UE960 - Transformations du cancer à l'ère de la génomique globalisée et du capitalisme sanitaire

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Biologie et société Capitalisme État et politiques publiques Génétique Innovation Médecine Santé
Aires culturelles
-

Dans les Nords comme dans les Suds, le développement de la médecine dite de précision (immunothérapies et médecine génomique) a réactivé depuis le début des années 2000 le grand récit de la victoire contre le cancer. Pour certains acteurs – cliniciens, pouvoirs publics, laboratoires pharmaceutiques, entreprises de santé, associations de patients –, les progrès jumelés de la génomique et du traitement de données de masse feraient renaître l’espoir d’une victoire contre cette pathologie, devenue en un siècle une des priorités majeures des États du Nord. Cette promesse se déploie de concert avec une série d’innovations thérapeutiques arrivant sur le marché depuis moins de deux décennies. Ces nouveaux traitements consistent à cibler des modifications génétiques spécifiques des tumeurs (thérapies ciblées) ou à modifier génétiquement des cellules des patients (thérapies géniques). Ils sont, tout comme les nouveaux modes de dépistage génétique, présentés comme des « innovations de rupture » pouvant transformer radicalement l’approche clinique et thérapeutique du cancer. Au delà de cette simple transformation des modes de prise en charge, certains acteurs de l'oncologie considèrent que les nouveaux traitements et la médecine génomique transforment jusqu'à la maladie elle-même : nosologiquement, elle relèverait bientôt du champ des maladies rares et cliniquement, elle deviendrait une maladie traitée à domicile. Par ailleurs, le déploiement de cette médecine "de précision" dans le domaine du cancer s'accompagne de discours annonçant une nouvelle ère économique pour les thérapeutiques en oncologie et leurs marchés. Dans de nombreux États du Nord, ces transformations s'inscrivent dans un autre type de basculement, plus large et tout aussi politique : faire de la santé non pas un fardeau financier pour les systèmes de santé, mais une source de profit et de « création de valeur».  

Ce sont toutes ces transformations dans le champ de la lutte contre le cancer, dans celui de la génétique et plus largement dans le champ de la santé que ce séminaire entend étudier. Il s'agit d'appréhender le cancer à deux niveaux complémentaires : d'une part comme un analyseur, un support et parfois un laboratoire de changements sociaux, politiques et économiques ; et d'autre part, comme une expérience vécue du capitalisme.

Pour ce faire, le programme combinera des approches d'histoire, de sociologie, d'anthropologie, d'économie et de science politique, à propos de travaux portant ou non sur le cancer, mais abordant des thèmes tels que : les marchés globalisés du médicament et des tests ; les logiques et pratiques de prescription ; les transformations de l'organisation et des pratiques de soins et de recherche ; les potentielles évolutions des expériences de la maladie et du soin ; les dynamiques de production et de circulation des savoirs génétiques, génomiques ou oncologiques entre profanes et professionnels, entre Nords et Suds, etc.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Savoirs en sociétés-Santé, médecine et questions sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 12 ECTS
    MCC – autre (présence/participation active + rédaction d’un essai (30 000 signes) )
  • Catherine Bourgain [référent·e]   chargée de recherche, INSERM / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Claire Beaudevin   chargée de recherche, CNRS / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Fanny Vincent   contrat postdoctoral, INSERM /
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

demandes de renseignements : par courriel auprès de l'un.e des enseignant.e.s

Direction de travaux des étudiants

uniquement sur rendez-vous

Réception des candidats

uniquement sur rendez-vous

Pré-requis
-

Aucun planning disponible.


Intervenant·e·s


  • Catherine Bourgain [référent·e]   chargée de recherche, INSERM / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Claire Beaudevin   chargée de recherche, CNRS / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Fanny Vincent   contrat postdoctoral, INSERM /

Planning


Aucun planning disponible.


Description


Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Biologie et société Capitalisme État et politiques publiques Génétique Innovation Médecine Santé
Aires culturelles
-

Dans les Nords comme dans les Suds, le développement de la médecine dite de précision (immunothérapies et médecine génomique) a réactivé depuis le début des années 2000 le grand récit de la victoire contre le cancer. Pour certains acteurs – cliniciens, pouvoirs publics, laboratoires pharmaceutiques, entreprises de santé, associations de patients –, les progrès jumelés de la génomique et du traitement de données de masse feraient renaître l’espoir d’une victoire contre cette pathologie, devenue en un siècle une des priorités majeures des États du Nord. Cette promesse se déploie de concert avec une série d’innovations thérapeutiques arrivant sur le marché depuis moins de deux décennies. Ces nouveaux traitements consistent à cibler des modifications génétiques spécifiques des tumeurs (thérapies ciblées) ou à modifier génétiquement des cellules des patients (thérapies géniques). Ils sont, tout comme les nouveaux modes de dépistage génétique, présentés comme des « innovations de rupture » pouvant transformer radicalement l’approche clinique et thérapeutique du cancer. Au delà de cette simple transformation des modes de prise en charge, certains acteurs de l'oncologie considèrent que les nouveaux traitements et la médecine génomique transforment jusqu'à la maladie elle-même : nosologiquement, elle relèverait bientôt du champ des maladies rares et cliniquement, elle deviendrait une maladie traitée à domicile. Par ailleurs, le déploiement de cette médecine "de précision" dans le domaine du cancer s'accompagne de discours annonçant une nouvelle ère économique pour les thérapeutiques en oncologie et leurs marchés. Dans de nombreux États du Nord, ces transformations s'inscrivent dans un autre type de basculement, plus large et tout aussi politique : faire de la santé non pas un fardeau financier pour les systèmes de santé, mais une source de profit et de « création de valeur».  

Ce sont toutes ces transformations dans le champ de la lutte contre le cancer, dans celui de la génétique et plus largement dans le champ de la santé que ce séminaire entend étudier. Il s'agit d'appréhender le cancer à deux niveaux complémentaires : d'une part comme un analyseur, un support et parfois un laboratoire de changements sociaux, politiques et économiques ; et d'autre part, comme une expérience vécue du capitalisme.

Pour ce faire, le programme combinera des approches d'histoire, de sociologie, d'anthropologie, d'économie et de science politique, à propos de travaux portant ou non sur le cancer, mais abordant des thèmes tels que : les marchés globalisés du médicament et des tests ; les logiques et pratiques de prescription ; les transformations de l'organisation et des pratiques de soins et de recherche ; les potentielles évolutions des expériences de la maladie et du soin ; les dynamiques de production et de circulation des savoirs génétiques, génomiques ou oncologiques entre profanes et professionnels, entre Nords et Suds, etc.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Savoirs en sociétés-Santé, médecine et questions sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 12 ECTS
    MCC – autre (présence/participation active + rédaction d’un essai (30 000 signes) )

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

demandes de renseignements : par courriel auprès de l'un.e des enseignant.e.s

Direction de travaux des étudiants

uniquement sur rendez-vous

Réception des candidats

uniquement sur rendez-vous

Pré-requis
-