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UE68 - Le culte des saints musulmans en Chine : approches historique et anthropologique. 4


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_23
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 15:00-17:00
    du 10 novembre 2020 au 25 mai 2021


Description


Dernière modification : 18 mai 2020 07:40

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Affects Anthropologie Anthropologie culturelle Anthropologie historique Anthropologie sociale Écriture Enquêtes Ethnicité Ethnographie Fait religieux Histoire culturelle Historiographie Interactions Islam Mémoire Milieu Minorités Morale Religieux (sciences sociales du) Témoignage Temps/temporalité Textes
Aires culturelles
Asie orientale Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Marie-Paule Hille [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CCJ-CECMC)

Après un examen de la notion de sainteté (année 1), des espaces religieux (année 2) et des rituels (année 3), nous poursuivrons cette année notre étude du culte des saints musulmans en Chine à partir de la question de l’exemplarité. Notre réflexion s’appuiera sur des matériaux écrits (textes hagiographiques, documents issus des institutions religieuses et étatiques) et sur des données empiriques issues de nos enquêtes ethnographiques dans le Nord-Ouest de la Chine. En mettant la focale sur cette notion d’exemplarité, nous proposons d’interroger les divers modes d’action dans la sphère religieuse ainsi que les usages politiques du passé en Chine contemporaine. Il s’agira également de mettre au cœur de la réflexion la relation entre islam et confucianisme à travers un examen situé des références au modèle muhammadien et à l’homme de bien. Comment sont qualifiées des actions exemplaires aujourd’hui en Chine ? Comment ces figures exemplaires se rapprochent-elles du saint ou du héros ? Quel est le périmètre de publicisation donnée à ces actes méritoires ou méritants ?

Les douze séances du séminaire seront organisées autour de trois axes de quatre séances chacun : 1) Ethnographie des faits religieux où il sera question d’appréhender des modèles d’enquêtes de sciences sociales ; 2) Présentation de plusieurs études de cas à partir de l’étude de sources écrites et des résultats de l’enquête ethnographique ; 3) Travail collectif autour des descriptions ethnographiques des étudiants centrées sur la question « Décrire une situation ».

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour toutes questions concernant le séminaire, contacter Marie-Paule Hille par courriel ou bureau 733, 54 bd Raspail 75006 Paris.

Direction de travaux des étudiants

la validation du séminaire repose sur un exercice de description ethnographique, en anthropologie ou en histoire, centré autour du thème "Décrire une situation". Les modalités d'évaluation peuvent s'adapter aux étudiants n'ayant pas encore fait leur premier terrain ethnographique ou n'ayant pas encore dépouillé de sources primaires.

Réception des candidats

écrire à l'enseignante.

Pré-requis

le chinois sera utile pour alimenter les discussions autour des traductions de notion/concept mais n'est pas un pré-requis pour suivre le séminaire. Tous les matériaux étudiés seront fournis en version bi-lingue (chinois-français).


Compte rendu


Les douze séances du séminaire se sont déroulées autour de trois séquences : 1) Présentation d’extraits d’enquêtes de sciences sociales pour mieux cerner la question « Décrire une situation » ; 2) Présentation d’une étude de cas à partir de l’exploration de sources écrites et des résultats de l’enquête ethnographique ; 3) Travail collectif autour des descriptions ethnographiques écrites par les étudiants. Le séminaire a eu lieu en ligne, puis en hybride après acceptation par le rectorat. Cette année une priorité a été accordée au suivi des travaux des étudiants pour les accompagner dans cette période difficile et éviter leur décrochage.

Dans le cadre de la première séquence, nous avons d’abord fait une présentation des « outils » de l’enquête en analysant le type de notes inscrites dans les différents carnets de l’ethnographe au fur et à mesure du déroulement de l’enquête. En montrant les différents matériaux, l’enjeu a été de souligner la différence entre les carnets de première saisie sur le terrain, notes prises sur le vif et l’élaboration d’un journal d’enquête, tenu au jour le jour. Il a été également discuté l’intérêt de tenir des carnets annexes pour reconstituer les liens de parenté, protéger les anonymats, de faire du carnet de prise de notes un matériau d’inscription (carte, schéma, dessins) pour les enquêtés. Nous avons ensuite présenté l’enquête de Robert Hertz sur le Culte de Saint-Besse en mettant l’accent sur ses aspects novateurs, sa dimension ethnographique et la façon dont elle articule travail sur l’histoire et enquête contemporaine. Nous avons approfondi cette question de l’enquête de « plain-pied » et de la tenue du journal d’enquête en comparant des passages tirés des deux ouvrages de Jeanne Favret-Saada consacrés à l’étude de la sorcellerie dans le bocage normand (Les mots, la mort, les sorts, 1977 ; Corps pour corps, enquête sur la sorcellerie dans le bocage, 1981). Nous avons surtout travaillé sur la question de la construction de la relation d’enquête (à partir du journal édité puis sa présentation dans l’étude) et également sur celle de l’« objectivité » en sciences sociales. Cette séquence s’est clôturée par la mise en perspective de plusieurs textes décrivant des situations (Alain Dewerpe, Charonne 8 février 1962, Anthropologie historique d’un massacre d’État, « La violence exacerbée » p. 120-132 ; Bruno Latour, La fabrique du droit, « Le passage du droit », p. 141-151 ; Edward P. Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, « L’arbre de la liberté », p. 94-101). L’objectif de l’exercice a été de porter une attention fine à la mise en récit et à l’articulation de la description des situations et leur analyse, en analysant les niveaux de discours et les astuces typographiques de chaque passage afin de faire comprendre les exigences de l’écriture scientifique propre aux sciences sociales.

La deuxième séquence du séminaire s’est déroulée en plusieurs séances sous le format d’atelier d’écriture où chaque étudiant a pu s’exercer à la description d’une situation ou à la restitution d’une partie de son enquête ethnographique. Les 12 étudiantes et étudiants ont travaillé en binôme, à la fois pour faire une critique du texte de leur binôme et pour l’éditer. Ce travail collectif, de longue haleine, a été compilé dans un corpus.

La dernière séquence a été consacrée au thème principal du séminaire « Le culte des saints musulmans en Chine », en exposant deux thèmes principaux – la visite pieuse aux tombeaux (ziyāra) et la retraite cellulaire (khalwa) – qui sont au cœur de deux articles. Le premier article, « La visite pieuse aux tombeaux des saints. Étude ethnographique en milieu soufi chinois (Gansu, 1901-2019) », est une livraison pour un numéro spécial de Studia Islamica consacré à cette question de la visite pieuse. L’intérêt de ce numéro est de mêler des contributions d’islamologue, d’historiens et d’anthropologues.

Résumé. La visite pieuse aux tombeaux des saints est une pratique largement répandue dans le nord-ouest de la Chine. Élément constitutif de la sainteté, la ziyāra sera abordée ici à travers une ethnographie menée au sein du Xidaotang, un mouvement soufi chinois minoritaire apparu tardivement à la fin du xixe siècle. La présente étude se fonde sur un corpus constitué d’une hagiographie, d’une chronique interne, d’observations effectuées près des tombeaux et de discussions avec les dévots. Les textes de type hagiographique mettent en exergue le rôle de la visite pieuse aux tombeaux dans un récit édifiant qui sert à la fois à légitimer le développement de ce nouveau mouvement religieux et à le fondre dans un modèle de sainteté hérité du passé. Les chroniques, quant à elles, mettent en lumière plusieurs contextes de visite pieuse aux tombeaux : fêtes religieuses, fêtes commémoratives, cas de maladie, visites de politesse ainsi que différentes formes de recueillement (collective ou individuelle, avec ou sans invitation de membres extérieurs à la communauté). Aujourd’hui, le culte rendu aux saints défunts concentre une pluralité d’activités pieuses qui sont autant de façon d’exprimer sa religiosité : honorer la mémoire des défunts en leur adressant des prières de paix, rappeler aux hommes leur condition d’hommes mortels soumis à la miséricorde, demander l’intercession des saints pour l’exaucement de vœux ou pour se repentir de ses pêchés, accéder à une étape spirituelle sur la voie de la purification par un déplacement du cœur vers l’espace intime de la tombe.

Une autre enquête, sur la pratique de la retraite, a également fait l’objet d’une présentation au sein de ce séminaire dans l’optique d’une publication pour le Journal of the History of Sufism « Khalwa – Sufism and Seclusion/Soufisme et retraite ». La méthode a consisté à montrer comment articuler des questions d’enquête contemporaine sur cette pratique passée et l’importance que le chercheur accorde aux textes hagiographiques qui la décrivent, sur la signification qu’elle peut avoir dans un contexte islamo-confucéen et de traditions religieuses chinoises comme le taoïsme. Enfin, il a été question de saisir les nouvelles associations de plusieurs registres de référence - qu’il soit historique, patrimoniaux ou proprement spirituels - dans les choix de développement religieux contemporain.

Publications
  • « La visite pieuse aux tombeaux des saints. Étude ethnographique en milieu soufi chinois (Gansu, 1901-2019) », Studia Islamica 116, 2021, p. 393-423.
  • « Traduction commentée des sentences parallèles (duilian) de Ma Qixi (1857-1914), fondateur du Xidaotang », Journal of Sufi Studies 10, 2021, p. 174-196.

Dernière modification : 18 mai 2020 07:40

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Affects Anthropologie Anthropologie culturelle Anthropologie historique Anthropologie sociale Écriture Enquêtes Ethnicité Ethnographie Fait religieux Histoire culturelle Historiographie Interactions Islam Mémoire Milieu Minorités Morale Religieux (sciences sociales du) Témoignage Temps/temporalité Textes
Aires culturelles
Asie orientale Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
  • Marie-Paule Hille [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CCJ-CECMC)

Après un examen de la notion de sainteté (année 1), des espaces religieux (année 2) et des rituels (année 3), nous poursuivrons cette année notre étude du culte des saints musulmans en Chine à partir de la question de l’exemplarité. Notre réflexion s’appuiera sur des matériaux écrits (textes hagiographiques, documents issus des institutions religieuses et étatiques) et sur des données empiriques issues de nos enquêtes ethnographiques dans le Nord-Ouest de la Chine. En mettant la focale sur cette notion d’exemplarité, nous proposons d’interroger les divers modes d’action dans la sphère religieuse ainsi que les usages politiques du passé en Chine contemporaine. Il s’agira également de mettre au cœur de la réflexion la relation entre islam et confucianisme à travers un examen situé des références au modèle muhammadien et à l’homme de bien. Comment sont qualifiées des actions exemplaires aujourd’hui en Chine ? Comment ces figures exemplaires se rapprochent-elles du saint ou du héros ? Quel est le périmètre de publicisation donnée à ces actes méritoires ou méritants ?

Les douze séances du séminaire seront organisées autour de trois axes de quatre séances chacun : 1) Ethnographie des faits religieux où il sera question d’appréhender des modèles d’enquêtes de sciences sociales ; 2) Présentation de plusieurs études de cas à partir de l’étude de sources écrites et des résultats de l’enquête ethnographique ; 3) Travail collectif autour des descriptions ethnographiques des étudiants centrées sur la question « Décrire une situation ».

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – exercice de description ethnographique
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour toutes questions concernant le séminaire, contacter Marie-Paule Hille par courriel ou bureau 733, 54 bd Raspail 75006 Paris.

Direction de travaux des étudiants

la validation du séminaire repose sur un exercice de description ethnographique, en anthropologie ou en histoire, centré autour du thème "Décrire une situation". Les modalités d'évaluation peuvent s'adapter aux étudiants n'ayant pas encore fait leur premier terrain ethnographique ou n'ayant pas encore dépouillé de sources primaires.

Réception des candidats

écrire à l'enseignante.

Pré-requis

le chinois sera utile pour alimenter les discussions autour des traductions de notion/concept mais n'est pas un pré-requis pour suivre le séminaire. Tous les matériaux étudiés seront fournis en version bi-lingue (chinois-français).

  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_23
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 15:00-17:00
    du 10 novembre 2020 au 25 mai 2021

Les douze séances du séminaire se sont déroulées autour de trois séquences : 1) Présentation d’extraits d’enquêtes de sciences sociales pour mieux cerner la question « Décrire une situation » ; 2) Présentation d’une étude de cas à partir de l’exploration de sources écrites et des résultats de l’enquête ethnographique ; 3) Travail collectif autour des descriptions ethnographiques écrites par les étudiants. Le séminaire a eu lieu en ligne, puis en hybride après acceptation par le rectorat. Cette année une priorité a été accordée au suivi des travaux des étudiants pour les accompagner dans cette période difficile et éviter leur décrochage.

Dans le cadre de la première séquence, nous avons d’abord fait une présentation des « outils » de l’enquête en analysant le type de notes inscrites dans les différents carnets de l’ethnographe au fur et à mesure du déroulement de l’enquête. En montrant les différents matériaux, l’enjeu a été de souligner la différence entre les carnets de première saisie sur le terrain, notes prises sur le vif et l’élaboration d’un journal d’enquête, tenu au jour le jour. Il a été également discuté l’intérêt de tenir des carnets annexes pour reconstituer les liens de parenté, protéger les anonymats, de faire du carnet de prise de notes un matériau d’inscription (carte, schéma, dessins) pour les enquêtés. Nous avons ensuite présenté l’enquête de Robert Hertz sur le Culte de Saint-Besse en mettant l’accent sur ses aspects novateurs, sa dimension ethnographique et la façon dont elle articule travail sur l’histoire et enquête contemporaine. Nous avons approfondi cette question de l’enquête de « plain-pied » et de la tenue du journal d’enquête en comparant des passages tirés des deux ouvrages de Jeanne Favret-Saada consacrés à l’étude de la sorcellerie dans le bocage normand (Les mots, la mort, les sorts, 1977 ; Corps pour corps, enquête sur la sorcellerie dans le bocage, 1981). Nous avons surtout travaillé sur la question de la construction de la relation d’enquête (à partir du journal édité puis sa présentation dans l’étude) et également sur celle de l’« objectivité » en sciences sociales. Cette séquence s’est clôturée par la mise en perspective de plusieurs textes décrivant des situations (Alain Dewerpe, Charonne 8 février 1962, Anthropologie historique d’un massacre d’État, « La violence exacerbée » p. 120-132 ; Bruno Latour, La fabrique du droit, « Le passage du droit », p. 141-151 ; Edward P. Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, « L’arbre de la liberté », p. 94-101). L’objectif de l’exercice a été de porter une attention fine à la mise en récit et à l’articulation de la description des situations et leur analyse, en analysant les niveaux de discours et les astuces typographiques de chaque passage afin de faire comprendre les exigences de l’écriture scientifique propre aux sciences sociales.

La deuxième séquence du séminaire s’est déroulée en plusieurs séances sous le format d’atelier d’écriture où chaque étudiant a pu s’exercer à la description d’une situation ou à la restitution d’une partie de son enquête ethnographique. Les 12 étudiantes et étudiants ont travaillé en binôme, à la fois pour faire une critique du texte de leur binôme et pour l’éditer. Ce travail collectif, de longue haleine, a été compilé dans un corpus.

La dernière séquence a été consacrée au thème principal du séminaire « Le culte des saints musulmans en Chine », en exposant deux thèmes principaux – la visite pieuse aux tombeaux (ziyāra) et la retraite cellulaire (khalwa) – qui sont au cœur de deux articles. Le premier article, « La visite pieuse aux tombeaux des saints. Étude ethnographique en milieu soufi chinois (Gansu, 1901-2019) », est une livraison pour un numéro spécial de Studia Islamica consacré à cette question de la visite pieuse. L’intérêt de ce numéro est de mêler des contributions d’islamologue, d’historiens et d’anthropologues.

Résumé. La visite pieuse aux tombeaux des saints est une pratique largement répandue dans le nord-ouest de la Chine. Élément constitutif de la sainteté, la ziyāra sera abordée ici à travers une ethnographie menée au sein du Xidaotang, un mouvement soufi chinois minoritaire apparu tardivement à la fin du xixe siècle. La présente étude se fonde sur un corpus constitué d’une hagiographie, d’une chronique interne, d’observations effectuées près des tombeaux et de discussions avec les dévots. Les textes de type hagiographique mettent en exergue le rôle de la visite pieuse aux tombeaux dans un récit édifiant qui sert à la fois à légitimer le développement de ce nouveau mouvement religieux et à le fondre dans un modèle de sainteté hérité du passé. Les chroniques, quant à elles, mettent en lumière plusieurs contextes de visite pieuse aux tombeaux : fêtes religieuses, fêtes commémoratives, cas de maladie, visites de politesse ainsi que différentes formes de recueillement (collective ou individuelle, avec ou sans invitation de membres extérieurs à la communauté). Aujourd’hui, le culte rendu aux saints défunts concentre une pluralité d’activités pieuses qui sont autant de façon d’exprimer sa religiosité : honorer la mémoire des défunts en leur adressant des prières de paix, rappeler aux hommes leur condition d’hommes mortels soumis à la miséricorde, demander l’intercession des saints pour l’exaucement de vœux ou pour se repentir de ses pêchés, accéder à une étape spirituelle sur la voie de la purification par un déplacement du cœur vers l’espace intime de la tombe.

Une autre enquête, sur la pratique de la retraite, a également fait l’objet d’une présentation au sein de ce séminaire dans l’optique d’une publication pour le Journal of the History of Sufism « Khalwa – Sufism and Seclusion/Soufisme et retraite ». La méthode a consisté à montrer comment articuler des questions d’enquête contemporaine sur cette pratique passée et l’importance que le chercheur accorde aux textes hagiographiques qui la décrivent, sur la signification qu’elle peut avoir dans un contexte islamo-confucéen et de traditions religieuses chinoises comme le taoïsme. Enfin, il a été question de saisir les nouvelles associations de plusieurs registres de référence - qu’il soit historique, patrimoniaux ou proprement spirituels - dans les choix de développement religieux contemporain.

Publications
  • « La visite pieuse aux tombeaux des saints. Étude ethnographique en milieu soufi chinois (Gansu, 1901-2019) », Studia Islamica 116, 2021, p. 393-423.
  • « Traduction commentée des sentences parallèles (duilian) de Ma Qixi (1857-1914), fondateur du Xidaotang », Journal of Sufi Studies 10, 2021, p. 174-196.