UE682 - Qu’est-ce qu’une « littérature catholique » ? (1850-1940)

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Analyse de discours Anthropologie historique Arts Culture Ecclésiologie Écriture Éducation Esthétique Fait religieux Genre Histoire des idées Laïcité Littérature Liturgie Nationalisme Religieux (sciences sociales du) République Théologie
Aires culturelles
Europe France

En 1884, Huysmans écrivait que la littérature française « se divisait en deux groupes : l’un comprenait la littérature ordinaire, profane ; l’autre la littérature catholique, une littérature spéciale, à peu près inconnue, divulguée pourtant par de séculaires et d’immenses maisons de librairie ». Une trentaine d’années après la condamnation de Lamennais, bientôt quarante après celle du romantisme catholique, Huysmans fait le constat d’une bifurcation dans l’histoire de la littérature française qui déboucherait sur une division du champ littéraire. C’est cette division que nous aimerions examiner. Est-elle réelle ? Si oui, se soumet-elle à une définition ? Si non, qu’est-ce qui autorise Huysmans à énoncer cette réalité ? En quoi le moment historique lui permet-il de proposer cette partition ? À l’évidence, la rhétorique de la division à l’époque des lois Ferry nous parle de la déchristianisation progressive de la société française, l’expulsion des congrégations comme l’affaire Dreyfus consacrant l’idée d’une bataille entre « deux France » : l’une catholique et l’autre laïque. Mais est-ce à dire que le couple littérature profane/littérature catholique entérine symboliquement une évolution de la société française ?

Née avec Chateaubriand et le Génie du christianisme, la notion entre dans la bataille idéologique du combat pour la liberté d’enseignement pendant la Restauration. Avec la loi Falloux (1850), l’idée de former un corpus d’œuvres chrétiennes à proposer aux écoles catholiques nouvellement ré-ouvertes prendra corps. C’est de cette borne chronologique dont nous nous proposons de partir. Nous distinguerons franchement la littérature catholique de la notion d’art sacré qui connaît une évolution spécifique dans le siècle, culminant dans la théorisation au XXe siècle d’un art sacré laïque ou majoritairement non catholique. Si la littérature catholique est partie prenante dans ce processus, elle s’en distingue par la revendication d’une « identité religieuse » vers cette même époque. Une des grandes problématiques consistera à essayer de penser la place des écrivains laïques dans une  culture « para-ecclésiale » encore d’actualité et qui les utilise à plein ; la littérature jouant un rôle majeur, et souvent malgré elle, dans la naissance des intégrismes catholiques.

1.     Le statut du producteur. L’intellectuel catholique.

2.     Le magistère. Censure et propagande religieuse en France au XIXe siècle.

3.    Questions de genres (2). Les femmes une éducation par le livre.

4.    Actualité critique (1). Sarah Al Matary. La Haine des clercs.

5.    Littérature et société (1). La littérature selon Bonald.

6.    Littérature et société (2) Huysmans : la liturgie comme programme social.

7.    Littérature et construction de l’identité nationale (1). Maurice Barrès et le "roman de socialisation".

8.    Littérature et construction de l’identité nationale (2). Le cas Péguy. 

9.    Théologies poétiques (1). Les théologiens.

10. Théologies poétiques (2). Les artistes.

11.  Problèmes de "littérature spirituelle" : questions diachroniques (de 16 h à 18 h (salle 3.06) et de 18 h à 20 h (salle polyvalente 50) : demi-journée d’étude)

  • Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Alexandra Delattre [référent·e]   professeure agrégée, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Pierre-Antoine Fabre   directeur d'études, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
Contacts additionnels
alexandra.delattre@ehess.fr
Informations pratiques

contacter Alexandra Delattre par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous, contacter Alexandra Delattre par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous, contacter Alexandra Delattre par courriel.

Pré-requis
-
  • Campus Condorcet
    Salle 3.06
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 16:00-18:00
    du 19 novembre 2020 au 15 avril 2021


Intervenant·e·s


  • Alexandra Delattre [référent·e]   professeure agrégée, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Pierre-Antoine Fabre   directeur d'études, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

Planning


  • Campus Condorcet
    Salle 3.06
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 16:00-18:00
    du 19 novembre 2020 au 15 avril 2021


Description


Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Analyse de discours Anthropologie historique Arts Culture Ecclésiologie Écriture Éducation Esthétique Fait religieux Genre Histoire des idées Laïcité Littérature Liturgie Nationalisme Religieux (sciences sociales du) République Théologie
Aires culturelles
Europe France

En 1884, Huysmans écrivait que la littérature française « se divisait en deux groupes : l’un comprenait la littérature ordinaire, profane ; l’autre la littérature catholique, une littérature spéciale, à peu près inconnue, divulguée pourtant par de séculaires et d’immenses maisons de librairie ». Une trentaine d’années après la condamnation de Lamennais, bientôt quarante après celle du romantisme catholique, Huysmans fait le constat d’une bifurcation dans l’histoire de la littérature française qui déboucherait sur une division du champ littéraire. C’est cette division que nous aimerions examiner. Est-elle réelle ? Si oui, se soumet-elle à une définition ? Si non, qu’est-ce qui autorise Huysmans à énoncer cette réalité ? En quoi le moment historique lui permet-il de proposer cette partition ? À l’évidence, la rhétorique de la division à l’époque des lois Ferry nous parle de la déchristianisation progressive de la société française, l’expulsion des congrégations comme l’affaire Dreyfus consacrant l’idée d’une bataille entre « deux France » : l’une catholique et l’autre laïque. Mais est-ce à dire que le couple littérature profane/littérature catholique entérine symboliquement une évolution de la société française ?

Née avec Chateaubriand et le Génie du christianisme, la notion entre dans la bataille idéologique du combat pour la liberté d’enseignement pendant la Restauration. Avec la loi Falloux (1850), l’idée de former un corpus d’œuvres chrétiennes à proposer aux écoles catholiques nouvellement ré-ouvertes prendra corps. C’est de cette borne chronologique dont nous nous proposons de partir. Nous distinguerons franchement la littérature catholique de la notion d’art sacré qui connaît une évolution spécifique dans le siècle, culminant dans la théorisation au XXe siècle d’un art sacré laïque ou majoritairement non catholique. Si la littérature catholique est partie prenante dans ce processus, elle s’en distingue par la revendication d’une « identité religieuse » vers cette même époque. Une des grandes problématiques consistera à essayer de penser la place des écrivains laïques dans une  culture « para-ecclésiale » encore d’actualité et qui les utilise à plein ; la littérature jouant un rôle majeur, et souvent malgré elle, dans la naissance des intégrismes catholiques.

1.     Le statut du producteur. L’intellectuel catholique.

2.     Le magistère. Censure et propagande religieuse en France au XIXe siècle.

3.    Questions de genres (2). Les femmes une éducation par le livre.

4.    Actualité critique (1). Sarah Al Matary. La Haine des clercs.

5.    Littérature et société (1). La littérature selon Bonald.

6.    Littérature et société (2) Huysmans : la liturgie comme programme social.

7.    Littérature et construction de l’identité nationale (1). Maurice Barrès et le "roman de socialisation".

8.    Littérature et construction de l’identité nationale (2). Le cas Péguy. 

9.    Théologies poétiques (1). Les théologiens.

10. Théologies poétiques (2). Les artistes.

11.  Problèmes de "littérature spirituelle" : questions diachroniques (de 16 h à 18 h (salle 3.06) et de 18 h à 20 h (salle polyvalente 50) : demi-journée d’étude)


Master


  • Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
alexandra.delattre@ehess.fr
Informations pratiques

contacter Alexandra Delattre par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous, contacter Alexandra Delattre par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous, contacter Alexandra Delattre par courriel.

Pré-requis
-