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UE46 - Histoire des enfermements (XVIe-XXIe siècle)


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), vendredi 14:30-16:30
    du 5 novembre 2021 au 20 mai 2022
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 7 mai 2021 19:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société Espace Histoire Histoire du droit Histoire économique et sociale Justice Prisons
Aires culturelles
Afrique Asie Europe
Intervenant·e·s
  • Falk Bretschneider [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)
  • Natalia Muchnik   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Xavier Rousseaux   directeur de recherche, FNRS - professeur, Université catholique de Louvain, Belgique

Le séminaire s’intéresse aux pratiques et aux espaces de l’enfermement de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Dans une approche interdisciplinaire entre historiens, sociologues et géographes, il envisagera aussi bien les lieux de réclusion (monastères en France ou en Russie, bagnes coloniaux en Afrique du nord ou dans les territoires d’outre-mer), que les motifs de l’incarcération (prison pour dettes, enfermement préventif et criminel…). Un accent particulier sera mis sur les formes architecturales ainsi que sur certains acteurs de la punition, tels que les bourreaux.

Dans une perspective de longue durée et au croisement de diverses méthodologies, on s'attachera à saisir la dynamique qui se déploie à partir d’un vaste champ de productions, de pratiques et d’appropriations spatiales par la justice et d’autres acteurs sociaux. Prenant appui sur l’expérience inédite et partagée de confinement sanitaire, le séminaire explorera également les réactions individuelles et collectives face aux situations d’enfermement.  Il s’agira à travers les traces laissées par les « voix de l’enfermement » de saisir ce que « fait » l’enfermement à toutes celles et tous ceux qui y sont confrontés, des reclus aux personnels, ou à la société qui instaure l’enfermement comme pratique de gouvernement.

Les séances combineront des interventions autour des travaux en cours et la discussion de la production historiographique.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

être inscrit au moins au niveau master 1.


Compte rendu


Le séminaire s’intéresse aux pratiques et aux espaces de l’enfermement de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Dans une approche interdisciplinaire entre historiens, sociologues, politistes et géographes, il envisage aussi bien les lieux de réclusion (monastères en France ou en Russie, bagnes coloniaux, etc.), que les motifs de l’incarcération (prison pour dettes, enfermement préventif et criminel…), en n’interdisant pas des incursions dans des thématiques proches.

Dans une perspective de longue durée et au croisement de diverses méthodologies, le séminaire s’attache à saisir la dynamique qui se déploie à partir d’un vaste champ de productions, de pratiques et d’appropriations spatiales par la justice et d’autres acteurs sociaux. Cette année, comme les précédentes, l’ouverture des terrains considérés, tant géographique que temporelle, a favorisé les comparaisons et les connexions. Prenant appui sur l’expérience inédite et partagée de confinement sanitaire, le séminaire a également exploré les réactions individuelles et collectives face aux situations d’enfermement. Il s’agit à travers les traces laissées par les « voix de l’enfermement » dans un large spectre de sources (littérature, gravures, plans, etc.), de saisir ce que « fait » l’enfermement à toutes celles et tous ceux qui y sont confrontés, des reclus aux personnels, ou à la société qui instaure la réclusion comme pratique de gouvernement.

Le séminaire a débuté par une mise au point historiographique et notionnelle sur la prison et l’approche spatiale complétée par un focus sur une « lecture luhmannienne » de l’histoire des peines par Falk Bretschneider. Plusieurs études de cas ont permis d’envisager le large spectre des institutions d’enfermement. Ainsi Haley Bowen a montré l’investissement des couvents parisiens dans l’incarcération des femmes dans la France moderne, tout particulièrement après la Révocation de l’édit de Nantes en 1685, des structures monastiques multifonctionnelles également examinées par Katja Makhotina à travers le cas de la Russie du XVIIIe siècle. Quant à Liza Terrazzoni, elle, a analysé le cas de la prison dite « ouverte » de Casabianda, en Corse et de son insertion dans la société locale. Cette porosité des lieux de réclusion, d’hier comme aujourd’hui, a aussi fait l’objet de la présentation de Mathias Dambuyant qui s’est intéressée à « l’enfermement partiel et à domicile à travers la peine de bracelet électronique ». Deux aspects ont ensuite concentré l’attention : l’écrit carcéral, d’une part, et les rapports entre exclusion et incarcération, de l’autre. D’un côté, donc, les différentes formes d’écriture enfermée a été approchée par l’intervention de Natalia Muchnik autour des graffiti dans les geôles d’Ancien Régime en Espagne, en Angleterre et en France et leurs enjeux pour les minorités religieuses tandis que Corentin Durand s’est attaché « aux reconfigurations contemporaines de la relation carcérale » ébauchant une « sociologie des espaces de communication entre prisonniers et autorités pénitentiaires ». Pascal Bastien, d’autre part, a examiné les tensions entre l’infamie de droit et l’infamie de fait dans la justice pénale de la France des XVIIe et XVIIIe siècles à travers la figure du bourreau alors que Grégory Dufaud a évoqué le cas spécifique de l’enfermement psychiatrique dans le monde soviétique.

Publications

Pour Natalia Muchnik, voir séminaire "Migrations. Recherches en cours".

Pour Falk Bretschneider, voir séminaire sur le Saint Empire

Dernière modification : 7 mai 2021 19:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société Espace Histoire Histoire du droit Histoire économique et sociale Justice Prisons
Aires culturelles
Afrique Asie Europe
Intervenant·e·s
  • Falk Bretschneider [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)
  • Natalia Muchnik   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Xavier Rousseaux   directeur de recherche, FNRS - professeur, Université catholique de Louvain, Belgique

Le séminaire s’intéresse aux pratiques et aux espaces de l’enfermement de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Dans une approche interdisciplinaire entre historiens, sociologues et géographes, il envisagera aussi bien les lieux de réclusion (monastères en France ou en Russie, bagnes coloniaux en Afrique du nord ou dans les territoires d’outre-mer), que les motifs de l’incarcération (prison pour dettes, enfermement préventif et criminel…). Un accent particulier sera mis sur les formes architecturales ainsi que sur certains acteurs de la punition, tels que les bourreaux.

Dans une perspective de longue durée et au croisement de diverses méthodologies, on s'attachera à saisir la dynamique qui se déploie à partir d’un vaste champ de productions, de pratiques et d’appropriations spatiales par la justice et d’autres acteurs sociaux. Prenant appui sur l’expérience inédite et partagée de confinement sanitaire, le séminaire explorera également les réactions individuelles et collectives face aux situations d’enfermement.  Il s’agira à travers les traces laissées par les « voix de l’enfermement » de saisir ce que « fait » l’enfermement à toutes celles et tous ceux qui y sont confrontés, des reclus aux personnels, ou à la société qui instaure l’enfermement comme pratique de gouvernement.

Les séances combineront des interventions autour des travaux en cours et la discussion de la production historiographique.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

être inscrit au moins au niveau master 1.

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), vendredi 14:30-16:30
    du 5 novembre 2021 au 20 mai 2022
    Nombre de séances : 12

Le séminaire s’intéresse aux pratiques et aux espaces de l’enfermement de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Dans une approche interdisciplinaire entre historiens, sociologues, politistes et géographes, il envisage aussi bien les lieux de réclusion (monastères en France ou en Russie, bagnes coloniaux, etc.), que les motifs de l’incarcération (prison pour dettes, enfermement préventif et criminel…), en n’interdisant pas des incursions dans des thématiques proches.

Dans une perspective de longue durée et au croisement de diverses méthodologies, le séminaire s’attache à saisir la dynamique qui se déploie à partir d’un vaste champ de productions, de pratiques et d’appropriations spatiales par la justice et d’autres acteurs sociaux. Cette année, comme les précédentes, l’ouverture des terrains considérés, tant géographique que temporelle, a favorisé les comparaisons et les connexions. Prenant appui sur l’expérience inédite et partagée de confinement sanitaire, le séminaire a également exploré les réactions individuelles et collectives face aux situations d’enfermement. Il s’agit à travers les traces laissées par les « voix de l’enfermement » dans un large spectre de sources (littérature, gravures, plans, etc.), de saisir ce que « fait » l’enfermement à toutes celles et tous ceux qui y sont confrontés, des reclus aux personnels, ou à la société qui instaure la réclusion comme pratique de gouvernement.

Le séminaire a débuté par une mise au point historiographique et notionnelle sur la prison et l’approche spatiale complétée par un focus sur une « lecture luhmannienne » de l’histoire des peines par Falk Bretschneider. Plusieurs études de cas ont permis d’envisager le large spectre des institutions d’enfermement. Ainsi Haley Bowen a montré l’investissement des couvents parisiens dans l’incarcération des femmes dans la France moderne, tout particulièrement après la Révocation de l’édit de Nantes en 1685, des structures monastiques multifonctionnelles également examinées par Katja Makhotina à travers le cas de la Russie du XVIIIe siècle. Quant à Liza Terrazzoni, elle, a analysé le cas de la prison dite « ouverte » de Casabianda, en Corse et de son insertion dans la société locale. Cette porosité des lieux de réclusion, d’hier comme aujourd’hui, a aussi fait l’objet de la présentation de Mathias Dambuyant qui s’est intéressée à « l’enfermement partiel et à domicile à travers la peine de bracelet électronique ». Deux aspects ont ensuite concentré l’attention : l’écrit carcéral, d’une part, et les rapports entre exclusion et incarcération, de l’autre. D’un côté, donc, les différentes formes d’écriture enfermée a été approchée par l’intervention de Natalia Muchnik autour des graffiti dans les geôles d’Ancien Régime en Espagne, en Angleterre et en France et leurs enjeux pour les minorités religieuses tandis que Corentin Durand s’est attaché « aux reconfigurations contemporaines de la relation carcérale » ébauchant une « sociologie des espaces de communication entre prisonniers et autorités pénitentiaires ». Pascal Bastien, d’autre part, a examiné les tensions entre l’infamie de droit et l’infamie de fait dans la justice pénale de la France des XVIIe et XVIIIe siècles à travers la figure du bourreau alors que Grégory Dufaud a évoqué le cas spécifique de l’enfermement psychiatrique dans le monde soviétique.

Publications

Pour Natalia Muchnik, voir séminaire "Migrations. Recherches en cours".

Pour Falk Bretschneider, voir séminaire sur le Saint Empire