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UE608 - Ce que peut la musique en contexte de migration forcée


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (2e), mardi 08:30-12:30
    du 16 novembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 8


Description


Dernière modification : 17 mai 2022 16:54

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
https://ari.hypotheses.org/ 
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie culturelle Anthropologie sociale Ethnologie Ethnomusicologie Migration(s) Musique
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Méditerranéens (mondes)
Intervenant·e·s
  • Denis Laborde [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS / Centre Georg-Simmel (CGS)

Toutes les sociétés humaines attribuent à la musique le pouvoir d'agir sur les âmes. Au nom de ce principe, les traditions philosophiques occidentales ont nourri d’innombrables programmes politiques assignant à la musique une fonction civique. Les programmes d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale sont aujourd’hui cet héritage. Dans la continuité du séminaire portant sur les institutions culturelles face à la crise migratoire européenne, nous entendons cette année étudier quelques-unes de ces initiatives conduites « au nom de la musique » auprès de personnes en situation de migration forcée, que ce soit dans les camps de migrants, dans des CADA, dans des structures associatives ou au sein de dispositifs institutionnels qui mobilisent la musique à des fins d'intégration sociale. Le séminaire est conduit en relation avec l'Institut Convergences Migrations (Collège de France) et l'Institut ARI (Bayonne).

Le programme détaillé de l'année sera disponible lors de la première séance du séminaire.

La séance du 9 novembre est reportée au 16 novembre (de 9 h à 12 h), salle AS1_08, 54 bd Raspail 75006 Paris.

La séance du 10 mai se déroulera en salle 0.019, bâtiment recherche Sud, Campus Condorcet

La séance du 14 juin se déroulera en salle 3.09, centre des colloques, Campus Condorcet

 


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Composition d'un article, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Musique (M2) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – composition d'un article, exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Contacter le responsable du séminaire

Direction de travaux des étudiants

Direction de travaux d'étudiants sur RDV

Réception des candidats

Sur rendez-vous par e-mail

Pré-requis

Séminaire de Recherche, ouvert à toutes et à tous


Compte rendu


Toutes les sociétés humaines attribuent à la musique le pouvoir d'agir sur les âmes. Au nom de ce principe, les traditions philosophiques occidentales ont nourri d’innombrables programmes politiques assignant à la musique une fonction civique. Les programmes d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale sont aujourd’hui cet héritage. Dans la continuité du séminaire portant sur les institutions culturelles face à la crise migratoire européenne, nous avons cette année étudier quelques-unes de ces initiatives conduites « au nom de la musique » auprès de personnes en situation de migration forcée, que ce soit dans les camps de migrants, dans des CADA, dans des structures associatives ou au sein de dispositifs institutionnels qui mobilisent la musique à des fins d'intégration sociale.

Dans la continuité du séminaire conduit l’année précédente, le socle de notre séminaire fut le rapport de soixante-deux pages qu’une étudiante de l’Université de Yale, Awet Andemicael, publia au mois de juin 2011 sur le rôle des activités artistiques dans les camps de réfugiés. Commandité par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Ce rapport enthousiaste porte pour titre : Positive energy. Deux ans plus tard, la revue Forced Migrations de l’Université d’Oxford édite un relevé de prescriptions issues de ce rapport : Dix bonnes raisons de pratiquer les arts dans les camps de réfugiés. En peu de mots, l’essentiel est suggéré : créativité, contrôle des états émotionnels, résilience, capacité d’agir, spiritualité, préservation des traditions, ouverture aux autres, rencontre avec les sociétés d’accueil, ressources pédagogiques, santé, élaboration d’un projet de vie. Ainsi se dit une implémentation artistique vertueuse. Ce séminaire fut consacré, d’une part, à la façon dont la musique devient un opérateur de transformation du monde et, d’autre part, à l’étude de la façon dont cet engagement « au nom de la musique et de ses vertus » se trouve mise en œuvre ? Nous avons procédé par analyse de cas.

Dans ce contexte, la posture d’Awet Andemicael et la place cardinale qu’elle accorde à la musique ne surprend personne. De nombreux projets musicaux sont en effet initiés dans les camps de l’UNHCR, depuis la venue de Barbara Hendricks dans des camps de réfugiés, au Mozambique, en Zambie, en Namibie, ou en Malaisie en 1989. La présence aujourd’hui de Kinan Azmeh à Zaatari (Jordanie) comme celle de Mark LeVine à Kakuma (Kenya) témoignent de ce que nul ne saurait remettre en cause les bienfaits de la musique. Nous avons interrogé la rhétorique mise en avant aussi bien par les porteurs de projets que par les institutions ou les ONG qui soutiennent leur démarche. Et c’est ici que la question des répertoires est apparue cruciale. La question fut alors : Qu’est-ce qu’agir au nom de la musique dans des situations de grande précarité : Camp de réfugiés (Moria, Zaatari, Kakuma), CADA, accueil des victimes de catastrophes naturelles ? Comment la question des répertoires musicaux est-elle envisagée ? La musique est-elle l’outil d’une résilience ou d’une domination culturelle qui instaure des répertoires de vicariance ?

Nous avons inscrit ce questionnement dans le cadre d’une épistémologie de l’analyse des pratiques musiciennes en tant qu’elles sont un instrument servant à fabriquer du lien social. C’est sous cette description que nous avons pu engager une anthropologie de la musique qui, dans la mesure où elle prête une attention constante aux situations d’interaction musicienne, devient une anthropologie politique de la musique. Cette attitude de connaissance a permis également, en collaboration avec Fabienne Cazalis (sciences cognitives), de poser les bases d’une approche permettant d’étudier ces interactions sociales dans le cadre d’une analyse de situations de production collective de musique par des personnes autistes. Cet aspect particulier du « pouvoir de la musique » au sens d’un pouvoir issu du fait de « faire la musique » ensemble aura permis la mise en place d’un séminaire qui portera sur la question de l’autisme lors de la prochaine année universitaire.

Publications
  • « L’idéal du musicien et l’âpreté du monde », revue Gradhiva, Paris, Musée du Quai Branly, 31, 2021.
  • « Productive Misunderstanding as a Scientific Tool for Innovative Worldmaking », dans DigginʼUp Music Musikethnologie als Baustelle, sous la dir. de Michael Fuhr, Universitätsverlag Hildesheim, Georg Olms Verlag, 2021, p. 436-453.
  • « L’idéal du Musicien et l’âpreté du monde », revue Gradhiva, Paris, Musée du Quai Branly, 31, 2021, p. 11-23.

Dernière modification : 17 mai 2022 16:54

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
https://ari.hypotheses.org/ 
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie culturelle Anthropologie sociale Ethnologie Ethnomusicologie Migration(s) Musique
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Méditerranéens (mondes)
Intervenant·e·s
  • Denis Laborde [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS / Centre Georg-Simmel (CGS)

Toutes les sociétés humaines attribuent à la musique le pouvoir d'agir sur les âmes. Au nom de ce principe, les traditions philosophiques occidentales ont nourri d’innombrables programmes politiques assignant à la musique une fonction civique. Les programmes d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale sont aujourd’hui cet héritage. Dans la continuité du séminaire portant sur les institutions culturelles face à la crise migratoire européenne, nous entendons cette année étudier quelques-unes de ces initiatives conduites « au nom de la musique » auprès de personnes en situation de migration forcée, que ce soit dans les camps de migrants, dans des CADA, dans des structures associatives ou au sein de dispositifs institutionnels qui mobilisent la musique à des fins d'intégration sociale. Le séminaire est conduit en relation avec l'Institut Convergences Migrations (Collège de France) et l'Institut ARI (Bayonne).

Le programme détaillé de l'année sera disponible lors de la première séance du séminaire.

La séance du 9 novembre est reportée au 16 novembre (de 9 h à 12 h), salle AS1_08, 54 bd Raspail 75006 Paris.

La séance du 10 mai se déroulera en salle 0.019, bâtiment recherche Sud, Campus Condorcet

La séance du 14 juin se déroulera en salle 3.09, centre des colloques, Campus Condorcet

 

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Composition d'un article, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Musique (M2) – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – composition d'un article, exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Contacter le responsable du séminaire

Direction de travaux des étudiants

Direction de travaux d'étudiants sur RDV

Réception des candidats

Sur rendez-vous par e-mail

Pré-requis

Séminaire de Recherche, ouvert à toutes et à tous

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (2e), mardi 08:30-12:30
    du 16 novembre 2021 au 14 juin 2022
    Nombre de séances : 8

Toutes les sociétés humaines attribuent à la musique le pouvoir d'agir sur les âmes. Au nom de ce principe, les traditions philosophiques occidentales ont nourri d’innombrables programmes politiques assignant à la musique une fonction civique. Les programmes d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale sont aujourd’hui cet héritage. Dans la continuité du séminaire portant sur les institutions culturelles face à la crise migratoire européenne, nous avons cette année étudier quelques-unes de ces initiatives conduites « au nom de la musique » auprès de personnes en situation de migration forcée, que ce soit dans les camps de migrants, dans des CADA, dans des structures associatives ou au sein de dispositifs institutionnels qui mobilisent la musique à des fins d'intégration sociale.

Dans la continuité du séminaire conduit l’année précédente, le socle de notre séminaire fut le rapport de soixante-deux pages qu’une étudiante de l’Université de Yale, Awet Andemicael, publia au mois de juin 2011 sur le rôle des activités artistiques dans les camps de réfugiés. Commandité par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Ce rapport enthousiaste porte pour titre : Positive energy. Deux ans plus tard, la revue Forced Migrations de l’Université d’Oxford édite un relevé de prescriptions issues de ce rapport : Dix bonnes raisons de pratiquer les arts dans les camps de réfugiés. En peu de mots, l’essentiel est suggéré : créativité, contrôle des états émotionnels, résilience, capacité d’agir, spiritualité, préservation des traditions, ouverture aux autres, rencontre avec les sociétés d’accueil, ressources pédagogiques, santé, élaboration d’un projet de vie. Ainsi se dit une implémentation artistique vertueuse. Ce séminaire fut consacré, d’une part, à la façon dont la musique devient un opérateur de transformation du monde et, d’autre part, à l’étude de la façon dont cet engagement « au nom de la musique et de ses vertus » se trouve mise en œuvre ? Nous avons procédé par analyse de cas.

Dans ce contexte, la posture d’Awet Andemicael et la place cardinale qu’elle accorde à la musique ne surprend personne. De nombreux projets musicaux sont en effet initiés dans les camps de l’UNHCR, depuis la venue de Barbara Hendricks dans des camps de réfugiés, au Mozambique, en Zambie, en Namibie, ou en Malaisie en 1989. La présence aujourd’hui de Kinan Azmeh à Zaatari (Jordanie) comme celle de Mark LeVine à Kakuma (Kenya) témoignent de ce que nul ne saurait remettre en cause les bienfaits de la musique. Nous avons interrogé la rhétorique mise en avant aussi bien par les porteurs de projets que par les institutions ou les ONG qui soutiennent leur démarche. Et c’est ici que la question des répertoires est apparue cruciale. La question fut alors : Qu’est-ce qu’agir au nom de la musique dans des situations de grande précarité : Camp de réfugiés (Moria, Zaatari, Kakuma), CADA, accueil des victimes de catastrophes naturelles ? Comment la question des répertoires musicaux est-elle envisagée ? La musique est-elle l’outil d’une résilience ou d’une domination culturelle qui instaure des répertoires de vicariance ?

Nous avons inscrit ce questionnement dans le cadre d’une épistémologie de l’analyse des pratiques musiciennes en tant qu’elles sont un instrument servant à fabriquer du lien social. C’est sous cette description que nous avons pu engager une anthropologie de la musique qui, dans la mesure où elle prête une attention constante aux situations d’interaction musicienne, devient une anthropologie politique de la musique. Cette attitude de connaissance a permis également, en collaboration avec Fabienne Cazalis (sciences cognitives), de poser les bases d’une approche permettant d’étudier ces interactions sociales dans le cadre d’une analyse de situations de production collective de musique par des personnes autistes. Cet aspect particulier du « pouvoir de la musique » au sens d’un pouvoir issu du fait de « faire la musique » ensemble aura permis la mise en place d’un séminaire qui portera sur la question de l’autisme lors de la prochaine année universitaire.

Publications
  • « L’idéal du musicien et l’âpreté du monde », revue Gradhiva, Paris, Musée du Quai Branly, 31, 2021.
  • « Productive Misunderstanding as a Scientific Tool for Innovative Worldmaking », dans DigginʼUp Music Musikethnologie als Baustelle, sous la dir. de Michael Fuhr, Universitätsverlag Hildesheim, Georg Olms Verlag, 2021, p. 436-453.
  • « L’idéal du Musicien et l’âpreté du monde », revue Gradhiva, Paris, Musée du Quai Branly, 31, 2021, p. 11-23.