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UE509 - La discipline au travail


Lieu et planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    2nd semestre / bimensuel (2e/4e), jeudi 16:00-19:00
    du 11 février 2021 au 27 mai 2021


Description


Dernière modification : 2 juin 2020 18:42

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Économie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Histoire économique et sociale Travail
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Jérôme Bourdieu [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, INRAE / Paris School of Economics (PJSE)
  • Mathieu Arnoux   directeur d'études, EHESS - professeur des universités, Université de Paris / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Jean-Yves Grenier   directeur d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Le séminaire de l’année 2020-2021, organisé par Mathieux Arnoux, Jérôme Bourdieu, Jean-Yves Grenier et Gilles Postel-Vinay, se donne pour objectif de définir ce qu’est la société salariale. Est-ce une notion à usage exclusivement contemporain, ou peut-on la mobiliser pour des économies du passé ? Doit-on la voir comme une construction progressive à travers les siècles ou comme une forme économique qui apparaît seulement dans les sociétés industrielles développées ? Appartient-elle aux seules économies capitalistes ou la repère-t-on également, au XXe siècle, dans les pays de type socialiste ?

À l’aide d’exemples empruntés à des temps et des lieux très variés, la diversité des situations étudiées – depuis l’Antiquité jusqu’au monde contemporain, au travers de multiples aires culturelles – devant fournir autant de terrains d’enquête, il s’agit de définir quels sont les critères attendus pour définir ce qu’est le salaire et la société salariale. Ces critères concernent non seulement le rapport salarial mais aussi tout ce qui l’entoure et le rend possible de façon durable, comme l’établissement d’une relation de dépendance ou l’apparition d’assurances sociales. Comment définir le salaire pour le différencier du simple paiement pour une tâche accomplie ? Comment intervient la notion de subordination, depuis le XVIIIe siècle, d’un point de vue pratique et juridique, dans la transformation d’une rémunération en salaire ?

Enfin, on envisagera également la déconstruction de la société salariale depuis les années 1990. L’enquête portera sur les nouveaux types de rémunération des activités mais aussi sur la question du bénévolat et du travail non rémunéré ainsi que  sur la forme que prend désormais le rapport de domination au sein de la relation de travail dans l’entreprise.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
jerome.bourdieu@ens.fr
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats

Jérôme Bourdieu par courriel.

Pré-requis
-

Compte rendu


Le séminaire de l’année a poursuivi ses investigations autour de la question salariale dans une perspective historique large, incluant aussi bien les sociétés médiévales et préindustrielles que les économies industrielles contemporaines. Il s’agit de comprendre comment évolue cette forme de rémunération dont la présence dans des systèmes économiques très variés ne signifie pas qu’elle est immuable à travers le temps et les espaces. C’est donc bien cette apparence d’immutabilité qu’il s’agit d’interroger.

Le premier dossier, médiéval, s’est intéressé à une multiplicité de situations concrètes (création d’une caisse d’entraide des fourreurs de vair à Paris au début du XIVe siècle, forme primitive d’une assurance maladie au sein d’un métier connu pour sa dangerosité ; organisation d’une assistance hospitalière pour l’accouchement des femmes dans la région d’Argentan, dans l’Orne, etc.) afin de montrer comment ont pu se mettre en place des formes complexes de rémunération indirecte allant au-delà du salaire, afin de le compléter pour faciliter la mise en place d’une relation salariale.

L’analyse de l’histoire de l’emploi des domestiques agricoles, déjà entamée lors de séminaires précédents, a permis de mettre la focale sur la question de l’organisation d’un marché du travail doté de spécificités propres. Recrutés lors de foires tenues chaque année, les domestiques de ferme ne peuvent quitter leur emploi en cours d’année, devant être à tout moment disponibles pour leur employeur. Il en résulte l’existence de contrats annuels particulièrement contraignants qui règlent l’embauche et les conditions de travail. Ces contrats ont constitué en Angleterre le cadre général du travail salarié jusque tard dans le siècle, comme le montrent les travaux de Robert Steinfeld, et plus durablement encore dans l’Empire britannique. En France, ces mêmes contrats ont été à l’origine de la délimitation d’un domaine où le Code du travail ne devait pas pénétrer.

La question du contrat soulève une question plus générale dans la définition du salariat qui est celle de la subordination, laquelle est avec le contrat au fondement de la notion de salaire. Plusieurs séances ont été consacrées à définir ce qu’est la subordination au travail, en lien avec la notion plus générale de dépendance. La question a été envisagée dans la durée longue, depuis les traités de philosophie naturelle jusqu’aux suites de la promulgation du Code civil et de l’apparition du travail usinier. L’étude de la subordination a été suivie par une double réflexion. L’une sur la question de savoir ce qu’a fait l’industrialisation au salariat, en particulier l’essor de la grande entreprise (comme les usines métallurgiques du Creusot). L’autre sur l’ubérisation du travail dans le monde contemporain, pour laquelle la question de l’existence possible d’une relation salariale est liée à celle d’un lien de facto de subordination.

La relation salariale caractérise-t-elle également l’emploi des femmes à l’époque moderne (Anna Bellavitis, Université de Rouen) ? Le séminaire s’est intéressé à cette question au travers de celle de l’invisibilisation du travail féminin. Cela suppose au préalable une réflexion sur l’usage des sources des XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier dans le domaine français et italien (Venise), afin de trouver des archives décrivant l’emploi des femmes. Cela autorise à caractériser le type de tâches qui leur était confié – palette très diverse allant des travaux les moins qualifiés jusqu’à l’exercice de responsabilités au sein de l’atelier ou de la boutique (rôle dans l’organisation du travail, en particulier dans les activités de gestion et de vente). À cela s’est ajoutée une réflexion autour des formes et des types de rémunération, permettant in fine de caractériser le travail féminin dans l’Europe moderne.

Le dernier chantier ouvert a porté sur la relation salariale en Union soviétique, autrement dit dans un espace géographique où la subordination n’implique pas (au moins dans la plupart des cas) une relation de type privée (Myriam Désert, Sorbonne Université). La question salariale a été étudiée sous deux formes : empirique, autour de la question de la composition du salaire et des niveaux de rémunération ; théorique, autour de la question d’une détermination politique et sociale du salaire (à la différence d’un lien entre salaire et productivité du travail, censé caractériser le mode de production capitaliste).

Publications

Jean-Yves Grenier

  • « Erkölcsi norma és politikai gazdaságtan (13-21. század) », Korall, 81, 2020, p. 5-30.

Dernière modification : 2 juin 2020 18:42

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Économie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Histoire économique et sociale Travail
Aires culturelles
Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Jérôme Bourdieu [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, INRAE / Paris School of Economics (PJSE)
  • Mathieu Arnoux   directeur d'études, EHESS - professeur des universités, Université de Paris / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Jean-Yves Grenier   directeur d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Le séminaire de l’année 2020-2021, organisé par Mathieux Arnoux, Jérôme Bourdieu, Jean-Yves Grenier et Gilles Postel-Vinay, se donne pour objectif de définir ce qu’est la société salariale. Est-ce une notion à usage exclusivement contemporain, ou peut-on la mobiliser pour des économies du passé ? Doit-on la voir comme une construction progressive à travers les siècles ou comme une forme économique qui apparaît seulement dans les sociétés industrielles développées ? Appartient-elle aux seules économies capitalistes ou la repère-t-on également, au XXe siècle, dans les pays de type socialiste ?

À l’aide d’exemples empruntés à des temps et des lieux très variés, la diversité des situations étudiées – depuis l’Antiquité jusqu’au monde contemporain, au travers de multiples aires culturelles – devant fournir autant de terrains d’enquête, il s’agit de définir quels sont les critères attendus pour définir ce qu’est le salaire et la société salariale. Ces critères concernent non seulement le rapport salarial mais aussi tout ce qui l’entoure et le rend possible de façon durable, comme l’établissement d’une relation de dépendance ou l’apparition d’assurances sociales. Comment définir le salaire pour le différencier du simple paiement pour une tâche accomplie ? Comment intervient la notion de subordination, depuis le XVIIIe siècle, d’un point de vue pratique et juridique, dans la transformation d’une rémunération en salaire ?

Enfin, on envisagera également la déconstruction de la société salariale depuis les années 1990. L’enquête portera sur les nouveaux types de rémunération des activités mais aussi sur la question du bénévolat et du travail non rémunéré ainsi que  sur la forme que prend désormais le rapport de domination au sein de la relation de travail dans l’entreprise.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, fiche de lecture
Contacts additionnels
jerome.bourdieu@ens.fr
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats

Jérôme Bourdieu par courriel.

Pré-requis
-
  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    2nd semestre / bimensuel (2e/4e), jeudi 16:00-19:00
    du 11 février 2021 au 27 mai 2021

Le séminaire de l’année a poursuivi ses investigations autour de la question salariale dans une perspective historique large, incluant aussi bien les sociétés médiévales et préindustrielles que les économies industrielles contemporaines. Il s’agit de comprendre comment évolue cette forme de rémunération dont la présence dans des systèmes économiques très variés ne signifie pas qu’elle est immuable à travers le temps et les espaces. C’est donc bien cette apparence d’immutabilité qu’il s’agit d’interroger.

Le premier dossier, médiéval, s’est intéressé à une multiplicité de situations concrètes (création d’une caisse d’entraide des fourreurs de vair à Paris au début du XIVe siècle, forme primitive d’une assurance maladie au sein d’un métier connu pour sa dangerosité ; organisation d’une assistance hospitalière pour l’accouchement des femmes dans la région d’Argentan, dans l’Orne, etc.) afin de montrer comment ont pu se mettre en place des formes complexes de rémunération indirecte allant au-delà du salaire, afin de le compléter pour faciliter la mise en place d’une relation salariale.

L’analyse de l’histoire de l’emploi des domestiques agricoles, déjà entamée lors de séminaires précédents, a permis de mettre la focale sur la question de l’organisation d’un marché du travail doté de spécificités propres. Recrutés lors de foires tenues chaque année, les domestiques de ferme ne peuvent quitter leur emploi en cours d’année, devant être à tout moment disponibles pour leur employeur. Il en résulte l’existence de contrats annuels particulièrement contraignants qui règlent l’embauche et les conditions de travail. Ces contrats ont constitué en Angleterre le cadre général du travail salarié jusque tard dans le siècle, comme le montrent les travaux de Robert Steinfeld, et plus durablement encore dans l’Empire britannique. En France, ces mêmes contrats ont été à l’origine de la délimitation d’un domaine où le Code du travail ne devait pas pénétrer.

La question du contrat soulève une question plus générale dans la définition du salariat qui est celle de la subordination, laquelle est avec le contrat au fondement de la notion de salaire. Plusieurs séances ont été consacrées à définir ce qu’est la subordination au travail, en lien avec la notion plus générale de dépendance. La question a été envisagée dans la durée longue, depuis les traités de philosophie naturelle jusqu’aux suites de la promulgation du Code civil et de l’apparition du travail usinier. L’étude de la subordination a été suivie par une double réflexion. L’une sur la question de savoir ce qu’a fait l’industrialisation au salariat, en particulier l’essor de la grande entreprise (comme les usines métallurgiques du Creusot). L’autre sur l’ubérisation du travail dans le monde contemporain, pour laquelle la question de l’existence possible d’une relation salariale est liée à celle d’un lien de facto de subordination.

La relation salariale caractérise-t-elle également l’emploi des femmes à l’époque moderne (Anna Bellavitis, Université de Rouen) ? Le séminaire s’est intéressé à cette question au travers de celle de l’invisibilisation du travail féminin. Cela suppose au préalable une réflexion sur l’usage des sources des XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier dans le domaine français et italien (Venise), afin de trouver des archives décrivant l’emploi des femmes. Cela autorise à caractériser le type de tâches qui leur était confié – palette très diverse allant des travaux les moins qualifiés jusqu’à l’exercice de responsabilités au sein de l’atelier ou de la boutique (rôle dans l’organisation du travail, en particulier dans les activités de gestion et de vente). À cela s’est ajoutée une réflexion autour des formes et des types de rémunération, permettant in fine de caractériser le travail féminin dans l’Europe moderne.

Le dernier chantier ouvert a porté sur la relation salariale en Union soviétique, autrement dit dans un espace géographique où la subordination n’implique pas (au moins dans la plupart des cas) une relation de type privée (Myriam Désert, Sorbonne Université). La question salariale a été étudiée sous deux formes : empirique, autour de la question de la composition du salaire et des niveaux de rémunération ; théorique, autour de la question d’une détermination politique et sociale du salaire (à la différence d’un lien entre salaire et productivité du travail, censé caractériser le mode de production capitaliste).

Publications

Jean-Yves Grenier

  • « Erkölcsi norma és politikai gazdaságtan (13-21. század) », Korall, 81, 2020, p. 5-30.