Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année en cours. Consulter l'année universitaire 2022-2023.

UE752 - Les pratiques d’influence aux XXe et XXIe siècles


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), mardi 16:00-19:00
    du 1er décembre 2020 au 1er juin 2021


Description


Dernière modification : 30 novembre 2020 07:38

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Circulations Communication Comparatisme Culture visuelle Démocratie Domination État et politiques publiques Gouvernance Histoire Histoire culturelle Image Information Politique Pragmatique Pratiques Savoir-faire Savoirs Sociologie Transnational Visuel
Aires culturelles
Amériques Europe France Russie Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s

Le domaine des pratiques d'influence est proliférant (publicité, propagande, marketing, relations publiques, communication, psychologie sociale, algorithmique appliquée…). Il importe de saisir non seulement sa portée, mais son extension, ses dynamiques, ses pratiques, ses logiques, ses techniques. Où et sur qui s'exercent ces pratiques ? Quelles sont leurs histoires ? Qui sont leurs praticiens ? Quels sont leurs fronts pionniers ? Pourquoi importe-t-il de les considérer tout autant chacune dans leur spécificité qu’ensemble ? Quelle est la contribution des pratiques d’influence à la production de la valeur (économique et politique) ? Du point de vue du présent tout comme de l’histoire de longue durée, le gouvernement par l'influence (une forme de la gouvernementalité) n'est-il pas une dimension majeure de la bascule néolibérale que le monde connaît aujourd’hui ?

Ce séminaire est organisé par Répine (Réseau d’étude des pratiques d’influence), réseau international et multidisciplinaire, comme son objet l’impose.

Programme :

1er décembre 2020 : La notion de pratique d'influence : débats

5 janvier 2021 : Influenceuses et réseaux sociaux      

  • Brooke Erin Duffy (Cornell University)
  • Participation d’une influenceuse (détails à venir)                                                                                 

2 février 2021 : Économie comportementale et politiques publiques 

  • Olivier Pilmis (CNRS/Sciences Po)
  • Henri Bergeron (CNRS/Sciences Po)

2 mars 2021 : Marchands de doutes, marchands d'attention 

  • Naomi Oreskes (Harvard University)
  • Mathias Girel (École normale supérieure, PSL)                                                                                       

6 avril 2021 : Relations publiques et démocratie       

  • Scott Anthony (Nanyang Technological University, Singapore)
  • David Ellwood (Johns Hopkins University, SAIS, Bologna Institute).

4 mai 2021 : L'influence des algorithmes       

  • Antonio Casilli (Telecom Paris-Institut Polytechnique de Paris/EHESS)
  • Second participant confirmé prochainement

1er juin 2021 : Faire une histoire de la manipulation  

  • David Colon (Sciences Po)
  • André Gunthert (EHESS)                                                                                                   

Le séminaire se tiendra le 1er mardi du mois, de 16:00 à 19:00 h, du 1er décembre 2020 au 1er juin 2021

Lieu : Salle A04_47, 54 bd Raspail 75006 Paris le premier mardi du mois du 01/12/2020 au 01/06/2021 et à distance (séminaire au format hybride).

En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire ni recevoir les liens de connexion sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant au plus tard 72 heures avant le début de la première séance : http://listsem.ehess.fr/courses/752/requests/new


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire sera à la fois présenciel et distanciel.

Direction de travaux des étudiants

Prendre contact avec Francesca Martinez Tagliavia ou Yves Cohen

Réception des candidats

Prendre contact avec Francesca Martinez Tagliavia ou Yves Cohen

Pré-requis

Aucun


Compte rendu


L’effort de ce séminaire consistait à aborder de front la vague des phénomènes qui prolifèrent actuellement et qui se définissent de près ou de loin comme pratique d’influence. Loin donc des usages ordinaires du terme qui renvoient à l’influence des parents, du soleil ou d’une personne, il s’agissait de déployer une curiosité pluridisciplinaire à l’égard des métiers, professions, occupations, activités qui se donnent comme fin d’influencer. Il y a très peu d’années que le personnage de l’influenceuse ou influenceur est apparu sous ce nom sur les écrans des portables. D’aussi peu longtemps sont les algorithmes qui pointent et traitent les actes par lesquels chacun·e réagit à une information, à une suggestion, à une image, pour mieux lui retourner une injonction, une recommandation, une invitation. Les guerres hybrides, sous le nom qu’il leur a d’abord été donné en russe, se propagent à la surface du globe en ordonnant savamment ce qui relève des armes et ce qui relève de l’influence, etc. Comment les disciplines des sciences sociales, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, l’économie, peuvent-elles tenter de comprendre, chacune pour son compte et pour celui de toutes, ces phénomènes qui s’arrogent l’honneur de se rendre incontournables et de se proposer comme composante de la condition humaine ?

Nous avons abordé des thèmes parmi les plus actuels comme l’émergence de la profession d’influenceuse et d’influenceur avec Brooke Erin Duffy (Cornell University), l’usage de l’économie comportementale dans les politiques publiques avec Olivier Pilmis et Henri Bergeron (tous les deux du CNRS à Sciences Po) et la pratique de mobilisation des algorithmes avec Lilli Irani (UC San Diego) et Antonio Casilli (Telecom Paris-Institut Polytechnique de Paris/EHESS). Nous avons aussi touché des thèmes plus classiques mais d’une grande pertinence pour un effort de problématisation de l’influence en tant qu’objet de sciences sociales, comme l’instillation du doute en matière scientifique avec Naomi Oreskes (Harvard University) et Mathias Girel (École normale supérieure, PSL) et l’effet des relations publiques sur la démocratie avec Scott Anthony (Nanyang Technological University, Singapore) et David Ellwood (Johns Hopkins University, SAIS, Bologna Institute). Nous nous sommes enfin intéressés à des thèmes historiques comme les enjeux de l’étude de la propagande avec David Colon (Sciences Po) et des formes de manipulation avec André Gunthert (EHESS)

Le public du séminaire, à raison d’une séance mensuelle, s’est stabilisé à une trentaine de personnes. Celles-ci étaient autant des élèves de l’École de tout niveau que des participants externes et quelques collègues. La moitié des séances se sont tenues en anglais. La diversité des approches présentées a montré la fiabilité d’une saisie d’ensemble de ce qui peut se placer sous le nom d’influence, comprise comme une série de pratiques professionnalisées cherchant délibérément un effet sur le comportement des personnes.

Il était frappant de constater les résonances multiples entre les différents champs touchés tant du point de vue de la circulation des professionnels de l’un à l’autre que de celle des savoirs et du vocabulaire, jusque, par exemple, au « logarithmic boss » des influenceuses et influenceurs. Un aboutissement surprenant est que personne, ni parmi les intervenants, ni parmi les participants, n’a remis en cause la cohérence d’une telle approche de l’influence. Cela ne saurait que confirmer l’ambition portée par ce séminaire d’initier une invitation aux sciences sociales à développer une interrogation systématique et structurée d’un tel phénomène majeur de la vie sociale d’aujourd’hui, comparable à l’étude des relations internationales, par exemple, ou à celle de la médecine et de la santé publique.

 

Publications
  • Yves Cohen, « Foules. Gustave Le Bon, Sigmund Freud et Gabriel Tarde entre suggestion et contagion », dans De la contagion, sous la dir. de Béatrice Delaurenti et Thomas Le Roux, Paris, Vendémiaire, 2020, p. 139-146.

Dernière modification : 30 novembre 2020 07:38

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Circulations Communication Comparatisme Culture visuelle Démocratie Domination État et politiques publiques Gouvernance Histoire Histoire culturelle Image Information Politique Pragmatique Pratiques Savoir-faire Savoirs Sociologie Transnational Visuel
Aires culturelles
Amériques Europe France Russie Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s

Le domaine des pratiques d'influence est proliférant (publicité, propagande, marketing, relations publiques, communication, psychologie sociale, algorithmique appliquée…). Il importe de saisir non seulement sa portée, mais son extension, ses dynamiques, ses pratiques, ses logiques, ses techniques. Où et sur qui s'exercent ces pratiques ? Quelles sont leurs histoires ? Qui sont leurs praticiens ? Quels sont leurs fronts pionniers ? Pourquoi importe-t-il de les considérer tout autant chacune dans leur spécificité qu’ensemble ? Quelle est la contribution des pratiques d’influence à la production de la valeur (économique et politique) ? Du point de vue du présent tout comme de l’histoire de longue durée, le gouvernement par l'influence (une forme de la gouvernementalité) n'est-il pas une dimension majeure de la bascule néolibérale que le monde connaît aujourd’hui ?

Ce séminaire est organisé par Répine (Réseau d’étude des pratiques d’influence), réseau international et multidisciplinaire, comme son objet l’impose.

Programme :

1er décembre 2020 : La notion de pratique d'influence : débats

5 janvier 2021 : Influenceuses et réseaux sociaux      

  • Brooke Erin Duffy (Cornell University)
  • Participation d’une influenceuse (détails à venir)                                                                                 

2 février 2021 : Économie comportementale et politiques publiques 

  • Olivier Pilmis (CNRS/Sciences Po)
  • Henri Bergeron (CNRS/Sciences Po)

2 mars 2021 : Marchands de doutes, marchands d'attention 

  • Naomi Oreskes (Harvard University)
  • Mathias Girel (École normale supérieure, PSL)                                                                                       

6 avril 2021 : Relations publiques et démocratie       

  • Scott Anthony (Nanyang Technological University, Singapore)
  • David Ellwood (Johns Hopkins University, SAIS, Bologna Institute).

4 mai 2021 : L'influence des algorithmes       

  • Antonio Casilli (Telecom Paris-Institut Polytechnique de Paris/EHESS)
  • Second participant confirmé prochainement

1er juin 2021 : Faire une histoire de la manipulation  

  • David Colon (Sciences Po)
  • André Gunthert (EHESS)                                                                                                   

Le séminaire se tiendra le 1er mardi du mois, de 16:00 à 19:00 h, du 1er décembre 2020 au 1er juin 2021

Lieu : Salle A04_47, 54 bd Raspail 75006 Paris le premier mardi du mois du 01/12/2020 au 01/06/2021 et à distance (séminaire au format hybride).

En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire ni recevoir les liens de connexion sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant au plus tard 72 heures avant le début de la première séance : http://listsem.ehess.fr/courses/752/requests/new

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Le séminaire sera à la fois présenciel et distanciel.

Direction de travaux des étudiants

Prendre contact avec Francesca Martinez Tagliavia ou Yves Cohen

Réception des candidats

Prendre contact avec Francesca Martinez Tagliavia ou Yves Cohen

Pré-requis

Aucun

  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), mardi 16:00-19:00
    du 1er décembre 2020 au 1er juin 2021

L’effort de ce séminaire consistait à aborder de front la vague des phénomènes qui prolifèrent actuellement et qui se définissent de près ou de loin comme pratique d’influence. Loin donc des usages ordinaires du terme qui renvoient à l’influence des parents, du soleil ou d’une personne, il s’agissait de déployer une curiosité pluridisciplinaire à l’égard des métiers, professions, occupations, activités qui se donnent comme fin d’influencer. Il y a très peu d’années que le personnage de l’influenceuse ou influenceur est apparu sous ce nom sur les écrans des portables. D’aussi peu longtemps sont les algorithmes qui pointent et traitent les actes par lesquels chacun·e réagit à une information, à une suggestion, à une image, pour mieux lui retourner une injonction, une recommandation, une invitation. Les guerres hybrides, sous le nom qu’il leur a d’abord été donné en russe, se propagent à la surface du globe en ordonnant savamment ce qui relève des armes et ce qui relève de l’influence, etc. Comment les disciplines des sciences sociales, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, l’économie, peuvent-elles tenter de comprendre, chacune pour son compte et pour celui de toutes, ces phénomènes qui s’arrogent l’honneur de se rendre incontournables et de se proposer comme composante de la condition humaine ?

Nous avons abordé des thèmes parmi les plus actuels comme l’émergence de la profession d’influenceuse et d’influenceur avec Brooke Erin Duffy (Cornell University), l’usage de l’économie comportementale dans les politiques publiques avec Olivier Pilmis et Henri Bergeron (tous les deux du CNRS à Sciences Po) et la pratique de mobilisation des algorithmes avec Lilli Irani (UC San Diego) et Antonio Casilli (Telecom Paris-Institut Polytechnique de Paris/EHESS). Nous avons aussi touché des thèmes plus classiques mais d’une grande pertinence pour un effort de problématisation de l’influence en tant qu’objet de sciences sociales, comme l’instillation du doute en matière scientifique avec Naomi Oreskes (Harvard University) et Mathias Girel (École normale supérieure, PSL) et l’effet des relations publiques sur la démocratie avec Scott Anthony (Nanyang Technological University, Singapore) et David Ellwood (Johns Hopkins University, SAIS, Bologna Institute). Nous nous sommes enfin intéressés à des thèmes historiques comme les enjeux de l’étude de la propagande avec David Colon (Sciences Po) et des formes de manipulation avec André Gunthert (EHESS)

Le public du séminaire, à raison d’une séance mensuelle, s’est stabilisé à une trentaine de personnes. Celles-ci étaient autant des élèves de l’École de tout niveau que des participants externes et quelques collègues. La moitié des séances se sont tenues en anglais. La diversité des approches présentées a montré la fiabilité d’une saisie d’ensemble de ce qui peut se placer sous le nom d’influence, comprise comme une série de pratiques professionnalisées cherchant délibérément un effet sur le comportement des personnes.

Il était frappant de constater les résonances multiples entre les différents champs touchés tant du point de vue de la circulation des professionnels de l’un à l’autre que de celle des savoirs et du vocabulaire, jusque, par exemple, au « logarithmic boss » des influenceuses et influenceurs. Un aboutissement surprenant est que personne, ni parmi les intervenants, ni parmi les participants, n’a remis en cause la cohérence d’une telle approche de l’influence. Cela ne saurait que confirmer l’ambition portée par ce séminaire d’initier une invitation aux sciences sociales à développer une interrogation systématique et structurée d’un tel phénomène majeur de la vie sociale d’aujourd’hui, comparable à l’étude des relations internationales, par exemple, ou à celle de la médecine et de la santé publique.

 

Publications
  • Yves Cohen, « Foules. Gustave Le Bon, Sigmund Freud et Gabriel Tarde entre suggestion et contagion », dans De la contagion, sous la dir. de Béatrice Delaurenti et Thomas Le Roux, Paris, Vendémiaire, 2020, p. 139-146.