UE598 - Villes et urbanisation en Asie orientale et septentrionale : approches pluridisciplinaires, regards croisés, perspectives partagées (introduction)


Planning


  • Maison de l'Asie
    22 av du Président-Wilson 75016 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 10:00-13:00
    du 12 novembre 2020 au 10 juin 2021


Description


Dernière modification : 24 juin 2020 15:03

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Archéologie, Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie urbaine Architecture Classes sociales Culture matérielle Développement Espace Espace social Milieu Paysage Spatialisation, territoires Urbaines (études) Ville
Aires culturelles
Asie Asie orientale Chine Corée Japon
Intervenant·e·s
  • Valérie Gelézeau [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches sur la Corée (CCJ-CRC)
  • Françoise Ged   chargée de recherche, Cité de l’architecture & du patrimoine

Ce séminaire traite des villes et de l’urbanisation, question centrale dans nos sociétés contemporaines, par la comparaison de cas d’études dans l’ensemble des pays d’Asie orientale et septentrionale afin de développer une compréhension plus large du monde asiatique.

Quatre directions problématiques seront développées. D’abord les questions de temporalités. Existe-t-il des temporalités spécifiques aux villes d’Asie du Nord-Est ? En quoi le moment colonial, et les formes qu’il a prises selon les pays (colonisation japonaise en Corée, concessions coloniales en Chine) a-t-il été un fait crucial dans leur trajectoire ? La transition urbaine des villes d’Asie permet-elle de définir une temporalité spécifique ? Quelles solutions ont été apportées pour répondre à l'augmentation de la population urbaine ? Quelles sont les stratégies mises en place, alors qu'est promue l'industrialisation du territoire, pour la construction de nouvelles villes et de nouveaux quartiers ?

La deuxième direction problématique discutera la morphogenèse des paysages, la production et la maîtrise de la ville. Qui sont les acteurs de la ville et comment s’articulent leurs actions, et dans quel contexte politique, social et économique ? Au-delà du grand clivage entre villes capitalistes et villes (post-)socialistes qui caractérise cet ensemble régional, est-il possible d’identifier des logiques de fonctionnement commune des États développeurs et modernisateurs ?

La question des formes urbaines, de l’écologie et de l’esthétique urbaine sera également abordée. En quoi les villes d’Asie sont-elles des villes plastiques, de la transformation et de la reconstruction permanente ? Quels sont les processus des transformations paysagères et architecturales ?

Enfin, les sociabilités urbaines, entre sphère domestique et espaces public ouvriront un dernier axe de réflexion, ouvrant l’études de différents objets (le commerce ambulant dans les villes d’Asie, les grands hôtels, les bains publics, etc.). Comment ont évolué les comportements, les mentalités et les perceptions des citadins ? Quelle est la place du patrimoine dans des villes en rapide transformation ? Comment est perçue la ville ?

Pour aborder ces questions toutes inscrites dans une réflexion sur la production de l’espace urbain, la perspective pluridisciplinaire et le comparatisme seront complétés par le partage des perspectives, à la fois théoriques et pratiques sur la ville.


Master


  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercices
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercices
  • Séminaires de recherche – Étude comparative du développement – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercics

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour tout renseignement sur ce séminaire, se présenter à la première séance qui aura lieu le jeudi 12 novembre de 10 h à 13 h, à la Maison d'Asie (22 avenue du président Wilson, 75116 Paris).

Direction de travaux des étudiants

sur entretien, après envoi d'un pré-projet (2 pages maximum), et d'un CV.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

niveau L ou équivalent.


Compte rendu


En 2020-2021, ce séminaire conduit en association avec Françoise Ged, architecte et directrice de l’Observatoire de la Chine contemporaine à la Cité de l’architecture & du patrimoine, a abordé la question des villes et de l’urbanisation (centrale dans nos sociétés contemporaines), en reconduisant la triple perspective d’approche initiée en 2019-2020 par le séminaire sur les villes chinoises et coréennes : au comparatisme et à la pluridisciplinarité, classique dans une approche d’études aréales, ce séminaire ajoute le partage des perspectives à la fois pratiques (architecture, urbanisme) et théoriques sur la ville, afin de développer une compréhension plus large et plus fine du monde asiatique.

Un groupe stable de neuf étudiant.e.s de master validant et sept doctorant.e.s a assisté à ce séminaire qui s’est tenu pour la plupart de ses séances en ligne sur BBB, avec 10 séances de trois heures et, entre les séminaires, des permanences d’une heure afin de minimiser les effets délétères de la mise à distance du monde universitaire pour les étudiants.

Un premier ensemble de séances, jusqu’en février, a été consacré aux villes « post-socialistes » d’Asie – ce qualificatif désignant à la fois une temporalité postérieure et la persistance de structures héritées. Une première séance de discussion de textes généraux replaçant en perspective les théories de la ville socialiste dans les études urbaines occidentales a permis de mettre en évidence l’efficacité critique d’une analyse depuis l’Asie septentrionale et orientale où, finalement, sur le plan spatial et numérique, ce sont les villes (post-)socialistes qui dominent, avec la Chine continentale et la Corée du Nord. Deux séances ont ensuite été consacrées à la question des espaces publics dans ces villes, en travaillant le cas de Pyongyang (à partir des travaux de B. Joinau sur les régimes de visibilité dans la capitale nord-coréenne) et de celui de Tianjin (à partir de l’ouvrage d’I. Thireau Des lieux en commun. Une ethnographie des rassemblements publics en Chine, 2020, Paris, éditions de l’EHESS). Cette thématique, qui a également accueilli le 10 décembre une journée d’études en ligne du projet ANR CITY-NKOR (Ville, architecture et urbanisme en Corée du Nord : https://citynkor.hypotheses.org/) a aussi permis d’aborder les questions méthodologiques posées par des terrains en contexte « fermé » marqués par la surveillance et les difficultés de réaliser des enquêtes ethnographiques.

La deuxième partie du séminaire s’est quant à elle focalisée sur la question du logement collectif, en partant là encore du constat d’un modèle ubiquiste et global qui, à partir des réflexions européennes sur la ville moderne et industrielle au tournant des 19e et 20e siècles, a circulé dans le monde entier et a été interprété et concrétisé en fonction des contextes locaux. La comparaison entre la Corée du Sud (« ville intelligente de Songdo » où domine l’habitat vertical) et les récents développements urbains de Pyongyang, avec le cas d’Ulan-Bator (Mongolie) et des villages urbains en Chine (cas de Weifang) fonctionne comme un laboratoire de réflexion, que nous avons confronté aussi aux travaux d’Olivier Boucheron (ENSA Paris-La Villette) et Marie-Anita Palumbo (ENSAE Saint-Étienne) sur la Mongolie, le Vietnam et l’Italie, issus du colloque « Entre deux barres » (2017) dont l’ouvrage collectif sort en 2021.

Nous avons achevé et ouvert le séminaire par une discussion des travaux récent de Nicolas Fiévé (EPHE) sur les retraites de campagnes des élites urbaines du Japon pré-moderne, opérant une transition vers le séminaire 2021-2022 intitulé « Habiter les villes d’Asie », où nous souhaitons intégrer une réflexion sur l’articulation nature/ville.

Publications
  • Avec Suzanne Peyrard, « Smart city Songdo ? A digital turn on urban fabric ? », The Seoul Journal of Korean Studies, vol. 33, n°2, 2020, p. 493-518. DOI: 10.1353/seo.2020.0019
  • « The unresolved Korean border, the polarized meta-nation and the North Korean problem”, North Korean Review, 2020, p. 111-120.
  • «Capitals of the Korean meta-nation: an archipelago of hyper- and shadow-capitals», S/N Korean Humanities, vol. 5, n° 2, 2019, p. 13-31.
  • «An engaged reading of the North Korean Film “The Wheels of Happiness”», CCJ Occasional Papers, 6 août 2019, collection en ligne de l’UMR 8173 CCJ, également sur HAL-SHS: hal-02240911.

Dernière modification : 24 juin 2020 15:03

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Archéologie, Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie urbaine Architecture Classes sociales Culture matérielle Développement Espace Espace social Milieu Paysage Spatialisation, territoires Urbaines (études) Ville
Aires culturelles
Asie Asie orientale Chine Corée Japon
Intervenant·e·s
  • Valérie Gelézeau [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches sur la Corée (CCJ-CRC)
  • Françoise Ged   chargée de recherche, Cité de l’architecture & du patrimoine

Ce séminaire traite des villes et de l’urbanisation, question centrale dans nos sociétés contemporaines, par la comparaison de cas d’études dans l’ensemble des pays d’Asie orientale et septentrionale afin de développer une compréhension plus large du monde asiatique.

Quatre directions problématiques seront développées. D’abord les questions de temporalités. Existe-t-il des temporalités spécifiques aux villes d’Asie du Nord-Est ? En quoi le moment colonial, et les formes qu’il a prises selon les pays (colonisation japonaise en Corée, concessions coloniales en Chine) a-t-il été un fait crucial dans leur trajectoire ? La transition urbaine des villes d’Asie permet-elle de définir une temporalité spécifique ? Quelles solutions ont été apportées pour répondre à l'augmentation de la population urbaine ? Quelles sont les stratégies mises en place, alors qu'est promue l'industrialisation du territoire, pour la construction de nouvelles villes et de nouveaux quartiers ?

La deuxième direction problématique discutera la morphogenèse des paysages, la production et la maîtrise de la ville. Qui sont les acteurs de la ville et comment s’articulent leurs actions, et dans quel contexte politique, social et économique ? Au-delà du grand clivage entre villes capitalistes et villes (post-)socialistes qui caractérise cet ensemble régional, est-il possible d’identifier des logiques de fonctionnement commune des États développeurs et modernisateurs ?

La question des formes urbaines, de l’écologie et de l’esthétique urbaine sera également abordée. En quoi les villes d’Asie sont-elles des villes plastiques, de la transformation et de la reconstruction permanente ? Quels sont les processus des transformations paysagères et architecturales ?

Enfin, les sociabilités urbaines, entre sphère domestique et espaces public ouvriront un dernier axe de réflexion, ouvrant l’études de différents objets (le commerce ambulant dans les villes d’Asie, les grands hôtels, les bains publics, etc.). Comment ont évolué les comportements, les mentalités et les perceptions des citadins ? Quelle est la place du patrimoine dans des villes en rapide transformation ? Comment est perçue la ville ?

Pour aborder ces questions toutes inscrites dans une réflexion sur la production de l’espace urbain, la perspective pluridisciplinaire et le comparatisme seront complétés par le partage des perspectives, à la fois théoriques et pratiques sur la ville.

  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercices
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercices
  • Séminaires de recherche – Étude comparative du développement – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Combinaison d'exercics
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour tout renseignement sur ce séminaire, se présenter à la première séance qui aura lieu le jeudi 12 novembre de 10 h à 13 h, à la Maison d'Asie (22 avenue du président Wilson, 75116 Paris).

Direction de travaux des étudiants

sur entretien, après envoi d'un pré-projet (2 pages maximum), et d'un CV.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

niveau L ou équivalent.

  • Maison de l'Asie
    22 av du Président-Wilson 75016 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 10:00-13:00
    du 12 novembre 2020 au 10 juin 2021

En 2020-2021, ce séminaire conduit en association avec Françoise Ged, architecte et directrice de l’Observatoire de la Chine contemporaine à la Cité de l’architecture & du patrimoine, a abordé la question des villes et de l’urbanisation (centrale dans nos sociétés contemporaines), en reconduisant la triple perspective d’approche initiée en 2019-2020 par le séminaire sur les villes chinoises et coréennes : au comparatisme et à la pluridisciplinarité, classique dans une approche d’études aréales, ce séminaire ajoute le partage des perspectives à la fois pratiques (architecture, urbanisme) et théoriques sur la ville, afin de développer une compréhension plus large et plus fine du monde asiatique.

Un groupe stable de neuf étudiant.e.s de master validant et sept doctorant.e.s a assisté à ce séminaire qui s’est tenu pour la plupart de ses séances en ligne sur BBB, avec 10 séances de trois heures et, entre les séminaires, des permanences d’une heure afin de minimiser les effets délétères de la mise à distance du monde universitaire pour les étudiants.

Un premier ensemble de séances, jusqu’en février, a été consacré aux villes « post-socialistes » d’Asie – ce qualificatif désignant à la fois une temporalité postérieure et la persistance de structures héritées. Une première séance de discussion de textes généraux replaçant en perspective les théories de la ville socialiste dans les études urbaines occidentales a permis de mettre en évidence l’efficacité critique d’une analyse depuis l’Asie septentrionale et orientale où, finalement, sur le plan spatial et numérique, ce sont les villes (post-)socialistes qui dominent, avec la Chine continentale et la Corée du Nord. Deux séances ont ensuite été consacrées à la question des espaces publics dans ces villes, en travaillant le cas de Pyongyang (à partir des travaux de B. Joinau sur les régimes de visibilité dans la capitale nord-coréenne) et de celui de Tianjin (à partir de l’ouvrage d’I. Thireau Des lieux en commun. Une ethnographie des rassemblements publics en Chine, 2020, Paris, éditions de l’EHESS). Cette thématique, qui a également accueilli le 10 décembre une journée d’études en ligne du projet ANR CITY-NKOR (Ville, architecture et urbanisme en Corée du Nord : https://citynkor.hypotheses.org/) a aussi permis d’aborder les questions méthodologiques posées par des terrains en contexte « fermé » marqués par la surveillance et les difficultés de réaliser des enquêtes ethnographiques.

La deuxième partie du séminaire s’est quant à elle focalisée sur la question du logement collectif, en partant là encore du constat d’un modèle ubiquiste et global qui, à partir des réflexions européennes sur la ville moderne et industrielle au tournant des 19e et 20e siècles, a circulé dans le monde entier et a été interprété et concrétisé en fonction des contextes locaux. La comparaison entre la Corée du Sud (« ville intelligente de Songdo » où domine l’habitat vertical) et les récents développements urbains de Pyongyang, avec le cas d’Ulan-Bator (Mongolie) et des villages urbains en Chine (cas de Weifang) fonctionne comme un laboratoire de réflexion, que nous avons confronté aussi aux travaux d’Olivier Boucheron (ENSA Paris-La Villette) et Marie-Anita Palumbo (ENSAE Saint-Étienne) sur la Mongolie, le Vietnam et l’Italie, issus du colloque « Entre deux barres » (2017) dont l’ouvrage collectif sort en 2021.

Nous avons achevé et ouvert le séminaire par une discussion des travaux récent de Nicolas Fiévé (EPHE) sur les retraites de campagnes des élites urbaines du Japon pré-moderne, opérant une transition vers le séminaire 2021-2022 intitulé « Habiter les villes d’Asie », où nous souhaitons intégrer une réflexion sur l’articulation nature/ville.

Publications
  • Avec Suzanne Peyrard, « Smart city Songdo ? A digital turn on urban fabric ? », The Seoul Journal of Korean Studies, vol. 33, n°2, 2020, p. 493-518. DOI: 10.1353/seo.2020.0019
  • « The unresolved Korean border, the polarized meta-nation and the North Korean problem”, North Korean Review, 2020, p. 111-120.
  • «Capitals of the Korean meta-nation: an archipelago of hyper- and shadow-capitals», S/N Korean Humanities, vol. 5, n° 2, 2019, p. 13-31.
  • «An engaged reading of the North Korean Film “The Wheels of Happiness”», CCJ Occasional Papers, 6 août 2019, collection en ligne de l’UMR 8173 CCJ, également sur HAL-SHS: hal-02240911.