UE278 - Le Coran en tant qu'énoncé initial. Entre la référence immédiate et la réception exogène


Planning


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(En raison de la situation sanitaire) L'accès au séminaire est soumis à une demande de participation.
Le lien pour déposer votre demande sera affiché ici la semaine du 27 septembre 2021.

  • 54 bd Raspail
    Salle B03_16
    54 bd Raspail 75006 Paris
    vendredi 14:00-17:00
    du 15 octobre 2021 au 10 juin 2022


Description


Dernière modification : 16 septembre 2021 08:53

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Institut d'études de l'Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM)
Disciplines
Linguistique, sémantique
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie et linguistique Imaginaire Islam Littérature orale Sémantique
Aires culturelles
Arabe (monde) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s

Le Coran, en devenant « Parole/Texte », a été un « objet de représentation et d’appropriation » par des hommes exerçant une autorité. Ils ont fixé une sémantique dominante en fonction de leurs desseins et de leurs intérêts. L’histoire sacralisée et mythifiée de cette « Parole/Texte » a été fabriquée et dictée de l’intérieur. Nous proposons d’en faire « un peu plus un objet de savoir » [J. Chabbi, 2016]. Nous souhaitons déborder ces accumulations sémantiques et, à la suite d’autres pisteurs, nous approcher d’une « sémantique première » permettant de requalifier cette « Parole/Texte ». 

Notre investigation s’appuiera sur le présupposé de l’oralité, c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle il y a eu une énonciation première, de tout ou partie des versets coraniques et dont la référence était immédiate pour les auditeurs. Notre investigation tiendra compte des paramètres linguistiques, chronologiques et contextuels. Nous explorerons, comme le préconise J. Chabbi, le territoire des mots du Coran en évitant toute interférence avec les textes postérieurs quand cela semble de nature à corrompre ou à effacer les sens premiers.

En effet, les hommes et la société bédouine qui ont vu naître le Coran ont endossé la fonction de témoins oculaires, dans ce qu’on peut présumer avoir été leur espace spécifique : une province de l’Arabie occidentale, éloignée des grands centres culturels et commerciaux, au début du VIIe siècle. Ces hommes partageaient un champ sémantique, un imaginaire collectif et des modes de représentation communs. La « Parole/Texte » ne faisait appel à aucun facteur extérieur pour asseoir une quelconque compréhension, si l’on considère que l’énoncé et sa réception furent immédiats. Nous tenterons donc de mettre en évidence, en la revivifiant, la « carte d’identité anthropologique de la parole première dans sa société d’origine », telle qu’elle a pu être perçue dans la communauté linguistique de cette époque, avant qu’elle ne soit revisitée par les hommes des générations suivantes, évoluant dans des sociétés différentes. Un siècle et demi ou plus se sont écoulés entre l’énoncé initial et les premiers commentaires : pour les savants inscrits dans des milieux urbains et sujets à des logiques politiques nouvelles, le recours à l’exégèse s’est imposé pour faire valoir des sens particuliers.

Lorsqu’on replace cette « Parole/Texte » dans notre espace immédiat, avec nos propres références, force est de constater que le décalage est important entre un énoncé initial et sa réception, de nos jours, même pour des arabophones de naissance qui croient, en appartenant à cette aire géographique qui a vu naître cette « Parole/Texte », disposer des clés de lecture qui leur ouvrent la voie de la « Vérité ». Certes, l’arabe du Coran ne diffère pas, syntaxiquement et morphologiquement, de la langue littérale d’aujourd’hui. Mais, dans le cadre de ce séminaire, nous serons amenés à démontrer que, dans bien des cas, les sémantiques exposées à des moments précis de l’histoire de cette « Parole/Texte » sont éloignées de ce qu’une étude lexicale, sociologique et anthropologique peut nous dire de l’imaginaire collectif de ses récepteurs et interlocuteurs premiers. Pour les non arabophones, les traductions du Coran, en s’appuyant sur les sens dominants de l’exégèse, ne font, le plus souvent, que véhiculer la sémantique imposée par la Tradition musulmane.

Vendredi 15 octobre : Introduction générale: Contenu, Outils, Méthode

Vendredi 19 novembre : Référence immédiate et réception exogène : la sourate 87

Vendredi 10 décembre : Tentative de restitution du « sens »

Vendredi 21 janvier : Hommes de terrain et hommes de « savoirs »

Vendredi 11 février : Saba’ et Madian : les remakes d’une même histoire

Vendredi 11 mars : De l’ordre établi à la confusion « labs »

Vendredi 15 avril : De la « sémantextualisation » à l’appropriation des « Écritures »

Vendredi 20 mai : Le « péché » adamique entre récit biblique et représentation locale

Vendredi 10 juin : La « Fātiḥa » (l’Ouvrante) où la commutativité de l’acte. Une lecture infinie


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Labels
Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 16 septembre 2021 08:53

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Institut d'études de l'Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM)
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Anthropologie et linguistique Imaginaire Islam Littérature orale Sémantique
Aires culturelles
Arabe (monde) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s

Le Coran, en devenant « Parole/Texte », a été un « objet de représentation et d’appropriation » par des hommes exerçant une autorité. Ils ont fixé une sémantique dominante en fonction de leurs desseins et de leurs intérêts. L’histoire sacralisée et mythifiée de cette « Parole/Texte » a été fabriquée et dictée de l’intérieur. Nous proposons d’en faire « un peu plus un objet de savoir » [J. Chabbi, 2016]. Nous souhaitons déborder ces accumulations sémantiques et, à la suite d’autres pisteurs, nous approcher d’une « sémantique première » permettant de requalifier cette « Parole/Texte ». 

Notre investigation s’appuiera sur le présupposé de l’oralité, c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle il y a eu une énonciation première, de tout ou partie des versets coraniques et dont la référence était immédiate pour les auditeurs. Notre investigation tiendra compte des paramètres linguistiques, chronologiques et contextuels. Nous explorerons, comme le préconise J. Chabbi, le territoire des mots du Coran en évitant toute interférence avec les textes postérieurs quand cela semble de nature à corrompre ou à effacer les sens premiers.

En effet, les hommes et la société bédouine qui ont vu naître le Coran ont endossé la fonction de témoins oculaires, dans ce qu’on peut présumer avoir été leur espace spécifique : une province de l’Arabie occidentale, éloignée des grands centres culturels et commerciaux, au début du VIIe siècle. Ces hommes partageaient un champ sémantique, un imaginaire collectif et des modes de représentation communs. La « Parole/Texte » ne faisait appel à aucun facteur extérieur pour asseoir une quelconque compréhension, si l’on considère que l’énoncé et sa réception furent immédiats. Nous tenterons donc de mettre en évidence, en la revivifiant, la « carte d’identité anthropologique de la parole première dans sa société d’origine », telle qu’elle a pu être perçue dans la communauté linguistique de cette époque, avant qu’elle ne soit revisitée par les hommes des générations suivantes, évoluant dans des sociétés différentes. Un siècle et demi ou plus se sont écoulés entre l’énoncé initial et les premiers commentaires : pour les savants inscrits dans des milieux urbains et sujets à des logiques politiques nouvelles, le recours à l’exégèse s’est imposé pour faire valoir des sens particuliers.

Lorsqu’on replace cette « Parole/Texte » dans notre espace immédiat, avec nos propres références, force est de constater que le décalage est important entre un énoncé initial et sa réception, de nos jours, même pour des arabophones de naissance qui croient, en appartenant à cette aire géographique qui a vu naître cette « Parole/Texte », disposer des clés de lecture qui leur ouvrent la voie de la « Vérité ». Certes, l’arabe du Coran ne diffère pas, syntaxiquement et morphologiquement, de la langue littérale d’aujourd’hui. Mais, dans le cadre de ce séminaire, nous serons amenés à démontrer que, dans bien des cas, les sémantiques exposées à des moments précis de l’histoire de cette « Parole/Texte » sont éloignées de ce qu’une étude lexicale, sociologique et anthropologique peut nous dire de l’imaginaire collectif de ses récepteurs et interlocuteurs premiers. Pour les non arabophones, les traductions du Coran, en s’appuyant sur les sens dominants de l’exégèse, ne font, le plus souvent, que véhiculer la sémantique imposée par la Tradition musulmane.

Vendredi 15 octobre : Introduction générale: Contenu, Outils, Méthode

Vendredi 19 novembre : Référence immédiate et réception exogène : la sourate 87

Vendredi 10 décembre : Tentative de restitution du « sens »

Vendredi 21 janvier : Hommes de terrain et hommes de « savoirs »

Vendredi 11 février : Saba’ et Madian : les remakes d’une même histoire

Vendredi 11 mars : De l’ordre établi à la confusion « labs »

Vendredi 15 avril : De la « sémantextualisation » à l’appropriation des « Écritures »

Vendredi 20 mai : Le « péché » adamique entre récit biblique et représentation locale

Vendredi 10 juin : La « Fātiḥa » (l’Ouvrante) où la commutativité de l’acte. Une lecture infinie

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

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