'ai montré l’intérêt heuristique de croiser trois corpus d’études relativement autonomes – sur les chaînes d’approvisionnement et de valeur, sur les transferts technologiques et sur cet espace relationnel transnational qu’on dénomme désormais la « ChinAfrique » –, puis présenté ma propre recherche sur la production, la commercialisation et les usages des motos de fabrication chinoise. J’ai comparé le dispositif d’enquête envisagé dans le cadre de cette ethnographie globale avec d’autres études, classiques ou récentes, en anthropologie, géographie sociale et économie.

Puis le séminaire s’est déroulé autour de trois thématiques. La première portait sur les lieux et les circuits de ces chaines d’approvisionnement de marchandises, se déployant des districts industriels chinois jusqu’aux ports en eaux profondes en Afrique de l’Ouest qui fournissent les économies sahéliennes enclavées. J’ai dédié deux séances à l’analyse du système de production industrielle en Chine et des principaux « hubs », comme la Foire de Canton, où les producteurs rencontrent les importateurs étrangers. Une troisième séance s'est concentrée sur la phase de la commercialisation des marchandises. La deuxième thématique décrivait des configurations inédites de coprésence et de coproduction au sein de la ChinAfrique et du Sud global, à travers l'analyse des interactions de longue durée entre opérateurs économiques chinois et africains. Renouant avec les approches « biographiques » des marchandises, dans le sillage des travaux d’Appadurai et de Kopytoff, les trois dernières séances ont permis de considérer les transformations, matérielles, techniques et symboliques, qui affectent les biens au cours de leur périple, et d’aborder la question des formes et instance de régulation des circulations de marchandises entre la Chine et l’Afrique. Hans Peter Hahn (Frankfort) et Mariane Ferme (Berkeley), professeurs invités à l'EHESS, ont contribué au séminaire par leurs recherches respectives sur l'appropriation culturelle des biens occidentaux et sur l'historicité des multiples formes de présence chinoise en Afrique.

En relation à mes recherches sur l’anthropologie des circulations et des échanges globalisés, j’ai organisé deux colloques internationaux au Togo : le premier, intitulé « Les circulations dans le Sud global. Ethnographies des échanges mondialisés », s’est déroulé à l’Université de Lomé du 29 novembre au 3 décembre 2021. Le second, organisé avec A. Guézéré de l’Université de Kara, du 9 au 11 mars 2022, portait sur « La motocyclette dans tous ses états en Afrique subsaharienne : entre pratiques mobilitaires, enjeux socio-économiques et représentations sociales ». J’ai également convié et animé, avec A. Jedlowski, le panel « Circulations matérielles entre l’Asie et l’Afrique : ethnographies de chaines globales d’approvisionnement » aux 7e rencontres des études africaines en France (Toulouse, 28 juin-1er juillet 2022).

J’ai enfin été invité à présenter mes recherches sur les chaines globales de valeur sino-africaines à l’Université de Lausanne (3 et 4 novembre 2021) et au séminaire EHESS Présences chinoises en Afrique (18 mai 2022).

Publications
  • « Коррупция и государство в Сахеле », Антропологии/Anthropologies, n° 1,  2021, p. 97-120.
  • Film review: Edkins Teboho, director. Days of Cannibalism: Of Pioneers, Cows and Capital. 2020. 78 minutes. Sesotho, Fujianese, Mandarin, English, with English and French subtitles. China and Lesotho. Produced by KinoElektron, Day Zero Films, Kepler Film. African Studies Review, 2022, 1-3. doi:10.1017/asr.2022.120

Dernière modification : 4 octobre 2021 19:30

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie sociale Circulations Culture matérielle Ethnographie Globalisation Gouvernance Industrie Marché Politique Techniques Transnational Valeur
Aires culturelles
Afrique Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Giorgio Blundo [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Norbert-Elias (CNE)

Dans la littérature en sciences sociales sur les interconnexions au sein du Sud global, et tout particulièrement sur les relations entre la Chine et l’Afrique, l’étude des mobilités humaines a longtemps prévalu sur celle de la circulation de biens et marchandises. Les travaux se sont ainsi concentrés sur les acteurs de la « mondialisation par le bas », non sans quelques lectures réductrices ou misérabilistes, reléguant à l’arrière-plan les produits manufacturés asiatiques et leur inscription dans les sociétés africaines.

Croisant des approches issues du « material turn », des « thing-following studies » et de l’anthropologie de la globalisation, ce séminaire aborde les enjeux théoriques et empiriques d’une anthropologie globale des chaines d’approvisionnement et de valeur reliant la Chine à l’Afrique. Nous mobiliserons des travaux récents dédiés aux trajectoires « biographiques » de certaines marchandises mondialisées et les résultats de notre propre ethnographie sur la production, la commercialisation et les usages des motos de fabrication chinoise, marchandise qui incarne l’essor des relations commerciales entre l’Empire du Milieu et l’Afrique.

Au cours du séminaire, nous examinerons les itinéraires, les routes, les hubs et les clusters (villes portuaires, foires internationales, districts industriels, zones franches, marchés frontaliers) de ces circulations, les configurations d’acteurs qui les animent, les infrastructures et les moyens de transport qu’elles utilisent, les formes de régulation qui les encadrent et leurs contournements. Nous analyserons également les processus complexes de transformation, adaptation, voire transfiguration, affectant les marchandises étudiées pendant leur circulation.

Par des aller-retour entre les lieux de conception, fabrication, exposition, distribution et consommation, et le croisement des regards et des pratiques observés tout au long de la chaine d’approvisionnement, nous soulignerons la forte interdépendance entre importateurs africains et fabricants chinois. Ces formes inédites de coprésence, voire de coproduction, révèlent ce qui se joue aujourd’hui dans les échanges commerciaux et industriels au sein du Sud global, sur le plan de la transformation des modes de consommation, des styles culturels, des modèles entrepreneuriaux et de développement économique.

Nous aborderons également les problèmes, les potentialités et les ouvertures d’une ethnographie embrassant la totalité d’une chaine globale d’approvisionnement et de valeur. Traquer une marchandise globalisée morcelle le terrain entre un vaste répertoire d’acteurs, d’actants et de situations appartenant à des espaces sociaux et politiques transnationaux. Une ethnographie des circulations incite de ce fait à repenser la place des aires culturelles, les formes du comparatisme et l’exigence d’érudition qui leur est étroitement associée.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie [Marseille] – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, travail écrit
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

renseignements : par courriel ou via le secrétariat de la mention.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun

  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, salle C, 2 rue de la Charité 13002 Marseille

    jeudi 3 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 24 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 31 mars 2022, 14:00-17:00
    jeudi 7 avril 2022, 14:00-17:00
    jeudi 28 avril 2022, 14:00-17:00
    jeudi 12 mai 2022, 14:00-17:00
    jeudi 19 mai 2022, 14:00-17:00
    jeudi 2 juin 2022, 14:00-17:00

À sa deuxième édition, ce séminaire correspond à une réorientation importante de mes recherches, jusqu’alors consacrées à l’anthropologie de l’État et des formes de gouvernance au Sahel. Il est construit autour d’un long terrain multisitué consacré à l’ethnographie d’une chaine globale de marchandises reliant la Chine à l’Afrique de l’Ouest.

L’ambition du séminaire était de revisiter la littérature sur les processus de globalisation, plutôt théorique ou focalisée sur les processus migratoires ou diasporiques, par une entrée résolument empirique, centrée sur les interconnexions inédites qu’engendre la circulation de biens et marchandises au sein du Sud global.

Les deux premières séances du séminaire ont posé les jalons théoriques et méthodologiques d’une anthropologie des circulations de marchandises. J'ai montré l’intérêt heuristique de croiser trois corpus d’études relativement autonomes – sur les chaînes d’approvisionnement et de valeur, sur les transferts technologiques et sur cet espace relationnel transnational qu’on dénomme désormais la « ChinAfrique » –, puis présenté ma propre recherche sur la production, la commercialisation et les usages des motos de fabrication chinoise. J’ai comparé le dispositif d’enquête envisagé dans le cadre de cette ethnographie globale avec d’autres études, classiques ou récentes, en anthropologie, géographie sociale et économie.

Puis le séminaire s’est déroulé autour de trois thématiques. La première portait sur les lieux et les circuits de ces chaines d’approvisionnement de marchandises, se déployant des districts industriels chinois jusqu’aux ports en eaux profondes en Afrique de l’Ouest qui fournissent les économies sahéliennes enclavées. J’ai dédié deux séances à l’analyse du système de production industrielle en Chine et des principaux « hubs », comme la Foire de Canton, où les producteurs rencontrent les importateurs étrangers. Une troisième séance s'est concentrée sur la phase de la commercialisation des marchandises. La deuxième thématique décrivait des configurations inédites de coprésence et de coproduction au sein de la ChinAfrique et du Sud global, à travers l'analyse des interactions de longue durée entre opérateurs économiques chinois et africains. Renouant avec les approches « biographiques » des marchandises, dans le sillage des travaux d’Appadurai et de Kopytoff, les trois dernières séances ont permis de considérer les transformations, matérielles, techniques et symboliques, qui affectent les biens au cours de leur périple, et d’aborder la question des formes et instance de régulation des circulations de marchandises entre la Chine et l’Afrique. Hans Peter Hahn (Frankfort) et Mariane Ferme (Berkeley), professeurs invités à l'EHESS, ont contribué au séminaire par leurs recherches respectives sur l'appropriation culturelle des biens occidentaux et sur l'historicité des multiples formes de présence chinoise en Afrique.

En relation à mes recherches sur l’anthropologie des circulations et des échanges globalisés, j’ai organisé deux colloques internationaux au Togo : le premier, intitulé « Les circulations dans le Sud global. Ethnographies des échanges mondialisés », s’est déroulé à l’Université de Lomé du 29 novembre au 3 décembre 2021. Le second, organisé avec A. Guézéré de l’Université de Kara, du 9 au 11 mars 2022, portait sur « La motocyclette dans tous ses états en Afrique subsaharienne : entre pratiques mobilitaires, enjeux socio-économiques et représentations sociales ». J’ai également convié et animé, avec A. Jedlowski, le panel « Circulations matérielles entre l’Asie et l’Afrique : ethnographies de chaines globales d’approvisionnement » aux 7e rencontres des études africaines en France (Toulouse, 28 juin-1er juillet 2022).

J’ai enfin été invité à présenter mes recherches sur les chaines globales de valeur sino-africaines à l’Université de Lausanne (3 et 4 novembre 2021) et au séminaire EHESS Présences chinoises en Afrique (18 mai 2022).

Publications
  • « Коррупция и государство в Сахеле », Антропологии/Anthropologies, n° 1,  2021, p. 97-120.
  • Film review: Edkins Teboho, director. Days of Cannibalism: Of Pioneers, Cows and Capital. 2020. 78 minutes. Sesotho, Fujianese, Mandarin, English, with English and French subtitles. China and Lesotho. Produced by KinoElektron, Day Zero Films, Kepler Film. African Studies Review, 2022, 1-3. doi:10.1017/asr.2022.120