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UE566 - La radicalisation dans les sociétés contemporaines : une mise en perspective ethnographique


Lieu et planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 4
    105 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, lundi 13:00-16:00
    du 1er mars 2021 au 14 juin 2021


Description


Dernière modification : 28 mai 2020 13:35

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Citoyenneté Discrimination Inégalités Islam Prisons Ville Violence
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Alexandra Poli [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Bartolomeo Conti   contrat postdoctoral, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Les notions de « radicalisation » et d’« extrémisme » occupent désormais une place centrale dans le débat public et dans la production normative de nombreuses sociétés. Ce séminaire, qui s’inscrit dans le cadre du programme européen Dialogue About Radicalisation and Equality (DARE),  vise à explorer les usages de ces termes dans différents domaines de la vie sociale pour qualifier des formes d’engagements présentées comme « extrémistes », à commencer par celles liées à une vision radicale de l’islam. À cette fin, nous proposons de questionner en profondeur les logiques d’acteurs et les motivations à l’origine de ce qu’on appelle aujourd’hui communément la « radicalisation » à la lumière de recherches ethnographiques.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous uniquement.

Réception des candidats

sur rendez-vous uniquement.

Pré-requis
-

Compte rendu


Ce séminaire, proposé pour la seconde année, avait l’ambition de problématiser et de contextualiser les notions de « radicalisation » et d’« extrémisme », qui occupent désormais une place centrale dans le débat public et dans la production normative des sociétés contemporaines. A cette fin, nous avons proposé, durant 10 séances (d’une durée de trois heures), de questionner ces notions en privilégiant les approches ethnographiques. Le programme de recherche européen H2020 Dialogue About Radicalisation and Equality (DARE, 2017-2021) a constitué la toile de fond du séminaire. Les séances introductives ont été l’occasion de situer dans le temps et l’espace les principales définitions de ces notions, afin de dessiner l’évolution socio-historique de leurs usages. Sur la base d’une revue de la littérature (anglophone) des études empiriques qualitatives portant sur les deux grands ensembles d’idéologies radicales – celles se revendiquant de l’islam et celles se présentant comme islamophobes – nous avons ensuite proposé d’ouvrir une réflexion sur les liens entre inégalités, sentiment d’injustice et trajectoires de radicalisation. Après ce cadrage international, qui nous a permis de dégager une série d’enjeux propres à la dimension transnationale des catégories d’extrémisme et de radicalisation, nous nous sommes attardés sur la genèse des modèles de radicalisation islamiste depuis les années 1980 en France. Notre démarche a consisté à revenir sur la place de la radicalisation islamiste dans la construction du « problème musulman » en France, en portant une attention particulière aux représentations de l’espace carcéral comme lieu de la radicalisation dite « islamiste ». Cette entrée par le contexte français s’est prolongée par la présentation d’une étude sur un des premiers groupes djihadistes formés en France (le clan Cannes-Torcy) afin d’analyser comment un ensemble complexe de facteurs interagissent au sein du processus de radicalisation d’un groupe de jeunes Français que l’on pourrait de prime abord qualifier d’« ordinaires ». Nous nous sommes ensuite concentrés sur les dimensions méthodologiques qui ont présidé à l’enquête de terrain que nous avons conduite en milieu carcéral dans le cadre du programme DARE, qui visait à étudier la diversité des logiques d’action des jeunes (entre 16 et 30 ans) face aux messages de radicalisation. La réflexion sur les aspects méthodologiques de notre recherche sur la radicalisation a été enrichie par l’intervention d’Arianna Mainardi, Postdoctoral Research Fellow à la Università degli Studi di Milano-Bicocca, qui a présenté les modalités d’enquête et les résultats d’une recherche longitudinale qualitative sur la transition vers l'âge adulte d’envergure internationale. Nous avons par la suite consacré plusieurs séances aux résultats des recherches menées dans le cadre du programme DARE. L’analyse croisée des trajectoires de radicalisation et de non radicalisation en milieu carcéral nous ont amené à focaliser sur les inégalités qui affectent la vie des enquêtés et les formes de mise en récit du sentiment d’injustice. Ce dernier ensemble de séances s’est structurée autour d’une mise en regard de nos résultats avec ceux issus d’autres études empiriques conduites dans le programme DARE et au-delà. Nathalie Paton (chercheure associée au CEMS, membre du programme DARE) a abordé la question des processus d’auto-radicalisation – d’extrême droite et islamiste – sur Twitter. Marius Linge, doctorant à la Oslo Metropolitan University, a présenté son étude des différents types de lien entre les formes de religiosité et les logiques de sortie de trajectoires délinquantes en Norvège. C’est ensuite avec Amina Damerdji (chercheure post-doc à l’Université de Louvain), que nous avons ouvert une réflexion sur la question des usages des termes « extrémismes » et « radicalisation » dans le champ littéraire de la haine. Le séminaire s’est conclu par une table ronde dédiée aux expériences d’acteurs de terrain investis dans des dispositifs de prévention et de réinsertion contre la radicalisation. Lors de cette séance, nous avons croisé les expériences de Pascal Vankenhove, Responsable Local de l’Enseignement d’un Centre pénitentiaire, qui a travaillé sur un dispositif de co-construction des savoirs en milieu carcéral, avec celles de Thomas Mattei, doctorant (Lier-Fyt, EHESS) et éducateur spécialisé, qui réalise une thèse sur le travail des éducateurs de prévention spécialisés dans la lutte contre la radicalisation, de Romain Bertrand, doctorant en anthropologie (LADEC, Université de Lyon), engagé dans la dynamisation d’un groupe de professionnels spécialisés dans l’accompagnement de personnes signalées pour radicalisation, et de Daphné Le Jehan, doctorante en sociologie (Césor, EHESS), dont la thèse porte sur les représentations de la radicalité à travers notamment les significations de l’enjeu de "prévenir" la radicalisation dans plusieurs villes de banlieue.

Publications

Dernière modification : 28 mai 2020 13:35

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Citoyenneté Discrimination Inégalités Islam Prisons Ville Violence
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Alexandra Poli [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Bartolomeo Conti   contrat postdoctoral, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Les notions de « radicalisation » et d’« extrémisme » occupent désormais une place centrale dans le débat public et dans la production normative de nombreuses sociétés. Ce séminaire, qui s’inscrit dans le cadre du programme européen Dialogue About Radicalisation and Equality (DARE),  vise à explorer les usages de ces termes dans différents domaines de la vie sociale pour qualifier des formes d’engagements présentées comme « extrémistes », à commencer par celles liées à une vision radicale de l’islam. À cette fin, nous proposons de questionner en profondeur les logiques d’acteurs et les motivations à l’origine de ce qu’on appelle aujourd’hui communément la « radicalisation » à la lumière de recherches ethnographiques.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-L'Islam en société : trajectoires historiques et contemporaines – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous uniquement.

Réception des candidats

sur rendez-vous uniquement.

Pré-requis
-
  • 105 bd Raspail
    Salle 4
    105 bd Raspail 75006 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, lundi 13:00-16:00
    du 1er mars 2021 au 14 juin 2021

Ce séminaire, proposé pour la seconde année, avait l’ambition de problématiser et de contextualiser les notions de « radicalisation » et d’« extrémisme », qui occupent désormais une place centrale dans le débat public et dans la production normative des sociétés contemporaines. A cette fin, nous avons proposé, durant 10 séances (d’une durée de trois heures), de questionner ces notions en privilégiant les approches ethnographiques. Le programme de recherche européen H2020 Dialogue About Radicalisation and Equality (DARE, 2017-2021) a constitué la toile de fond du séminaire. Les séances introductives ont été l’occasion de situer dans le temps et l’espace les principales définitions de ces notions, afin de dessiner l’évolution socio-historique de leurs usages. Sur la base d’une revue de la littérature (anglophone) des études empiriques qualitatives portant sur les deux grands ensembles d’idéologies radicales – celles se revendiquant de l’islam et celles se présentant comme islamophobes – nous avons ensuite proposé d’ouvrir une réflexion sur les liens entre inégalités, sentiment d’injustice et trajectoires de radicalisation. Après ce cadrage international, qui nous a permis de dégager une série d’enjeux propres à la dimension transnationale des catégories d’extrémisme et de radicalisation, nous nous sommes attardés sur la genèse des modèles de radicalisation islamiste depuis les années 1980 en France. Notre démarche a consisté à revenir sur la place de la radicalisation islamiste dans la construction du « problème musulman » en France, en portant une attention particulière aux représentations de l’espace carcéral comme lieu de la radicalisation dite « islamiste ». Cette entrée par le contexte français s’est prolongée par la présentation d’une étude sur un des premiers groupes djihadistes formés en France (le clan Cannes-Torcy) afin d’analyser comment un ensemble complexe de facteurs interagissent au sein du processus de radicalisation d’un groupe de jeunes Français que l’on pourrait de prime abord qualifier d’« ordinaires ». Nous nous sommes ensuite concentrés sur les dimensions méthodologiques qui ont présidé à l’enquête de terrain que nous avons conduite en milieu carcéral dans le cadre du programme DARE, qui visait à étudier la diversité des logiques d’action des jeunes (entre 16 et 30 ans) face aux messages de radicalisation. La réflexion sur les aspects méthodologiques de notre recherche sur la radicalisation a été enrichie par l’intervention d’Arianna Mainardi, Postdoctoral Research Fellow à la Università degli Studi di Milano-Bicocca, qui a présenté les modalités d’enquête et les résultats d’une recherche longitudinale qualitative sur la transition vers l'âge adulte d’envergure internationale. Nous avons par la suite consacré plusieurs séances aux résultats des recherches menées dans le cadre du programme DARE. L’analyse croisée des trajectoires de radicalisation et de non radicalisation en milieu carcéral nous ont amené à focaliser sur les inégalités qui affectent la vie des enquêtés et les formes de mise en récit du sentiment d’injustice. Ce dernier ensemble de séances s’est structurée autour d’une mise en regard de nos résultats avec ceux issus d’autres études empiriques conduites dans le programme DARE et au-delà. Nathalie Paton (chercheure associée au CEMS, membre du programme DARE) a abordé la question des processus d’auto-radicalisation – d’extrême droite et islamiste – sur Twitter. Marius Linge, doctorant à la Oslo Metropolitan University, a présenté son étude des différents types de lien entre les formes de religiosité et les logiques de sortie de trajectoires délinquantes en Norvège. C’est ensuite avec Amina Damerdji (chercheure post-doc à l’Université de Louvain), que nous avons ouvert une réflexion sur la question des usages des termes « extrémismes » et « radicalisation » dans le champ littéraire de la haine. Le séminaire s’est conclu par une table ronde dédiée aux expériences d’acteurs de terrain investis dans des dispositifs de prévention et de réinsertion contre la radicalisation. Lors de cette séance, nous avons croisé les expériences de Pascal Vankenhove, Responsable Local de l’Enseignement d’un Centre pénitentiaire, qui a travaillé sur un dispositif de co-construction des savoirs en milieu carcéral, avec celles de Thomas Mattei, doctorant (Lier-Fyt, EHESS) et éducateur spécialisé, qui réalise une thèse sur le travail des éducateurs de prévention spécialisés dans la lutte contre la radicalisation, de Romain Bertrand, doctorant en anthropologie (LADEC, Université de Lyon), engagé dans la dynamisation d’un groupe de professionnels spécialisés dans l’accompagnement de personnes signalées pour radicalisation, et de Daphné Le Jehan, doctorante en sociologie (Césor, EHESS), dont la thèse porte sur les représentations de la radicalité à travers notamment les significations de l’enjeu de "prévenir" la radicalisation dans plusieurs villes de banlieue.

Publications