UE896 - Universalisations et patrimonialisations du soufisme

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Institut des mondes africains (IMAF)
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Arts Circulations Fait religieux Globalisation Islam Marché Patrimoine Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Afrique Amérique du Nord Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières

Ce séminaire propose d’étudier les phénomènes de globalisation ainsi que les transformations sociales et culturelles qui travaillent le soufisme, également nommé « mysticisme musulman ».

Il s’agit de réfléchir aux liens qui existent entre tradition soufie, narrations universelles et processus de patrimonialisation, afin de rendre compte des transformations et des adaptations que connaît le soufisme en ce début de XXIe siècle.

L’histoire du soufisme dans le monde est marquée par la diversité des doctrines, des pratiques et des politiques adoptées par les différentes confréries. Dans certaines régions et à certaines époques, elles ont été vecteurs d’islamisation et ont incarné l’orthodoxie islamique en soulignant la séparation entre les musulmans et les non-musulmans alors que, dans d’autres, elles ont brouillé les frontières entre les religions.

Si la relation avec l’altérité religieuse, autrement dit la dialectique entre l’universel et le particulier, a toujours fait partie de l’histoire de l’islam et du soufisme, elle a pris de plus en plus d’importance à partir du XIXe siècle. Plusieurs orientalistes, théosophes, ésotéristes occidentaux en quête d’une religion universelle ont en effet contribué à imaginer et à construire le soufisme contemporain en mettant l’accent sur les dimensions universelles (déjà présentes dans le soufisme), en dépit de ses dimensions particularistes.

Ce processus d’universalisation, et parfois de dé-islamisation, s’est accentué après le 11 septembre 2001, alors que des institutions américaines et européennes, mais aussi des États, notamment africains, ont commencé à présenter et à promouvoir le soufisme en tant que religion « du juste milieu » inclusive, de l’amour, de la paix, des arts et de l’interculturalité, en opposition avec celui du salafisme/wahhabisme/djihadisme. Des entrepreneurs religieux et confréries soufis ont répondu à cette demande et ont profité de cette nouvelle visibilité en négociant activement leur place dans les champs religieux et politique et en investissant la scène culturelle.

L’objectif de ce séminaire est double. D’une part, il s’agit de présenter et de discuter des enquêtes ethnographiques et historiques portant sur les mobilisations sociales, les lieux et les acteurs ayant participé à « spiritualiser » le soufismesoufis ainsi que sur la mise en patrimoine et en scène du soufisme. La démarche, en discutant d’enquêtes réalisées dans plusieurs pays sur les continents européen, africain, asiatique et américain, est de décloisonner les aires culturelles, afin de faire émerger des problématiques similaires à ces pays, ou de mettre au jour des particularismes liés à leurs contextes historiques, politiques et religieux.

En croisant l’étude des formes de patrimonialisations à la fois officielles et ordinaires du soufisme, ce séminaire vise à observer la fabrique des discours sur les soufismes et les universelsd’un discours sur le soufisme universalisé tout en saisissant, à partir des études de cas en contextes nationaux, les tensions entre les ’universalisations et les instrumentalisations locales du soufisme. En combinant l’analyse de trajectoires de pratiquants et d’entrepreneurs du soufisme, celle de ses espaces de définition et de patrimonialisation et celle de ses réseaux mondialisés, ce séminaire veut notamment contribuer à analyser l’insertion du soufisme dans les marchés globalisés de l’islam, de la spiritualité, du développement personnel, des « musiques du monde ».

D’autre part, seront également invités à intervenir dans ce séminaire des acteurs – porte-paroles de confréries soufies, fondateurs de festivals, de musées, d’associations, de fondations, de mosquées – participant à la création des nouveaux lieux et réseaux où se déroulent les transactions contemporaines (religieuses, politiques, sémiotiques, symboliques, identitaires, économiques) liées au soufisme universalisé.

Programme à venir

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

  • Nadège Chabloz [référent·e]   ingénieure d'études, EHESS / Institut des mondes africains (IMAF)
  • Francesco Piraino   contrat postdoctoral, Université de Venise, Italie /
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

séminaire ouvert à toutes et tous

Aucun planning disponible.


Intervenant·e·s


  • Nadège Chabloz [référent·e]   ingénieure d'études, EHESS / Institut des mondes africains (IMAF)
  • Francesco Piraino   contrat postdoctoral, Université de Venise, Italie /

Planning


Aucun planning disponible.


Description


Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Institut des mondes africains (IMAF)
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Arts Circulations Fait religieux Globalisation Islam Marché Patrimoine Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Afrique Amérique du Nord Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières

Ce séminaire propose d’étudier les phénomènes de globalisation ainsi que les transformations sociales et culturelles qui travaillent le soufisme, également nommé « mysticisme musulman ».

Il s’agit de réfléchir aux liens qui existent entre tradition soufie, narrations universelles et processus de patrimonialisation, afin de rendre compte des transformations et des adaptations que connaît le soufisme en ce début de XXIe siècle.

L’histoire du soufisme dans le monde est marquée par la diversité des doctrines, des pratiques et des politiques adoptées par les différentes confréries. Dans certaines régions et à certaines époques, elles ont été vecteurs d’islamisation et ont incarné l’orthodoxie islamique en soulignant la séparation entre les musulmans et les non-musulmans alors que, dans d’autres, elles ont brouillé les frontières entre les religions.

Si la relation avec l’altérité religieuse, autrement dit la dialectique entre l’universel et le particulier, a toujours fait partie de l’histoire de l’islam et du soufisme, elle a pris de plus en plus d’importance à partir du XIXe siècle. Plusieurs orientalistes, théosophes, ésotéristes occidentaux en quête d’une religion universelle ont en effet contribué à imaginer et à construire le soufisme contemporain en mettant l’accent sur les dimensions universelles (déjà présentes dans le soufisme), en dépit de ses dimensions particularistes.

Ce processus d’universalisation, et parfois de dé-islamisation, s’est accentué après le 11 septembre 2001, alors que des institutions américaines et européennes, mais aussi des États, notamment africains, ont commencé à présenter et à promouvoir le soufisme en tant que religion « du juste milieu » inclusive, de l’amour, de la paix, des arts et de l’interculturalité, en opposition avec celui du salafisme/wahhabisme/djihadisme. Des entrepreneurs religieux et confréries soufis ont répondu à cette demande et ont profité de cette nouvelle visibilité en négociant activement leur place dans les champs religieux et politique et en investissant la scène culturelle.

L’objectif de ce séminaire est double. D’une part, il s’agit de présenter et de discuter des enquêtes ethnographiques et historiques portant sur les mobilisations sociales, les lieux et les acteurs ayant participé à « spiritualiser » le soufismesoufis ainsi que sur la mise en patrimoine et en scène du soufisme. La démarche, en discutant d’enquêtes réalisées dans plusieurs pays sur les continents européen, africain, asiatique et américain, est de décloisonner les aires culturelles, afin de faire émerger des problématiques similaires à ces pays, ou de mettre au jour des particularismes liés à leurs contextes historiques, politiques et religieux.

En croisant l’étude des formes de patrimonialisations à la fois officielles et ordinaires du soufisme, ce séminaire vise à observer la fabrique des discours sur les soufismes et les universelsd’un discours sur le soufisme universalisé tout en saisissant, à partir des études de cas en contextes nationaux, les tensions entre les ’universalisations et les instrumentalisations locales du soufisme. En combinant l’analyse de trajectoires de pratiquants et d’entrepreneurs du soufisme, celle de ses espaces de définition et de patrimonialisation et celle de ses réseaux mondialisés, ce séminaire veut notamment contribuer à analyser l’insertion du soufisme dans les marchés globalisés de l’islam, de la spiritualité, du développement personnel, des « musiques du monde ».

D’autre part, seront également invités à intervenir dans ce séminaire des acteurs – porte-paroles de confréries soufies, fondateurs de festivals, de musées, d’associations, de fondations, de mosquées – participant à la création des nouveaux lieux et réseaux où se déroulent les transactions contemporaines (religieuses, politiques, sémiotiques, symboliques, identitaires, économiques) liées au soufisme universalisé.

Programme à venir


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

séminaire ouvert à toutes et tous