Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2022-2023.

UE252 - Philosophie avancée de la psychologie/Advanced Philosophy of Psychology


Lieu et planning


  • ENS-Ulm
    Salle Ribot
    29 rue d'Ulm 75005 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 14:00-17:00
    du 4 février 2022 au 3 juin 2022


Description


Dernière modification : 28 juin 2022 10:09

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Psychologie et sciences cognitives
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Cognition Philosophie Sciences cognitives
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Dans ce cours, nous étudierons une série de débats contemporains de la philosophie analytique de la psychologie. Nous nous demanderons comment des résultats récents dans les sciences cognitives portent sur des questions traditionnelles concernant des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

La mémoire (dans sa forme dite « épisodique ») et l’imagination (dans sa forme expérientielle) sont deux phénomènes mentaux très souvent associés. Elles donnent lieu à des expériences quasi-sensorielles très similaires : elles ne semblent pas impliquer le sentiment de présence qui accompagne les expériences perceptives, et – par rapport à celles-ci – elles apparaissent comme plus « fades » ou moins « vivaces ». Une hypothèse bien représentée dans la littérature dépeint la mémoire comme n’étant rien d’autre qu’une utilisation spécifique de l’imagination. Cette approche réductionniste trouve sa force dans certaines données empiriques. Les sciences cognitives ont identifié, sur des bases psychologiques et neurologiques, une capacité qui sous-tend à la fois la mémoire épisodique et une certaine façon de nous projeter par l’imagination vers notre futur. Néanmoins, ces données sont ouvertes à des interprétations concurrentes et contre l’approche réductionniste de la mémoire des voix dissidentes se sont élevées. Ces dernières ont mis l’accent sur les différences (ontologiques, épistémologiques, phénoménologiques, …) entre mémoire et imagination. Le but de ce cours est d’explorer ce débat en abordant différentes questions relevant de plusieurs niveaux d’analyse.


Master


  • Séminaires de tronc commun – Sciences cognitives – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Philosophie-Philosophie du langage et de l'esprit – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter les enseignants par courriel.

Direction de travaux des étudiants

contacter les enseignants par courriel.

Réception des candidats

contacter les enseignants par courriel.

Pré-requis
-

Compte rendu


Le séminaire a pour but de donner un aperçu des débats récents au sein des sciences cognitives – au croisement entre philosophie, psychologie expérimentale et neurosciences – qui portent sur des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

Cette année nous avons décidé de nous concentrer sur deux phénomènes mentaux spécifiques et souvent associés, à savoir l’imagination et la mémoire. Nous avons commencé par clarifier les deux notions en jeu. Quand les philosophes, les psychologues et les neuroscientifiques parlent d’imagination, ils ne se réfèrent pas forcément au même phénomène. Il en va de même pour la mémoire. Nous avons distingué entre plusieurs formes d’imagination et de mémoire, et souligné celles qui sont les plus similaires, notamment l’imagination « expérientielle » et la mémoire dite « épisodique ».

Nous avons poursuivi en comparant en détails l’imagination et la mémoire selon quatre dimensions : le contenu, la phénoménologie, l’épistémologie et l’émotionnalité.

La dimension du contenu a été invoquée dans la littérature surtout pour indiquer les similarités entre mémoire et imagination. En effet, il n’est pas évident que les souvenirs et les états de l’imagination puissent être distingués au niveau de leur contenu (explicite). Tout ce qui peut être remémoré peut être imaginé. L’affirmation inverse, selon laquelle tout ce qui peut être imaginé peut être remémoré, est moins plausible, mais les contenus de la mémoire ne semblent pas essentiellement différents des contenus de l’imagination.

Même la phénoménologie semble révéler une ressemblance manifeste entre mémoire et imagination. Néanmoins, celles-ci diffèrent sur le plan de leur phénoménologie globale et semblent impliquer des sentiments noétiques ou épistémiques propres. La question est de savoir si ces sentiments sont extrinsèques ou intrinsèques à l’état mental concerné, s’ils dépendent de l’attitude psychologique (imagination ou mémoire) ou d’un type de contenu spécifique.

Le traitement de la dimension phénoménologique nous a conduits à aborder la question épistémologique : comment savons-nous si nous sommes en train d’imaginer ou de nous souvenir de quelque chose ? Pouvons-nous nous tromper en croyant à tort imaginer (respectivement nous souvenir) alors que nous nous souvenons (respectivement imaginons) ? Nous avons exploré plusieurs théories de l’auto-attribution des épisodes d’imagination et de souvenir. Le volet épistémique nous a aussi amenés à analyser les contraintes épistémiques auxquelles l’imagination peut être soumise (elle semble en effet, dans certains contextes, être source de connaissance ou de justification) et à considérer de plus près la thèse selon laquelle la mémoire ne serait rien d’autre qu’un usage de l’imagination contrainte.

Enfin, nous avons considéré deux débats très interdisciplinaires qui touchent au rapport entre imagination, mémoire et émotions – la question de la mémoire affective (une manière émotionnellement chargée de se souvenir du passé) et la question de l’aphantasie (une condition affectant l’imagerie mentale ou l’imagination sensorielle, dans laquelle les sujets déclarent avoir des difficultés importantes à imaginer voire en être incapables) – pour montrer l’importance d’avoir une théorie probante de la relation entre l’imagination et la mémoire.

Dernière modification : 28 juin 2022 10:09

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Psychologie et sciences cognitives
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Cognition Philosophie Sciences cognitives
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Dans ce cours, nous étudierons une série de débats contemporains de la philosophie analytique de la psychologie. Nous nous demanderons comment des résultats récents dans les sciences cognitives portent sur des questions traditionnelles concernant des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

La mémoire (dans sa forme dite « épisodique ») et l’imagination (dans sa forme expérientielle) sont deux phénomènes mentaux très souvent associés. Elles donnent lieu à des expériences quasi-sensorielles très similaires : elles ne semblent pas impliquer le sentiment de présence qui accompagne les expériences perceptives, et – par rapport à celles-ci – elles apparaissent comme plus « fades » ou moins « vivaces ». Une hypothèse bien représentée dans la littérature dépeint la mémoire comme n’étant rien d’autre qu’une utilisation spécifique de l’imagination. Cette approche réductionniste trouve sa force dans certaines données empiriques. Les sciences cognitives ont identifié, sur des bases psychologiques et neurologiques, une capacité qui sous-tend à la fois la mémoire épisodique et une certaine façon de nous projeter par l’imagination vers notre futur. Néanmoins, ces données sont ouvertes à des interprétations concurrentes et contre l’approche réductionniste de la mémoire des voix dissidentes se sont élevées. Ces dernières ont mis l’accent sur les différences (ontologiques, épistémologiques, phénoménologiques, …) entre mémoire et imagination. Le but de ce cours est d’explorer ce débat en abordant différentes questions relevant de plusieurs niveaux d’analyse.

  • Séminaires de tronc commun – Sciences cognitives – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Philosophie-Philosophie du langage et de l'esprit – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter les enseignants par courriel.

Direction de travaux des étudiants

contacter les enseignants par courriel.

Réception des candidats

contacter les enseignants par courriel.

Pré-requis
-
  • ENS-Ulm
    Salle Ribot
    29 rue d'Ulm 75005 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 14:00-17:00
    du 4 février 2022 au 3 juin 2022

Le séminaire a pour but de donner un aperçu des débats récents au sein des sciences cognitives – au croisement entre philosophie, psychologie expérimentale et neurosciences – qui portent sur des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

Cette année nous avons décidé de nous concentrer sur deux phénomènes mentaux spécifiques et souvent associés, à savoir l’imagination et la mémoire. Nous avons commencé par clarifier les deux notions en jeu. Quand les philosophes, les psychologues et les neuroscientifiques parlent d’imagination, ils ne se réfèrent pas forcément au même phénomène. Il en va de même pour la mémoire. Nous avons distingué entre plusieurs formes d’imagination et de mémoire, et souligné celles qui sont les plus similaires, notamment l’imagination « expérientielle » et la mémoire dite « épisodique ».

Nous avons poursuivi en comparant en détails l’imagination et la mémoire selon quatre dimensions : le contenu, la phénoménologie, l’épistémologie et l’émotionnalité.

La dimension du contenu a été invoquée dans la littérature surtout pour indiquer les similarités entre mémoire et imagination. En effet, il n’est pas évident que les souvenirs et les états de l’imagination puissent être distingués au niveau de leur contenu (explicite). Tout ce qui peut être remémoré peut être imaginé. L’affirmation inverse, selon laquelle tout ce qui peut être imaginé peut être remémoré, est moins plausible, mais les contenus de la mémoire ne semblent pas essentiellement différents des contenus de l’imagination.

Même la phénoménologie semble révéler une ressemblance manifeste entre mémoire et imagination. Néanmoins, celles-ci diffèrent sur le plan de leur phénoménologie globale et semblent impliquer des sentiments noétiques ou épistémiques propres. La question est de savoir si ces sentiments sont extrinsèques ou intrinsèques à l’état mental concerné, s’ils dépendent de l’attitude psychologique (imagination ou mémoire) ou d’un type de contenu spécifique.

Le traitement de la dimension phénoménologique nous a conduits à aborder la question épistémologique : comment savons-nous si nous sommes en train d’imaginer ou de nous souvenir de quelque chose ? Pouvons-nous nous tromper en croyant à tort imaginer (respectivement nous souvenir) alors que nous nous souvenons (respectivement imaginons) ? Nous avons exploré plusieurs théories de l’auto-attribution des épisodes d’imagination et de souvenir. Le volet épistémique nous a aussi amenés à analyser les contraintes épistémiques auxquelles l’imagination peut être soumise (elle semble en effet, dans certains contextes, être source de connaissance ou de justification) et à considérer de plus près la thèse selon laquelle la mémoire ne serait rien d’autre qu’un usage de l’imagination contrainte.

Enfin, nous avons considéré deux débats très interdisciplinaires qui touchent au rapport entre imagination, mémoire et émotions – la question de la mémoire affective (une manière émotionnellement chargée de se souvenir du passé) et la question de l’aphantasie (une condition affectant l’imagerie mentale ou l’imagination sensorielle, dans laquelle les sujets déclarent avoir des difficultés importantes à imaginer voire en être incapables) – pour montrer l’importance d’avoir une théorie probante de la relation entre l’imagination et la mémoire.