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UE446 - De l’humain animalisé au vivant humanisé (deuxième année : risques et avantages de la proximité ontologique)


Lieu et planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), lundi 15:00-17:00
    du 9 novembre 2020 au 14 juin 2021


Description


Dernière modification : 20 juillet 2020 07:54

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Animalité Anthropologie Mémoire Religieux (sciences sociales du) Rituel
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Europe
Intervenant·e·s
  • Sergio Dalla Bernardina [référent·e]   professeur des universités, Université de Bretagne Occidentale / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (IIAC-LACI)

Ce séminaire poursuit la réflexion entamée l’année passée sur le statut fluctuant des  frontières ontologiques. L’anthropologie contemporaine s’intéresse de plus en plus aux  rapports interlocutoires que nous entretenons avec les non-humains. Des études importantes ont montré la centralité de ces négociations dans les sociétés que l’on qualifiait autrefois de « traditionnelles » et que l’on appelle aujourd’hui « non-modernes » (négociations explicites et continues,  institutionnalisées par les rites et  par les mythes). L’écologie et l’éthologie, de leur côté, donnent des bases scientifiques à l’idée que les non-humains (animaux et même végétaux), constituent des interlocuteurs de plein droit, avec des capacités sensorielles et cognitives qui les élèvent bien au-delà du  simple rang d’objet. La convergence de ces deux regards alimente aujourd’hui une vaste gamme de recherches visant a dénicher, dans notre histoire mais également dans les mailles de la  contemporanéité, des attitudes et des conceptions de type  « animiste », « analogiste », « totémique », pour employer le vocabulaire de Philippe Descola.  Une partie de ce séminaire a pour but de faire le point sur l’état actuel de la réflexion par des exemples ethnographiques et historiques. Une autre partie, plus « pragmatique », abordera  la question des fonctions symboliques, psychologiques et sociales assurées par la reconnaissance de proximité (et parfois même d’« humanité ») dont bénéficie aujourd’hui, à des degrés différents, l’immense famille des non-humains. 

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Études environnementales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
iiac@ehess.fr
Informations pratiques

par courriel.

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

niveau Licence.


Compte rendu


es deux séances initiales, intitulées « Faut-il jeter James George Frazer avec l’eau du bain ? » ont été assurées par Sergio Dalla Bernardina. La première a porté sur les frontières interspécifiques et le relativisme culturel : y a-t-il moyen de recycler le regard universaliste des fondateurs des sciences humaines sans tomber dans le passéisme ? La deuxième a abordé les notions de remords et de mauvaise foi : peut-on employer ces deux termes pour décrire des comportements étrangers à la tradition judéo-chrétienne ? Dans sa communication : « Les larmes du cerf : empathie et sentiment anti-chasse en France », Charles Stépanoff, nous a appris que « L’étude des sources anciennes sur la chasse en France depuis le Moyen Âge et la comparaison ethnographique montrent qu’il existe un sentiment anti-chasse à l’intérieur même de la chasse. L’interprétation des larmes du cerf permet de suivre l’évolution des sensibilités en Occident et l’avènement d’une division moderne du travail émotionnel entre chasseurs et défenseurs des animaux. ». Steve Lazzaris a traité le sujet « Hommes et animaux dans la guerre, sort commun et nature partagée » : « Souffrir et mourir ensemble implique l’élaboration de liens et de représentations qui dépassent la simple relation pratique dépourvue d’affects, au point qu’il devient parfois difficile de différencier le statut ontologique de l’humain de celui de l’animal ». Dans « Les maladies infectieuses émergentes dans les réservoirs animaux », Frédéric Keck, nous a expliqué pourquoi les relations entre humains et animaux ont pu être perçues comme des facteurs de risque d’épidémie (grippe, SRAS, Ebola) et comment les mesures de biosécurité prises pour contrôler ces épidémies ont transformé les relations entre humains et animaux (à partir d’une enquête dans le sud de la Chine). Lors de la séance « Le crucifix comme trophée » Sergio Dalla Bernardina s’est interrogé sur une possible corrélation, tout à fait conjecturale, entre la disparition des crucifix des murs des maisons et l’arrivée en masse des animaux taxidermisées dans la décoration d’intérieur. Julien Bondaz a abordé le thème : « L’avifaune « coloniale ». Oisellerie, ornithologie et brouillages ontologiques ». La circulation des animaux destinés aux parcs zoologiques européens dans le contexte colonial suscite des études toujours plus nombreuses, tandis que la marchandisation des oiseaux d’agrément reste méconnue. On reste dans le champ de l’ornithologie avec Vanessa Manceron : « Un certain régime d’attention. Les manières de connaître et de se relier aux oiseaux d’un zoographe amateur en Angleterre ». À suivre les naturalistes anglais au gré de leurs observations on prend la mesure de la voie discrète mais consistante et singulière qu’ils ouvrent en ces temps d’aspiration à la relation au vivant. Dans « La noblesse du prédateur et la vulgarité de la proie » Sergio Dalla Bernardina a rappelé que la « lycolatrie » est à la mode. On loue la prestance des grands prédateurs, leur utilité. On justifie leurs incursions dans la sphère domestique, on pardonne leurs « bavures ». On finit ainsi par oublier les moutons qui, par définition, n’ont qu’une valeur pécuniaire. Dans « Le tournant terrestre. Apports et limites pour une sociologie de la connaissance » Sylvaine Bulle s’est intéressée au grand nombre de paradigmes philosophiques et anthropologiques actuels, résumés sous la bannière du tournant ontologique, proposent de ne pas attribuer une valeur propre à l’humain ou à la culture, mais de prendre en compte le déploiement de différentes relations entre êtres.
Au cours des dernières séances les étudiants ont présenté leurs recherches en les adaptant à la problématique du séminaire.

Publications
  • La langue des bois. L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi, Les éditions du Muséum d’Histoire Naturelle.
  • «Faut qu’ça saigne ». Écologie, religion et sacrifice. Dépaysages
  • Direction de l’ouvrage De la bête au non-humain : perspectives et controverses autour de la condition animale, Édition numérique Collection « Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques » ISBN 978-2-7355-0885-3

Dernière modification : 20 juillet 2020 07:54

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Animalité Anthropologie Mémoire Religieux (sciences sociales du) Rituel
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde) Europe
Intervenant·e·s
  • Sergio Dalla Bernardina [référent·e]   professeur des universités, Université de Bretagne Occidentale / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (IIAC-LACI)

Ce séminaire poursuit la réflexion entamée l’année passée sur le statut fluctuant des  frontières ontologiques. L’anthropologie contemporaine s’intéresse de plus en plus aux  rapports interlocutoires que nous entretenons avec les non-humains. Des études importantes ont montré la centralité de ces négociations dans les sociétés que l’on qualifiait autrefois de « traditionnelles » et que l’on appelle aujourd’hui « non-modernes » (négociations explicites et continues,  institutionnalisées par les rites et  par les mythes). L’écologie et l’éthologie, de leur côté, donnent des bases scientifiques à l’idée que les non-humains (animaux et même végétaux), constituent des interlocuteurs de plein droit, avec des capacités sensorielles et cognitives qui les élèvent bien au-delà du  simple rang d’objet. La convergence de ces deux regards alimente aujourd’hui une vaste gamme de recherches visant a dénicher, dans notre histoire mais également dans les mailles de la  contemporanéité, des attitudes et des conceptions de type  « animiste », « analogiste », « totémique », pour employer le vocabulaire de Philippe Descola.  Une partie de ce séminaire a pour but de faire le point sur l’état actuel de la réflexion par des exemples ethnographiques et historiques. Une autre partie, plus « pragmatique », abordera  la question des fonctions symboliques, psychologiques et sociales assurées par la reconnaissance de proximité (et parfois même d’« humanité ») dont bénéficie aujourd’hui, à des degrés différents, l’immense famille des non-humains. 

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Études environnementales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
iiac@ehess.fr
Informations pratiques

par courriel.

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

niveau Licence.

  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), lundi 15:00-17:00
    du 9 novembre 2020 au 14 juin 2021

es deux séances initiales, intitulées « Faut-il jeter James George Frazer avec l’eau du bain ? » ont été assurées par Sergio Dalla Bernardina. La première a porté sur les frontières interspécifiques et le relativisme culturel : y a-t-il moyen de recycler le regard universaliste des fondateurs des sciences humaines sans tomber dans le passéisme ? La deuxième a abordé les notions de remords et de mauvaise foi : peut-on employer ces deux termes pour décrire des comportements étrangers à la tradition judéo-chrétienne ? Dans sa communication : « Les larmes du cerf : empathie et sentiment anti-chasse en France », Charles Stépanoff, nous a appris que « L’étude des sources anciennes sur la chasse en France depuis le Moyen Âge et la comparaison ethnographique montrent qu’il existe un sentiment anti-chasse à l’intérieur même de la chasse. L’interprétation des larmes du cerf permet de suivre l’évolution des sensibilités en Occident et l’avènement d’une division moderne du travail émotionnel entre chasseurs et défenseurs des animaux. ». Steve Lazzaris a traité le sujet « Hommes et animaux dans la guerre, sort commun et nature partagée » : « Souffrir et mourir ensemble implique l’élaboration de liens et de représentations qui dépassent la simple relation pratique dépourvue d’affects, au point qu’il devient parfois difficile de différencier le statut ontologique de l’humain de celui de l’animal ». Dans « Les maladies infectieuses émergentes dans les réservoirs animaux », Frédéric Keck, nous a expliqué pourquoi les relations entre humains et animaux ont pu être perçues comme des facteurs de risque d’épidémie (grippe, SRAS, Ebola) et comment les mesures de biosécurité prises pour contrôler ces épidémies ont transformé les relations entre humains et animaux (à partir d’une enquête dans le sud de la Chine). Lors de la séance « Le crucifix comme trophée » Sergio Dalla Bernardina s’est interrogé sur une possible corrélation, tout à fait conjecturale, entre la disparition des crucifix des murs des maisons et l’arrivée en masse des animaux taxidermisées dans la décoration d’intérieur. Julien Bondaz a abordé le thème : « L’avifaune « coloniale ». Oisellerie, ornithologie et brouillages ontologiques ». La circulation des animaux destinés aux parcs zoologiques européens dans le contexte colonial suscite des études toujours plus nombreuses, tandis que la marchandisation des oiseaux d’agrément reste méconnue. On reste dans le champ de l’ornithologie avec Vanessa Manceron : « Un certain régime d’attention. Les manières de connaître et de se relier aux oiseaux d’un zoographe amateur en Angleterre ». À suivre les naturalistes anglais au gré de leurs observations on prend la mesure de la voie discrète mais consistante et singulière qu’ils ouvrent en ces temps d’aspiration à la relation au vivant. Dans « La noblesse du prédateur et la vulgarité de la proie » Sergio Dalla Bernardina a rappelé que la « lycolatrie » est à la mode. On loue la prestance des grands prédateurs, leur utilité. On justifie leurs incursions dans la sphère domestique, on pardonne leurs « bavures ». On finit ainsi par oublier les moutons qui, par définition, n’ont qu’une valeur pécuniaire. Dans « Le tournant terrestre. Apports et limites pour une sociologie de la connaissance » Sylvaine Bulle s’est intéressée au grand nombre de paradigmes philosophiques et anthropologiques actuels, résumés sous la bannière du tournant ontologique, proposent de ne pas attribuer une valeur propre à l’humain ou à la culture, mais de prendre en compte le déploiement de différentes relations entre êtres.
Au cours des dernières séances les étudiants ont présenté leurs recherches en les adaptant à la problématique du séminaire.

Publications
  • La langue des bois. L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi, Les éditions du Muséum d’Histoire Naturelle.
  • «Faut qu’ça saigne ». Écologie, religion et sacrifice. Dépaysages
  • Direction de l’ouvrage De la bête au non-humain : perspectives et controverses autour de la condition animale, Édition numérique Collection « Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques » ISBN 978-2-7355-0885-3