UE613 - Les philosophes et les machines au XXe siècle. 2


Planning


Attention !
(En raison de la situation sanitaire) L'accès au séminaire est soumis à une demande de participation.
Le lien pour déposer votre demande sera affiché ici la semaine du 27 septembre 2021.

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.07
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), mercredi 16:30-18:30
    du 27 octobre 2021 au 11 mai 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 8 septembre 2021 11:51

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Architecture Design Énergie Environnement Esthétique Geste technique Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Industrie Philosophie Philosophie sociale Techniques Travail
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Leopoldo Iribarren [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Anthropologie et histoire des mondes antiques (AnHiMA)
  • Barbara Carnevali   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

À l’aube du XXe siècle, Bergson affirmait que la faculté de créer des objets artificiels constitue la démarche originelle de l’intelligence humaine, faisant ainsi entrer la figure industrieuse de l’Homo faber dans le débat philosophique de son temps. Porteuse d’une promesse de progrès, cette figure sera brutalement mise à l’épreuve de deux guerres mondiales. L’intelligence instrumentale et inventive, marqueur incontestable du processus d’hominisation, se retrouve tout à coup à l’origine de machines qui propulsent l’humanité vers des modes d’« être au monde » vis-à-vis desquels on ne peut avoir aucune certitude. Dès lors, la question du « machinisme » hante la philosophie bien au-delà des griefs traditionnellement élevés contre l’idée de progrès. Les positions dans le débat philosophique tendent à être aussi tranchées que la question est urgente. Chez certains penseurs, la critique de la raison instrumentale devient une critique de la raison tout court débouchant sur l’impératif d’une resacralisation de la nature. Chez d’autres, il s’agira plutôt de réconcilier technicité et humanisme en apportant à la machine une dignité ontologique analogue à celle dont jouissait jadis le vivant dans la philosophie de la nature. Chez d’autres encore, dans une perspective anti- ou non-humaniste, la technique est thématisée comme « ouverture », l’apriori ontologique qui véhicule une certaine image de l’être humain et qui permet de parler d’une « époque de la technique » au sens plus qualitatif que quantitatif du terme : il n’est pas question du nombre d’instruments existant dans le monde, mais des nouvelles modalités d’existence que ces instruments rendent possibles. Dans tous les cas, aucun des grands courants de la philosophie du XXe siècle ne restera indifférent à la question de la machine, qu’il s’agisse de la phénoménologie, du néo-kantisme, de l’anthropologie philosophique, de l’existentialisme, de la philosophie sociale ou de la théorie critique.

Sans prétendre à l’exhaustivité, ce séminaire a pour vocation de présenter un choix de moments représentatifs de la philosophie du XXe siècle dans son rapport aux techniques contemporaines. Centré sur la lecture et la discussion des textes fournis à l’avance, le séminaire vise à contextualiser chaque auteur, à reconstruire les arrière-plans théoriques et les représentations où s’inscrit à chaque fois la réflexion sur la technique. Dans le premier volet du séminaire (2020-21), nous avons couvert la période qui va de Karl Marx à Norbert Wiener (1867-1948) ; cette année, nous nous intéresserons à la période qui va de Martin Heidegger (1954) à Bernard Stiegler (2001).

27 octobre 2021 : Arnold Gehlen, L’Homme : sa nature et sa position dans le monde (1940),  

10 novembre 2021 : Heidegger, La question de la technique (1954), Langue de tradition et langue technique (1966).

24 novembre 2021 : Hannah Arendt, La condition de l’homme moderne (1958)

8 décembre 2021 : Gilbert Simondon, Le mode d’existence des objets techniques (1958). 

2 janvier 2022 : Günther Anders, L’obsolescence de l’homme (1956)

26 janvier 2022 : Marcuse, Eros et civilisation (1955), L’homme unidimensionnel (1964)

9 février 2022 : André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole (1964)

23 février : Hans Jonas, Le Principe responsabilité (1979)

9 mars : Jacques Ellul, La technique ou l’enjeu du siècle (1954), Le système technicien (1977)

23 mars : Jürgen Habermas, La technique et la science comme idéologie (1968)

13 avril : Peter Sloterdijk, Règles pour le parc humain (2000)Bernard Stiegler, La technique et le temps (1996-2001)

11 mai : Niklas Luhmann (invitée Elena Esposito)


Master


  • Séminaires de tronc commun – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de tronc commun – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Initiation/introduction – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1-S2
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Arts, littératures et langages-Linguistique et écrit (M2) – M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel auprès des organisateurs.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous auprès des organisateurs.

Réception des candidats

sur rendez-vous auprès des organisateurs.

Pré-requis

ouvert à tous les étudiants et chercheurs.

Dernière modification : 8 septembre 2021 11:51

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Architecture Design Énergie Environnement Esthétique Geste technique Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Industrie Philosophie Philosophie sociale Techniques Travail
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Leopoldo Iribarren [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Anthropologie et histoire des mondes antiques (AnHiMA)
  • Barbara Carnevali   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

À l’aube du XXe siècle, Bergson affirmait que la faculté de créer des objets artificiels constitue la démarche originelle de l’intelligence humaine, faisant ainsi entrer la figure industrieuse de l’Homo faber dans le débat philosophique de son temps. Porteuse d’une promesse de progrès, cette figure sera brutalement mise à l’épreuve de deux guerres mondiales. L’intelligence instrumentale et inventive, marqueur incontestable du processus d’hominisation, se retrouve tout à coup à l’origine de machines qui propulsent l’humanité vers des modes d’« être au monde » vis-à-vis desquels on ne peut avoir aucune certitude. Dès lors, la question du « machinisme » hante la philosophie bien au-delà des griefs traditionnellement élevés contre l’idée de progrès. Les positions dans le débat philosophique tendent à être aussi tranchées que la question est urgente. Chez certains penseurs, la critique de la raison instrumentale devient une critique de la raison tout court débouchant sur l’impératif d’une resacralisation de la nature. Chez d’autres, il s’agira plutôt de réconcilier technicité et humanisme en apportant à la machine une dignité ontologique analogue à celle dont jouissait jadis le vivant dans la philosophie de la nature. Chez d’autres encore, dans une perspective anti- ou non-humaniste, la technique est thématisée comme « ouverture », l’apriori ontologique qui véhicule une certaine image de l’être humain et qui permet de parler d’une « époque de la technique » au sens plus qualitatif que quantitatif du terme : il n’est pas question du nombre d’instruments existant dans le monde, mais des nouvelles modalités d’existence que ces instruments rendent possibles. Dans tous les cas, aucun des grands courants de la philosophie du XXe siècle ne restera indifférent à la question de la machine, qu’il s’agisse de la phénoménologie, du néo-kantisme, de l’anthropologie philosophique, de l’existentialisme, de la philosophie sociale ou de la théorie critique.

Sans prétendre à l’exhaustivité, ce séminaire a pour vocation de présenter un choix de moments représentatifs de la philosophie du XXe siècle dans son rapport aux techniques contemporaines. Centré sur la lecture et la discussion des textes fournis à l’avance, le séminaire vise à contextualiser chaque auteur, à reconstruire les arrière-plans théoriques et les représentations où s’inscrit à chaque fois la réflexion sur la technique. Dans le premier volet du séminaire (2020-21), nous avons couvert la période qui va de Karl Marx à Norbert Wiener (1867-1948) ; cette année, nous nous intéresserons à la période qui va de Martin Heidegger (1954) à Bernard Stiegler (2001).

27 octobre 2021 : Arnold Gehlen, L’Homme : sa nature et sa position dans le monde (1940),  

10 novembre 2021 : Heidegger, La question de la technique (1954), Langue de tradition et langue technique (1966).

24 novembre 2021 : Hannah Arendt, La condition de l’homme moderne (1958)

8 décembre 2021 : Gilbert Simondon, Le mode d’existence des objets techniques (1958). 

2 janvier 2022 : Günther Anders, L’obsolescence de l’homme (1956)

26 janvier 2022 : Marcuse, Eros et civilisation (1955), L’homme unidimensionnel (1964)

9 février 2022 : André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole (1964)

23 février : Hans Jonas, Le Principe responsabilité (1979)

9 mars : Jacques Ellul, La technique ou l’enjeu du siècle (1954), Le système technicien (1977)

23 mars : Jürgen Habermas, La technique et la science comme idéologie (1968)

13 avril : Peter Sloterdijk, Règles pour le parc humain (2000)Bernard Stiegler, La technique et le temps (1996-2001)

11 mai : Niklas Luhmann (invitée Elena Esposito)

  • Séminaires de tronc commun – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de tronc commun – Philosophie-Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Initiation/introduction – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages (M1) – M1/S1-S2
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Arts, littératures et langages-Linguistique et écrit (M2) – M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel auprès des organisateurs.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous auprès des organisateurs.

Réception des candidats

sur rendez-vous auprès des organisateurs.

Pré-requis

ouvert à tous les étudiants et chercheurs.

Attention !
(En raison de la situation sanitaire) L'accès au séminaire est soumis à une demande de participation.
Le lien pour déposer votre demande sera affiché ici la semaine du 27 septembre 2021.

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.07
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), mercredi 16:30-18:30
    du 27 octobre 2021 au 11 mai 2022
    Nombre de séances : 12