UE423 - Sociologies des activités humanitaires en temps de Covid-19

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Enquêtes Méthodes et techniques des sciences sociales Politiques sociales Protection sociale Santé Sociologie
Aires culturelles
France

Durant les premiers mois de l’année 2020, les phases d’«alertes» sanitaires, de « confinements », de « déconfinements » liées à la pandémie du « Covid-19 » ont suscité nombre d’interrogations et d’incertitudes. Au fil des semaines se sont multipliés les constats alarmants et les initiatives, les mises en garde et les expérimentations.

Souvent, la crise a servi de révélateur à des situations restées latentes ou « invisibles », les rendant particulièrement intolérables. Certaines franges de populations se sont trouvées confrontées à des réalités sociales et sanitaires dramatiques : la mort, la maladie, la faim, l’angoisse ou une solitude profonde… La notion d’urgence, classiquement associée à celle d’humanitaire, a conduit à des constructions sociales parfois inattendues.

Le monde de l’action humanitaire et les configurations entre acteurs individuels ou institutionnels en sont peut-être modifiés. Les « publics ordinaires » de ces organisations se sont trouvés dans des situations inédites, parfois critiques, et de « nouveaux publics » sont apparus. Le «positionnement», la (re)définition des missions, les formes de (re)déploiement constituent plus que jamais des sources de questionnements. Des associations et organisations humanitaires ont vu leurs missions, leurs moyens, leurs modes d’action affectés par ce contexte particulier -dans le sens d’une forte sollicitation immédiate pour certaines, dans le sens d’une relative mise en sommeil forcée ou d’une paralysie momentanée pour d’autres. Les ressources et les modes de financements ordinaires ont pu être taris ou, au contraire, être diversifiés. Beaucoup ont connu des modifications concernant l’adhésion, l’intégration et la mobilisation de leurs membres salariés et/ou bénévoles.

Simultanément, la digitalisation croissante des modes de communication et d’échange a accompagné -ou s’est accompagnée de- la relégation de certaines catégories de bénéficiaires. Elle a pu mener à la redéfinition des modes d’interactions entre acteurs -y compris à l’intérieur des organisations. La notion de lien social est plus que jamais devenue un Graal de l’action humanitaire, alors que celle de « distanciation sociale » est apparue et a été prônée officiellement et que la digitalisation renforce la médiatisation des relations : que signifie la notion de lien social dans de telles circonstances ? Que signifie sa banalisation ?

L’analyse de la période « Covid-19 » vécue en France permet aussi de discerner de nouvelles configurations entre politiques publiques, stratégies entrepreneuriales et actions humanitaires. Au croisement des enjeux sanitaires, politiques, économiques et sociaux se révèlent sous un éclairage nouveau les rapports entre Etat, espace marchand et monde associatif. L’analyse fine de cas récents liés à l’action humanitaire permet peut-être de renseigner ou de questionner de façon renouvelée une réalité socio-économico-politique que l’emploi courant du qualificatif de néo-libéral tend souvent à simplifier.

Enfin, nous souhaitons évoquer à l’occasion de ce séminaire une question issue très directement de nos travaux récents : celle de la possibilité d’une recherche empirique collective, notamment en période de « confinement ». Comment mener une recherche en sciences sociales empiriquement fondée en contexte de « crise du Covid-19 » ? On s’interrogera sur les opportunités, mais aussi sur les freins qui se présentent ou s’imposent aux sociologues durant une telle période.

Ce séminaire s’appuie sur la présentation et la discussion collective de travaux de recherche en sciences sociales récents ou en cours, ainsi que sur l’invitation d’acteurs de l’action humanitaire.

L’accès en est libre.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

  • Jean-Vincent Pfirsch [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Isabelle Parizot   chargée de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • François-Xavier Schweyer   professeur, EHESP /
  • Laure Hadj   maîtresse de conférences, UPJV-Amiens /
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Aucun planning disponible.


Intervenant·e·s


  • Jean-Vincent Pfirsch [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Isabelle Parizot   chargée de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • François-Xavier Schweyer   professeur, EHESP /
  • Laure Hadj   maîtresse de conférences, UPJV-Amiens /

Planning


Aucun planning disponible.


Description


Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Enquêtes Méthodes et techniques des sciences sociales Politiques sociales Protection sociale Santé Sociologie
Aires culturelles
France

Durant les premiers mois de l’année 2020, les phases d’«alertes» sanitaires, de « confinements », de « déconfinements » liées à la pandémie du « Covid-19 » ont suscité nombre d’interrogations et d’incertitudes. Au fil des semaines se sont multipliés les constats alarmants et les initiatives, les mises en garde et les expérimentations.

Souvent, la crise a servi de révélateur à des situations restées latentes ou « invisibles », les rendant particulièrement intolérables. Certaines franges de populations se sont trouvées confrontées à des réalités sociales et sanitaires dramatiques : la mort, la maladie, la faim, l’angoisse ou une solitude profonde… La notion d’urgence, classiquement associée à celle d’humanitaire, a conduit à des constructions sociales parfois inattendues.

Le monde de l’action humanitaire et les configurations entre acteurs individuels ou institutionnels en sont peut-être modifiés. Les « publics ordinaires » de ces organisations se sont trouvés dans des situations inédites, parfois critiques, et de « nouveaux publics » sont apparus. Le «positionnement», la (re)définition des missions, les formes de (re)déploiement constituent plus que jamais des sources de questionnements. Des associations et organisations humanitaires ont vu leurs missions, leurs moyens, leurs modes d’action affectés par ce contexte particulier -dans le sens d’une forte sollicitation immédiate pour certaines, dans le sens d’une relative mise en sommeil forcée ou d’une paralysie momentanée pour d’autres. Les ressources et les modes de financements ordinaires ont pu être taris ou, au contraire, être diversifiés. Beaucoup ont connu des modifications concernant l’adhésion, l’intégration et la mobilisation de leurs membres salariés et/ou bénévoles.

Simultanément, la digitalisation croissante des modes de communication et d’échange a accompagné -ou s’est accompagnée de- la relégation de certaines catégories de bénéficiaires. Elle a pu mener à la redéfinition des modes d’interactions entre acteurs -y compris à l’intérieur des organisations. La notion de lien social est plus que jamais devenue un Graal de l’action humanitaire, alors que celle de « distanciation sociale » est apparue et a été prônée officiellement et que la digitalisation renforce la médiatisation des relations : que signifie la notion de lien social dans de telles circonstances ? Que signifie sa banalisation ?

L’analyse de la période « Covid-19 » vécue en France permet aussi de discerner de nouvelles configurations entre politiques publiques, stratégies entrepreneuriales et actions humanitaires. Au croisement des enjeux sanitaires, politiques, économiques et sociaux se révèlent sous un éclairage nouveau les rapports entre Etat, espace marchand et monde associatif. L’analyse fine de cas récents liés à l’action humanitaire permet peut-être de renseigner ou de questionner de façon renouvelée une réalité socio-économico-politique que l’emploi courant du qualificatif de néo-libéral tend souvent à simplifier.

Enfin, nous souhaitons évoquer à l’occasion de ce séminaire une question issue très directement de nos travaux récents : celle de la possibilité d’une recherche empirique collective, notamment en période de « confinement ». Comment mener une recherche en sciences sociales empiriquement fondée en contexte de « crise du Covid-19 » ? On s’interrogera sur les opportunités, mais aussi sur les freins qui se présentent ou s’imposent aux sociologues durant une telle période.

Ce séminaire s’appuie sur la présentation et la discussion collective de travaux de recherche en sciences sociales récents ou en cours, ainsi que sur l’invitation d’acteurs de l’action humanitaire.

L’accès en est libre.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
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Informations pratiques
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Direction de travaux des étudiants
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Réception des candidats
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Pré-requis
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