UE327 - Islamologie et sciences sociales : objets, méthodes, pratiques


Planning


Attention !
En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=327. "

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (1re), mercredi 18:30-20:30
    du 3 novembre 2021 au 1er juin 2022
    Nombre de séances : 7


Description


Dernière modification : 6 décembre 2021 13:19

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Islam Religieux (sciences sociales du) Savoirs Textes Théologie
Aires culturelles
Afrique Arabe (monde) Asie Contemporain (anthropologie du, monde) France Maghreb Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Sabrina Mervin [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Anne-Sophie Lamine   professeure des universités, Université de Strasbourg
  • Nadjet Zouggar   maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université

L’objectif du séminaire est de mettre islamologie et sciences sociales en dialogue, de diverses manières, en reconnaissant la pertinence et la légitimité de toutes les approches et en les décloisonnant; d’interroger nos pratiques et de les confronter dans un but heuristique. Il n’est pas question, d’un côté, de diluer le religieux dans le social ou le politique et, de l’autre, de surdéterminer la variable religieuse. 

Plusieurs pistes de réflexion permettront de mettre en place les échanges. 

Les textes. Comment revisiter la philologie par les méthodes de l’analyse textuelle et des techniques d’analyse littéraire appliquées aux textes religieux? Comment l'histoire sociale, l'anthropologie et la sociologie permettent-elles d'éclairer les contextes de production et les processus de réappropriations synchroniques et diachroniques? Comment l'islamologie peut-elle nourrir les chercheurs en sciences sociales sur le sens des termes, sur le contexte de production des textes, les intentions, les interactions?

Les concepts issus des sciences religieuses de l’islam ou dits « islamiques ». Comment les traduire en d’autres langues que l’arabe et, surtout, les transposer, en faire usage dans les sciences sociales?

Les catégories des sciences sociales émanant de recherches sur d’autres religions. Comment les appliquer à l’islam pour mieux saisir des faits libellés sous des termes ambivalents? Comment travailler sur des concepts généraux de sciences sociales en les appliquant aux faits religieux de l'islam? 

Les auteurs et les acteurs étudiés tant par les islamologues que par les praticiens des sciences sociales, dans des contextes fort différents, font l’objet d’approches plurielles, parfois ambivalentes ou contradictoires par les acteurs eux-mêmes et par les chercheurs. Comment analyser et discuter la diversité des usages? 

Ce séminaire se déroulera simultanément à l'EHESS, à l'université de Strasbourg et à l'université d'Aix-en-Provence et il se prolongera par une journée d'études.

3 novembre 2021 : Séance d’ouverture 

Une présentation de ce séminaire interdisciplinaire (programme, objectifs, enjeux) sera exposée par Sabrina Mervin et débattue. Puis nous écouterons une communication qui sera discutée par Anne-Sophie Lamine avant la discussion générale.

  • Haouès Seniguer, IEP Lyon, L'invention de "l'islamisme" ou comment les islamistes arabes ont inventé le mot et le mouvement: quelques pistes de recherche

L'emploi du vocable  islamisme/islamiste s'est immiscé dans le débat public depuis le début des années 2000 suite aux attentats d'inspiration islamique. L’usage flou et souvent disqualificatoire de ces termes se réfère à divers acteurs, mobilisations, activités sociales ou organisations qui ne correspondent pas à leur sens initial, lié à l’émergence des Frères musulmans en 1928. Les chercheurs eux-mêmes ne s’accordent pas sur leur sens. Après une brève présentation de l'archéologie du vocable et de la diversification de ses emplois, nous proposerons une définition opératoire et nous montrerons la manière dont ces termes sont pensés, perçus, appropriés ou mis à  distance, par les acteurs ainsi désignés.

1er décembre 2021 : L’écrit et l’histoire : deux approches textuelles du Coran

Les communications de cette séance éclairent, sous deux angles différents, sur les nouvelles approches textuelles permettant d’interroger le Coran comme source de sa propre histoire, de celle des débuts de l’islam et plus globalement de la Péninsule arabique de l’Antiquité tardive. Ce, en dépassant certains obstacles que posent l’aspect fragmentaire, obscur et hétérogène du corpus coranique tel qu’il nous est parvenu.

  • Mehdi Azaiez, UCLouvain, De l’Allocutaire coranique au Muḥammad historique

Dans un ouvrage collectif paru en 2000 et intitulé The Biography of Muhammad, the issue of the Source, Harald Motzki écrivait : « d’un côté, il n’est pas possible d’écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources tandis que, d’un autre côté, lorsqu’on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d’écrire une telle biographie ». S’il existe aujourd’hui un large consensus parmi les historiens pour valider ce constat, il n’est pas inutile d’envisager de nouvelles approches fondées sur une analyse serrée du texte coranique. L’exposé conduira d’abord à identifier puis analyser systématiquement la présence d’un « allocutaire premier » que la tradition islamique identifie comme Muḥammad dans le Coran. Puis, on tentera de déterminer à partir de couches rédactionnelles considérées comme tardives, les traces d’une mise en scène de cette figure par les derniers rédacteurs du Coran. 

  • Iyas Hassan, Sorbonne université, Le Pacte de Dieu et le Livre des hommes. Ce que l’étymologie nous (dés)apprend de l’histoire du Coran

Évoquées dès leurs usages coraniques par le biais d’une terminologie ambiguë, les notions de kitāba et de kitāb ont été au cœur de la définition du Coran comme livre, œuvre originellement divine dans une perspective pieuse et, dans une perspective historico-critique, livre formé progressivement à partir d’écrits fragmentaires. Les choix adoptés dans les traductions successives du Coran, que la présente communication abordera brièvement, révèlent une idée centrale de l’écrit, basée sur un regard rétrospectif, parfois anachronique du contexte coranique et adossée à la notion de « religions du Livre » qui inclut l’islam. L’analyse étymologique de termes arabes antiques usités dans le Coran et d’autres termes contenant la racine ktb et forgés durant les deux premiers siècles de l’Hégire suggère toutefois de nuancer la centralité de l’écrit et est susceptible de faire évoluer notre regard sur la formation et l’évolution du Coran. En revenant sur une réflexion développée dans Le religieux le narratif et le littéraire. Coran et exégèse coranique dans l’histoire de la littérature arabe (2019), cette communication interroge ainsi la place de l’approche linguistique dans les études islamologiques.

5 janvier 2022 (de 16 h 30 à 18 h 30, salle 50, Bât. EHESS-Condorcet) : Le couple quiétisme/activisme au prisme de la critique et à travers le cas du chiisme contemporain 

  • Tristan Hillion-Launey (doct. EHESS/CéSor) ; Thibaud Laval (doct. EHESS/CéSor)
  • Sabrina Mervin (CNRS/CéSor-EHESS)

Cette séance animée à trois voix vise à interroger la pertinence du couple quiétisme/activisme souvent appliqué au chiisme contemporain. À l’appui de l’islamologie et des sciences sociales, nous discuterons de positions doctrinales et politiques ambivalentes afin d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Comment ces catégories sont-elles apparues et ont été utilisées dans le champ académique ? Comment peut-on élaborer de nouvelles manières de saisir les faits en se fondant sur l’étude des doctrines et des pratiques politiques ? Au-delà de la révolution islamique en Iran, l’étude des cas irakien et libanais des années 1950-1970 permet de mettre en lumière des positions théoriques et des formes d’engagement qui ne se résument pas à la seule notion de guidance du théologien-juriste élaborée par Khomeini, ni aux mobilisations révolutionnaires qui en ont découlé. On terminera en examinant la manière dont le marja‘ Ali Sistani, souvent qualifié d’apolitique, fait de la politique.

La suite du programme sera communiquée ultérieurement


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire aura lieu en présentiel à l'EHESS et simultanément à l'université de Strasbourg et à l'AMU. 

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 6 décembre 2021 13:19

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Islam Religieux (sciences sociales du) Savoirs Textes Théologie
Aires culturelles
Afrique Arabe (monde) Asie Contemporain (anthropologie du, monde) France Maghreb Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Sabrina Mervin [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Anne-Sophie Lamine   professeure des universités, Université de Strasbourg
  • Nadjet Zouggar   maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université

L’objectif du séminaire est de mettre islamologie et sciences sociales en dialogue, de diverses manières, en reconnaissant la pertinence et la légitimité de toutes les approches et en les décloisonnant; d’interroger nos pratiques et de les confronter dans un but heuristique. Il n’est pas question, d’un côté, de diluer le religieux dans le social ou le politique et, de l’autre, de surdéterminer la variable religieuse. 

Plusieurs pistes de réflexion permettront de mettre en place les échanges. 

Les textes. Comment revisiter la philologie par les méthodes de l’analyse textuelle et des techniques d’analyse littéraire appliquées aux textes religieux? Comment l'histoire sociale, l'anthropologie et la sociologie permettent-elles d'éclairer les contextes de production et les processus de réappropriations synchroniques et diachroniques? Comment l'islamologie peut-elle nourrir les chercheurs en sciences sociales sur le sens des termes, sur le contexte de production des textes, les intentions, les interactions?

Les concepts issus des sciences religieuses de l’islam ou dits « islamiques ». Comment les traduire en d’autres langues que l’arabe et, surtout, les transposer, en faire usage dans les sciences sociales?

Les catégories des sciences sociales émanant de recherches sur d’autres religions. Comment les appliquer à l’islam pour mieux saisir des faits libellés sous des termes ambivalents? Comment travailler sur des concepts généraux de sciences sociales en les appliquant aux faits religieux de l'islam? 

Les auteurs et les acteurs étudiés tant par les islamologues que par les praticiens des sciences sociales, dans des contextes fort différents, font l’objet d’approches plurielles, parfois ambivalentes ou contradictoires par les acteurs eux-mêmes et par les chercheurs. Comment analyser et discuter la diversité des usages? 

Ce séminaire se déroulera simultanément à l'EHESS, à l'université de Strasbourg et à l'université d'Aix-en-Provence et il se prolongera par une journée d'études.

3 novembre 2021 : Séance d’ouverture 

Une présentation de ce séminaire interdisciplinaire (programme, objectifs, enjeux) sera exposée par Sabrina Mervin et débattue. Puis nous écouterons une communication qui sera discutée par Anne-Sophie Lamine avant la discussion générale.

  • Haouès Seniguer, IEP Lyon, L'invention de "l'islamisme" ou comment les islamistes arabes ont inventé le mot et le mouvement: quelques pistes de recherche

L'emploi du vocable  islamisme/islamiste s'est immiscé dans le débat public depuis le début des années 2000 suite aux attentats d'inspiration islamique. L’usage flou et souvent disqualificatoire de ces termes se réfère à divers acteurs, mobilisations, activités sociales ou organisations qui ne correspondent pas à leur sens initial, lié à l’émergence des Frères musulmans en 1928. Les chercheurs eux-mêmes ne s’accordent pas sur leur sens. Après une brève présentation de l'archéologie du vocable et de la diversification de ses emplois, nous proposerons une définition opératoire et nous montrerons la manière dont ces termes sont pensés, perçus, appropriés ou mis à  distance, par les acteurs ainsi désignés.

1er décembre 2021 : L’écrit et l’histoire : deux approches textuelles du Coran

Les communications de cette séance éclairent, sous deux angles différents, sur les nouvelles approches textuelles permettant d’interroger le Coran comme source de sa propre histoire, de celle des débuts de l’islam et plus globalement de la Péninsule arabique de l’Antiquité tardive. Ce, en dépassant certains obstacles que posent l’aspect fragmentaire, obscur et hétérogène du corpus coranique tel qu’il nous est parvenu.

  • Mehdi Azaiez, UCLouvain, De l’Allocutaire coranique au Muḥammad historique

Dans un ouvrage collectif paru en 2000 et intitulé The Biography of Muhammad, the issue of the Source, Harald Motzki écrivait : « d’un côté, il n’est pas possible d’écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources tandis que, d’un autre côté, lorsqu’on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d’écrire une telle biographie ». S’il existe aujourd’hui un large consensus parmi les historiens pour valider ce constat, il n’est pas inutile d’envisager de nouvelles approches fondées sur une analyse serrée du texte coranique. L’exposé conduira d’abord à identifier puis analyser systématiquement la présence d’un « allocutaire premier » que la tradition islamique identifie comme Muḥammad dans le Coran. Puis, on tentera de déterminer à partir de couches rédactionnelles considérées comme tardives, les traces d’une mise en scène de cette figure par les derniers rédacteurs du Coran. 

  • Iyas Hassan, Sorbonne université, Le Pacte de Dieu et le Livre des hommes. Ce que l’étymologie nous (dés)apprend de l’histoire du Coran

Évoquées dès leurs usages coraniques par le biais d’une terminologie ambiguë, les notions de kitāba et de kitāb ont été au cœur de la définition du Coran comme livre, œuvre originellement divine dans une perspective pieuse et, dans une perspective historico-critique, livre formé progressivement à partir d’écrits fragmentaires. Les choix adoptés dans les traductions successives du Coran, que la présente communication abordera brièvement, révèlent une idée centrale de l’écrit, basée sur un regard rétrospectif, parfois anachronique du contexte coranique et adossée à la notion de « religions du Livre » qui inclut l’islam. L’analyse étymologique de termes arabes antiques usités dans le Coran et d’autres termes contenant la racine ktb et forgés durant les deux premiers siècles de l’Hégire suggère toutefois de nuancer la centralité de l’écrit et est susceptible de faire évoluer notre regard sur la formation et l’évolution du Coran. En revenant sur une réflexion développée dans Le religieux le narratif et le littéraire. Coran et exégèse coranique dans l’histoire de la littérature arabe (2019), cette communication interroge ainsi la place de l’approche linguistique dans les études islamologiques.

5 janvier 2022 (de 16 h 30 à 18 h 30, salle 50, Bât. EHESS-Condorcet) : Le couple quiétisme/activisme au prisme de la critique et à travers le cas du chiisme contemporain 

  • Tristan Hillion-Launey (doct. EHESS/CéSor) ; Thibaud Laval (doct. EHESS/CéSor)
  • Sabrina Mervin (CNRS/CéSor-EHESS)

Cette séance animée à trois voix vise à interroger la pertinence du couple quiétisme/activisme souvent appliqué au chiisme contemporain. À l’appui de l’islamologie et des sciences sociales, nous discuterons de positions doctrinales et politiques ambivalentes afin d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Comment ces catégories sont-elles apparues et ont été utilisées dans le champ académique ? Comment peut-on élaborer de nouvelles manières de saisir les faits en se fondant sur l’étude des doctrines et des pratiques politiques ? Au-delà de la révolution islamique en Iran, l’étude des cas irakien et libanais des années 1950-1970 permet de mettre en lumière des positions théoriques et des formes d’engagement qui ne se résument pas à la seule notion de guidance du théologien-juriste élaborée par Khomeini, ni aux mobilisations révolutionnaires qui en ont découlé. On terminera en examinant la manière dont le marja‘ Ali Sistani, souvent qualifié d’apolitique, fait de la politique.

La suite du programme sera communiquée ultérieurement

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire aura lieu en présentiel à l'EHESS et simultanément à l'université de Strasbourg et à l'AMU. 

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Attention !
En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=327. "

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.09
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / mensuel (1re), mercredi 18:30-20:30
    du 3 novembre 2021 au 1er juin 2022
    Nombre de séances : 7