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UE482 - Observer, décrire, interpréter. Photographie, cinéma, son et sciences sociales


Lieu et planning


  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, salle C, 2 rue de la Charité 13002 Marseille

    mercredi 3, 17 et 31 mars 2021, 14:00-17:00
    mercredi 7 avril 2021, 14:00-17:00
    mercredi 12 et 26 mai 2021, 14:00-17:00


Description


Dernière modification : 20 octobre 2020 13:33

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
http://lafabriquedesecritures.fr 
Langues
-
Mots-clés
Anthropologie visuelle Cinéma Culture visuelle Image
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

L’objectif de ce séminaire est d’approfondir la place de la photographie, du cinéma et du son dans les enquêtes de terrain et dans l’élaboration de textes anthropologiques et sociologiques, en tant que formes narratives. Les photographies ainsi que les documents filmiques et sonores sont souvent, à tort, considérés comme une simple illustration des recherches scientifiques, sans prendre suffisamment en compte leur dimension intrinsèque d’outil de recherche et leur capacité à enrichir la narration socio-ethnographique. Pour ce faire, il faut former l’œil et l'oreille du chercheur à saisir les liens entre les choses, à les mettre en relation, selon l’ordre de sens de la réalité observée ; il faut transformer le regard et l'audition en capacité de vision et d'écoute. La photographie, le cinéma et le son constituent un outil irremplaçable de déconstruction du regard et de l'écoute ainsi que d’identification des codes qui opèrent dans les diverses situations sociales. Au fil des séances, à travers l’analyse critique de films, de documents sonores, de travaux de photographes, différentes formes d’enquête et de narration seront analysées. Des expérimentations numériques seront également prises en compte.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Compte rendu


La photographie, le cinéma et le son constituent un outil irremplaçable de déconstruction du regard et de l’écoute ainsi que d’identification des codes qui opèrent dans les diverses situations sociales. Cette année, à travers l’analyse critique de films, de documents sonores, de travaux de photographes, le séminaire a abordé plus particulièrement les phénomènes migratoires. Au fil de six séances, toutes en visioconférence, différentes formes d’enquête et de narration ont été présentées et analysées.
À partir des travaux de la photographie de Riis et Hine jusqu’aux différentes approches de photographes contemporaines qui se sont intéressés à la question des migrations et des déplacements, l’introduction a présenté une réflexion sur les premières expériences d’utilisation documentaire et sociale. Ensuite, ont été projeté et discutés les travaux du photojournaliste grec Giorgos Moutafis Migrant’s Odyssey sur les frontières en Grèce, Espagne et Italie, les trois portes d’accès principales à l’Europe pour les migrants qui traversent la Méditerranée. Le photographe Samuel Gratapac a montré son travail Libye, le conflit des images sur la condition des migrants en Libye : travaux forcés, viols, emprisonnements arbitraires, kidnapping et rançonnages.
Une partie des travaux présentés et discutés ont abordé la question des migrations à travers les circulations des objets. Le film Isla des flores de Jorge Furtado a permis d’aborder les inégalités socio-économiques au Sud du Brésil à travers les parcours de la nourriture, de la production aux déchets. Brouillant la frontière entre observation et abstraction, la vidéo Single Stream du vidéaste Ernst Karel a touché le problème des déchets, à travers l’exploration visuelle et sonore d’une installation de recyclage. Le travail Contraband de Taryn Simon est composé par un millier de photographies des objets retenus ou saisis sur les passagers et le courrier express arrivant à l’aéroport international John F. Kennedy, à New York depuis l’étranger. Les chercheurs et vidéastes Hélène Baillot et Raphaël Botiveau ont discuté leur film 400 Paires de bottes, qui décrit la trajectoire circulaire des bottes Décathlon dans un territoire de montagne situé aux confins de la France et de l’Italie.
Dans Cathedral cars, l’artiste multimédiale Thomas Mailaender a réalisé, sur le port de Marseille, des portraits des voitures de travailleurs immigrés rentrant au pays et portant des quantités importantes de bagages.
Shahram Khosravi (professeur d’anthropologie à l’Université de Stockholm) a discuté les représentations visuelles qui composent la figure du réfugié et qui le rendent visible et invisible en même temps. Dans La ville de Calais, le photographe néerlandais Henk Wildshut a documenté la transformation très rapide de petits camps en ville informelle, jusqu’à son démantèlement en 2016.
Avec Les damnées de la mer, Camille Schmol a développé une perspective intersectionnelle dans l’analyse des migrations féminines dans la Méditerranée. Anne de Giafferri, auteure-réalisatrice, a exposé le projet « CARGO » : un conteneur maritime itinérant, des créations sonores et une application interactive pour aborder la question des mobilités et des identités en Méditerranée.
Dans la série Les migrants, le photographe Mathieu Pernot a revendiqué une dimension presque « brutale » des images du sommeil des migrants afghans au petit matin dans un square, en plein centre de Paris.
Enfin, dans la dernière séance, Michel Agier a abordé la question de l’observation et de la description de la condition migrante par une anthropologie multi-située et collective, en lien avec le dernier documentaire collaboratif de l’anthropologue et réalisateur belge Laurent Van Lancker – Kalès – sur la vie communautaire dans le camps de Calais.

Publications

1

Dernière modification : 20 octobre 2020 13:33

Type d'UE
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Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
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Langues
-
Mots-clés
Anthropologie visuelle Cinéma Culture visuelle Image
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

L’objectif de ce séminaire est d’approfondir la place de la photographie, du cinéma et du son dans les enquêtes de terrain et dans l’élaboration de textes anthropologiques et sociologiques, en tant que formes narratives. Les photographies ainsi que les documents filmiques et sonores sont souvent, à tort, considérés comme une simple illustration des recherches scientifiques, sans prendre suffisamment en compte leur dimension intrinsèque d’outil de recherche et leur capacité à enrichir la narration socio-ethnographique. Pour ce faire, il faut former l’œil et l'oreille du chercheur à saisir les liens entre les choses, à les mettre en relation, selon l’ordre de sens de la réalité observée ; il faut transformer le regard et l'audition en capacité de vision et d'écoute. La photographie, le cinéma et le son constituent un outil irremplaçable de déconstruction du regard et de l'écoute ainsi que d’identification des codes qui opèrent dans les diverses situations sociales. Au fil des séances, à travers l’analyse critique de films, de documents sonores, de travaux de photographes, différentes formes d’enquête et de narration seront analysées. Des expérimentations numériques seront également prises en compte.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, salle C, 2 rue de la Charité 13002 Marseille

    mercredi 3, 17 et 31 mars 2021, 14:00-17:00
    mercredi 7 avril 2021, 14:00-17:00
    mercredi 12 et 26 mai 2021, 14:00-17:00

La photographie, le cinéma et le son constituent un outil irremplaçable de déconstruction du regard et de l’écoute ainsi que d’identification des codes qui opèrent dans les diverses situations sociales. Cette année, à travers l’analyse critique de films, de documents sonores, de travaux de photographes, le séminaire a abordé plus particulièrement les phénomènes migratoires. Au fil de six séances, toutes en visioconférence, différentes formes d’enquête et de narration ont été présentées et analysées.
À partir des travaux de la photographie de Riis et Hine jusqu’aux différentes approches de photographes contemporaines qui se sont intéressés à la question des migrations et des déplacements, l’introduction a présenté une réflexion sur les premières expériences d’utilisation documentaire et sociale. Ensuite, ont été projeté et discutés les travaux du photojournaliste grec Giorgos Moutafis Migrant’s Odyssey sur les frontières en Grèce, Espagne et Italie, les trois portes d’accès principales à l’Europe pour les migrants qui traversent la Méditerranée. Le photographe Samuel Gratapac a montré son travail Libye, le conflit des images sur la condition des migrants en Libye : travaux forcés, viols, emprisonnements arbitraires, kidnapping et rançonnages.
Une partie des travaux présentés et discutés ont abordé la question des migrations à travers les circulations des objets. Le film Isla des flores de Jorge Furtado a permis d’aborder les inégalités socio-économiques au Sud du Brésil à travers les parcours de la nourriture, de la production aux déchets. Brouillant la frontière entre observation et abstraction, la vidéo Single Stream du vidéaste Ernst Karel a touché le problème des déchets, à travers l’exploration visuelle et sonore d’une installation de recyclage. Le travail Contraband de Taryn Simon est composé par un millier de photographies des objets retenus ou saisis sur les passagers et le courrier express arrivant à l’aéroport international John F. Kennedy, à New York depuis l’étranger. Les chercheurs et vidéastes Hélène Baillot et Raphaël Botiveau ont discuté leur film 400 Paires de bottes, qui décrit la trajectoire circulaire des bottes Décathlon dans un territoire de montagne situé aux confins de la France et de l’Italie.
Dans Cathedral cars, l’artiste multimédiale Thomas Mailaender a réalisé, sur le port de Marseille, des portraits des voitures de travailleurs immigrés rentrant au pays et portant des quantités importantes de bagages.
Shahram Khosravi (professeur d’anthropologie à l’Université de Stockholm) a discuté les représentations visuelles qui composent la figure du réfugié et qui le rendent visible et invisible en même temps. Dans La ville de Calais, le photographe néerlandais Henk Wildshut a documenté la transformation très rapide de petits camps en ville informelle, jusqu’à son démantèlement en 2016.
Avec Les damnées de la mer, Camille Schmol a développé une perspective intersectionnelle dans l’analyse des migrations féminines dans la Méditerranée. Anne de Giafferri, auteure-réalisatrice, a exposé le projet « CARGO » : un conteneur maritime itinérant, des créations sonores et une application interactive pour aborder la question des mobilités et des identités en Méditerranée.
Dans la série Les migrants, le photographe Mathieu Pernot a revendiqué une dimension presque « brutale » des images du sommeil des migrants afghans au petit matin dans un square, en plein centre de Paris.
Enfin, dans la dernière séance, Michel Agier a abordé la question de l’observation et de la description de la condition migrante par une anthropologie multi-située et collective, en lien avec le dernier documentaire collaboratif de l’anthropologue et réalisateur belge Laurent Van Lancker – Kalès – sur la vie communautaire dans le camps de Calais.

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