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UE312 - Conserver, mobiliser, restaurer la nature. Institutions, droits et savoirs


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.10
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 12:30-14:30
    du 16 novembre 2021 au 7 juin 2022
    Nombre de séances : 13


Description


Dernière modification : 4 février 2022 15:24

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Administration Archives Droit, normes et société Économie politique Environnement Histoire environnementale Politiques publiques Rurales (études) Savoirs Spatialisation, territoires
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Alice Ingold [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Groupe de recherche sur l'histoire de l'environnement (CRH-GRHEN)
  • Romain Grancher   chargé de recherche, CNRS

Quels savoirs président aux « politiques de la nature » qui cherchent aujourd’hui à conserver la nature, voire à la restaurer, après avoir longtemps cherché à la mobiliser ? En nouant ensemble la modernité comme période historique et la figure de la modernité comme mode de rapport au monde, les études environnementales ont mis à leur agenda des travaux cherchant à identifier les temporalités et les lieux pluriels d’une conscience écologique moderne. Ce faisant, les auteurs dessinent à chaque enquête une nouvelle cartographie des savoirs et dressent une nouvelle généalogie des disciplines. La naissance de l’économie politique est sans aucun doute la discipline qui a le plus focalisé l’attention des chercheurs. Des enquêtes ont souligné les liens étroits qu’elle a entretenus avec l’histoire naturelle, montrant comment des modalités inédites de description et d’inventaire de la nature se sont articulées à l’affirmation de l’économie politique et des savoirs de gouvernement. Dans la perspective d’une histoire renouvelée des énergies, ce sont les liens entre économie politique et géologie qui sont aujourd’hui explorés. Chacune de ces histoires intellectuelles porte l’attention sur la mise en savoirs de la nature. Elle conduit à examiner la pluralité des acteurs qui se posent alors en experts de la nature : naturalistes, forestiers, agronomes, ingénieurs, géologues, halieutes, etc. Dans une longue période d’expérimentations entre période moderne et 19e siècle, la lisère entre savoirs pratiques et savoirs savants reste poreuse. Une des lignes du séminaire sera précisément de faire une place aux pratiques de la nature et aux savoirs de ces pratiques. Quels savoirs avaient pu développer les habitants, les paysans, les pêcheurs, etc. pour faire face aux contraintes de leurs milieux de vie ? Quelles étaient les expériences des limites écologiques dans les sociétés locales et par quelles sources peut-on y avoir accès ? Nous serons particulièrement attentifs aux logiques de production, de conservation et de transmission d’archives, qui permettent de rendre compte des savoirs savants mais aussi des savoirs écologiques locaux.

S’intéressant aux savoirs qui participent à une « réflexivité environnementale » moderne, la perspective des études environnementales néglige trop souvent des changements historiques essentiels, juridiques et institutionnels. Le séminaire s’attachera à interroger ces changements, dans l’ordre du droit, des institutions et des savoirs. Au travers de quels dispositifs politiques et juridiques les sociétés se sont-elles rapportées à leurs environnements entre Ancien Régime et période postrévolutionnaire ?  Comment ces dispositifs ont-ils renvoyé à des partages en train de se faire entre État et société, entre État et marché, entre droit et économie, qui demandent aujourd’hui à être réévalués ?

Le séminaire alternera des lectures d’auteurs et des présentations de dossiers d’archives.

16 novembre 2021 : Conserver, mobiliser, restaurer la nature, Romain Grancher et Alice Ingold

7 décembre 2021 : De la seconde à la troisième nature, Alice Ingold, Mise en savoirs et capitalisme. Le problème avec la « première nature »

4 janvier 2022 : La nature en cartes (I), Romain Grancher, Mettre les usages de la mer en carte : l’aménagement du fond de la rade de Brest au milieu du XIXe siècle

18 janvier 2022 : La nature en cartes (2), Alice Ingold, Opération cartographique, opération de droit. Cartographier les cours d’eau au XIXe siècle

1er février 2022 : Conserver / restaurer la nature (1), Elias Burgel (Université de Caen, Fondation Thiers), Le parti pris de l’arbrisseau : le tamaris, entre ménagement et aménagement (bas Languedoc, XVIIIe siècle)

15 février 2022 (de 10 h 30 à 12 h 30) : Conserver / restaurer la nature (2), Marie-Anne Germaine (Université Paris XII Nanterre) Des territoires hydrosociaux confrontés à la restauration de la continuité écologique : conflits et controverses autour d'une politique publique

1er mars 2022 : Gouverner la nature par les communs et les magistratures (1), Alice Ingold

15 mars 2022 : Gouverner la nature par les communs et les magistratures (2)

Matinée d’étude (9h-13h), exceptionnellement à l’EHESS, 54 Bd Raspail, Paris (salle BS1_28)

  • Florian Grisel (University of Oxford, Centre for Socio-Legal Studies), Les ordres privés dans la gouvernance des ressources halieutiques : le cas de la Prud'homie de Pêche de Marseille
  • Romain Grancher, Les institutions de la pêche des huîtres : enquête sur un commun maritime (baie de Cancale, XVIIIe-XIXe siècle)
  • Giulia Beltrametti (Marie Curie research fellow, University of Primorska, Slovénie), Les frontières de la propriété. Pratiques d'utilisation et de possession entre transformations juridictionnelles et politiques étatiques (Italie-Slovénie, XIXe-XXe siècle)
  • Alice Ingold, Les Associations syndicales des eaux, un parcours entre communs et établissements publics (France 19e siècle)

5 avril 2022 : Droits, coutumes et usages de la nature, Tom Johnson (University of York), Ecology and landscape: the Materiality of the Law in Late Medieval England

  • Discussion introduite par Claire Judde de la Rivière (Toulouse 2)

19 avril 2022 : Une économie morale de la nature ?, Romain Grancher

17 mai 2022 : Un environnement de papier. Les archives de la nature, Romain Grancher et Alice Ingold


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Études environnementales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Étude comparative du développement – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

envoi du projet de recherche. Dans Litsem, merci d'indiquer systématiquement vos encadrant·es et votre thématique de recherche.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Compte rendu


Quels savoirs président aux « politiques de la nature » qui cherchent aujourd’hui à conserver la nature, voire à la restaurer, après avoir longtemps cherché à la mobiliser ? Dans une séance introductive, Alice Ingold a montré comment, en nouant ensemble la modernité comme période historique et la figure de la modernité comme mode de rapport au monde, les études environnementales ont mis à leur agenda des travaux cherchant à identifier les temporalités et les lieux pluriels d’une conscience écologique moderne. Les études environnementales dessinent à chaque enquête une cartographie des savoirs et dressent une nouvelle généalogie des disciplines. La naissance de l’économie politique est la discipline qui a le plus retenu l’attention : des enquêtes ont souligné les liens étroits qu’elle a entretenus avec l’histoire naturelle, montrant comment des modalités inédites de description et d’inventaire de la nature se sont articulées à l’affirmation de l’économie politique et des savoirs de gouvernement. Dans la perspective d’une histoire renouvelée des énergies, ce sont les liens entre économie politique et géologie qui sont aujourd’hui explorés. Chacune de ces histoires intellectuelles porte l’attention sur la mise en savoirs de la nature. Elle conduit à examiner la pluralité des acteurs qui se posent alors en experts de la nature : naturalistes, forestiers, agronomes, ingénieurs, géologues, halieutes, etc. Dans une longue période d’expérimentations entre période moderne et XIXe siècle, la lisère entre savoirs pratiques et savoirs savants reste poreuse. Une des lignes du séminaire a précisément été de faire une place aux pratiques de la nature et aux savoirs de ces pratiques. Quelles étaient les expériences des limites écologiques dans les sociétés locales et par quelles sources peut-on y avoir accès ? Cette entrée par les sources a occupé notamment une double séance sur « la nature en cartes » : Romain Grancher a examiné le binôme ménager/aménager à partir d’un dossier sur la cartographie comme outil de règlementation du prélèvement des huitres dans la rade de Brest au XIXe siècle ; Alice Ingold a exploré les faces nationales et locales des cartographies hydrauliques ayant pris place au XIXe siècle dans plusieurs pays d’Europe (France, Italie, Belgique) et engageant conjointement des opérations de mise en savoir de la nature et des opérations juridiques pour en réguler l’accès. Une série de séances a porté sur les expérimentations de « restauration » de la nature : Elias Burgel (Fondation Thiers) a présenté un dossier sur le tamaris comme plante permettant d’explorer le couple ménagement / aménagement au XVIIIe siècle ; Marie-Anne Germaine (Université Paris XII Nanterre) a fondé son analyse sur les expérimentations de « restauration écologique » des cours d’eau, en explorant les conflits et controverses autour de cette politique publique. La thématique des communs a occupé une partie du séminaire : la question des ordres privés dans la régulation environnementale a été discutée par Florian Grisel (University of Oxford, Centre for Socio-Legal Studies) à partir du cas de la Prud'homie de Pêche de Marseille et par Alice Ingold à partir du cas des Associations syndicales des eaux. La question des formes de la propriété et des instituions des communs a été travaillée par Romain Grancher à partir du cas des institutions de la pêche des huîtres au XVIIIe-XIXe siècle et par Giulia Beltrametti (Marie Curie research fellow) sur les pratiques d'utilisation et de possession des communs en Slovénie au XIXe-XXe siècle. Une séance avec Tom Johnson (University of York), a permis d’examiner la matérialité du langage du droit : Ecology and landscape: the Materiality of the Law in Late Medieval England, avec une discussion introduite par Claire Judde de la Rivière (Université Toulouse 2). Romain Grancher a proposé d’interroger la notion d’économie morale de la nature dans une séance qui s’est tenue en commun avec le séminaire de Michele Spanò. En se fondant sur une lecture croisée des travaux d’E.P. Thompson, nous nous sommes interrogés notamment sur le langage du droit comme langage d’une économie morale de la nature.

Dernière modification : 4 février 2022 15:24

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Administration Archives Droit, normes et société Économie politique Environnement Histoire environnementale Politiques publiques Rurales (études) Savoirs Spatialisation, territoires
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Alice Ingold [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Groupe de recherche sur l'histoire de l'environnement (CRH-GRHEN)
  • Romain Grancher   chargé de recherche, CNRS

Quels savoirs président aux « politiques de la nature » qui cherchent aujourd’hui à conserver la nature, voire à la restaurer, après avoir longtemps cherché à la mobiliser ? En nouant ensemble la modernité comme période historique et la figure de la modernité comme mode de rapport au monde, les études environnementales ont mis à leur agenda des travaux cherchant à identifier les temporalités et les lieux pluriels d’une conscience écologique moderne. Ce faisant, les auteurs dessinent à chaque enquête une nouvelle cartographie des savoirs et dressent une nouvelle généalogie des disciplines. La naissance de l’économie politique est sans aucun doute la discipline qui a le plus focalisé l’attention des chercheurs. Des enquêtes ont souligné les liens étroits qu’elle a entretenus avec l’histoire naturelle, montrant comment des modalités inédites de description et d’inventaire de la nature se sont articulées à l’affirmation de l’économie politique et des savoirs de gouvernement. Dans la perspective d’une histoire renouvelée des énergies, ce sont les liens entre économie politique et géologie qui sont aujourd’hui explorés. Chacune de ces histoires intellectuelles porte l’attention sur la mise en savoirs de la nature. Elle conduit à examiner la pluralité des acteurs qui se posent alors en experts de la nature : naturalistes, forestiers, agronomes, ingénieurs, géologues, halieutes, etc. Dans une longue période d’expérimentations entre période moderne et 19e siècle, la lisère entre savoirs pratiques et savoirs savants reste poreuse. Une des lignes du séminaire sera précisément de faire une place aux pratiques de la nature et aux savoirs de ces pratiques. Quels savoirs avaient pu développer les habitants, les paysans, les pêcheurs, etc. pour faire face aux contraintes de leurs milieux de vie ? Quelles étaient les expériences des limites écologiques dans les sociétés locales et par quelles sources peut-on y avoir accès ? Nous serons particulièrement attentifs aux logiques de production, de conservation et de transmission d’archives, qui permettent de rendre compte des savoirs savants mais aussi des savoirs écologiques locaux.

S’intéressant aux savoirs qui participent à une « réflexivité environnementale » moderne, la perspective des études environnementales néglige trop souvent des changements historiques essentiels, juridiques et institutionnels. Le séminaire s’attachera à interroger ces changements, dans l’ordre du droit, des institutions et des savoirs. Au travers de quels dispositifs politiques et juridiques les sociétés se sont-elles rapportées à leurs environnements entre Ancien Régime et période postrévolutionnaire ?  Comment ces dispositifs ont-ils renvoyé à des partages en train de se faire entre État et société, entre État et marché, entre droit et économie, qui demandent aujourd’hui à être réévalués ?

Le séminaire alternera des lectures d’auteurs et des présentations de dossiers d’archives.

16 novembre 2021 : Conserver, mobiliser, restaurer la nature, Romain Grancher et Alice Ingold

7 décembre 2021 : De la seconde à la troisième nature, Alice Ingold, Mise en savoirs et capitalisme. Le problème avec la « première nature »

4 janvier 2022 : La nature en cartes (I), Romain Grancher, Mettre les usages de la mer en carte : l’aménagement du fond de la rade de Brest au milieu du XIXe siècle

18 janvier 2022 : La nature en cartes (2), Alice Ingold, Opération cartographique, opération de droit. Cartographier les cours d’eau au XIXe siècle

1er février 2022 : Conserver / restaurer la nature (1), Elias Burgel (Université de Caen, Fondation Thiers), Le parti pris de l’arbrisseau : le tamaris, entre ménagement et aménagement (bas Languedoc, XVIIIe siècle)

15 février 2022 (de 10 h 30 à 12 h 30) : Conserver / restaurer la nature (2), Marie-Anne Germaine (Université Paris XII Nanterre) Des territoires hydrosociaux confrontés à la restauration de la continuité écologique : conflits et controverses autour d'une politique publique

1er mars 2022 : Gouverner la nature par les communs et les magistratures (1), Alice Ingold

15 mars 2022 : Gouverner la nature par les communs et les magistratures (2)

Matinée d’étude (9h-13h), exceptionnellement à l’EHESS, 54 Bd Raspail, Paris (salle BS1_28)

  • Florian Grisel (University of Oxford, Centre for Socio-Legal Studies), Les ordres privés dans la gouvernance des ressources halieutiques : le cas de la Prud'homie de Pêche de Marseille
  • Romain Grancher, Les institutions de la pêche des huîtres : enquête sur un commun maritime (baie de Cancale, XVIIIe-XIXe siècle)
  • Giulia Beltrametti (Marie Curie research fellow, University of Primorska, Slovénie), Les frontières de la propriété. Pratiques d'utilisation et de possession entre transformations juridictionnelles et politiques étatiques (Italie-Slovénie, XIXe-XXe siècle)
  • Alice Ingold, Les Associations syndicales des eaux, un parcours entre communs et établissements publics (France 19e siècle)

5 avril 2022 : Droits, coutumes et usages de la nature, Tom Johnson (University of York), Ecology and landscape: the Materiality of the Law in Late Medieval England

  • Discussion introduite par Claire Judde de la Rivière (Toulouse 2)

19 avril 2022 : Une économie morale de la nature ?, Romain Grancher

17 mai 2022 : Un environnement de papier. Les archives de la nature, Romain Grancher et Alice Ingold

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Études environnementales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires et développement - Étude comparative du développement – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

envoi du projet de recherche. Dans Litsem, merci d'indiquer systématiquement vos encadrant·es et votre thématique de recherche.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-
  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.10
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 12:30-14:30
    du 16 novembre 2021 au 7 juin 2022
    Nombre de séances : 13

Quels savoirs président aux « politiques de la nature » qui cherchent aujourd’hui à conserver la nature, voire à la restaurer, après avoir longtemps cherché à la mobiliser ? Dans une séance introductive, Alice Ingold a montré comment, en nouant ensemble la modernité comme période historique et la figure de la modernité comme mode de rapport au monde, les études environnementales ont mis à leur agenda des travaux cherchant à identifier les temporalités et les lieux pluriels d’une conscience écologique moderne. Les études environnementales dessinent à chaque enquête une cartographie des savoirs et dressent une nouvelle généalogie des disciplines. La naissance de l’économie politique est la discipline qui a le plus retenu l’attention : des enquêtes ont souligné les liens étroits qu’elle a entretenus avec l’histoire naturelle, montrant comment des modalités inédites de description et d’inventaire de la nature se sont articulées à l’affirmation de l’économie politique et des savoirs de gouvernement. Dans la perspective d’une histoire renouvelée des énergies, ce sont les liens entre économie politique et géologie qui sont aujourd’hui explorés. Chacune de ces histoires intellectuelles porte l’attention sur la mise en savoirs de la nature. Elle conduit à examiner la pluralité des acteurs qui se posent alors en experts de la nature : naturalistes, forestiers, agronomes, ingénieurs, géologues, halieutes, etc. Dans une longue période d’expérimentations entre période moderne et XIXe siècle, la lisère entre savoirs pratiques et savoirs savants reste poreuse. Une des lignes du séminaire a précisément été de faire une place aux pratiques de la nature et aux savoirs de ces pratiques. Quelles étaient les expériences des limites écologiques dans les sociétés locales et par quelles sources peut-on y avoir accès ? Cette entrée par les sources a occupé notamment une double séance sur « la nature en cartes » : Romain Grancher a examiné le binôme ménager/aménager à partir d’un dossier sur la cartographie comme outil de règlementation du prélèvement des huitres dans la rade de Brest au XIXe siècle ; Alice Ingold a exploré les faces nationales et locales des cartographies hydrauliques ayant pris place au XIXe siècle dans plusieurs pays d’Europe (France, Italie, Belgique) et engageant conjointement des opérations de mise en savoir de la nature et des opérations juridiques pour en réguler l’accès. Une série de séances a porté sur les expérimentations de « restauration » de la nature : Elias Burgel (Fondation Thiers) a présenté un dossier sur le tamaris comme plante permettant d’explorer le couple ménagement / aménagement au XVIIIe siècle ; Marie-Anne Germaine (Université Paris XII Nanterre) a fondé son analyse sur les expérimentations de « restauration écologique » des cours d’eau, en explorant les conflits et controverses autour de cette politique publique. La thématique des communs a occupé une partie du séminaire : la question des ordres privés dans la régulation environnementale a été discutée par Florian Grisel (University of Oxford, Centre for Socio-Legal Studies) à partir du cas de la Prud'homie de Pêche de Marseille et par Alice Ingold à partir du cas des Associations syndicales des eaux. La question des formes de la propriété et des instituions des communs a été travaillée par Romain Grancher à partir du cas des institutions de la pêche des huîtres au XVIIIe-XIXe siècle et par Giulia Beltrametti (Marie Curie research fellow) sur les pratiques d'utilisation et de possession des communs en Slovénie au XIXe-XXe siècle. Une séance avec Tom Johnson (University of York), a permis d’examiner la matérialité du langage du droit : Ecology and landscape: the Materiality of the Law in Late Medieval England, avec une discussion introduite par Claire Judde de la Rivière (Université Toulouse 2). Romain Grancher a proposé d’interroger la notion d’économie morale de la nature dans une séance qui s’est tenue en commun avec le séminaire de Michele Spanò. En se fondant sur une lecture croisée des travaux d’E.P. Thompson, nous nous sommes interrogés notamment sur le langage du droit comme langage d’une économie morale de la nature.