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UE55 - Migrations, recherches en cours


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-A
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), lundi 10:30-12:30
    du 8 novembre 2021 au 23 mai 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 11 mai 2022 15:12

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Circulations Comparatisme Discrimination Dynamiques sociales Écriture Espace État et politiques publiques Information Migration(s) Minorités Réseaux sociaux Sociohistoire Spatialisation, territoires Transnational
Aires culturelles
Atlantiques (mondes) Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s

Le séminaire « Migrations, recherches en cours » a pour objectif d’étudier le fait migratoire d’un point de vue théorique et empirique. Il ambitionne de familiariser les étudiants avec les thématiques et les objets de recherche développés aujourd’hui par l’ensemble des sciences sociales. Organisé par une géographe, une historienne des XVIe-XVIIIe siècles et un historien du temps présent, ce séminaire propose de mobiliser des savoirs issus de plusieurs disciplines pour penser l’objet migration, dans le temps, l’espace et dans ses enjeux scientifiques contemporains. Il propose, pour cette deuxième année, d'approfondir l'analyse des dispositifs migratoires, à travers l’étude de leurs acteurs et infrastructures. Des douaniers aux faussaires, des passeurs aux agences d’immigration et de voyage, des navires transatlantiques aux réseaux du worldwide web, des ports aux aéroports, des chemins de traverses aux grandes routes migratoires, ce séminaire mettra l’accent sur les « différentes industries » de la migration qui ont participé et participent encore à son organisation.

Le séminaire, qui s’adresse aux masterant·e·s comme aux doctorant·e·s, s’attachera à présenter les travaux récents et en cours afin d’initier les participants aux étapes de la construction d’un objet de recherche : sa formulation, la mobilisation des savoirs accumulés et les étapes qui président à sa fabrication.

La séance du 23 mai se déroulera en salle 0.016, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu

Renseignements


Contacts additionnels
yann.scioldozurcher@ehess.fr
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous (écrire aux organisateurs).

Pré-requis

ouvert aux masterant.e.s, doctorant.e.s et chercheur.e.s de tous niveaux.


Compte rendu


Le séminaire « Migrations, recherches en cours », destiné prioritairement aux étudiants de master, est construit autour de deux approches. La première consiste à étudier le renouvellement des épistémologies portant sur les études migratoires, la seconde à faire intervenir des chercheur·e·s, afin qu’ils et elles présentent leurs travaux et les évolutions de leurs réflexions scientifiques. Ce séminaire, qui se veut un point d'observation sur les recherches les plus récentes est pensé dans une dimension pluridisciplinaire : les intervenants sont à la fois géographes, historiens et sociologues. 

En 2021-2022, la première année académique d'existence de ce séminaire, les interventions ont à la fois porté sur la construction de « l'objet migration » par les sciences sociales, des années 1970 à nos jours et se sont déclinées sur les espaces européens, africains et orientaux. Les intervenant·e·s ont tout d’abord consacré plusieurs séances à la façon dont la géographie et l’histoire ont à la fois utilisé les outils des sciences sociales et élaboré leurs propres concepts pour favoriser la compréhension des phénomènes migratoires. Ainsi les regards croisés des historiens et des géographes ont été présentés à travers les textes et terrains des organisateurs du séminaire et plus largement, des recherches en études migratoires. Puis le séminaire s’est penché sur l’analyse des dispositifs migratoires, à travers l’étude de leurs acteurs, des normes et des infrastructures qui, du XVIIIe au XXIe siècle, sont intervenus dans le déroulement des mobilités humaines. Yann Scioldo-Zürcher a par exemple analysé l’action de l’Agence Juive, l’agence d’immigration de l’État d’Israël, dans l’organisation et le déroulement des départs entre 1948 et 1960 ainsi que les enjeux et l’investissement empirique et symbolique du bateau. Michel Péraldi, socio-anthropologue, a présenté le rôle joué par la ville de Marseille, et tout particulièrement par son port, dans des circulations transnationales au XXsiècle, en lien avec l’émergence et la consolidation d’un « capitalisme d’entrepôt ». Trois historiens ont ensuite retracé la généalogie de ces infrastructures migratoires : Marie-Carmen Smyrnelis a examiné l’utilisation des documents d’identité dans les trajectoires en Méditerranée orientale entre le XVIIIe et le XIXe siècle tandis qu’Alessandro Stanziani a élargi la focale en envisageant l’engagisme à l’île Maurice et à la Réunion dans les années 1840-1870 sous l’angle des pratiques administratives et des stratégies des individus pour se rendre dans ces territoires ; enfin, Thomas Chopard, membre de l’ERC Lubatworld, s’est intéressé aux circulations des Juifs de Pologne avant et après la Shoah et à la façon avec laquelle est renouvelée l’histoire des survivants de génocide. Le politologue Jim Hollifield est quant à lui revenu sur le concept de Migration State – un élément important de la régulation des migrations, qui a contribué à la notoriété de ses travaux en science politique. Ilse Van Liempt, géographe, a développé la notion d’industrie migratoire et la criminalisation des migrations à travers l’analyse de la figure controversée du passeur. Florence Boyer, également géographe, a mis en lumière les effets de la criminalisation actuelle des migrations sur l’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile au Niger.

Toutes ces présentations ont évidemment porté sur les résultats des travaux menés mais ont aussi laissé une large place à « l’atelier » des chercheurs, à la manière dont ils et elles organisent leur réflexion : les archives qu’ils privilégient, les façons de les exploiter et comment ils s’insèrent dans les principaux courants de recherche. Une attention particulière a été accordée ce faisant à la cartographie et à l’articulation entre « temps » et « espace ».

Publications

Natalia Muchnik

  • Avec Falk Bretschneider « Geschichte(n) des Gefängnisses », Aus Politik und Zeitgeschichte, n°42-43, 2021, p. 24-29.
  • « Prison is a School of Crime : Proselytism in the Jails of the Ancien Regime », dans Cultures of Contagion, sous la dir. de T. Le Roux et B. Delaurenti, Cambridge, MIT Press, 2021, p. 207-211.
  • « Diasporas séfarades en Méditerranée », Juifs d’Orient. Une histoire plurimillénaire (Catalogue de l’exposition à l’Institut du monde arabe, 24 novembre 2021-13 mars 2022), Paris, Gallimard-IMA, 2021, p. 81-91.
  • Avec Mathilde Monge, Early Modern Diasporas. A European History, Londres-New York, Routledge, 2022.

Dernière modification : 11 mai 2022 15:12

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Circulations Comparatisme Discrimination Dynamiques sociales Écriture Espace État et politiques publiques Information Migration(s) Minorités Réseaux sociaux Sociohistoire Spatialisation, territoires Transnational
Aires culturelles
Atlantiques (mondes) Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s

Le séminaire « Migrations, recherches en cours » a pour objectif d’étudier le fait migratoire d’un point de vue théorique et empirique. Il ambitionne de familiariser les étudiants avec les thématiques et les objets de recherche développés aujourd’hui par l’ensemble des sciences sociales. Organisé par une géographe, une historienne des XVIe-XVIIIe siècles et un historien du temps présent, ce séminaire propose de mobiliser des savoirs issus de plusieurs disciplines pour penser l’objet migration, dans le temps, l’espace et dans ses enjeux scientifiques contemporains. Il propose, pour cette deuxième année, d'approfondir l'analyse des dispositifs migratoires, à travers l’étude de leurs acteurs et infrastructures. Des douaniers aux faussaires, des passeurs aux agences d’immigration et de voyage, des navires transatlantiques aux réseaux du worldwide web, des ports aux aéroports, des chemins de traverses aux grandes routes migratoires, ce séminaire mettra l’accent sur les « différentes industries » de la migration qui ont participé et participent encore à son organisation.

Le séminaire, qui s’adresse aux masterant·e·s comme aux doctorant·e·s, s’attachera à présenter les travaux récents et en cours afin d’initier les participants aux étapes de la construction d’un objet de recherche : sa formulation, la mobilisation des savoirs accumulés et les étapes qui président à sa fabrication.

La séance du 23 mai se déroulera en salle 0.016, bâtiment recherche Sud, campus Condorcet

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
Contacts additionnels
yann.scioldozurcher@ehess.fr
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous (écrire aux organisateurs).

Pré-requis

ouvert aux masterant.e.s, doctorant.e.s et chercheur.e.s de tous niveaux.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-A
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (2e/4e), lundi 10:30-12:30
    du 8 novembre 2021 au 23 mai 2022
    Nombre de séances : 12

Le séminaire « Migrations, recherches en cours », destiné prioritairement aux étudiants de master, est construit autour de deux approches. La première consiste à étudier le renouvellement des épistémologies portant sur les études migratoires, la seconde à faire intervenir des chercheur·e·s, afin qu’ils et elles présentent leurs travaux et les évolutions de leurs réflexions scientifiques. Ce séminaire, qui se veut un point d'observation sur les recherches les plus récentes est pensé dans une dimension pluridisciplinaire : les intervenants sont à la fois géographes, historiens et sociologues. 

En 2021-2022, la première année académique d'existence de ce séminaire, les interventions ont à la fois porté sur la construction de « l'objet migration » par les sciences sociales, des années 1970 à nos jours et se sont déclinées sur les espaces européens, africains et orientaux. Les intervenant·e·s ont tout d’abord consacré plusieurs séances à la façon dont la géographie et l’histoire ont à la fois utilisé les outils des sciences sociales et élaboré leurs propres concepts pour favoriser la compréhension des phénomènes migratoires. Ainsi les regards croisés des historiens et des géographes ont été présentés à travers les textes et terrains des organisateurs du séminaire et plus largement, des recherches en études migratoires. Puis le séminaire s’est penché sur l’analyse des dispositifs migratoires, à travers l’étude de leurs acteurs, des normes et des infrastructures qui, du XVIIIe au XXIe siècle, sont intervenus dans le déroulement des mobilités humaines. Yann Scioldo-Zürcher a par exemple analysé l’action de l’Agence Juive, l’agence d’immigration de l’État d’Israël, dans l’organisation et le déroulement des départs entre 1948 et 1960 ainsi que les enjeux et l’investissement empirique et symbolique du bateau. Michel Péraldi, socio-anthropologue, a présenté le rôle joué par la ville de Marseille, et tout particulièrement par son port, dans des circulations transnationales au XXsiècle, en lien avec l’émergence et la consolidation d’un « capitalisme d’entrepôt ». Trois historiens ont ensuite retracé la généalogie de ces infrastructures migratoires : Marie-Carmen Smyrnelis a examiné l’utilisation des documents d’identité dans les trajectoires en Méditerranée orientale entre le XVIIIe et le XIXe siècle tandis qu’Alessandro Stanziani a élargi la focale en envisageant l’engagisme à l’île Maurice et à la Réunion dans les années 1840-1870 sous l’angle des pratiques administratives et des stratégies des individus pour se rendre dans ces territoires ; enfin, Thomas Chopard, membre de l’ERC Lubatworld, s’est intéressé aux circulations des Juifs de Pologne avant et après la Shoah et à la façon avec laquelle est renouvelée l’histoire des survivants de génocide. Le politologue Jim Hollifield est quant à lui revenu sur le concept de Migration State – un élément important de la régulation des migrations, qui a contribué à la notoriété de ses travaux en science politique. Ilse Van Liempt, géographe, a développé la notion d’industrie migratoire et la criminalisation des migrations à travers l’analyse de la figure controversée du passeur. Florence Boyer, également géographe, a mis en lumière les effets de la criminalisation actuelle des migrations sur l’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile au Niger.

Toutes ces présentations ont évidemment porté sur les résultats des travaux menés mais ont aussi laissé une large place à « l’atelier » des chercheurs, à la manière dont ils et elles organisent leur réflexion : les archives qu’ils privilégient, les façons de les exploiter et comment ils s’insèrent dans les principaux courants de recherche. Une attention particulière a été accordée ce faisant à la cartographie et à l’articulation entre « temps » et « espace ».

Publications

Natalia Muchnik

  • Avec Falk Bretschneider « Geschichte(n) des Gefängnisses », Aus Politik und Zeitgeschichte, n°42-43, 2021, p. 24-29.
  • « Prison is a School of Crime : Proselytism in the Jails of the Ancien Regime », dans Cultures of Contagion, sous la dir. de T. Le Roux et B. Delaurenti, Cambridge, MIT Press, 2021, p. 207-211.
  • « Diasporas séfarades en Méditerranée », Juifs d’Orient. Une histoire plurimillénaire (Catalogue de l’exposition à l’Institut du monde arabe, 24 novembre 2021-13 mars 2022), Paris, Gallimard-IMA, 2021, p. 81-91.
  • Avec Mathilde Monge, Early Modern Diasporas. A European History, Londres-New York, Routledge, 2022.