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UE352 - L'attachement social. Principes de la solidarité humaine


Lieu et planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    annuel / hebdomadaire, vendredi 09:00-12:00
    du 19 novembre 2021 au 8 avril 2022
    Nombre de séances : 16


Description


Dernière modification : 12 mai 2021 17:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Classes sociales Collectifs Comparatisme Discrimination Domination Droit, normes et société État et politiques publiques Famille Inégalités Mobilisation(s) Sociologie Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Amérique du Nord Amérique du Sud Asie Europe France
Intervenant·e·s
  • Serge Paugam [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

L’attachement social renvoie aux différents types de liens qui attachent les individus entre eux et à la société. Dans le prolongement du séminaire de l’année dernière, il s'agira d'analyser comment ces liens s’entrecroisent en chaque individu tout au long des différentes phases du processus de socialisation et comment chaque société y contribue en fixant et en régulant les règles de la vie collective. À travers le concept d'attachement social, l’objectif est de mieux comprendre ce qui fait tenir ensemble les individus des sociétés modernes, mais aussi, a contrario, ce qui les oppose les uns aux autres. On reprendra la typologie des régimes d’attachement afin de la mettre à l’épreuve de nouvelles données empiriques, notamment par la constitution d’une base de données inédite comprenant 36 pays et permettant à la fois d’entreprendre des comparaisons internationales et d’approfondir les principes de la solidarité humaine face aux inégalités et aux ruptures sociales. Le séminaire propose d’ancrer la recherche dans la pluralité des sciences sociales et de mener des recherches impliquant plusieurs aires cultuelles

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Quantifier en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire se tiendra sur le Campus ENS-Jourdan (48, bd. Jourdan)

Direction de travaux des étudiants

Le séminaire de recherche se prolonge toutes les semaines par un temps d'échange sous la forme d'un "petit séminaire" d'une durée d'une heure consacré spécifiquement à la direction de travaux des étudiants. 

Réception des candidats

Sur rendez-vous au Centre Maurice Halbwachs, 48, bd. Jourdan, 75014.

Pré-requis

Nécessité d'un projet de recherche écrit


Compte rendu


Après plusieurs années d’élaboration de la théorie de l’attachement social, le séminaire 2021-2022 avait pour objectif de revenir sur certains points encore assez peu étudiés. Nous avons insisté tout d’abord sur trois dimensions qui pourraient être pensées comme le triptyque de l’attachement social : le contrôle social, l’habitus et la mémoire collective. Ces trois dimensions ont souvent été examinées de façon distincte, chacune constituant pour ainsi dire une problématique à part entière. Elles méritent un traitement différent tant elles se complètent et s’enrichissent mutuellement quand il s’agit d’expliquer sociologiquement l’origine et la pérennité des liens qui attachent les individus les uns aux autres et à la société. En résumant, on pourrait dire que 1)  l’incorporation de dispositions à être solidaire d’autrui et attaché à plusieurs groupes résulte d’un apprentissage des règles et des normes qui caractérisent les différentes sphères de la morale collective, 2) cette incorporation est d’autant plus profonde que l’apprentissage s’est déroulé de façon pédagogique et éducative et en laissant une place importante aux valences émotives, 3) les contraintes de l’attachement et les formes du contrôle social sont progressivement intériorisées et elles finissent, sous l’effet de l’habitus, par s’imposer d’elles-mêmes sans que, dans de nombreuses situations de la vie quotidienne, les individus aient à y réfléchir formellement avant d’agir, 4) cela n’empêche pas pour autant une part de réflexivité, en particulier lorsque les formes de l’attachement deviennent oppressantes, 5) l’attachement aux groupes et à la société tout entière repose sur des souvenirs individuels ancrés dans la mémoire collective, elle-même dépendante des cadres de la socialisation. Autrement dit, les trois dimensions s’entremêlent et se soutiennent réciproquement.

Nous avons pu également vérifier empiriquement la pertinence de la typologie des régimes d’attachement social que nous avions élaborée de façon idéal-typique antérieurement. Nous avons pour cela mis à profit une base de données comprenant 34 pays que nous avons construite. Afin de nous affranchir d’une approche normative, nous n’avons pas essayé de hiérarchiser ces liens sociaux, mais, au contraire, d’analyser les facteurs qui conduisent les pays à les hiérarchiser eux-mêmes à partir des normes qui les gouvernent. Le premier constat a été de vérifier que les pays se distinguent bien les uns des autres par le type de lien social dominant et, par conséquent, le type de morale qui contribue à organiser de façon spécifique le principe de solidarité entre les individus et les groupes sociaux. Une classification ascendante hiérarchique a permis fait ressortir cinq groupes de pays. Les deux premiers groupes relèvent bien du même régime "familialiste" puisque le lien de filiation y est prééminent dans chacun d’entre eux. Mais cette prééminence est plus marquée dans le premier. Les autres groupes sont en revanche très différents et, chacun d’entre eux est proche de la définition d’un des trois autres régimes d’attachement : « organiciste », « volontariste » et « universaliste ». Plusieurs séances du séminaire ont été consacrées par la suite à approfondir ces différents régimes d’attachement social à partir de la confrontation de plusieurs enquêtes de sciences sociales réalisées dans différentes aires culturelles. 

Le séminaire a été l’occasion d’accueillir plusieurs invités : Lauriane Dos Santos  sur les liens familiaux et la régulation des solidarités familiales au Brésil et en Polynésie française ; Tugce Beycan sur la relation entre les liens Sociaux et les capabilités dans l’analyse de pauvreté multidimensionnelle ; Christian Suter, Enrico di Bella, Sandra Fachelli, Fabrizio Culotta sur la mesure de l’égalité de genre en Europe ; Marie Loison-Leruste, sur l’invisibilité des femmes sans domicile ; Christian Suter sur l’intégration et les conditions de vie des personnes issues de la migration à partir de l’exemple de la Suisse. Trois doctorants ont également présenté l’avancement de leurs travaux respectifs : Valeria Ayola Betancourt sur le familialisme et la perception de la pauvreté en Colombie ; Marcelo Miño sur le bien-être et les perspectives d’avenir dans le Chili contemporain et Marton Angyan sur la marchandisation et l’internationalisation des soins dentaires.

Ce séminaire a nourri tout au long de l’année l’écriture d’un ouvrage sur l’attachement social dont le manuscrit a été remis à l’éditeur.

Publications
  • L’attachement social. Formes et fondements de la solidarité humaine, Paris, Seuil, à paraître.
  • « Perception des inégalités et de la pauvreté dans les quartiers riches les plus ségrégués, dans Les inégalités dans l’espace géographique, sous la dir. de Clémentine Cottineau et Julie Vallée, Londres, ISTE Editions, 2022, p. 155-186.
  • « The Perception of Inequality and Poverty in the Most Segregated, Affluent Neighborhoods », dans Inequalities in the Geographical Area, sous la dir. de Clémentine Cottineau et Julie Vallée, Londres, ISTE Editions, 2022.
  • « L’attachement social. Ce lien qui libère », Revue Projet, n° 388, juin-juillet 2022, p. 8-13.

Dernière modification : 12 mai 2021 17:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Classes sociales Collectifs Comparatisme Discrimination Domination Droit, normes et société État et politiques publiques Famille Inégalités Mobilisation(s) Sociologie Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Amérique du Nord Amérique du Sud Asie Europe France
Intervenant·e·s
  • Serge Paugam [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

L’attachement social renvoie aux différents types de liens qui attachent les individus entre eux et à la société. Dans le prolongement du séminaire de l’année dernière, il s'agira d'analyser comment ces liens s’entrecroisent en chaque individu tout au long des différentes phases du processus de socialisation et comment chaque société y contribue en fixant et en régulant les règles de la vie collective. À travers le concept d'attachement social, l’objectif est de mieux comprendre ce qui fait tenir ensemble les individus des sociétés modernes, mais aussi, a contrario, ce qui les oppose les uns aux autres. On reprendra la typologie des régimes d’attachement afin de la mettre à l’épreuve de nouvelles données empiriques, notamment par la constitution d’une base de données inédite comprenant 36 pays et permettant à la fois d’entreprendre des comparaisons internationales et d’approfondir les principes de la solidarité humaine face aux inégalités et aux ruptures sociales. Le séminaire propose d’ancrer la recherche dans la pluralité des sciences sociales et de mener des recherches impliquant plusieurs aires cultuelles

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Quantifier en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire se tiendra sur le Campus ENS-Jourdan (48, bd. Jourdan)

Direction de travaux des étudiants

Le séminaire de recherche se prolonge toutes les semaines par un temps d'échange sous la forme d'un "petit séminaire" d'une durée d'une heure consacré spécifiquement à la direction de travaux des étudiants. 

Réception des candidats

Sur rendez-vous au Centre Maurice Halbwachs, 48, bd. Jourdan, 75014.

Pré-requis

Nécessité d'un projet de recherche écrit

  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    annuel / hebdomadaire, vendredi 09:00-12:00
    du 19 novembre 2021 au 8 avril 2022
    Nombre de séances : 16

Après plusieurs années d’élaboration de la théorie de l’attachement social, le séminaire 2021-2022 avait pour objectif de revenir sur certains points encore assez peu étudiés. Nous avons insisté tout d’abord sur trois dimensions qui pourraient être pensées comme le triptyque de l’attachement social : le contrôle social, l’habitus et la mémoire collective. Ces trois dimensions ont souvent été examinées de façon distincte, chacune constituant pour ainsi dire une problématique à part entière. Elles méritent un traitement différent tant elles se complètent et s’enrichissent mutuellement quand il s’agit d’expliquer sociologiquement l’origine et la pérennité des liens qui attachent les individus les uns aux autres et à la société. En résumant, on pourrait dire que 1)  l’incorporation de dispositions à être solidaire d’autrui et attaché à plusieurs groupes résulte d’un apprentissage des règles et des normes qui caractérisent les différentes sphères de la morale collective, 2) cette incorporation est d’autant plus profonde que l’apprentissage s’est déroulé de façon pédagogique et éducative et en laissant une place importante aux valences émotives, 3) les contraintes de l’attachement et les formes du contrôle social sont progressivement intériorisées et elles finissent, sous l’effet de l’habitus, par s’imposer d’elles-mêmes sans que, dans de nombreuses situations de la vie quotidienne, les individus aient à y réfléchir formellement avant d’agir, 4) cela n’empêche pas pour autant une part de réflexivité, en particulier lorsque les formes de l’attachement deviennent oppressantes, 5) l’attachement aux groupes et à la société tout entière repose sur des souvenirs individuels ancrés dans la mémoire collective, elle-même dépendante des cadres de la socialisation. Autrement dit, les trois dimensions s’entremêlent et se soutiennent réciproquement.

Nous avons pu également vérifier empiriquement la pertinence de la typologie des régimes d’attachement social que nous avions élaborée de façon idéal-typique antérieurement. Nous avons pour cela mis à profit une base de données comprenant 34 pays que nous avons construite. Afin de nous affranchir d’une approche normative, nous n’avons pas essayé de hiérarchiser ces liens sociaux, mais, au contraire, d’analyser les facteurs qui conduisent les pays à les hiérarchiser eux-mêmes à partir des normes qui les gouvernent. Le premier constat a été de vérifier que les pays se distinguent bien les uns des autres par le type de lien social dominant et, par conséquent, le type de morale qui contribue à organiser de façon spécifique le principe de solidarité entre les individus et les groupes sociaux. Une classification ascendante hiérarchique a permis fait ressortir cinq groupes de pays. Les deux premiers groupes relèvent bien du même régime "familialiste" puisque le lien de filiation y est prééminent dans chacun d’entre eux. Mais cette prééminence est plus marquée dans le premier. Les autres groupes sont en revanche très différents et, chacun d’entre eux est proche de la définition d’un des trois autres régimes d’attachement : « organiciste », « volontariste » et « universaliste ». Plusieurs séances du séminaire ont été consacrées par la suite à approfondir ces différents régimes d’attachement social à partir de la confrontation de plusieurs enquêtes de sciences sociales réalisées dans différentes aires culturelles. 

Le séminaire a été l’occasion d’accueillir plusieurs invités : Lauriane Dos Santos  sur les liens familiaux et la régulation des solidarités familiales au Brésil et en Polynésie française ; Tugce Beycan sur la relation entre les liens Sociaux et les capabilités dans l’analyse de pauvreté multidimensionnelle ; Christian Suter, Enrico di Bella, Sandra Fachelli, Fabrizio Culotta sur la mesure de l’égalité de genre en Europe ; Marie Loison-Leruste, sur l’invisibilité des femmes sans domicile ; Christian Suter sur l’intégration et les conditions de vie des personnes issues de la migration à partir de l’exemple de la Suisse. Trois doctorants ont également présenté l’avancement de leurs travaux respectifs : Valeria Ayola Betancourt sur le familialisme et la perception de la pauvreté en Colombie ; Marcelo Miño sur le bien-être et les perspectives d’avenir dans le Chili contemporain et Marton Angyan sur la marchandisation et l’internationalisation des soins dentaires.

Ce séminaire a nourri tout au long de l’année l’écriture d’un ouvrage sur l’attachement social dont le manuscrit a été remis à l’éditeur.

Publications
  • L’attachement social. Formes et fondements de la solidarité humaine, Paris, Seuil, à paraître.
  • « Perception des inégalités et de la pauvreté dans les quartiers riches les plus ségrégués, dans Les inégalités dans l’espace géographique, sous la dir. de Clémentine Cottineau et Julie Vallée, Londres, ISTE Editions, 2022, p. 155-186.
  • « The Perception of Inequality and Poverty in the Most Segregated, Affluent Neighborhoods », dans Inequalities in the Geographical Area, sous la dir. de Clémentine Cottineau et Julie Vallée, Londres, ISTE Editions, 2022.
  • « L’attachement social. Ce lien qui libère », Revue Projet, n° 388, juin-juillet 2022, p. 8-13.