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UE53 - Généalogies de l’État (Chine, XIXe-début du XXe siècles)


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / hebdomadaire, jeudi 14:30-16:30
    du 21 octobre 2021 au 27 janvier 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 8 mai 2021 09:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Histoire Histoire des idées Histoire économique et sociale Histoire intellectuelle Politique
Aires culturelles
Amériques Asie Asie orientale Europe
Intervenant·e·s
  • Pablo Blitstein [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Groupe d'études sur les historiographies modernes (CRH-GEHM)

Dans ce séminaire, nous proposons de revenir sur la notion d’« État ». Quelles sont les formes politiques que nous associons à cette notion ? Et que s’est-il passé là où la notion d’État a rencontré des formes alternatives de conceptualiser le pouvoir et les institutions ? Notre but est d’explorer des théories et histoires classiques de l’État et de les mettre à l’épreuve des expériences sociales et politiques en Chine. À partir d’études de cas dans la Chine des XIXe et début du XXe siècles – période charnière dans l'histoire du discours politique sinophone –, nous explorerons comment différents acteurs ont confronté leurs propres concepts politiques à celui d’État, et comment ce faisant ils ont produit de nouvelles façons de concevoir le pouvoir politique. Cela nous permettra non seulement d’historiciser la notion d’« État » elle-même, mais surtout de nous réinterroger sur ses limites en tant que catégorie analytique. Aucune compétence en langue chinoise n’est nécessaire pour participer à ce séminaire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Compte rendu


Dans ce séminaire, nous avons proposé de revenir sur la notion d’« État ». Quelles sont les formes politiques que nous associons à cette notion ? Et que s’est-il passé là où la notion d’État a rencontré des formes alternatives de conceptualisation du pouvoir et des institutions ? Notre but était d’explorer quelques théories et histoires classiques de l’État et de les mettre à l’épreuve des expériences sociales et politiques en Chine. À partir d’études de cas dans la Chine des XIXe et début du XXe siècles—période charnière dans la transformation des concepts politiques , ainsi que d’autres configurations historiques plus anciennes, nous avons exploré comment différents acteurs ont confronté leurs propres concepts politiques à celui d’État et comment, ce faisant, ils ont produit de nouvelles façons de concevoir le pouvoir. Cela nous a permis non seulement d’historiciser la notion d’« État » elle-même, mais surtout de nous réinterroger sur ses limites en tant que catégorie analytique.  

Nous avons consacré le séminaire à différents aspects de l’État. En introduction, j’ai raconté l’histoire de la catégorie d’« État » telle qu’elle s’est développée en langue occidentale, notamment à partir de l’entrée « Staat, Souveränität » du dictionnaire Geschichtliche Grundbegriffe de Reinhart Koselleck et al. J’ai aussi parlé des notions que les élites chinoises et japonaises de la fin du XIXe-début du XXe siècle ont utilisées comme équivalents d’« État », et j’ai tenté de montrer la relation complexe entre ces notions et celles des périodes plus anciennes. Lors de la deuxième séance, à partir de la « New Qing history » et de quelques documents du XVIIIe siècle, j’ai parlé de « l’État polymorphe », c’est-à-dire de la façon dont l’empire des Qing gouvernait des populations diverses entre l’Est asiatique et l’Asie centrale. J’ai consacré la troisième séance à ce que Pamela Kyle Crossley a appelé le « dilemme post-impérial », et plus largement aux rapports historiques entre les institutions politiques chinoises du XXe siècle et celles de l’empire des Qing. La séance suivante a été consacré à « l’État et la classe », plus précisément au rapport entre institutions politiques et stratification sociale. J’ai profité de l’occasion pour revenir sur l’histoire de la notion de classe en langue occidentale, avec ses usages politiques et savants, et nous avons exploré ensemble les catégories utilisées par les élites chinoises et japonaises pour désigner la stratification sociale avant l’émergence d’un équivalent du mot classe dans leurs langues.

Étant donné que les monarques étaient centraux pour l’organisation institutionnelle de l’empire, je leur ai consacré une séance à part. Le texte de David Graeber et Marshal Sahlins, On Kings, nous a permis de réfléchir à la nature de la monarchie des Qing. Une autre séance a été consacrée aux efforts des empires pour organiser la population et aux effets d’homogénéisation que ces efforts pouvaient avoir. Les discussions menées dans ce cadre nous ont permis, lors de la séance suivante, de faire des comparaisons avec les projets d’État-nation formulés sous l’empire des Qing (fin du XIXe et début du XXe siècle). Cela nous amené à réfléchir, à partir de quelques études sur l’empire mongole (XIIIe-XIVe siècle) et sur les empires du haut Moyen Âge chinois (IIIe-VIe siècles), à la longue durée des institutions impériales et à leur rapport avec les institutions contemporaines. Les usages des espaces et des territoires, question centrale pour les élites impériales et les nationalistes, a fait l’objet d’une séance à part, de même que les liens entre les nouvelles idées d’État et les différentes lectures du droit international. Nous avons conclu notre séminaire avec une étude des rapports entre les notions de race, de nation et d’État chez les nationalistes chinois de la fin du XIXe et début du XXe siècles.

Dernière modification : 8 mai 2021 09:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Histoire Histoire des idées Histoire économique et sociale Histoire intellectuelle Politique
Aires culturelles
Amériques Asie Asie orientale Europe
Intervenant·e·s
  • Pablo Blitstein [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Groupe d'études sur les historiographies modernes (CRH-GEHM)

Dans ce séminaire, nous proposons de revenir sur la notion d’« État ». Quelles sont les formes politiques que nous associons à cette notion ? Et que s’est-il passé là où la notion d’État a rencontré des formes alternatives de conceptualiser le pouvoir et les institutions ? Notre but est d’explorer des théories et histoires classiques de l’État et de les mettre à l’épreuve des expériences sociales et politiques en Chine. À partir d’études de cas dans la Chine des XIXe et début du XXe siècles – période charnière dans l'histoire du discours politique sinophone –, nous explorerons comment différents acteurs ont confronté leurs propres concepts politiques à celui d’État, et comment ce faisant ils ont produit de nouvelles façons de concevoir le pouvoir politique. Cela nous permettra non seulement d’historiciser la notion d’« État » elle-même, mais surtout de nous réinterroger sur ses limites en tant que catégorie analytique. Aucune compétence en langue chinoise n’est nécessaire pour participer à ce séminaire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    Salle 25-B
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    1er semestre / hebdomadaire, jeudi 14:30-16:30
    du 21 octobre 2021 au 27 janvier 2022
    Nombre de séances : 12

Dans ce séminaire, nous avons proposé de revenir sur la notion d’« État ». Quelles sont les formes politiques que nous associons à cette notion ? Et que s’est-il passé là où la notion d’État a rencontré des formes alternatives de conceptualisation du pouvoir et des institutions ? Notre but était d’explorer quelques théories et histoires classiques de l’État et de les mettre à l’épreuve des expériences sociales et politiques en Chine. À partir d’études de cas dans la Chine des XIXe et début du XXe siècles—période charnière dans la transformation des concepts politiques , ainsi que d’autres configurations historiques plus anciennes, nous avons exploré comment différents acteurs ont confronté leurs propres concepts politiques à celui d’État et comment, ce faisant, ils ont produit de nouvelles façons de concevoir le pouvoir. Cela nous a permis non seulement d’historiciser la notion d’« État » elle-même, mais surtout de nous réinterroger sur ses limites en tant que catégorie analytique.  

Nous avons consacré le séminaire à différents aspects de l’État. En introduction, j’ai raconté l’histoire de la catégorie d’« État » telle qu’elle s’est développée en langue occidentale, notamment à partir de l’entrée « Staat, Souveränität » du dictionnaire Geschichtliche Grundbegriffe de Reinhart Koselleck et al. J’ai aussi parlé des notions que les élites chinoises et japonaises de la fin du XIXe-début du XXe siècle ont utilisées comme équivalents d’« État », et j’ai tenté de montrer la relation complexe entre ces notions et celles des périodes plus anciennes. Lors de la deuxième séance, à partir de la « New Qing history » et de quelques documents du XVIIIe siècle, j’ai parlé de « l’État polymorphe », c’est-à-dire de la façon dont l’empire des Qing gouvernait des populations diverses entre l’Est asiatique et l’Asie centrale. J’ai consacré la troisième séance à ce que Pamela Kyle Crossley a appelé le « dilemme post-impérial », et plus largement aux rapports historiques entre les institutions politiques chinoises du XXe siècle et celles de l’empire des Qing. La séance suivante a été consacré à « l’État et la classe », plus précisément au rapport entre institutions politiques et stratification sociale. J’ai profité de l’occasion pour revenir sur l’histoire de la notion de classe en langue occidentale, avec ses usages politiques et savants, et nous avons exploré ensemble les catégories utilisées par les élites chinoises et japonaises pour désigner la stratification sociale avant l’émergence d’un équivalent du mot classe dans leurs langues.

Étant donné que les monarques étaient centraux pour l’organisation institutionnelle de l’empire, je leur ai consacré une séance à part. Le texte de David Graeber et Marshal Sahlins, On Kings, nous a permis de réfléchir à la nature de la monarchie des Qing. Une autre séance a été consacrée aux efforts des empires pour organiser la population et aux effets d’homogénéisation que ces efforts pouvaient avoir. Les discussions menées dans ce cadre nous ont permis, lors de la séance suivante, de faire des comparaisons avec les projets d’État-nation formulés sous l’empire des Qing (fin du XIXe et début du XXe siècle). Cela nous amené à réfléchir, à partir de quelques études sur l’empire mongole (XIIIe-XIVe siècle) et sur les empires du haut Moyen Âge chinois (IIIe-VIe siècles), à la longue durée des institutions impériales et à leur rapport avec les institutions contemporaines. Les usages des espaces et des territoires, question centrale pour les élites impériales et les nationalistes, a fait l’objet d’une séance à part, de même que les liens entre les nouvelles idées d’État et les différentes lectures du droit international. Nous avons conclu notre séminaire avec une étude des rapports entre les notions de race, de nation et d’État chez les nationalistes chinois de la fin du XIXe et début du XXe siècles.