UE975 - Islam savant et islam populaire : contradictions et interactions. Une approche transdisciplinaire

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Philosophie et épistémologie
Page web
https://enseignements-2018.ehess.fr/2018/ue/2186/ 
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Écriture Ethnologie Fait religieux Histoire Histoire culturelle Histoire des idées Islam Oralité Philosophie Religieux (sciences sociales du) Textes Théologie Valeur
Aires culturelles
Musulmans (mondes)

La séance du 4 mars 2021 se déroulera en salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris.

La distinction entre religion savante et religion populaire est au moins depuis Hume un paradigme des discours sur le religieux. Elle a structuré l’architecture du savoir : à la philosophie et à la science des religions, la connaissance des doctrines et des livres ; à l’histoire sociale et à l’ethnologie, la description des pratiques et des coutumes.

En islam, la distinction entre la foi de l’élite (al-khâṣṣa) et la religiosité du commun (al-‘âmmaal-jumhûr) a tôt été théorisée par des juristes-théologiens revendiquant l’autorité religieuse, qu’ils fussent sunnites comme Ibn Rushd (m. 595/1198) ou shî‘ites comme al-‘Allâma al-Ḥillî (m. 726/1325). Les savants (‘ulamâ’) se sont arrogé l’interprétation de la Loi (ijtihâd) et du Livre (ta’wîl), la définition de l’orthodoxie et de l’orthopraxie, vouant la masse au « suivisme » (taqlîd) et au littéralisme.

L’islamologie est encore tributaire de ce paradigme. Les études sur les doctrines de l’islam et celles sur les pratiques des musulmans sont séparées par des cloisons disciplinaires. L’on se représente tantôt une étrangeté mutuelle totale des deux sphères, tantôt une influence unilatérale des ‘ulamâ’ sur la masse. La réception par les croyants des doctrines théologiques et philosophiques comme des prescriptions juridiques, l’indépendance de la religion populaire et son action en retour sur les productions des savants, sont rarement envisagées.

Notre séminaire aura pour vocation à interroger les contradictions possibles et les interactions réelles entre les deux sphères de l’islam savant et de l’islam populaire. Nous proposons de mener une réflexion transdisciplinaire croisant l’étude doctrinale des textes et des idées, l’approche anthropologique des rites et de la culture matérielle, et l’histoire des sociétés, afin d’éclairer les unes par les autres les productions théoriques et les pratiques religieuses en islam. Si le shî‘isme est un domaine privilégié pour ce questionnement, tant la distinction de l’élite et du commun y est institutionnalisée, il nous paraît utile et pertinent de questionner le sens et les limites de celle-ci dans tous les courants de l’islam, en étendant autant que possible le champ chronologique et géographique de nos interventions.

Après une ou deux séances d’introduction au problème et aux travaux classiques, nous inviterons des spécialistes de différentes disciplines et de différentes spécialités pour présenter aux étudiants et échanger entre eux les fruits de leurs recherches. Chaque séance de 2 heures pourrait confronter, sur un thème ou un courant précis, les deux approches doctrinale et anthropologique. Parmi les premiers thèmes qui pourraient être proposés : le rapport aux défunts et aux tombes, la prière, les pratiques ascétiques, les représentations des prophètes, des imâms et des saints (awliyâ’), la perception de la matière et la valeur du sentiment religieux.

Programme :

5 novembre : Introduction :

  • Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor) 
  • Mathieu Terrier (CNRS-LEM) 

3 décembre : Retour d’expérience : 

  • Hala Jalloul-el-Mir (responsable de formation, IISMM) :  La "prise en charge de la radicalisation" en prison grâce à la recherche sur l'islam et les mondes musulmans : retour sur un an d'expérience dans le centre pénitentiaire Paris La Santé
  • Mathieu Terrier (CNRS, LEM) : Un islamologue au QPR (Quartier de Prise en charge de la Radicalisation): essai de retour sur une expérience paradoxale

7 janvier :

  • Mohsen Ebadi (doctorant, EHESS) : Les frères musulmans dans le Kurdistan iraniens 
  • Elyamine Settoul (maître de conférences, CNAM) : Radicalisation et désengagement : approches théoriques et enjeux pratiques 

4 février :

  • Hiba Abid (postdoctorante-CéSor) et Anouk Cohen (CNRS-LESC) : La matérialité du livre et ses effets sur la religiosité : les cas du Coran et des Dala’il al-Khayrât au Maghreb

4 mars :

  • Anis Fariji (postdoctorant-CéSor) : La récitation du Coran au Maroc, entre engouement populaire et contrôle doctrinal
  • Paul Neuenkirchen (docteur-EPHE) : Quelques remarques intertextuelles concernant l'oralité dans le Coran

1er avril :

  • Amélie Neuve-Eglise (docteur en philosophie - Paris 1 et Université de Téhéran) et Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor) : Visite pieuse et pèlerinage dans le chiisme duodécimain (Iran)

6 mai :

  • Mohamed Belhaj (doctorant à l’EHESS) : Kyôto comme modèle d'un nouveau type d'approche de l'islam au Japon
  • Les travaux des étudiants

3 juin :

  • Samuel Verley (doctorant à l'EHESS) : Al-Khiḍr théologique ou anthropomorphique? Une approche cognitive du savant et du populaire dans l’islam turc  
  • Ghulam Shams-ur-Rehman (GCUF- Government College University Faisalabad (Pakistan) / Professeur invité - IISMM) : The Rise of Religious Authority in Modern Afghanistan: A Case Study of Khanqah Shor Bazar, Kabul 
  • Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture, diverses possibilités : description critique de matériaux d'étude (vidéo, etc.) ; rédaction d'une fiche biographique ; exercice d'enquête de terrain ; exercice d'édition de texte
  • Sepideh Parsapajouh [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Mathieu Terrier   chargé de recherche, CNRS /
Contacts additionnels
elodie.paccaud@ehess.fr
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Attention !
    En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : http://listsem.ehess.fr/courses/975/requests/new.

    105 bd Raspail
    Salle 1. Le 4 mars en salle 9
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), jeudi 09:00-12:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021


Intervenant·e·s


  • Sepideh Parsapajouh [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Mathieu Terrier   chargé de recherche, CNRS /

Planning


  • Attention !
    En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : http://listsem.ehess.fr/courses/975/requests/new.

    105 bd Raspail
    Salle 1. Le 4 mars en salle 9
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), jeudi 09:00-12:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021


Description


Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Philosophie et épistémologie
Page web
https://enseignements-2018.ehess.fr/2018/ue/2186/ 
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Écriture Ethnologie Fait religieux Histoire Histoire culturelle Histoire des idées Islam Oralité Philosophie Religieux (sciences sociales du) Textes Théologie Valeur
Aires culturelles
Musulmans (mondes)

La séance du 4 mars 2021 se déroulera en salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris.

La distinction entre religion savante et religion populaire est au moins depuis Hume un paradigme des discours sur le religieux. Elle a structuré l’architecture du savoir : à la philosophie et à la science des religions, la connaissance des doctrines et des livres ; à l’histoire sociale et à l’ethnologie, la description des pratiques et des coutumes.

En islam, la distinction entre la foi de l’élite (al-khâṣṣa) et la religiosité du commun (al-‘âmmaal-jumhûr) a tôt été théorisée par des juristes-théologiens revendiquant l’autorité religieuse, qu’ils fussent sunnites comme Ibn Rushd (m. 595/1198) ou shî‘ites comme al-‘Allâma al-Ḥillî (m. 726/1325). Les savants (‘ulamâ’) se sont arrogé l’interprétation de la Loi (ijtihâd) et du Livre (ta’wîl), la définition de l’orthodoxie et de l’orthopraxie, vouant la masse au « suivisme » (taqlîd) et au littéralisme.

L’islamologie est encore tributaire de ce paradigme. Les études sur les doctrines de l’islam et celles sur les pratiques des musulmans sont séparées par des cloisons disciplinaires. L’on se représente tantôt une étrangeté mutuelle totale des deux sphères, tantôt une influence unilatérale des ‘ulamâ’ sur la masse. La réception par les croyants des doctrines théologiques et philosophiques comme des prescriptions juridiques, l’indépendance de la religion populaire et son action en retour sur les productions des savants, sont rarement envisagées.

Notre séminaire aura pour vocation à interroger les contradictions possibles et les interactions réelles entre les deux sphères de l’islam savant et de l’islam populaire. Nous proposons de mener une réflexion transdisciplinaire croisant l’étude doctrinale des textes et des idées, l’approche anthropologique des rites et de la culture matérielle, et l’histoire des sociétés, afin d’éclairer les unes par les autres les productions théoriques et les pratiques religieuses en islam. Si le shî‘isme est un domaine privilégié pour ce questionnement, tant la distinction de l’élite et du commun y est institutionnalisée, il nous paraît utile et pertinent de questionner le sens et les limites de celle-ci dans tous les courants de l’islam, en étendant autant que possible le champ chronologique et géographique de nos interventions.

Après une ou deux séances d’introduction au problème et aux travaux classiques, nous inviterons des spécialistes de différentes disciplines et de différentes spécialités pour présenter aux étudiants et échanger entre eux les fruits de leurs recherches. Chaque séance de 2 heures pourrait confronter, sur un thème ou un courant précis, les deux approches doctrinale et anthropologique. Parmi les premiers thèmes qui pourraient être proposés : le rapport aux défunts et aux tombes, la prière, les pratiques ascétiques, les représentations des prophètes, des imâms et des saints (awliyâ’), la perception de la matière et la valeur du sentiment religieux.

Programme :

5 novembre : Introduction :

  • Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor) 
  • Mathieu Terrier (CNRS-LEM) 

3 décembre : Retour d’expérience : 

  • Hala Jalloul-el-Mir (responsable de formation, IISMM) :  La "prise en charge de la radicalisation" en prison grâce à la recherche sur l'islam et les mondes musulmans : retour sur un an d'expérience dans le centre pénitentiaire Paris La Santé
  • Mathieu Terrier (CNRS, LEM) : Un islamologue au QPR (Quartier de Prise en charge de la Radicalisation): essai de retour sur une expérience paradoxale

7 janvier :

  • Mohsen Ebadi (doctorant, EHESS) : Les frères musulmans dans le Kurdistan iraniens 
  • Elyamine Settoul (maître de conférences, CNAM) : Radicalisation et désengagement : approches théoriques et enjeux pratiques 

4 février :

  • Hiba Abid (postdoctorante-CéSor) et Anouk Cohen (CNRS-LESC) : La matérialité du livre et ses effets sur la religiosité : les cas du Coran et des Dala’il al-Khayrât au Maghreb

4 mars :

  • Anis Fariji (postdoctorant-CéSor) : La récitation du Coran au Maroc, entre engouement populaire et contrôle doctrinal
  • Paul Neuenkirchen (docteur-EPHE) : Quelques remarques intertextuelles concernant l'oralité dans le Coran

1er avril :

  • Amélie Neuve-Eglise (docteur en philosophie - Paris 1 et Université de Téhéran) et Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor) : Visite pieuse et pèlerinage dans le chiisme duodécimain (Iran)

6 mai :

  • Mohamed Belhaj (doctorant à l’EHESS) : Kyôto comme modèle d'un nouveau type d'approche de l'islam au Japon
  • Les travaux des étudiants

3 juin :

  • Samuel Verley (doctorant à l'EHESS) : Al-Khiḍr théologique ou anthropomorphique? Une approche cognitive du savant et du populaire dans l’islam turc  
  • Ghulam Shams-ur-Rehman (GCUF- Government College University Faisalabad (Pakistan) / Professeur invité - IISMM) : The Rise of Religious Authority in Modern Afghanistan: A Case Study of Khanqah Shor Bazar, Kabul 

Master


  • Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture, diverses possibilités : description critique de matériaux d'étude (vidéo, etc.) ; rédaction d'une fiche biographique ; exercice d'enquête de terrain ; exercice d'édition de texte

Renseignements


Contacts additionnels
elodie.paccaud@ehess.fr
Informations pratiques
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Direction de travaux des étudiants
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Réception des candidats
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Pré-requis
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