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UE690 - Réinscrire le religieux dans le social : enjeux et méthodes


Lieu et planning


  • Campus Condorcet
    GED-Salle 2.11
    Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel (4e et 5e), mardi 14:00-17:00
    du 26 octobre 2021 au 24 mai 2022 ; la séance du 26 octobre se déroulera en salle polyvalente 50 (Centre de colloques, Campus Condorcet), les séances suivantes au GED


Description


Dernière modification : 11 février 2022 10:50

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Classes sociales Émotions Espace social Ethnicité Fait religieux Institutions
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Yannick Fer [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Gabrielle Angey   maîtresse de conférences, Université Paris-Dauphine - PSL

En situant d’emblée le religieux au cœur de l’ensemble des rapports sociaux dans lesquels il est imbriqué, l’objectif de ce séminaire est d’ouvrir l’analyse des faits religieux sur les débats plus larges des sciences sociales. Plutôt qu’un corpus de références spécifiques qui tendrait à replier le religieux sur lui-même, nous privilégierons donc des approches croisées ou transversales qui relient le terrain religieux à des questionnements théoriques de portée générale : sociologie du pouvoir ou de l’engagement, rapports sociaux de genre, de classe et de « race », anthropologie de la santé ou du corps, etc. Le séminaire sera en outre l’occasion d’un retour réflexif sur les conditions de l’enquête en terrains religieux, à travers l’analyse des effets scientifiques de la constitution du religieux en problème politique, de la contractualisation de la recherche et des stratégies académiques d’élaboration d’un discours expert sur le religieux.

Les huit séances de trois heures associeront chacune un exposé fondé sur des enquêtes de terrain et un temps de discussion autour de lectures communes, annoncées en amont de chaque séance. Toutes les formes religieuses et les aires géographiques sont susceptibles d’être abordées dans le cadre de ce séminaire.

Il est porté par l’équipe du programme « Agenda pour une sociologie critique des religions », qui inclut également Véronique Altglas, Hicham Benaissa, Sylvaine Derycke, Juliette Galonnier, Philippe Gonzalez, Gwendoline Malogne-Fer, Sophie Rétif et Martial Vildard.

Les textes associés à chaque séance sont disponibles sur le support Moodle de l'EHESS.

Calendrier des séances :

Mardi 26 octobre 2021 (NB : salle polyvalente 50, Centre de colloques, Campus Condorcet). Introduction générale.

Mardi 23 novembre 2021 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religion, racialisation et ethnicisation. (Séance reportée au 17 mai 2022, voir plus bas).

Mardi 30 novembre 2021 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Étudier l’objet religieux à partir de la sociologie des associations.

Mardi 25 janvier 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religions et classes sociales.

Mardi 22 février 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Trajectoires individuelles, conversion et travail institutionnel.

Mardi 22 mars 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Les enjeux des nombres : religions et quantification.

Mardi 29 mars 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religions et migrations.

Mardi 17 mai 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religion, racialisation et ethnicisation.

Mardi 24 mai 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Le bricolage religieux.


Master


  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout renseignement, s'adresser à l'un·e des reponsables de ce séminaire.

Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous.

Réception des candidats
-
Pré-requis

Le séminaire est ouvert à tou·te·s les étudiant·e·s en master et doctorat.


Compte rendu


Ce séminaire privilégie des approches croisées ou transversales reliant le religieux à des questionnements théoriques de portée générale. Il vise aussi à susciter un retour réflexif sur les conditions d’enquête en terrains religieux et se veut un espace de discussion, notamment à travers la lecture collective de plusieurs textes, dans une première partie de séance. La seconde partie est consacrée à l’exposé de recherches personnelles.

La séance introductive a présenté le cheminement ayant conduit à la création du séminaire, dans la continuité du programme PSL « Agenda pour une sociologie critique » (2018-20) et deux publications qui en sont issues : l’édition française de textes du sociologue anglais Matthew Wood (Spiritualité et pouvoir. Les ambiguïtés de l’autorité religieuse, Labor et Fides, 2021) et le numéro 124/3 «  (Se) convertir » de la revue Genèses (2021). Elle a été également l’occasion de discuter trois textes de J. Lagroye, P. Bourdieu et M. Halbwachs qui illustrent l’approche du religieux promue par ce séminaire.

La deuxième séance a souligné l’intérêt d’une approche du religieux à travers la sociologie des associations, autour d’un exposé de Sophie Rétif sur des associations de familles catholiques, exposé qui mobilisait également la sociologie des rapports de genre.

La troisième séance a abordé les rapports entre religions et classes sociales, à partir du travail mené lors du colloque « Religions et classes sociales » qui débouchera en février 2023 sur une publication collective (ENS Éditions). L’exposé d’Ana Perrin-Heredia prenait appui sur ses enquêtes sur l’accompagnement budgétaire en interrogeant le rôle de la variable religieuse dans les pratiques de femmes musulmanes d’un quartier populaire.

La quatrième séance a porté sur la notion de conversion, dans le sillage du numéro « Se convertir » de la revue Genèses mentionné plus haut, l’enjeu étant notamment de déterminer sous quelles conditions cette notion d’origine théologique peut constituer un outil pertinent pour l’analyse sociologique, pour penser les processus de resocialisation. Thibault Ducloux a exposé à cette occasion son travail sur les trajectoires religieuses en prison.

La cinquième séance, sur le thème « Les enjeux des nombres : religions et quantification », a permis d’approfondir les questions méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la quantification du religieux, avec Béatrice de Gasquet qui a notamment coordonné le numéro 195 des Archives de sciences des religions sur les « usages religieux de la quantification. Son exposé portait plus spécifiquement sur les enquêtes statistiques réalisées sur les Juifs après la Shoah.

La sixième séance a été consacrée aux rapports entre religions et migrations, en relisant à cette occasion des textes de Roger Bastide et de Sayad Abdelmalek et à travers un exposé de Hicham Benaïssa. Cet exposé s’appuyait sur ses enquêtes sur les « entrepreneurs musulmans », en montrant comment la religion peut être mobilisée en contexte d’ascension sociale et en revenant, par ce biais, sur les imbrications entre religions et classes sociales.

La séance suivante a abordé les relations entre religions, racialisation et ethnicisation, en revenant sur la généalogie  de ces deux notions en sciences sociales et leur articulation avec l’appartenance religieuse : une manière d’analyser comment se construisent les catégories raciales et religieuses, comment elles sont vécues au quotidien et comment elles se déclinent dans différents contextes nationaux, grâce à un exposé de Juliette Galonnier.

Nous avons terminé cette année avec une séance sur le « bricolage religieux », autour d’un exposé de Véronique Altglas, membre du programme PSL « Agenda pour une sociologie critique » et chercheure invitée de l’EHESS en 2021-2022. Véronique Altglas a montré dans ses travaux précédents que ce concept de bricolage permet d’analyser la diversification croissante des croyances, pratiques et appartenances religieuses, en prenant en compte les nouvelles manières dont normes et structures sociales contribuent à leur élaboration. À partir d’enquêtes récentes sur un groupe évangélique fondamentaliste de type « juif messianique », l’exposé a montré la nécessité de dépasser l’opposition devenue paradigmatique entre, d’une part, le new Age et la spiritualité, milieux dérégulés dont les sympathisants bricoleraient librement leurs systèmes de croyances et, d’autre part, les religions plus stables ou conservatrices au sein desquelles l’autorité limiterait les activités de bricolage.

Dernière modification : 11 février 2022 10:50

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Classes sociales Émotions Espace social Ethnicité Fait religieux Institutions
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Yannick Fer [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Gabrielle Angey   maîtresse de conférences, Université Paris-Dauphine - PSL

En situant d’emblée le religieux au cœur de l’ensemble des rapports sociaux dans lesquels il est imbriqué, l’objectif de ce séminaire est d’ouvrir l’analyse des faits religieux sur les débats plus larges des sciences sociales. Plutôt qu’un corpus de références spécifiques qui tendrait à replier le religieux sur lui-même, nous privilégierons donc des approches croisées ou transversales qui relient le terrain religieux à des questionnements théoriques de portée générale : sociologie du pouvoir ou de l’engagement, rapports sociaux de genre, de classe et de « race », anthropologie de la santé ou du corps, etc. Le séminaire sera en outre l’occasion d’un retour réflexif sur les conditions de l’enquête en terrains religieux, à travers l’analyse des effets scientifiques de la constitution du religieux en problème politique, de la contractualisation de la recherche et des stratégies académiques d’élaboration d’un discours expert sur le religieux.

Les huit séances de trois heures associeront chacune un exposé fondé sur des enquêtes de terrain et un temps de discussion autour de lectures communes, annoncées en amont de chaque séance. Toutes les formes religieuses et les aires géographiques sont susceptibles d’être abordées dans le cadre de ce séminaire.

Il est porté par l’équipe du programme « Agenda pour une sociologie critique des religions », qui inclut également Véronique Altglas, Hicham Benaissa, Sylvaine Derycke, Juliette Galonnier, Philippe Gonzalez, Gwendoline Malogne-Fer, Sophie Rétif et Martial Vildard.

Les textes associés à chaque séance sont disponibles sur le support Moodle de l'EHESS.

Calendrier des séances :

Mardi 26 octobre 2021 (NB : salle polyvalente 50, Centre de colloques, Campus Condorcet). Introduction générale.

Mardi 23 novembre 2021 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religion, racialisation et ethnicisation. (Séance reportée au 17 mai 2022, voir plus bas).

Mardi 30 novembre 2021 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Étudier l’objet religieux à partir de la sociologie des associations.

Mardi 25 janvier 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religions et classes sociales.

Mardi 22 février 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Trajectoires individuelles, conversion et travail institutionnel.

Mardi 22 mars 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Les enjeux des nombres : religions et quantification.

Mardi 29 mars 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religions et migrations.

Mardi 17 mai 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Religion, racialisation et ethnicisation.

Mardi 24 mai 2022 (salle 2.11, GED, Campus Condorcet). Le bricolage religieux.

  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout renseignement, s'adresser à l'un·e des reponsables de ce séminaire.

Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous.

Réception des candidats
-
Pré-requis

Le séminaire est ouvert à tou·te·s les étudiant·e·s en master et doctorat.

  • Campus Condorcet
    GED-Salle 2.11
    Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel (4e et 5e), mardi 14:00-17:00
    du 26 octobre 2021 au 24 mai 2022 ; la séance du 26 octobre se déroulera en salle polyvalente 50 (Centre de colloques, Campus Condorcet), les séances suivantes au GED

Ce séminaire privilégie des approches croisées ou transversales reliant le religieux à des questionnements théoriques de portée générale. Il vise aussi à susciter un retour réflexif sur les conditions d’enquête en terrains religieux et se veut un espace de discussion, notamment à travers la lecture collective de plusieurs textes, dans une première partie de séance. La seconde partie est consacrée à l’exposé de recherches personnelles.

La séance introductive a présenté le cheminement ayant conduit à la création du séminaire, dans la continuité du programme PSL « Agenda pour une sociologie critique » (2018-20) et deux publications qui en sont issues : l’édition française de textes du sociologue anglais Matthew Wood (Spiritualité et pouvoir. Les ambiguïtés de l’autorité religieuse, Labor et Fides, 2021) et le numéro 124/3 «  (Se) convertir » de la revue Genèses (2021). Elle a été également l’occasion de discuter trois textes de J. Lagroye, P. Bourdieu et M. Halbwachs qui illustrent l’approche du religieux promue par ce séminaire.

La deuxième séance a souligné l’intérêt d’une approche du religieux à travers la sociologie des associations, autour d’un exposé de Sophie Rétif sur des associations de familles catholiques, exposé qui mobilisait également la sociologie des rapports de genre.

La troisième séance a abordé les rapports entre religions et classes sociales, à partir du travail mené lors du colloque « Religions et classes sociales » qui débouchera en février 2023 sur une publication collective (ENS Éditions). L’exposé d’Ana Perrin-Heredia prenait appui sur ses enquêtes sur l’accompagnement budgétaire en interrogeant le rôle de la variable religieuse dans les pratiques de femmes musulmanes d’un quartier populaire.

La quatrième séance a porté sur la notion de conversion, dans le sillage du numéro « Se convertir » de la revue Genèses mentionné plus haut, l’enjeu étant notamment de déterminer sous quelles conditions cette notion d’origine théologique peut constituer un outil pertinent pour l’analyse sociologique, pour penser les processus de resocialisation. Thibault Ducloux a exposé à cette occasion son travail sur les trajectoires religieuses en prison.

La cinquième séance, sur le thème « Les enjeux des nombres : religions et quantification », a permis d’approfondir les questions méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la quantification du religieux, avec Béatrice de Gasquet qui a notamment coordonné le numéro 195 des Archives de sciences des religions sur les « usages religieux de la quantification. Son exposé portait plus spécifiquement sur les enquêtes statistiques réalisées sur les Juifs après la Shoah.

La sixième séance a été consacrée aux rapports entre religions et migrations, en relisant à cette occasion des textes de Roger Bastide et de Sayad Abdelmalek et à travers un exposé de Hicham Benaïssa. Cet exposé s’appuyait sur ses enquêtes sur les « entrepreneurs musulmans », en montrant comment la religion peut être mobilisée en contexte d’ascension sociale et en revenant, par ce biais, sur les imbrications entre religions et classes sociales.

La séance suivante a abordé les relations entre religions, racialisation et ethnicisation, en revenant sur la généalogie  de ces deux notions en sciences sociales et leur articulation avec l’appartenance religieuse : une manière d’analyser comment se construisent les catégories raciales et religieuses, comment elles sont vécues au quotidien et comment elles se déclinent dans différents contextes nationaux, grâce à un exposé de Juliette Galonnier.

Nous avons terminé cette année avec une séance sur le « bricolage religieux », autour d’un exposé de Véronique Altglas, membre du programme PSL « Agenda pour une sociologie critique » et chercheure invitée de l’EHESS en 2021-2022. Véronique Altglas a montré dans ses travaux précédents que ce concept de bricolage permet d’analyser la diversification croissante des croyances, pratiques et appartenances religieuses, en prenant en compte les nouvelles manières dont normes et structures sociales contribuent à leur élaboration. À partir d’enquêtes récentes sur un groupe évangélique fondamentaliste de type « juif messianique », l’exposé a montré la nécessité de dépasser l’opposition devenue paradigmatique entre, d’une part, le new Age et la spiritualité, milieux dérégulés dont les sympathisants bricoleraient librement leurs systèmes de croyances et, d’autre part, les religions plus stables ou conservatrices au sein desquelles l’autorité limiterait les activités de bricolage.