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UE99 - Le monde arabe en représentation : une perspective critique


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.07
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 17:00-19:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021


Description


Dernière modification : 31 juillet 2020 09:18

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie historique Anthropologie sociale Coloniales (études) Culture visuelle Ethnologie Histoire Historiographie Image Islam Orientalisme Post-coloniales (études)
Aires culturelles
Afrique Arabe (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes) Sahara Transméditerranée
Intervenant·e·s

Comme d’autres sociétés scripturaires, le monde arabe n’accepte pas facilement le regard anthropologique. C’est que le travail sur l’identité entrepris dans cette région coïncide trop bien avec la confrontation coloniale et post-coloniale : récusant des représentations jugées dès lors dépréciatives, il a engagé de longue date une entreprise de reconstruction de l’image de soi, celle du moins qu’il entend donner à l’extérieur. C’est à partir de cette situation que nous analyserons l’élaboration historique d’objets de connaissance relevant de l’anthropologie et la mise en œuvre des entités sociales qui en découlent en partie.  Ce champ de relation entre sujets et objets de l’enquête, entre représentations situées et réceptions contemporaines, institue un dialogue parfois difficile mais qui s’avère finalement fécond. L’élucider impose de rejeter les facilités d’une approche unilatérale pour suivre un itinéraire plus laborieux pour parvenir à une connaissance discursive d’un monde original, fait d’histoire autant que de références essentielles.

On déclinera cette problématique selon une double perspective critique. La première consistera en un travail sur les systèmes narratifs, souvent idéologiques, qui organisent les connaissances dans notre champ d’étude, à partir de la discussion de textes constituant notre bibliographie de référence ou celle qui tente de le devenir. S’instituant en groupe de lecture, le séminaire se proposera de présenter et de discuter les textes qui nous importent, de délimiter ainsi et de mettre en valeur notre bibliothèque idéale.  

La seconde perspective, d’un intérêt pédagogique non moins évident, s’attachera à expliciter plus amplement les partis pris, les façons de faire, qui structurent notre propre travail de recherche. Les intervenants seront invités à reparcourir leur cheminement en même temps qu’ils exposent leurs travaux, à porter ainsi un regard réflexif sur la construction de leurs sources (avec la part de hasard heureux qui y a toujours été présente mais qui s’amplifie à l’heure de l’Internet), sur le traitement auquel ils les soumettent, sur leurs manières de mettre en mots et en récits leurs conclusions.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Compte rendu


Préoccupé de questions larges concernant la mise en représentation du monde arabe, le séminaire a voulu pourtant éviter les formulations généralisantes qui caractérisent la politologie mais plutôt s’attacher à des dossiers précis, ayant fait l’objet de réexamens récents. Exemplaire à cet égard, a été la présentation des chapitres sur l’islam qu’Alain Schnapp (INHA, université Paris1) a extrait de son grand livre sur Une histoire universelle des ruines (Seuil, 2020). Dans la perspective d’une iconographie comparée, François Lissarrague (EHESS) s’est penché sur le problème de la figuration de la violence dans les deux registres de l’Antique et de l’Orient. Dans une définition plus stricte de l’intitulé de ce séminaire, on s’est arrêté sur quelques corpus remarquables où cette société arabe se mettait en scène et comme « en représentation » : ainsi, par Mercedes Volait (CNRS), à propos des séances photographiques organisées chez un sheikh égyptien à la fin du XIXe siècle. Traitant d’une production littéraire profondément indigène mais dans une perspective largement comparatiste, Dominique Casajus a mis en ordre la réflexion générale qui le conduit d’une approche spécialiste de la poésie touarègue aux larges horizons de la poétique contemporaine. Corpus classique encore, les contes des 1001 nuits de Galland à propos desquels Sylvette Larzul poursuit sa réflexion critique ; ou bien, par Guy Barthèlemy, quelques textes réflexifs sur le voyage en Orient au XIXe siècle. Le monde des objets a été exploré : par Baudouin Dupret (CNRS), à partir des menus objets de « décoration » que l’on trouve dans les bazars du Maghreb et du Moyen-Orient contemporains qu’il a sillonnés dans ses grandes largeurs ; à travers la muséographie des bijoux maghrébins dans les musées français par Sara Lakhal (Sorbonne université) ; à travers la question brûlante, et donc mal posée, des restitutions muséales de pièces de patrimoines africains, décortiquée par Jean-Gabriel Leturq (musée du Louvre). Sur quelques corpus remarquables, Nicolas Schaub nous a fait redécouvrir la récolte iconographique réalisée par Delacroix à Alger en 1832, qui ne s’est pas limitée au tableau des Femmes d’Alger du Louvre ; Lydia Haddag sur l’exceptionnelle richesse des productions d’une génération de peintres et de poètes dans cette même ville après la Seconde Guerre mondiale. On ne pouvait mieux conclure sur cette question des représentations d’un monde arabe plus contemporain qu’avec une réflexion sur le succès mondial d’une bande dessinée, L’Arabe du futur (Allary éd., 5 vol. parus, 2015-2020) par le dessinateur d’origine franco-syrienne, Riad Sattouf, à quoi se sont consacrés, avec la participation exceptionnelle de l’auteur, François Pouillon et Mercedes Volait.

Publications
  • Anthropologie des petites choses 2. Dérives autobiographiques, cinématographiques, ethnologiques, Lormond (33), Le Bord de L’eau, 2019, 236 p.
  • Figures d’Abdelkader. La construction d’un héros national algérien, Musée de La Piscine, Roubaix [catalogue d’exposition] & Ed. Snoeck, Gand, 2019, 120 p.
  • Avec Dominique Casajus, Tetsuo Nishio et Tsuyoshi Saito, Sur la notion de culture populaire au Moyen-Orient : Approches franco-japonaises croisée, Osaka, National Museum of Ethnology, Senri Ethnological Reports, 2021, 200 p.
  • « Problématiques d’une “culture populaire” au Maghreb : Travaux récents sur l’artisanat indigène », ibid. p. 13-37 ; « Postface : Orientalismes croisés », ibid., p. 195-201.
  • « Jacques Berque : les miroirs brisés de la colonisation », dans  Ethnologues en situations coloniales, sous la dir. de in Christine Laurière et André Mary, Carnets de Bérose, 11, 2019, p. 80-108.
  • « Les découvreurs de Madâin Sâlih : Doughty, Euting, Huber, les PP Jaussen et Savignac », dans Al-Ula, merveille d’Arabie [Catalogue d’exposition], Paris, IMA/Gallimard, 2019, p. 118-121.
  • « Arnold Van Gennep en Algérie. Le détour exotique d’un ethnologue de l’Europe », Encyclopédie Bérose, 2020.
  •  « Bédouins, bédouinisme », in Le monde arabe existe-t-il encore ?, Le Seuil/Institut du Monde Arabe, 2020, p. 165-169.
  • « Une passion dans le désert : sur une fantasmagorie de Balzac. Le temps des commencements », dans Antropologia y Orientalismo [Mélanges pour José Antonio González Alcantud], Publication de l’Université de Grenade, 2020, p. 363-375.

Dernière modification : 31 juillet 2020 09:18

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie historique Anthropologie sociale Coloniales (études) Culture visuelle Ethnologie Histoire Historiographie Image Islam Orientalisme Post-coloniales (études)
Aires culturelles
Afrique Arabe (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes) Sahara Transméditerranée
Intervenant·e·s

Comme d’autres sociétés scripturaires, le monde arabe n’accepte pas facilement le regard anthropologique. C’est que le travail sur l’identité entrepris dans cette région coïncide trop bien avec la confrontation coloniale et post-coloniale : récusant des représentations jugées dès lors dépréciatives, il a engagé de longue date une entreprise de reconstruction de l’image de soi, celle du moins qu’il entend donner à l’extérieur. C’est à partir de cette situation que nous analyserons l’élaboration historique d’objets de connaissance relevant de l’anthropologie et la mise en œuvre des entités sociales qui en découlent en partie.  Ce champ de relation entre sujets et objets de l’enquête, entre représentations situées et réceptions contemporaines, institue un dialogue parfois difficile mais qui s’avère finalement fécond. L’élucider impose de rejeter les facilités d’une approche unilatérale pour suivre un itinéraire plus laborieux pour parvenir à une connaissance discursive d’un monde original, fait d’histoire autant que de références essentielles.

On déclinera cette problématique selon une double perspective critique. La première consistera en un travail sur les systèmes narratifs, souvent idéologiques, qui organisent les connaissances dans notre champ d’étude, à partir de la discussion de textes constituant notre bibliographie de référence ou celle qui tente de le devenir. S’instituant en groupe de lecture, le séminaire se proposera de présenter et de discuter les textes qui nous importent, de délimiter ainsi et de mettre en valeur notre bibliothèque idéale.  

La seconde perspective, d’un intérêt pédagogique non moins évident, s’attachera à expliciter plus amplement les partis pris, les façons de faire, qui structurent notre propre travail de recherche. Les intervenants seront invités à reparcourir leur cheminement en même temps qu’ils exposent leurs travaux, à porter ainsi un regard réflexif sur la construction de leurs sources (avec la part de hasard heureux qui y a toujours été présente mais qui s’amplifie à l’heure de l’Internet), sur le traitement auquel ils les soumettent, sur leurs manières de mettre en mots et en récits leurs conclusions.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.07
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 17:00-19:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021

Préoccupé de questions larges concernant la mise en représentation du monde arabe, le séminaire a voulu pourtant éviter les formulations généralisantes qui caractérisent la politologie mais plutôt s’attacher à des dossiers précis, ayant fait l’objet de réexamens récents. Exemplaire à cet égard, a été la présentation des chapitres sur l’islam qu’Alain Schnapp (INHA, université Paris1) a extrait de son grand livre sur Une histoire universelle des ruines (Seuil, 2020). Dans la perspective d’une iconographie comparée, François Lissarrague (EHESS) s’est penché sur le problème de la figuration de la violence dans les deux registres de l’Antique et de l’Orient. Dans une définition plus stricte de l’intitulé de ce séminaire, on s’est arrêté sur quelques corpus remarquables où cette société arabe se mettait en scène et comme « en représentation » : ainsi, par Mercedes Volait (CNRS), à propos des séances photographiques organisées chez un sheikh égyptien à la fin du XIXe siècle. Traitant d’une production littéraire profondément indigène mais dans une perspective largement comparatiste, Dominique Casajus a mis en ordre la réflexion générale qui le conduit d’une approche spécialiste de la poésie touarègue aux larges horizons de la poétique contemporaine. Corpus classique encore, les contes des 1001 nuits de Galland à propos desquels Sylvette Larzul poursuit sa réflexion critique ; ou bien, par Guy Barthèlemy, quelques textes réflexifs sur le voyage en Orient au XIXe siècle. Le monde des objets a été exploré : par Baudouin Dupret (CNRS), à partir des menus objets de « décoration » que l’on trouve dans les bazars du Maghreb et du Moyen-Orient contemporains qu’il a sillonnés dans ses grandes largeurs ; à travers la muséographie des bijoux maghrébins dans les musées français par Sara Lakhal (Sorbonne université) ; à travers la question brûlante, et donc mal posée, des restitutions muséales de pièces de patrimoines africains, décortiquée par Jean-Gabriel Leturq (musée du Louvre). Sur quelques corpus remarquables, Nicolas Schaub nous a fait redécouvrir la récolte iconographique réalisée par Delacroix à Alger en 1832, qui ne s’est pas limitée au tableau des Femmes d’Alger du Louvre ; Lydia Haddag sur l’exceptionnelle richesse des productions d’une génération de peintres et de poètes dans cette même ville après la Seconde Guerre mondiale. On ne pouvait mieux conclure sur cette question des représentations d’un monde arabe plus contemporain qu’avec une réflexion sur le succès mondial d’une bande dessinée, L’Arabe du futur (Allary éd., 5 vol. parus, 2015-2020) par le dessinateur d’origine franco-syrienne, Riad Sattouf, à quoi se sont consacrés, avec la participation exceptionnelle de l’auteur, François Pouillon et Mercedes Volait.

Publications
  • Anthropologie des petites choses 2. Dérives autobiographiques, cinématographiques, ethnologiques, Lormond (33), Le Bord de L’eau, 2019, 236 p.
  • Figures d’Abdelkader. La construction d’un héros national algérien, Musée de La Piscine, Roubaix [catalogue d’exposition] & Ed. Snoeck, Gand, 2019, 120 p.
  • Avec Dominique Casajus, Tetsuo Nishio et Tsuyoshi Saito, Sur la notion de culture populaire au Moyen-Orient : Approches franco-japonaises croisée, Osaka, National Museum of Ethnology, Senri Ethnological Reports, 2021, 200 p.
  • « Problématiques d’une “culture populaire” au Maghreb : Travaux récents sur l’artisanat indigène », ibid. p. 13-37 ; « Postface : Orientalismes croisés », ibid., p. 195-201.
  • « Jacques Berque : les miroirs brisés de la colonisation », dans  Ethnologues en situations coloniales, sous la dir. de in Christine Laurière et André Mary, Carnets de Bérose, 11, 2019, p. 80-108.
  • « Les découvreurs de Madâin Sâlih : Doughty, Euting, Huber, les PP Jaussen et Savignac », dans Al-Ula, merveille d’Arabie [Catalogue d’exposition], Paris, IMA/Gallimard, 2019, p. 118-121.
  • « Arnold Van Gennep en Algérie. Le détour exotique d’un ethnologue de l’Europe », Encyclopédie Bérose, 2020.
  •  « Bédouins, bédouinisme », in Le monde arabe existe-t-il encore ?, Le Seuil/Institut du Monde Arabe, 2020, p. 165-169.
  • « Une passion dans le désert : sur une fantasmagorie de Balzac. Le temps des commencements », dans Antropologia y Orientalismo [Mélanges pour José Antonio González Alcantud], Publication de l’Université de Grenade, 2020, p. 363-375.