UE654 - Épistémologie de l'archéologie


Planning


  • EHESS-Toulouse
    Université Toulouse-Jean Jaurès, Maison de la recherche, 5 allées Antonio-Machado 31000 Toulouse
    1er semestre / hebdomadaire, mardi 14:00-17:00
    du 3 novembre 2020 au 8 décembre 2020


Description


Dernière modification : 29 mai 2020 11:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Archéologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Archéologie Architecture Archives Épistémologie Patrimoine Philosophie analytique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Philippe Boissinot [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES)

Après avoir défini le complexe onto-épistémo-sémantique auquel l'archéologie se refère, nous affinerons notre typologie des genres d'agrégats archéologiques, en nous référant à l'histoire de l'archéologie, cette démarche visant à préciser une théorie générale de l'archéologie.

Programme en cours de construction.


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, sociétés et environnements de la préhistoire et de la protohistoire : Europe, Afrique [Toulouse] – M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter l'enseignant par courriel.

Direction de travaux des étudiants

le mardi, sur rendez-vous, de 10 h à 12 h (contacter l'enseignant par courriel).

Réception des candidats

le mardi, sur rendez-vous, de 10 h à 12 h (contacter l'enseignant par courriel).

Pré-requis

niveau M1 en archéologie.


Compte rendu


Cette année encore, nous avons exploré les liens entre sémantique, ontologie et épistémologie qui pourraient caractériser l’enquête archéologique. L’objet principal de cette discipline archéologique est un agrégat d’un type particulier, qui relève premièrement de la matérialité, mais dont la spécificité tient en partie de ses émetteurs/producteurs (mais également d’aspects naturels), et de la position de ses découvreurs/récepteurs. Présenté ainsi, on pourrait croire à une variante de toute communication verbale, alors qu’il s’agit là, de vraiment tout autre chose. D’un point de vue cognitif par exemple, nous ne retrouvons pas, lors de cette opération, quelques-unes des propriétés fondamentales du langage, en particulier cette possibilité de la négation : ainsi, que serait la négation d’un agrégat ? On comprendra que ce constat a des implications importantes quant à la possibilité de faire récit à propos de ce passé qui ne peut être connu que grâce à l’archéologie, et cela de manière contingente ou non (périodes préhistoriques et protohistoriques).

La question des approches formelles, et donc mathématiques (la géométrie en particulier), a été abordée à l’occasion de la publication collective de la nécropole protohistorique de Sainte-Eulalie dans le Tarn. Deux aspects ont fait l’objet de nos investigations. D’une part, le traitement d’un ensemble céramique (des dépôts dans les différentes tombes étudiées), pour lequel nous nous sommes plus généralement interrogés sur l’approche typologique, ainsi que sur la caractérisation des formes. Celle-ci peut en effet se faire en utilisant des outils géométriques rigoureux, mais avec une rigueur qui s’avère parfois contre-productive dans la mesure où ce sont des considérations techniques, fonctionnelles, et selon un cadre analogique qui nous échappe en grande partie (en dehors de quelques universaux, tels que l’assimilation d’un vase à un corps), qui sont d’abord opérants, comme nous le savons grâce à l’ethnologie. D’autre part, la question des dispositifs à l’intérieur des tombes (ou comment on arrange les différents dépôts dans l’espace d’un loculus sous tumulus) a permis d’établir la même disjonction entre approche purement géométrique de l’espace, favorisée par des technologies très performantes (relevés 3D), et d’autres conceptions plus « anthropologiques » où le fonctionnel et diverses considérations relatives à la cible et au site, tels que les linguistes cognitifs (Vandeloise) les ont étudiées, sont plus prégnantes. Cependant, concernant cette deuxième approche qui se fonde sur des universaux repérés dans les langues (humaines), nous sommes bien évidemment limités par la nature « an-émique » de l’archéologie (nous ignorons le point de vue des agents sur ce qu’ils font). Il nous reste alors à nous interroger sur des récurrences ou des anomalies observées dans la géométrie pour faire des inférences sur la façon de voir et d’interpréter (dire) le monde dans ce passé qui nous échappe.   

La mise en œuvre d’un Programme collectif de recherche sur le célèbre site protohistorique d’Ensérune dans l’Hérault, est l’occasion d’une réflexion générale sur le fait urbain, à une période où il n’y a pas de mots pour nommer cela. Qualifier un habitat de « ville », comme pour cet habitat, ne saurait se satisfaire d’une possible adéquation avec des définitions établies à un moment  (beaucoup plus tard) où l’on se préoccupe de définitions, et des dispositifs observés spatialement. En dehors de considérations structurelles (ou de complexité spatiale, comme par exemple la hiérarchie entre les espaces de desserte), nous avons évoqué la question de la gestion des restes, qui s’avère particulièrement problématique lorsqu’il s’agit d’un monde où l’interconnaissance et les petites négociations quotidiennes se trouvent parfois dépassés par la multitude et l’inconnu. Dans ce registre, nous réfléchissons à des indices concernant les restes qui pourraient être utilisables par l’archéologue. Contrairement à ce que des analogies fort heuristiques avaient laissé entendre (en archéologie, nous étudions des poubelles du passé : « Garbage project » de Tucson), nous ne disposons pas, grâce à la seule archéologie, d’adresses, soit des relations biunivoques entre des êtres et des choses.

Publications
  • La nécropole protohistorique de Sainte-Eulalie à Péchaudier (Tarn), suppl. à Archéologie Tarnaise, sous presse, 2021, 350 p.
  • Avec L. Izac, « Nouvelles recherches et réinterprétation du développement de l’agglomération protohistorique d’Ensérune (Hérault, France) », dans Urbanization in Iberia and Mediterranean Gaul in the first millenium BC, sous la dir. de Belarte et al., Tarragona, TRAMA 7, p. 57-82.
  • L’archéologie et le pari d’une mesure de la culture. Une approche épistémologique, Histoire et Mesure, 2020/1, XXXV, 2020, p. 15-34.

Dernière modification : 29 mai 2020 11:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Archéologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Archéologie Architecture Archives Épistémologie Patrimoine Philosophie analytique
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Philippe Boissinot [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES)

Après avoir défini le complexe onto-épistémo-sémantique auquel l'archéologie se refère, nous affinerons notre typologie des genres d'agrégats archéologiques, en nous référant à l'histoire de l'archéologie, cette démarche visant à préciser une théorie générale de l'archéologie.

Programme en cours de construction.

  • Séminaires de recherche – Arts, sociétés et environnements de la préhistoire et de la protohistoire : Europe, Afrique [Toulouse] – M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter l'enseignant par courriel.

Direction de travaux des étudiants

le mardi, sur rendez-vous, de 10 h à 12 h (contacter l'enseignant par courriel).

Réception des candidats

le mardi, sur rendez-vous, de 10 h à 12 h (contacter l'enseignant par courriel).

Pré-requis

niveau M1 en archéologie.

  • EHESS-Toulouse
    Université Toulouse-Jean Jaurès, Maison de la recherche, 5 allées Antonio-Machado 31000 Toulouse
    1er semestre / hebdomadaire, mardi 14:00-17:00
    du 3 novembre 2020 au 8 décembre 2020

Cette année encore, nous avons exploré les liens entre sémantique, ontologie et épistémologie qui pourraient caractériser l’enquête archéologique. L’objet principal de cette discipline archéologique est un agrégat d’un type particulier, qui relève premièrement de la matérialité, mais dont la spécificité tient en partie de ses émetteurs/producteurs (mais également d’aspects naturels), et de la position de ses découvreurs/récepteurs. Présenté ainsi, on pourrait croire à une variante de toute communication verbale, alors qu’il s’agit là, de vraiment tout autre chose. D’un point de vue cognitif par exemple, nous ne retrouvons pas, lors de cette opération, quelques-unes des propriétés fondamentales du langage, en particulier cette possibilité de la négation : ainsi, que serait la négation d’un agrégat ? On comprendra que ce constat a des implications importantes quant à la possibilité de faire récit à propos de ce passé qui ne peut être connu que grâce à l’archéologie, et cela de manière contingente ou non (périodes préhistoriques et protohistoriques).

La question des approches formelles, et donc mathématiques (la géométrie en particulier), a été abordée à l’occasion de la publication collective de la nécropole protohistorique de Sainte-Eulalie dans le Tarn. Deux aspects ont fait l’objet de nos investigations. D’une part, le traitement d’un ensemble céramique (des dépôts dans les différentes tombes étudiées), pour lequel nous nous sommes plus généralement interrogés sur l’approche typologique, ainsi que sur la caractérisation des formes. Celle-ci peut en effet se faire en utilisant des outils géométriques rigoureux, mais avec une rigueur qui s’avère parfois contre-productive dans la mesure où ce sont des considérations techniques, fonctionnelles, et selon un cadre analogique qui nous échappe en grande partie (en dehors de quelques universaux, tels que l’assimilation d’un vase à un corps), qui sont d’abord opérants, comme nous le savons grâce à l’ethnologie. D’autre part, la question des dispositifs à l’intérieur des tombes (ou comment on arrange les différents dépôts dans l’espace d’un loculus sous tumulus) a permis d’établir la même disjonction entre approche purement géométrique de l’espace, favorisée par des technologies très performantes (relevés 3D), et d’autres conceptions plus « anthropologiques » où le fonctionnel et diverses considérations relatives à la cible et au site, tels que les linguistes cognitifs (Vandeloise) les ont étudiées, sont plus prégnantes. Cependant, concernant cette deuxième approche qui se fonde sur des universaux repérés dans les langues (humaines), nous sommes bien évidemment limités par la nature « an-émique » de l’archéologie (nous ignorons le point de vue des agents sur ce qu’ils font). Il nous reste alors à nous interroger sur des récurrences ou des anomalies observées dans la géométrie pour faire des inférences sur la façon de voir et d’interpréter (dire) le monde dans ce passé qui nous échappe.   

La mise en œuvre d’un Programme collectif de recherche sur le célèbre site protohistorique d’Ensérune dans l’Hérault, est l’occasion d’une réflexion générale sur le fait urbain, à une période où il n’y a pas de mots pour nommer cela. Qualifier un habitat de « ville », comme pour cet habitat, ne saurait se satisfaire d’une possible adéquation avec des définitions établies à un moment  (beaucoup plus tard) où l’on se préoccupe de définitions, et des dispositifs observés spatialement. En dehors de considérations structurelles (ou de complexité spatiale, comme par exemple la hiérarchie entre les espaces de desserte), nous avons évoqué la question de la gestion des restes, qui s’avère particulièrement problématique lorsqu’il s’agit d’un monde où l’interconnaissance et les petites négociations quotidiennes se trouvent parfois dépassés par la multitude et l’inconnu. Dans ce registre, nous réfléchissons à des indices concernant les restes qui pourraient être utilisables par l’archéologue. Contrairement à ce que des analogies fort heuristiques avaient laissé entendre (en archéologie, nous étudions des poubelles du passé : « Garbage project » de Tucson), nous ne disposons pas, grâce à la seule archéologie, d’adresses, soit des relations biunivoques entre des êtres et des choses.

Publications
  • La nécropole protohistorique de Sainte-Eulalie à Péchaudier (Tarn), suppl. à Archéologie Tarnaise, sous presse, 2021, 350 p.
  • Avec L. Izac, « Nouvelles recherches et réinterprétation du développement de l’agglomération protohistorique d’Ensérune (Hérault, France) », dans Urbanization in Iberia and Mediterranean Gaul in the first millenium BC, sous la dir. de Belarte et al., Tarragona, TRAMA 7, p. 57-82.
  • L’archéologie et le pari d’une mesure de la culture. Une approche épistémologique, Histoire et Mesure, 2020/1, XXXV, 2020, p. 15-34.