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UE65 - Villes et sciences sociales. 3


Lieu et planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 17:00-19:00
    du 17 novembre 2020 au 18 mai 2021


Description


Dernière modification : 15 septembre 2020 11:15

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Politiques publiques Sociohistoire Urbaines (études) Ville
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Isabelle Backouche [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Christian Topalov   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

À diverses périodes et dans divers sites, la ville est devenue un objet d’étude pour les sciences sociales. Mais cette récurrence peut être trompeuse : c’est rarement de la même ville qu’il s’agit. Le séminaire se propose d’explorer la conjoncture scientifique actuelle des travaux sur les villes, tout en la resituant dans une histoire plus longue. On peut de cette façon mieux comprendre la façon dont ont été construites les questions auxquelles la recherche s’efforce aujourd’hui de répondre et examiner de façon critique les définitions de l’objet dont nous sommes les héritiers et les acteurs.

On présentera et discutera des recherches empiriques – principalement en histoire et en sociologie – portant sur des objets précis. On s’intéressera aux contextes de production et de réception des travaux ainsi qu’aux circulations entre disciplines qui ont présidé aux choix de méthode des recherches. Les terrains d’investigation varieront dans le temps et dans l’espace, avec une attention particulière cette année à la fabrique de la matérialité de la ville, les changements de ses usages et les relations entre les acteurs de la construction : aménageurs, promoteurs, pouvoirs publics, mais aussi acteurs moins visibles construisant ou transformant le bâti pour l’usage plutôt que pour le marché.

Urbanisme. Une catégorie, ses usages, ses voyages

17 novembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Urbanisme antique ?

1er décembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Urbanisme au XVIIIe siècle ?

Logement, economie, réforme sociale

15 décembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Mettre de l’ordre dans la « Zone » (1890-1945) : la consécration des urbanistes ?

5 janvier 2021 :

  • Sabine Effosse (IDHES - Université Paris Nanterre) : Le financement du logement en France (1950-1977) : de l'aide à la pierre à l'aide à la personne

19 janvier 2021 :

  • Maximilien Jeudy (EHESS-CRH) : Le square Albin Cachot et son bailleur : construction et gestion d’un parc locatif privé de l’entre-deux-guerres aux années 1960

Lieux à l’abandon

2 février 2021 :

  • Quentin Ravelli (CNRS, Centre Maurice-Halbwachs) : La ville-fantôme : symptôme d'une crise globale du logement (2008 et après)

2 mars 2021 :

  • Nicolas Offenstadt (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Lieux abandonnés, non-lieux et exploration urbaine dans l'Allemagne de l'Est contemporaine

La recomposition des quartiers

16 mars 2021 :

  • Chloé Deligne (Université libre de Bruxelles) Que reste-t-il des « quartiers populaires » à Bruxelles : compositions et recompositions dans le long XXe siècle

Modes d'habiter, modes de construire

30 mars 2021 :

  • Clémence Léobal (CNRS-Lavue-Université de Paris Nanterre) : Planches marronnes et cartes blanches. Composer la ville en Amazonie française

6 avril 2021 :

  • Jennifer Bidet (Université Paris-Descartes) : Ma mère, sa maison elle l’a faite comme personne ! ». La maison comme marque de statut social dans l’économie de la parenté

4 mai 2021 :

  • Laura Guérin (Université Paris 8 – Lavue) et Aïssatou Mbodj-Pouye (CNRS – Institut des mondes africains) : Réformer des usages par le bâti ? Observations ethnographiques de résidences issues du « plan de traitement des foyers de travailleurs migrants » en région parisienne

Restitution sur les travaux des étudiants

18 mai 2021 : I. Backouche et C. Topalov


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
isabelle.backouche@ehess.fr topalov@ehess.fr
Informations pratiques

tous les étudiants intéressés par la ville et sa fabrique, de l'ehess et d'autres institutions, sont les bienvenus au séminaire.

Direction de travaux des étudiants

Rendez vous par courriel avec Isabelle Backouche.

Réception des candidats
-
Pré-requis

contact par courriel pour une direction de travaux, avec une intention de sujet en M1, et un projet de deux pages en M2. Sur rendez vous pour le doctorat.


Compte rendu


Entré dans sa cinquième année, le séminaire propose d’illustrer la conjoncture scientifique actuelle en matière de travaux de sciences sociales sur les villes, tout en la resituant dans une histoire plus longue. L’objectif est de mieux comprendre la façon dont ont été construites les questions auxquelles la recherche s’efforce aujourd’hui de répondre et d’examiner de façon critique les définitions de l’objet dont nous sommes les héritiers et les acteurs. Le séminaire s’est entièrement déroulé à distance, ce qui n’a pas facilité les échanges avec les étudiants – trois séances (en mars et juin) ayant toutefois été utilement consacrées à la présentation et discussion de travaux étudiants (mémoire, master et doctorat).

Une attention particulière a été accordée cette année à la fabrique de la matérialité de la ville, les changements de ses usages et les relations entre les acteurs de la construction : aménageurs, promoteurs, pouvoirs publics, mais aussi acteurs moins visibles construisant ou transformant le bâti pour l’usage plutôt que pour le marché.

Le séminaire s’est ouvert avec une réflexion sur la catégorie d’« urbanisme », ses usages et ses voyages. Pour quelles périodes de l’histoire et pour quels lieux est-il pertinent de l’utiliser ? Quels acteurs l’ont-ils utilisée, dans quelles circonstances et dans quelles intentions ? Pour aborder ces questions nous avons mis en scène une controverse. Christian Topalov a développé la thèse selon laquelle l’« urbanisme antique » (à Rome, en l’occurrence) a été une invention des archéologues et premiers urbanistes de la fin du XIXe siècle, qui ont interprété dans ces termes les réalisations impériales avant que Mussolini ne les fasse exister dans la réalité avec l’éventrement de Rome. Soutenant un autre point de vue, Isabelle Backouche a exposé comment et pourquoi Jean-Claude Perrot a observé la naissance de l’urbanisme et des sciences humaines à Caen au XVIIIe siècle, dans les pratiques des intendants et ingénieurs qui, pour la première fois, ont regardé la ville comme un tout appelant un aménagement d’ensemble. L’article de Nicole Loreau faisant l’éloge de l’anachronisme en histoire a été discuté à l’occasion de ce débat. Enfin, le rôle des premiers « urbanistes » français lors de l’aménagement de la « zone » non aedificandi de Paris au XXe siècle a été étudié par les deux enseignants, qui se sont retrouvés d’accord sur ce terrain-là : il s’agissait bien de la consécration d’une discipline et profession nouvelles.

Le reste du séminaire a été consacré à l’histoire et la sociologie de la production de logements. Sabine Effosse (IDHES-Université Paris Nanterre) a retracé les changements du financement du logement en France entre 1950 et 1977, période au cours de laquelle « l’aide à la personne » s’est substituée à « l’aide à la pierre », ce qui a mis un terme au système mis en place dans l’après-guerre et à la production massive de logement social. Maximilien Jeudy (EHESS-CRH) a présenté les résultats de sa recherche sur « la France mutualiste » un constructeur et bailleur privé actif à Paris dans l’entre-deux guerres. L’opération du square Albin Cachot (Paris, XIIIe) a été étudiée depuis sa conception jusqu’aux modalités changeantes de sa gestion locative jusqu’aux années 1960. Quentin Ravelli (CNRS, Centre Maurice-Halbwachs) a présenté ses travaux sur une « ville-fantôme », Val de Luz, prévue par le promoteur pour 35 000 habitants et qui n’en avait que 3 500 quinze ans plus tard. L’observation des mobilisations des habitants lui a permis de réfléchir à la crise globale du logement qui s’est produite en Espagne après la crise financière mondiale de 2008. Jennifer Bidet (Université Paris-Descartes) a montré, grâce à une observation des pratiques de construction « au bled » d’émigrés algériens en France, comment la maison est une marque de statut social dans l’économie de la parenté. Clémence Léobal (CNRS-Lavue-Université de Paris Nanterre) a souligné le contraste entre les projets de relogement par les autorités de la Guyane française et les significations de l’habitat auto-construit pour les familles récemment urbanisées : les « planches » sont marronnes, tandis que les opérations figurant sur les cartes sont « blanches ». Enfin, Laura Guérin (Université Paris 8-Lavue) et Aïssatou Mbodj-Pouye (CNRS-Institut des mondes africains) ont présenté les résultats de leurs observations ethnographiques de résidences issues du « plan de traitement des foyers de travailleurs migrants » en région parisienne – ce qui leur a permis de revisiter la question réformatrice par excellence : peut-on réformer les usages par le bâti ? Ce qui était une des dimensions cruciale du projet des urbanistes depuis le premier XXe siècle.

Publications

Isabelle Backouche

  • Avec S. Gensburger, « Entendre l’histoire pour comprendre son élaboration : des bulles sonores à la webapp “passe-ici.fr” », (Re)conquérir des publics ? Les écritures de l’histoire sociale, Le Mouvement Social, n° 269, octobre-décembre 2019.
  • Avec S. Gensburger, « Rendre voix aux gens du passé. Entretien », Socio-anthropologie, dossier Bruits et chuchotements, sous la dir. de Christophe Granger et Anne Monjaret, n° 41, 2020, p. 197-210.
  • Avec C. Topalov, « Micro-tactiques de l’implantation charitable : quatre quartiers parisiens », dans Philanthropes en 1900. Londres, New York, Paris, Genève, sous la dir. de C. Topalov, Paris, Créaphis, 2020, p. 387- 434.
  • « Les architectes et l’îlot insalubres n° 16 parisien : expériences et quête de légitimité (1930-1960) », dans Architecture et urbanisme dans la France de Vichy, sous la dir. de J.-L. Cohen, Paris, Éd. Collège de France, 2020, p. 89-105.
  • « Paris, son peuple, ses monuments », dans Paris 1910-1937. Promenades dans les collections Albert-Kahn, Paris, Éd. Liénart, 2020, p. 88-95.
  • « Des Parisiens écrivent à l’administration. Le jeu des frontières sociales et spatiales (1920-1945) », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 21 Bis | 2020, mis en ligne le 21 septembre 2020, consulté le 10 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/acrh/10753.
  • « Parisians write to the Administration : Interplay between social and spatial boundaries (1920-1945) », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 22 bis | 2021. URL : http://journals.openedition.org/acrh/12160.
  • « Une nouvelle esthétique sur la Seine : le prix à payer », La beauté d’une ville. Controverses esthétiques et transition écologique à Paris, Paris, Pavillon de l’Arsenal – Wildproject Éditions, 2021, p. 26-37.
  • I. Backouche et al, Réalisation pour la Pinault Collection des bulles sonores Gens de la Bourse de Commerce, https://visite.boursedecommerce.fr/expo/8.

Christian Topalov

  • « Power and Charity in New York City during the Progressive Era : A Network Analysis », Journal of Interdisciplinary History, vol. 50, n° 3, 2020, p. 383-425. https://doi.org/10.1162/jinh_a_01447
  • Avec Joël Laillier, sous le pseudonyme Camille Noûs, « Qui dirige les machines à réformer l’université et la recherche en France ? Portraits comparés de l’Agence nationale de la recherche et de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (2005-2019) », Genèses, n° 119, 2020, p. 20-50.
  • « La décentralisation industrielle en France dans le premier XXe siècle. Du mot d’ordre réformateur à l’aménagement du territoire. Thèse de doctorat en sociologie sous la direction d’André Grelon, soutenue à l’EHESS, 16 décembre 2010, 2 vol., 1065 pages » (note critique), Entreprises et histoire, n° 98, 2020, p. 7-10.
  • « Qui gouverne la science ? Langage et acteurs des politiques de la recherche et de l’enseignement supérieur en France », entretien de Wolf Feuerhahn et Olivier Orain avec Christian Topalov, Revue d’histoire des sciences humaines, n° 36, 2020, p. 205-220. (http://journals.openedition.org/rhsh/4889)
  • « Préface », dans Le promoteur, la banque et le rentier. Fondements et évolution du logement capitaliste, sous la dir. de Louis Gaudreau, Montréal, Lux, 2020, p. 7-17.

Dernière modification : 15 septembre 2020 11:15

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Politiques publiques Sociohistoire Urbaines (études) Ville
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Isabelle Backouche [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Christian Topalov   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

À diverses périodes et dans divers sites, la ville est devenue un objet d’étude pour les sciences sociales. Mais cette récurrence peut être trompeuse : c’est rarement de la même ville qu’il s’agit. Le séminaire se propose d’explorer la conjoncture scientifique actuelle des travaux sur les villes, tout en la resituant dans une histoire plus longue. On peut de cette façon mieux comprendre la façon dont ont été construites les questions auxquelles la recherche s’efforce aujourd’hui de répondre et examiner de façon critique les définitions de l’objet dont nous sommes les héritiers et les acteurs.

On présentera et discutera des recherches empiriques – principalement en histoire et en sociologie – portant sur des objets précis. On s’intéressera aux contextes de production et de réception des travaux ainsi qu’aux circulations entre disciplines qui ont présidé aux choix de méthode des recherches. Les terrains d’investigation varieront dans le temps et dans l’espace, avec une attention particulière cette année à la fabrique de la matérialité de la ville, les changements de ses usages et les relations entre les acteurs de la construction : aménageurs, promoteurs, pouvoirs publics, mais aussi acteurs moins visibles construisant ou transformant le bâti pour l’usage plutôt que pour le marché.

Urbanisme. Une catégorie, ses usages, ses voyages

17 novembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Urbanisme antique ?

1er décembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Urbanisme au XVIIIe siècle ?

Logement, economie, réforme sociale

15 décembre 2020 :

  • Isabelle Backouche et Christian Topalov : Mettre de l’ordre dans la « Zone » (1890-1945) : la consécration des urbanistes ?

5 janvier 2021 :

  • Sabine Effosse (IDHES - Université Paris Nanterre) : Le financement du logement en France (1950-1977) : de l'aide à la pierre à l'aide à la personne

19 janvier 2021 :

  • Maximilien Jeudy (EHESS-CRH) : Le square Albin Cachot et son bailleur : construction et gestion d’un parc locatif privé de l’entre-deux-guerres aux années 1960

Lieux à l’abandon

2 février 2021 :

  • Quentin Ravelli (CNRS, Centre Maurice-Halbwachs) : La ville-fantôme : symptôme d'une crise globale du logement (2008 et après)

2 mars 2021 :

  • Nicolas Offenstadt (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Lieux abandonnés, non-lieux et exploration urbaine dans l'Allemagne de l'Est contemporaine

La recomposition des quartiers

16 mars 2021 :

  • Chloé Deligne (Université libre de Bruxelles) Que reste-t-il des « quartiers populaires » à Bruxelles : compositions et recompositions dans le long XXe siècle

Modes d'habiter, modes de construire

30 mars 2021 :

  • Clémence Léobal (CNRS-Lavue-Université de Paris Nanterre) : Planches marronnes et cartes blanches. Composer la ville en Amazonie française

6 avril 2021 :

  • Jennifer Bidet (Université Paris-Descartes) : Ma mère, sa maison elle l’a faite comme personne ! ». La maison comme marque de statut social dans l’économie de la parenté

4 mai 2021 :

  • Laura Guérin (Université Paris 8 – Lavue) et Aïssatou Mbodj-Pouye (CNRS – Institut des mondes africains) : Réformer des usages par le bâti ? Observations ethnographiques de résidences issues du « plan de traitement des foyers de travailleurs migrants » en région parisienne

Restitution sur les travaux des étudiants

18 mai 2021 : I. Backouche et C. Topalov

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
isabelle.backouche@ehess.fr topalov@ehess.fr
Informations pratiques

tous les étudiants intéressés par la ville et sa fabrique, de l'ehess et d'autres institutions, sont les bienvenus au séminaire.

Direction de travaux des étudiants

Rendez vous par courriel avec Isabelle Backouche.

Réception des candidats
-
Pré-requis

contact par courriel pour une direction de travaux, avec une intention de sujet en M1, et un projet de deux pages en M2. Sur rendez vous pour le doctorat.

  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 17:00-19:00
    du 17 novembre 2020 au 18 mai 2021

Entré dans sa cinquième année, le séminaire propose d’illustrer la conjoncture scientifique actuelle en matière de travaux de sciences sociales sur les villes, tout en la resituant dans une histoire plus longue. L’objectif est de mieux comprendre la façon dont ont été construites les questions auxquelles la recherche s’efforce aujourd’hui de répondre et d’examiner de façon critique les définitions de l’objet dont nous sommes les héritiers et les acteurs. Le séminaire s’est entièrement déroulé à distance, ce qui n’a pas facilité les échanges avec les étudiants – trois séances (en mars et juin) ayant toutefois été utilement consacrées à la présentation et discussion de travaux étudiants (mémoire, master et doctorat).

Une attention particulière a été accordée cette année à la fabrique de la matérialité de la ville, les changements de ses usages et les relations entre les acteurs de la construction : aménageurs, promoteurs, pouvoirs publics, mais aussi acteurs moins visibles construisant ou transformant le bâti pour l’usage plutôt que pour le marché.

Le séminaire s’est ouvert avec une réflexion sur la catégorie d’« urbanisme », ses usages et ses voyages. Pour quelles périodes de l’histoire et pour quels lieux est-il pertinent de l’utiliser ? Quels acteurs l’ont-ils utilisée, dans quelles circonstances et dans quelles intentions ? Pour aborder ces questions nous avons mis en scène une controverse. Christian Topalov a développé la thèse selon laquelle l’« urbanisme antique » (à Rome, en l’occurrence) a été une invention des archéologues et premiers urbanistes de la fin du XIXe siècle, qui ont interprété dans ces termes les réalisations impériales avant que Mussolini ne les fasse exister dans la réalité avec l’éventrement de Rome. Soutenant un autre point de vue, Isabelle Backouche a exposé comment et pourquoi Jean-Claude Perrot a observé la naissance de l’urbanisme et des sciences humaines à Caen au XVIIIe siècle, dans les pratiques des intendants et ingénieurs qui, pour la première fois, ont regardé la ville comme un tout appelant un aménagement d’ensemble. L’article de Nicole Loreau faisant l’éloge de l’anachronisme en histoire a été discuté à l’occasion de ce débat. Enfin, le rôle des premiers « urbanistes » français lors de l’aménagement de la « zone » non aedificandi de Paris au XXe siècle a été étudié par les deux enseignants, qui se sont retrouvés d’accord sur ce terrain-là : il s’agissait bien de la consécration d’une discipline et profession nouvelles.

Le reste du séminaire a été consacré à l’histoire et la sociologie de la production de logements. Sabine Effosse (IDHES-Université Paris Nanterre) a retracé les changements du financement du logement en France entre 1950 et 1977, période au cours de laquelle « l’aide à la personne » s’est substituée à « l’aide à la pierre », ce qui a mis un terme au système mis en place dans l’après-guerre et à la production massive de logement social. Maximilien Jeudy (EHESS-CRH) a présenté les résultats de sa recherche sur « la France mutualiste » un constructeur et bailleur privé actif à Paris dans l’entre-deux guerres. L’opération du square Albin Cachot (Paris, XIIIe) a été étudiée depuis sa conception jusqu’aux modalités changeantes de sa gestion locative jusqu’aux années 1960. Quentin Ravelli (CNRS, Centre Maurice-Halbwachs) a présenté ses travaux sur une « ville-fantôme », Val de Luz, prévue par le promoteur pour 35 000 habitants et qui n’en avait que 3 500 quinze ans plus tard. L’observation des mobilisations des habitants lui a permis de réfléchir à la crise globale du logement qui s’est produite en Espagne après la crise financière mondiale de 2008. Jennifer Bidet (Université Paris-Descartes) a montré, grâce à une observation des pratiques de construction « au bled » d’émigrés algériens en France, comment la maison est une marque de statut social dans l’économie de la parenté. Clémence Léobal (CNRS-Lavue-Université de Paris Nanterre) a souligné le contraste entre les projets de relogement par les autorités de la Guyane française et les significations de l’habitat auto-construit pour les familles récemment urbanisées : les « planches » sont marronnes, tandis que les opérations figurant sur les cartes sont « blanches ». Enfin, Laura Guérin (Université Paris 8-Lavue) et Aïssatou Mbodj-Pouye (CNRS-Institut des mondes africains) ont présenté les résultats de leurs observations ethnographiques de résidences issues du « plan de traitement des foyers de travailleurs migrants » en région parisienne – ce qui leur a permis de revisiter la question réformatrice par excellence : peut-on réformer les usages par le bâti ? Ce qui était une des dimensions cruciale du projet des urbanistes depuis le premier XXe siècle.

Publications

Isabelle Backouche

  • Avec S. Gensburger, « Entendre l’histoire pour comprendre son élaboration : des bulles sonores à la webapp “passe-ici.fr” », (Re)conquérir des publics ? Les écritures de l’histoire sociale, Le Mouvement Social, n° 269, octobre-décembre 2019.
  • Avec S. Gensburger, « Rendre voix aux gens du passé. Entretien », Socio-anthropologie, dossier Bruits et chuchotements, sous la dir. de Christophe Granger et Anne Monjaret, n° 41, 2020, p. 197-210.
  • Avec C. Topalov, « Micro-tactiques de l’implantation charitable : quatre quartiers parisiens », dans Philanthropes en 1900. Londres, New York, Paris, Genève, sous la dir. de C. Topalov, Paris, Créaphis, 2020, p. 387- 434.
  • « Les architectes et l’îlot insalubres n° 16 parisien : expériences et quête de légitimité (1930-1960) », dans Architecture et urbanisme dans la France de Vichy, sous la dir. de J.-L. Cohen, Paris, Éd. Collège de France, 2020, p. 89-105.
  • « Paris, son peuple, ses monuments », dans Paris 1910-1937. Promenades dans les collections Albert-Kahn, Paris, Éd. Liénart, 2020, p. 88-95.
  • « Des Parisiens écrivent à l’administration. Le jeu des frontières sociales et spatiales (1920-1945) », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 21 Bis | 2020, mis en ligne le 21 septembre 2020, consulté le 10 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/acrh/10753.
  • « Parisians write to the Administration : Interplay between social and spatial boundaries (1920-1945) », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 22 bis | 2021. URL : http://journals.openedition.org/acrh/12160.
  • « Une nouvelle esthétique sur la Seine : le prix à payer », La beauté d’une ville. Controverses esthétiques et transition écologique à Paris, Paris, Pavillon de l’Arsenal – Wildproject Éditions, 2021, p. 26-37.
  • I. Backouche et al, Réalisation pour la Pinault Collection des bulles sonores Gens de la Bourse de Commerce, https://visite.boursedecommerce.fr/expo/8.

Christian Topalov

  • « Power and Charity in New York City during the Progressive Era : A Network Analysis », Journal of Interdisciplinary History, vol. 50, n° 3, 2020, p. 383-425. https://doi.org/10.1162/jinh_a_01447
  • Avec Joël Laillier, sous le pseudonyme Camille Noûs, « Qui dirige les machines à réformer l’université et la recherche en France ? Portraits comparés de l’Agence nationale de la recherche et de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (2005-2019) », Genèses, n° 119, 2020, p. 20-50.
  • « La décentralisation industrielle en France dans le premier XXe siècle. Du mot d’ordre réformateur à l’aménagement du territoire. Thèse de doctorat en sociologie sous la direction d’André Grelon, soutenue à l’EHESS, 16 décembre 2010, 2 vol., 1065 pages » (note critique), Entreprises et histoire, n° 98, 2020, p. 7-10.
  • « Qui gouverne la science ? Langage et acteurs des politiques de la recherche et de l’enseignement supérieur en France », entretien de Wolf Feuerhahn et Olivier Orain avec Christian Topalov, Revue d’histoire des sciences humaines, n° 36, 2020, p. 205-220. (http://journals.openedition.org/rhsh/4889)
  • « Préface », dans Le promoteur, la banque et le rentier. Fondements et évolution du logement capitaliste, sous la dir. de Louis Gaudreau, Montréal, Lux, 2020, p. 7-17.