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UE718 - Tourisme : recherches, institutions, pratiques


Lieu et planning


  • Cf. descriptif détaillé


Description


Dernière modification : 14 février 2022 15:07

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Géographie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Culture Dynamiques sociales Migration(s) Transnational
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Anne Doquet [référent·e]   chargée de recherche, IRD / Institut des mondes africains (IMAF)
  • Saskia Cousin   professeure des universités, Université Paris Nanterre / Institut des mondes africains (IMAF)

« Tours et retours »

Bien que parfois considéré comme relevant des « migrations privilégiées », la pratique touristique se distingue moins par un départ et un séjour dans un espace non quotidien, que par un retour programmé – c’est le principe du « tour ».  Dans quelle mesure le retour constitue-t-il une rupture ou un prolongement du tour ? Qu’il soit contraint ou désiré, que signifie le retour ? Quels imaginaires de soi et de l’autre, de l’ici et de l’ailleurs, y sont à l’œuvre ? D’où et où « retourne »-t-on ? Quelles conceptions sous-tendent les expériences de tourisme de racine et de mémoire ? Où se situe le tourisme fondé sur le retour systématique dans un même lieu ? Comment le retour d’objets culturels engagé dans différents pays s’insère-t-il dans la sphère touristique ?

À partir de l’étude des pratiques et représentations du retour en contexte de mobilité de loisirs, la saison 17 se propose d’étudier la manière dont cette notion pourrait délimiter un cadre conceptuel commun à différentes expériences du retour.

La saison 17 sera organisée en 8 séances de 3 heures :

  • les 14 et 28 octobre, de 17 h à 20 h, EHESS-Condorcet, salle 25-B, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
  • le 25 novembre de 17 h à 20 h, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Broca, 21 rue Broca, Bâtiment C RDC - salle C002
  • le 9 décembre 2021, de 17 h à 20 h, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Lourcine, 1 rue de la Glacière, 75013, salle 110 (1er étage)
  • les 13 et 27 janvier, 10 février 2022 de 17 h à 20 h, EHESS-Condorcet, salle gradinée, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
  • le 4 mars 2022, de 17 h à 20 h, salle 3.10, Centre des colloques, Campus Condorcet, place du Front populaire 93300 Aubervilliers

Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter Anne Doquet

Direction de travaux des étudiants

Sur RDV, contacter Anne Doquet

Réception des candidats

Sur RDV

Pré-requis

Licence 3


Compte rendu


Pour sa dix-septième saison, le séminaire a questionné la manière dont la notion de « retour » pouvait délimiter un cadre conceptuel commun à différentes expériences, notamment touristiques. La question s’est posée de comprendre dans quelle mesure le retour constitue une rupture ou un prolongement du tour, mais aussi quels imaginaires de soi et de l’autre, de l’ici et de l’ailleurs, y sont à l’œuvre. Une première séance, menée par Thomas Apchain, a permis de reconstituer les jalons du contexte dans les sciences humaines et d’y suivre l’évolution sémantique du retour. Ce dernier concept a été envisagé dans ses liens au tourisme, mais aussi aux mémoires et aux migrations. Trois questionnements ont traversé les interventions. Celui du retour systématique dans un même lieu s’est d’abord posé dans trois interventions. Alix Boirot a analysé les motivations de ceux qui reviennent à Lloret, qu’ils soient touristes, saisonnier·e·s, ou même habitant·e·s. De même, l’intervention de Jean-Didier Urbain a questionné le sens des retours dans les paradis verts pour les « nomades sédentaires » que constituent les urbains attirés par les campagnes françaises. Benjamin Dubertrand a de son côté décortiqué les pratiques du woofing en Ariège, en mettant en évidence les pratiques d'agencement entre sédentarité et nomadisme saisonniers mises en place par des acteurs qui se côtoient sans être complètement installés ni de passage. Plusieurs séances ont ensuite questionné le retour dans un cadre migratoire. Reliant migrations humaines et conceptuelles, Stéphane Dufoix est revenu sur les questions de frontières et de diasporas, montrant le rôle fondamental qu’elles jouent dans la construction sociale des identités collectives, nationales, mais aussi disciplinaires. Mélissa Blanchard a quant à elle présenté son analyse comparative et multi-générationnelle des usages du droit et de la mobilité dite de retour des descendants d’émigrés européens en provenance d’Amérique latine, dans quatre régions d’Europe. Enfin, l’analyse de la question du retour dans les pratiques touristiques s’est déclinée en deux thèmes. Celui des mémoires, avec tout d’abord la présentation de Clara Duterme, qui a abordé la question du tourisme de mémoire dans le cadre des questionnements sur les usages sociaux du passé et des différentes conceptions et formes qu'il peut prendre (typologie des lieux visités, des acteurs de la mise en tourisme, et des visiteurs eux-mêmes), mais aussi des enjeux mémoriels qui lui sont associés. L’intervention d’Évelyne Ribert a illustré les enjeux du « tourisme de racine » à travers le cas des descendants de républicains espagnols exilés qui se rendent sur les lieux de la guerre d'Espagne ou dans les villages d'où sont originaires leurs familles, dans le cadre de séjours touristiques en Espagne ou dans le sud de la France. Une séance a également été consacrée au lien entre mémoire de l'esclavage et tourisme, à travers les processus de patrimonialisation du sega tipik (Églantine Gauthier).

Pour finir, différentes interventions ont porté sur la question des restitutions, elle-même fortement liée à la mémoire. L‘intervention de Giulia Bonacci et Aleema Gray a examiné les campagnes de réparation envisagées par la communauté rastafari en Grande-Bretagne, à travers notamment les actions d’un militant qui s'est lancé dans une mission visant à « reprendre » les manuscrits et les livres détenus par la British Library et la School of Oriental and African Studies. Saskia Cousin et Anne Doquet ont ensuite montré comment des demandes de restitution et la mise en œuvre du retour des biens culturels pouvaient s’inscrire dans des politiques de développement touristique. L’analyse du lien entre restitution et tourisme a ainsi permis d’éclairer les enjeux d’une justification touristique, parfois médiatrices de tensions politiques et religieuses.

À partir de l’étude d’un ensemble de pratiques et de représentations du retour en contexte de mobilité, le séminaire a finalement exploré la manière dont le retour, qu'il concerne des êtres humains en contexte de loisirs ou de migration, ou des objets culturels peut s’insérer dans la sphère touristique.

Dernière modification : 14 février 2022 15:07

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Géographie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Culture Dynamiques sociales Migration(s) Transnational
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Anne Doquet [référent·e]   chargée de recherche, IRD / Institut des mondes africains (IMAF)
  • Saskia Cousin   professeure des universités, Université Paris Nanterre / Institut des mondes africains (IMAF)

« Tours et retours »

Bien que parfois considéré comme relevant des « migrations privilégiées », la pratique touristique se distingue moins par un départ et un séjour dans un espace non quotidien, que par un retour programmé – c’est le principe du « tour ».  Dans quelle mesure le retour constitue-t-il une rupture ou un prolongement du tour ? Qu’il soit contraint ou désiré, que signifie le retour ? Quels imaginaires de soi et de l’autre, de l’ici et de l’ailleurs, y sont à l’œuvre ? D’où et où « retourne »-t-on ? Quelles conceptions sous-tendent les expériences de tourisme de racine et de mémoire ? Où se situe le tourisme fondé sur le retour systématique dans un même lieu ? Comment le retour d’objets culturels engagé dans différents pays s’insère-t-il dans la sphère touristique ?

À partir de l’étude des pratiques et représentations du retour en contexte de mobilité de loisirs, la saison 17 se propose d’étudier la manière dont cette notion pourrait délimiter un cadre conceptuel commun à différentes expériences du retour.

La saison 17 sera organisée en 8 séances de 3 heures :

  • les 14 et 28 octobre, de 17 h à 20 h, EHESS-Condorcet, salle 25-B, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
  • le 25 novembre de 17 h à 20 h, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Broca, 21 rue Broca, Bâtiment C RDC - salle C002
  • le 9 décembre 2021, de 17 h à 20 h, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Lourcine, 1 rue de la Glacière, 75013, salle 110 (1er étage)
  • les 13 et 27 janvier, 10 février 2022 de 17 h à 20 h, EHESS-Condorcet, salle gradinée, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
  • le 4 mars 2022, de 17 h à 20 h, salle 3.10, Centre des colloques, Campus Condorcet, place du Front populaire 93300 Aubervilliers
  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter Anne Doquet

Direction de travaux des étudiants

Sur RDV, contacter Anne Doquet

Réception des candidats

Sur RDV

Pré-requis

Licence 3

  • Cf. descriptif détaillé

Pour sa dix-septième saison, le séminaire a questionné la manière dont la notion de « retour » pouvait délimiter un cadre conceptuel commun à différentes expériences, notamment touristiques. La question s’est posée de comprendre dans quelle mesure le retour constitue une rupture ou un prolongement du tour, mais aussi quels imaginaires de soi et de l’autre, de l’ici et de l’ailleurs, y sont à l’œuvre. Une première séance, menée par Thomas Apchain, a permis de reconstituer les jalons du contexte dans les sciences humaines et d’y suivre l’évolution sémantique du retour. Ce dernier concept a été envisagé dans ses liens au tourisme, mais aussi aux mémoires et aux migrations. Trois questionnements ont traversé les interventions. Celui du retour systématique dans un même lieu s’est d’abord posé dans trois interventions. Alix Boirot a analysé les motivations de ceux qui reviennent à Lloret, qu’ils soient touristes, saisonnier·e·s, ou même habitant·e·s. De même, l’intervention de Jean-Didier Urbain a questionné le sens des retours dans les paradis verts pour les « nomades sédentaires » que constituent les urbains attirés par les campagnes françaises. Benjamin Dubertrand a de son côté décortiqué les pratiques du woofing en Ariège, en mettant en évidence les pratiques d'agencement entre sédentarité et nomadisme saisonniers mises en place par des acteurs qui se côtoient sans être complètement installés ni de passage. Plusieurs séances ont ensuite questionné le retour dans un cadre migratoire. Reliant migrations humaines et conceptuelles, Stéphane Dufoix est revenu sur les questions de frontières et de diasporas, montrant le rôle fondamental qu’elles jouent dans la construction sociale des identités collectives, nationales, mais aussi disciplinaires. Mélissa Blanchard a quant à elle présenté son analyse comparative et multi-générationnelle des usages du droit et de la mobilité dite de retour des descendants d’émigrés européens en provenance d’Amérique latine, dans quatre régions d’Europe. Enfin, l’analyse de la question du retour dans les pratiques touristiques s’est déclinée en deux thèmes. Celui des mémoires, avec tout d’abord la présentation de Clara Duterme, qui a abordé la question du tourisme de mémoire dans le cadre des questionnements sur les usages sociaux du passé et des différentes conceptions et formes qu'il peut prendre (typologie des lieux visités, des acteurs de la mise en tourisme, et des visiteurs eux-mêmes), mais aussi des enjeux mémoriels qui lui sont associés. L’intervention d’Évelyne Ribert a illustré les enjeux du « tourisme de racine » à travers le cas des descendants de républicains espagnols exilés qui se rendent sur les lieux de la guerre d'Espagne ou dans les villages d'où sont originaires leurs familles, dans le cadre de séjours touristiques en Espagne ou dans le sud de la France. Une séance a également été consacrée au lien entre mémoire de l'esclavage et tourisme, à travers les processus de patrimonialisation du sega tipik (Églantine Gauthier).

Pour finir, différentes interventions ont porté sur la question des restitutions, elle-même fortement liée à la mémoire. L‘intervention de Giulia Bonacci et Aleema Gray a examiné les campagnes de réparation envisagées par la communauté rastafari en Grande-Bretagne, à travers notamment les actions d’un militant qui s'est lancé dans une mission visant à « reprendre » les manuscrits et les livres détenus par la British Library et la School of Oriental and African Studies. Saskia Cousin et Anne Doquet ont ensuite montré comment des demandes de restitution et la mise en œuvre du retour des biens culturels pouvaient s’inscrire dans des politiques de développement touristique. L’analyse du lien entre restitution et tourisme a ainsi permis d’éclairer les enjeux d’une justification touristique, parfois médiatrices de tensions politiques et religieuses.

À partir de l’étude d’un ensemble de pratiques et de représentations du retour en contexte de mobilité, le séminaire a finalement exploré la manière dont le retour, qu'il concerne des êtres humains en contexte de loisirs ou de migration, ou des objets culturels peut s’insérer dans la sphère touristique.