UE882 - L'anthropologie comme tradition, introduction critique à la discipline


Planning


  • 105 bd Raspail
    Amphithéâtre François-Furet
    105 bd Raspail 75006 Paris
    1er semestre / hebdomadaire, lundi 09:00-11:00
    du 2 novembre 2020 au 1er février 2021


Description


Dernière modification : 30 septembre 2020 14:46

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Culture Épistémologie Poétique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Emmanuel Désveaux [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)
  • Rebecca Villaret   doctorante chargée d'enseignement, EHESS / Centre Asie du Sud-Est (CASE)
  • Yannis Boudina   doctorant chargé d'enseignement, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

L'anthropologie procède avant tout d'une authentique curiosité vis-à-vis de l'altérité, laquelle appartient peut-être, jusqu'à un certain point, en propre à l'Occident. En ce sens, on peut la faire remonter à Hérodote et, plus sûrement encore, à Montaigne. La différence culturelle est son socle. À cet égard, la discipline a été indiscutablement une des expressions du dévastateur mouvement de colonisation du monde qu'a déclenché l'Occident à partir du XVIe siècle, quand bien elle aurait été la plus frêle de toutes. Mais l'anthropologie est également, comme le disait Lyotard, un avatar positiviste de philosophie dans la mesure où elle s'interroge sur la multiplicité des sociétés humaines sans exclusive – passées et présentes –, et ce à partir d'observations concrètes ou de la critique serrés des textes historiques, voire des données de l'archéologie. En ce sens, elle fait tradition, tout comme la philosophie. Nous essayerons de restituer cette tradition et les différents qui l'irriguèrent – évolutionniste, fonctionnalisme, diffusionnisme, structuralisme, etc. –, en ayant toujours à l'esprit les conditions historiques des enquêtes ethnographiques ou philologiques qui les sous-tendent tour à tour. Enfin l'anthropologie a été marquée par un style d'écriture, ou plutôt des styles d'écriture. Plus que d'autres disciplines en sciences sociales, son voyeurisme intrinsèque l'a conduite à faire de la photographie une alliée privilégiée de ces modes d'expression. En somme, on se évoquera aussi la dimension poétique de l'anthropologie.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de tronc commun – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Compte rendu


Cette année, notre activité d'enseignement s'est scindée en deux périodes qui ont épousé la division de l'année universitaire en semestres. De novembre à février, nous avons assuré l'enseignement de tronc commun de S1 de la formation d'anthropologie sociale et ethnologie. Sous l'intitulé « L'anthropologie comme tradition : introduction à la discipline », nous avons tenté, devant des étudiants dont beaucoup sont novices, de brosser les contours et le bilan d'une tradition intellectuelle singulière qui peu ou prou se forge au XIXe siècle et dont les questionnements relatifs à la diversité culturelle reste le ferment principal. Mis à part les nécessaires séances d'introduction et de conclusion, nous avons, semaine après semaine, d’abord réservé notre exposé aux grands paradigmes de la discipline : le terrain, la collecte des objets de la culture matérielle, synonyme d’engrangement muséographique, le rapport à la langue, la mise en écriture, la mise en image (soulignant ainsi par exemple l’importance de la photographie). Nous avons enchaîné ensuite par une série de séances traitant des grands courant de la discipline : l'évolutionnisme, le diffusionnisme, l'écologisme culturel, le fonctionnalisme, le structuralisme initial, tributaire de l’étude de la parenté, et le second structuralisme qui se fonde sur le mythe. Il ne s'agissait pas tant d'une présentation exhaustive du champ que de montrer les liens qui se sont tissés entre ces diverses expressions de la raison anthropologique d'une part, les écoles nationales d'autre part, qu’elles soient américaine, allemande, britannique et française. L'objectif était également de montrer comment les courants "classiques" sourdent derrière les problématiques actuellement dominantes telles que l'anthropocène, les études postcoloniales ou encore, par le truchement de la division sexuelle des tâches, les études de genre. L'enseignement a eu lieu entièrement en visio-conférence, modalité qui altère considérablement l'interaction avec les étudiants, notamment lorsque leur effectif est conséquent (en l'occurrence plus d'une soixante d'étudiants).

La validation de l’enseignement s’est faite sur la base de la remise, par chaque étudiant, d’un essai portant sur un ouvrage classique du champ anthropologique. Rebecca Villaret et Yannis Boudina, doctorants chargés d’enseignement (DCE), ont contribué à la bonne tenue de l’enseignement en organisant la répartition des textes et nous assistant lors de la correction des travaux rendus. 

Publications
  • « La bise va-t-elle survivre au coronavirus ? Oui », Le Drenche, n°4, 2020, p. 4. 
  • « Claude Lévi-Strauss : de Montaigne à Montaigne », Entretien de ED avec Fabien Lins, Modernos & Contemporâneos, v. 4; n. 10. Jul. /Dez., 2020. 

Dernière modification : 30 septembre 2020 14:46

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Culture Épistémologie Poétique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Emmanuel Désveaux [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)
  • Rebecca Villaret   doctorante chargée d'enseignement, EHESS / Centre Asie du Sud-Est (CASE)
  • Yannis Boudina   doctorant chargé d'enseignement, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

L'anthropologie procède avant tout d'une authentique curiosité vis-à-vis de l'altérité, laquelle appartient peut-être, jusqu'à un certain point, en propre à l'Occident. En ce sens, on peut la faire remonter à Hérodote et, plus sûrement encore, à Montaigne. La différence culturelle est son socle. À cet égard, la discipline a été indiscutablement une des expressions du dévastateur mouvement de colonisation du monde qu'a déclenché l'Occident à partir du XVIe siècle, quand bien elle aurait été la plus frêle de toutes. Mais l'anthropologie est également, comme le disait Lyotard, un avatar positiviste de philosophie dans la mesure où elle s'interroge sur la multiplicité des sociétés humaines sans exclusive – passées et présentes –, et ce à partir d'observations concrètes ou de la critique serrés des textes historiques, voire des données de l'archéologie. En ce sens, elle fait tradition, tout comme la philosophie. Nous essayerons de restituer cette tradition et les différents qui l'irriguèrent – évolutionniste, fonctionnalisme, diffusionnisme, structuralisme, etc. –, en ayant toujours à l'esprit les conditions historiques des enquêtes ethnographiques ou philologiques qui les sous-tendent tour à tour. Enfin l'anthropologie a été marquée par un style d'écriture, ou plutôt des styles d'écriture. Plus que d'autres disciplines en sciences sociales, son voyeurisme intrinsèque l'a conduite à faire de la photographie une alliée privilégiée de ces modes d'expression. En somme, on se évoquera aussi la dimension poétique de l'anthropologie.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de tronc commun – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 105 bd Raspail
    Amphithéâtre François-Furet
    105 bd Raspail 75006 Paris
    1er semestre / hebdomadaire, lundi 09:00-11:00
    du 2 novembre 2020 au 1er février 2021

Cette année, notre activité d'enseignement s'est scindée en deux périodes qui ont épousé la division de l'année universitaire en semestres. De novembre à février, nous avons assuré l'enseignement de tronc commun de S1 de la formation d'anthropologie sociale et ethnologie. Sous l'intitulé « L'anthropologie comme tradition : introduction à la discipline », nous avons tenté, devant des étudiants dont beaucoup sont novices, de brosser les contours et le bilan d'une tradition intellectuelle singulière qui peu ou prou se forge au XIXe siècle et dont les questionnements relatifs à la diversité culturelle reste le ferment principal. Mis à part les nécessaires séances d'introduction et de conclusion, nous avons, semaine après semaine, d’abord réservé notre exposé aux grands paradigmes de la discipline : le terrain, la collecte des objets de la culture matérielle, synonyme d’engrangement muséographique, le rapport à la langue, la mise en écriture, la mise en image (soulignant ainsi par exemple l’importance de la photographie). Nous avons enchaîné ensuite par une série de séances traitant des grands courant de la discipline : l'évolutionnisme, le diffusionnisme, l'écologisme culturel, le fonctionnalisme, le structuralisme initial, tributaire de l’étude de la parenté, et le second structuralisme qui se fonde sur le mythe. Il ne s'agissait pas tant d'une présentation exhaustive du champ que de montrer les liens qui se sont tissés entre ces diverses expressions de la raison anthropologique d'une part, les écoles nationales d'autre part, qu’elles soient américaine, allemande, britannique et française. L'objectif était également de montrer comment les courants "classiques" sourdent derrière les problématiques actuellement dominantes telles que l'anthropocène, les études postcoloniales ou encore, par le truchement de la division sexuelle des tâches, les études de genre. L'enseignement a eu lieu entièrement en visio-conférence, modalité qui altère considérablement l'interaction avec les étudiants, notamment lorsque leur effectif est conséquent (en l'occurrence plus d'une soixante d'étudiants).

La validation de l’enseignement s’est faite sur la base de la remise, par chaque étudiant, d’un essai portant sur un ouvrage classique du champ anthropologique. Rebecca Villaret et Yannis Boudina, doctorants chargés d’enseignement (DCE), ont contribué à la bonne tenue de l’enseignement en organisant la répartition des textes et nous assistant lors de la correction des travaux rendus. 

Publications
  • « La bise va-t-elle survivre au coronavirus ? Oui », Le Drenche, n°4, 2020, p. 4. 
  • « Claude Lévi-Strauss : de Montaigne à Montaigne », Entretien de ED avec Fabien Lins, Modernos & Contemporâneos, v. 4; n. 10. Jul. /Dez., 2020.