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UE736 - L'Antiquité de la Renaissance (3) : philosophie et théologie, Florence, 1471-1497


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    Salle A03_35
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / hebdomadaire, mardi 17:00-19:00
    du 7 décembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 24


Description


Dernière modification : 8 juin 2021 16:10

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Philosophie
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Pierre Bouretz [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

Le titre donné pour la troisième fois au séminaire est inspiré d’une formule aphoristique d’Aby Warburg. Sous sa plume, elle formalisait une question qui préoccuperait longtemps les historiens de l’art : savoir si les dieux et mystères païens de l’Antiquité avaient tout à fait disparu durant les siècles du Moyen Age, et comment en tout état de cause ils retrouvaient la lumière au Quattrocento. Après avoir longuement séjourné dans le monde philosophique de l’Antiquité tardive, on fait de cette question une hypothèse pour la lecture d’une philosophie de la Renaissance beaucoup moins fréquentée. 

Le lieu et les dates indiqués délimitent un moment qu’il faudra bien sûr élargir en amont comme en aval. Mais ils sont attachés à celui qui fut l’acteur décisif de cette histoire : Marsile Ficin. Ses traductions et commentaires de l’intégralité des œuvres de Platon et Plotin ont eu une importance considérable à l’échelle de l’Europe entière. De façon plus discrète, ayant traduit ce qui était alors disponible du corpus hermétique, mais aussi des textes de Jamblique et Proclus concernant la théurgie, il défendait d’une certaine façon mais au risque de se bouiller avec une partie de son milieu l’astrologie et une magie « naturelle ». C’est lui enfin qui capturait la conscience d’époque de tout un milieu florentin incluant poètes, philosophes et artistes en parlant de « notre âge d’or ». 

Saisir dans quelle mesure il s’agissait d’un mythe ne pourra se faire qu’au terme de l’enquête qui ne sera pas clôturée cette année. Durant celle-ci on s’attachera aux pièces d’une prisca theologia exhumée à plusieurs mains dont celle de Pic de la Mirandole et que Ficin mobilisait dans une Théologie platonicienne qui est bien plus qu’une simple imitation de celle de Proclus. Pour ce qui concerne Ficin, peut-être aura-t-on déjà la possibilité de chercher à comprendre l’articulation de ce projet avec la partie la plus controversée en son temps et qui demeure la plus difficile à maîtriser aujourd’hui de son œuvre. Quoi qu’il en soit, on continuera de se demander s’il est vrai que « chaque époque a la Renaissance de l’Antiquité qu’elle mérite ». 

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – Rédaction d'un texte en lien avec la problématique du séminaire

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

la participation au séminaire est subordonnée à l'accord préalable du directeur d'études. S'agissant de nouveaux éudiants, un projet écrit sera demandé, qui sera discuté lors d'un entretien oral.

Direction de travaux des étudiants

les mercredi, jeudi et vendredi après-midi sur rendez-vous par courriel : bouretz@ehess.fr

Réception des candidats

les mercredi, jeudi et vendredi après-midi sur rendez-vous par courriel : bouretz@ehess.fr

Pré-requis

inscription subordonnée à la présentation d'un projet de recherche qui sera discuté lors d'un entretien oral. 


Compte rendu


L’Antiquité de la Renaissance (3) : une lecture de Dante. 

L’enquête intitulée « L’Antiquité de la Renaissance » ne prévoyait pas de remonter plus haut dans le temps que l’époque de Pétrarque. Mais le propre d’un séminaire de recherche est de pouvoir s’adapter aux imprévus de la recherche, eux-mêmes dépendants d’une discordance des temps de la réflexion et de la mise en forme. En l’occurrence, le constat d’une similitude à quarante années de distance entre les attitudes de Dante et Pétrarque vis-à-vis d’entreprises de restauration impériale avait conduit à se tourner vers le premier. Ce mouvement à la recherche d’une politique de l’auteur de La Divine Comédie s’était élargi à un questionnement des fondements théoriques de sa Monarchia, puis à travers eux à une analyse de son rapport à la philosophie. 

La décision avait donc été prise avant le début du séminaire de le consacrer une année à Dante. Il n’était pas question de chercher chez lui le début ni même des signes avant-coureurs de la Renaissance. Pas davantage d’entrer dans l’agenda d’une « dantologie » qui a son histoire, ses problèmes et ses controverses. Plutôt, de lui appliquer le questionnaire d’une herméneutique historique antérieurement mise en œuvre au sujet d’auteurs appartenant à d’autres époques, dans des contextes différents.

On s’est penché sur la politique de Dante, qui s’était déployée en deux temps, de façons différentes : durant les années 1295-1304, au travers d’une participation active et d’un coût personnel extrême aux combats en faveur des libertés florentines ; puis, entre le début de l’année 1311 et l’été 1313, sous la forme d’un engagement de plume en faveur de l’entreprise de restauration impériale d’Henri VII de Luxembourg. Est ainsi apparue chez lui une puissante passion politique, qui s’exprimerait encore au travers de la Comédie. On s’est alors demandé comment s’était constituée son adhésion au programme gibelin. L’hypothèse forgée à ce sujet est celle de l’élargissement progressif d’une réflexion sur les conditions de réalisation d’une bona civilitas, notion présente dans une lettre de 1304. 

La puissante originalité de la Monarchia tient en cela qu’elle fonde la politique dans une noétique, selon le schéma suivant : le propre de l’homme est d’être intellect en puissance ; l’actualisation de celui-ci ne peut aller à son terme qu’au travers d’une « multitude » ; une démarche de reductio ad unum conduit à penser un principe unique du pouvoir temporel en la personne d’un empereur. Dante devait cependant tenir compte d’une situation propre à son époque, à savoir la concurrence entre pouvoirs temporel et spirituel. Sa position dans le conflit à ce sujet est celle d’une stricte autonomie de chacune des deux sphères, qui induit celle de la philosophie vis-à-vis de la théologie. La minoration de l’importance de la Monarchia chez les historiens des idées politiques tient sans doute en cela qu’elle leur semble trop dépendante des conditions de son temps. Retrouvant des analyses d’Ernst Kantorowicz, on s’est attaché à montrer que, pour autant qu’elle visait l’accomplissement d’une humana universitas tout en défendant l’idée d’une réduction des détenteurs du pouvoir à la figure d’un optimus homo, elle offrait une théorie de la liberté humaine qui pourrait s’émanciper de la forme impériale et plus largement du cadre médiéval. 

L’analyse du soubassement théorique du livre politique de Dante conduisait vers celle de son rapport à la philosophie. Celui-ci avait encore une dimension politique, pour autant qu’écrivant son traité De l’éloquence en vulgaire et le Banquet il avait en vue de constituer une noblesse de l’esprit concurrente de celles de la richesse ou de l’hérédité. Mais il fallait affronter les difficultés d’identification de la doctrine défendue dans le second de ces livres. On a montré que celle-ci s’apparente à une forme d’aristotélisme que l’on s’est proposé de nommer « intellectualiste », plutôt qu’« averroïste » ou « radical », pour autant qu’il place la charge de la preuve d’une perfection de l’homme dans l’usage de l’intellect. 

Le milieu des études sur Dante se déchire depuis plus d’un siècle au sujet du substrat philosophique de la Comédie. Une opinion largement répandue affirme qu’il est à l’inverse de celui de la Monarchia et du Banquet, marquant un retour à la thèse orthodoxe d’une subordination de la philosophie à la théologie. Il est apparu que la question est autrement complexe que ce qu’en disent des interprétations qui peu ou prou reviennent toujours à l’idée des premiers commentateurs selon laquelle Virgile incarnerait la raison et Béatrice la foi, dans une sorte de pèlerinage. Afin de comprendre pourquoi, il a fallu prendre la mesure du fait que Dante est à la fois acteur, narrateur et auteur de sa fiction poétique, ce qui ouvre la perspective d’une analyse de son art d’écrire. Mais aussi saisir ce qu’il fait au travers du voyage dans l’au-delà que celle-ci met en scène, point de vue qui conduit à souligner une dimension performative du livre. Cette démarche a débouché sur la proposition de lire la Comédie comme une expérience, qui devient théorétique au travers du Paradis

Le temps a manqué pour faire jusqu’au bout d’autres choses : réévaluer le rôle de Béatrice, personnage au cœur de plusieurs intrigues tissées tout au long de la vie de Dante ; illustrer l’idée selon laquelle la Comédie peut se voir comme une apologie de la curiosité théorique ; revisiter la thèse d’Erich Auerbach selon laquelle elle s’apparente à un poème du monde terrestre. Mais avant de revenir à l’Antiquité de la Renaissance, on aura pris la peine de conduire à leur terme ces propositions et quelques autres. En se demandant in fine ce qu’un tel livre faisait à son époque. 

Dernière modification : 8 juin 2021 16:10

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Philosophie
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Pierre Bouretz [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

Le titre donné pour la troisième fois au séminaire est inspiré d’une formule aphoristique d’Aby Warburg. Sous sa plume, elle formalisait une question qui préoccuperait longtemps les historiens de l’art : savoir si les dieux et mystères païens de l’Antiquité avaient tout à fait disparu durant les siècles du Moyen Age, et comment en tout état de cause ils retrouvaient la lumière au Quattrocento. Après avoir longuement séjourné dans le monde philosophique de l’Antiquité tardive, on fait de cette question une hypothèse pour la lecture d’une philosophie de la Renaissance beaucoup moins fréquentée. 

Le lieu et les dates indiqués délimitent un moment qu’il faudra bien sûr élargir en amont comme en aval. Mais ils sont attachés à celui qui fut l’acteur décisif de cette histoire : Marsile Ficin. Ses traductions et commentaires de l’intégralité des œuvres de Platon et Plotin ont eu une importance considérable à l’échelle de l’Europe entière. De façon plus discrète, ayant traduit ce qui était alors disponible du corpus hermétique, mais aussi des textes de Jamblique et Proclus concernant la théurgie, il défendait d’une certaine façon mais au risque de se bouiller avec une partie de son milieu l’astrologie et une magie « naturelle ». C’est lui enfin qui capturait la conscience d’époque de tout un milieu florentin incluant poètes, philosophes et artistes en parlant de « notre âge d’or ». 

Saisir dans quelle mesure il s’agissait d’un mythe ne pourra se faire qu’au terme de l’enquête qui ne sera pas clôturée cette année. Durant celle-ci on s’attachera aux pièces d’une prisca theologia exhumée à plusieurs mains dont celle de Pic de la Mirandole et que Ficin mobilisait dans une Théologie platonicienne qui est bien plus qu’une simple imitation de celle de Proclus. Pour ce qui concerne Ficin, peut-être aura-t-on déjà la possibilité de chercher à comprendre l’articulation de ce projet avec la partie la plus controversée en son temps et qui demeure la plus difficile à maîtriser aujourd’hui de son œuvre. Quoi qu’il en soit, on continuera de se demander s’il est vrai que « chaque époque a la Renaissance de l’Antiquité qu’elle mérite ». 

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – Rédaction d'un texte en lien avec la problématique du séminaire
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

la participation au séminaire est subordonnée à l'accord préalable du directeur d'études. S'agissant de nouveaux éudiants, un projet écrit sera demandé, qui sera discuté lors d'un entretien oral.

Direction de travaux des étudiants

les mercredi, jeudi et vendredi après-midi sur rendez-vous par courriel : bouretz@ehess.fr

Réception des candidats

les mercredi, jeudi et vendredi après-midi sur rendez-vous par courriel : bouretz@ehess.fr

Pré-requis

inscription subordonnée à la présentation d'un projet de recherche qui sera discuté lors d'un entretien oral. 

  • 54 bd Raspail
    Salle A03_35
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / hebdomadaire, mardi 17:00-19:00
    du 7 décembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 24

L’Antiquité de la Renaissance (3) : une lecture de Dante. 

L’enquête intitulée « L’Antiquité de la Renaissance » ne prévoyait pas de remonter plus haut dans le temps que l’époque de Pétrarque. Mais le propre d’un séminaire de recherche est de pouvoir s’adapter aux imprévus de la recherche, eux-mêmes dépendants d’une discordance des temps de la réflexion et de la mise en forme. En l’occurrence, le constat d’une similitude à quarante années de distance entre les attitudes de Dante et Pétrarque vis-à-vis d’entreprises de restauration impériale avait conduit à se tourner vers le premier. Ce mouvement à la recherche d’une politique de l’auteur de La Divine Comédie s’était élargi à un questionnement des fondements théoriques de sa Monarchia, puis à travers eux à une analyse de son rapport à la philosophie. 

La décision avait donc été prise avant le début du séminaire de le consacrer une année à Dante. Il n’était pas question de chercher chez lui le début ni même des signes avant-coureurs de la Renaissance. Pas davantage d’entrer dans l’agenda d’une « dantologie » qui a son histoire, ses problèmes et ses controverses. Plutôt, de lui appliquer le questionnaire d’une herméneutique historique antérieurement mise en œuvre au sujet d’auteurs appartenant à d’autres époques, dans des contextes différents.

On s’est penché sur la politique de Dante, qui s’était déployée en deux temps, de façons différentes : durant les années 1295-1304, au travers d’une participation active et d’un coût personnel extrême aux combats en faveur des libertés florentines ; puis, entre le début de l’année 1311 et l’été 1313, sous la forme d’un engagement de plume en faveur de l’entreprise de restauration impériale d’Henri VII de Luxembourg. Est ainsi apparue chez lui une puissante passion politique, qui s’exprimerait encore au travers de la Comédie. On s’est alors demandé comment s’était constituée son adhésion au programme gibelin. L’hypothèse forgée à ce sujet est celle de l’élargissement progressif d’une réflexion sur les conditions de réalisation d’une bona civilitas, notion présente dans une lettre de 1304. 

La puissante originalité de la Monarchia tient en cela qu’elle fonde la politique dans une noétique, selon le schéma suivant : le propre de l’homme est d’être intellect en puissance ; l’actualisation de celui-ci ne peut aller à son terme qu’au travers d’une « multitude » ; une démarche de reductio ad unum conduit à penser un principe unique du pouvoir temporel en la personne d’un empereur. Dante devait cependant tenir compte d’une situation propre à son époque, à savoir la concurrence entre pouvoirs temporel et spirituel. Sa position dans le conflit à ce sujet est celle d’une stricte autonomie de chacune des deux sphères, qui induit celle de la philosophie vis-à-vis de la théologie. La minoration de l’importance de la Monarchia chez les historiens des idées politiques tient sans doute en cela qu’elle leur semble trop dépendante des conditions de son temps. Retrouvant des analyses d’Ernst Kantorowicz, on s’est attaché à montrer que, pour autant qu’elle visait l’accomplissement d’une humana universitas tout en défendant l’idée d’une réduction des détenteurs du pouvoir à la figure d’un optimus homo, elle offrait une théorie de la liberté humaine qui pourrait s’émanciper de la forme impériale et plus largement du cadre médiéval. 

L’analyse du soubassement théorique du livre politique de Dante conduisait vers celle de son rapport à la philosophie. Celui-ci avait encore une dimension politique, pour autant qu’écrivant son traité De l’éloquence en vulgaire et le Banquet il avait en vue de constituer une noblesse de l’esprit concurrente de celles de la richesse ou de l’hérédité. Mais il fallait affronter les difficultés d’identification de la doctrine défendue dans le second de ces livres. On a montré que celle-ci s’apparente à une forme d’aristotélisme que l’on s’est proposé de nommer « intellectualiste », plutôt qu’« averroïste » ou « radical », pour autant qu’il place la charge de la preuve d’une perfection de l’homme dans l’usage de l’intellect. 

Le milieu des études sur Dante se déchire depuis plus d’un siècle au sujet du substrat philosophique de la Comédie. Une opinion largement répandue affirme qu’il est à l’inverse de celui de la Monarchia et du Banquet, marquant un retour à la thèse orthodoxe d’une subordination de la philosophie à la théologie. Il est apparu que la question est autrement complexe que ce qu’en disent des interprétations qui peu ou prou reviennent toujours à l’idée des premiers commentateurs selon laquelle Virgile incarnerait la raison et Béatrice la foi, dans une sorte de pèlerinage. Afin de comprendre pourquoi, il a fallu prendre la mesure du fait que Dante est à la fois acteur, narrateur et auteur de sa fiction poétique, ce qui ouvre la perspective d’une analyse de son art d’écrire. Mais aussi saisir ce qu’il fait au travers du voyage dans l’au-delà que celle-ci met en scène, point de vue qui conduit à souligner une dimension performative du livre. Cette démarche a débouché sur la proposition de lire la Comédie comme une expérience, qui devient théorétique au travers du Paradis

Le temps a manqué pour faire jusqu’au bout d’autres choses : réévaluer le rôle de Béatrice, personnage au cœur de plusieurs intrigues tissées tout au long de la vie de Dante ; illustrer l’idée selon laquelle la Comédie peut se voir comme une apologie de la curiosité théorique ; revisiter la thèse d’Erich Auerbach selon laquelle elle s’apparente à un poème du monde terrestre. Mais avant de revenir à l’Antiquité de la Renaissance, on aura pris la peine de conduire à leur terme ces propositions et quelques autres. En se demandant in fine ce qu’un tel livre faisait à son époque.