UE421 - Travail et capacité d'agir


Planning


  • Séminaire en visioconférence, contacter l'enseignante pour les modalités pratiques.

    Mercredi, 14:00-17:00

    25 novembre 2020
    16 décembre 2020
    6 et 20 janvier 2021
    3 et 17 février 2021
    3 mars 2021
    17 mars 2021 : unique séance en présentiel, salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris


Description


Dernière modification : 2 novembre 2020 17:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Action publique Comparatisme Entreprises Industrie Inégalités Institutions Pragmatisme Professions Socio-économie Sociologie Travail Valeur
Aires culturelles
Allemandes (études) Europe
Intervenant·e·s

L’agir est célébré par tout un pan de la littérature managériale comme source de performance de l’entreprise et de bien-être des salariés. Associé à l’idée de liberté et de responsabilité, il fait office de formule magique destinée à réconcilier les intérêts des salariés et des entreprises. Mais que signifie au juste la liberté d’agir et la prise de responsabilité pour des salariés qui travaillent dans des organisations régies par un principe contractuel de subordination ? Quels déplacements introduit la notion de capacité d’agir par rapport à celle d’agir et quels en sont les fondements empiriques dans le monde du travail ? Nous instruirons ces questions en deux temps, d’abord en dressant le cadre théorique et méthodologique qui permet de mobiliser la notion de capacité d’agir comme un levier d’analyse critique des politiques d’entreprises, ensuite en discutant les résultats empiriques d’une enquête comparative franco-allemande.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale
  • Séminaires de recherche – Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis
-

Compte rendu


L’autonomie et l’agir sont aujourd’hui célébrées comme sources de performance de l’entreprise et de bien-être des salariés. Associé à l’idée de liberté et de responsabilité, ils sont appelés à réconcilier les intérêts des salarié·es et des entreprises. Mais que signifie au juste la liberté d’agir dans des organisations régies par un principe contractuel de subordination ? Quelles sont les conditions de son développement et ses conséquences pour les salarié·es ? Afin d’instruire ces questions nous avons procédé en deux temps : en dressant un état des lieux de la manière dont les notions d’autonomie, de liberté, de responsabilité et d’agir sont mobilisées dans l’entreprise contemporaine, puis en identifiant les points d’appui d’un cadre théorique et méthodologique qui permette une analyse critique des discours et pratiques qui font de la liberté leur parangon. À cette fin, nous avons exploré, à partir de différentes perspectives, la notion de capacité d’agir et les propositions que l’on peut en tirer pour l’étude du travail et ses transformations contemporaines.

Si une part importante du séminaire s’est appuyée sur la lecture de textes préalablement distribués aux participants, le format de l’enseignement à distance lié la pandémie du Covid-19, a aussi été l’occasion d’ajustements pédagogiques. Afin de rendre les séances de trois heures plus digestes et vivantes, nous avons cherché à tirer le meilleur des possibilités offertes par les logiciels de visioconférence. Après une première partie de séance plénière, les participants étaient répartis en petits groupes de trois à quatre personnes, afin de commenter les textes ou les vidéos qui venaient d’être présentés, avant de se retrouver dans un troisième temps à nouveau en plénière pour une discussion générale sur la base des comptes rendus faits par les porte-paroles respectifs de chaque groupe. Ce dispositif a permis de briser la glace de la distance en rendant les séances plus participatives et interactives, mais aussi de favoriser l’interconnaissance entre les étudiants isolés derrière leurs écrans.

Les premières séances ont consisté à délimiter le questionnement et à rendre compte de la manière dont la liberté, l’agir et la responsabilité étaient conviés dans la littérature managériale contemporaine, en opérant un zoom sur le modèle de l’« entreprise libérée » et sa critique sociologique et économique. Dans ce cadre, nous avons également visionné et commenté des extraits du film « Sorry we missed you » de Ken Loach. Les séances suivantes ont consisté à rendre compte des déplacements analytiques qu’introduit la notion de capacité d’agir, envisagée à travers différentes perspectives théoriques et disciplinaires. Au fil des séances, nous avons ainsi successivement envisagé la capacité d’agir à travers la notion d’agentivité (lecture de texte de Mustafa Emirbayer, Ann Mische et Antony Giddens) ; à travers l’approche par les capabilités de Martha Nussbaum et Amartya Sen (textes de ces dernier·es et intervention de Josiane Vero [Céreq Marseille] sur la « Capacité à se former des salariés et (le) positionnement des entreprises dans la chaine de production ») ; à travers l’approche par le pouvoir d’agir et le sens du travail (travaux d’Yves Clot) ; à travers l’économie des conventions (tout particulièrement autour des travaux de Robert Salais) ; enfin à travers l’approche pragmatiste de l’expérience et de l’agir de John Dewey. Une dernière séance a consisté à réfléchir, sur la base des propositions théoriques précédemment dégagées, à l’articulation entre capacité d’agir des salarié·es et utilité sociale du travail. Les travaux de David Graeber ont alimenté cette séance, de même que les prises de position et tribunes sur l’utilité sociale du travail publiées au cours de la pandémie. 

Publications
  • Avec Jane Bryson, Workers’ participation in continuing training decision-making, Numéro spécial, International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020.
  • Avec Léa Renard, « Gute Arbeit und Qualité de vie au travail : Kategorisierungsprozesse im deutsch-französischen Vergleich »,  Berliner Journal für Soziologie, 30, 2020, p. 421-451.
  • « Capabilités et développement de l’individualité. De Dewey à Sen, la voie d’un pragmatisme critique », Pragmata, 3, 2020, p. 135-175, https://revuepragmata.files.wordpress.com/2021/04/pragmata-2020-3-4-zimmermann.pdf
  • Avec Axel Pohn-Weidinger, « Les médiations institutionnelles de la confiance en entreprise. Une comparaison franco-allemande », Travail et emploi, 161, 2020, p. 5-29, http://journals.openedition.org/travailemploi/9748.
  • Avec Jane Bryson, « Workers’ participation in continuing training decision-making », International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020, p. 167-172.
  • « Employees’ Voice and Lifelong Education Capabilities in France and Germany: Two Models of Responsibility », International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020, p. 265-282.
  • Avec Léa Renard, « Qualité de vie au travail et Gute Arbeit. Catégoriser la qualité du travail en France et en Allemagne », Sociologie, 11 (4), 2020, p. 367-384.
  •  « Histoire croisée : A relational process-based approach », Footprint #26, 14 (1), 2020, p. 7-13.
  • Avec Léa Renard, « Promouvoir la socio-économie et “l’art de la théorie sociale”. Entretien avec Richard Swedberg », Revue française de socio-économie, 24, 2020, p. 201-209.
  • « Universalisation et personnalisation des droits sociaux : vers une nouvelle-donne de la protection sociale ? », dans Les droits sociaux au travail. Montée de l’emploi incertain et recomposition des catégories de la protection sociale, sous la dir. d'Olivier Giraud et Nadège Vézinat, Toulouse, Octarès, 2020, p. 209-218.
  • « Sociological Theory and the Capability Approach. Spiros Gangas », Compte-rendu, Journal of Human Development and Capabilities, 2021, 22 (1), p. 180-182.

Dernière modification : 2 novembre 2020 17:23

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action Action publique Comparatisme Entreprises Industrie Inégalités Institutions Pragmatisme Professions Socio-économie Sociologie Travail Valeur
Aires culturelles
Allemandes (études) Europe
Intervenant·e·s

L’agir est célébré par tout un pan de la littérature managériale comme source de performance de l’entreprise et de bien-être des salariés. Associé à l’idée de liberté et de responsabilité, il fait office de formule magique destinée à réconcilier les intérêts des salariés et des entreprises. Mais que signifie au juste la liberté d’agir et la prise de responsabilité pour des salariés qui travaillent dans des organisations régies par un principe contractuel de subordination ? Quels déplacements introduit la notion de capacité d’agir par rapport à celle d’agir et quels en sont les fondements empiriques dans le monde du travail ? Nous instruirons ces questions en deux temps, d’abord en dressant le cadre théorique et méthodologique qui permet de mobiliser la notion de capacité d’agir comme un levier d’analyse critique des politiques d’entreprises, ensuite en discutant les résultats empiriques d’une enquête comparative franco-allemande.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale
  • Séminaires de recherche – Institutions, organisations, économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit + participation orale
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis
-
  • Séminaire en visioconférence, contacter l'enseignante pour les modalités pratiques.

    Mercredi, 14:00-17:00

    25 novembre 2020
    16 décembre 2020
    6 et 20 janvier 2021
    3 et 17 février 2021
    3 mars 2021
    17 mars 2021 : unique séance en présentiel, salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris

L’autonomie et l’agir sont aujourd’hui célébrées comme sources de performance de l’entreprise et de bien-être des salariés. Associé à l’idée de liberté et de responsabilité, ils sont appelés à réconcilier les intérêts des salarié·es et des entreprises. Mais que signifie au juste la liberté d’agir dans des organisations régies par un principe contractuel de subordination ? Quelles sont les conditions de son développement et ses conséquences pour les salarié·es ? Afin d’instruire ces questions nous avons procédé en deux temps : en dressant un état des lieux de la manière dont les notions d’autonomie, de liberté, de responsabilité et d’agir sont mobilisées dans l’entreprise contemporaine, puis en identifiant les points d’appui d’un cadre théorique et méthodologique qui permette une analyse critique des discours et pratiques qui font de la liberté leur parangon. À cette fin, nous avons exploré, à partir de différentes perspectives, la notion de capacité d’agir et les propositions que l’on peut en tirer pour l’étude du travail et ses transformations contemporaines.

Si une part importante du séminaire s’est appuyée sur la lecture de textes préalablement distribués aux participants, le format de l’enseignement à distance lié la pandémie du Covid-19, a aussi été l’occasion d’ajustements pédagogiques. Afin de rendre les séances de trois heures plus digestes et vivantes, nous avons cherché à tirer le meilleur des possibilités offertes par les logiciels de visioconférence. Après une première partie de séance plénière, les participants étaient répartis en petits groupes de trois à quatre personnes, afin de commenter les textes ou les vidéos qui venaient d’être présentés, avant de se retrouver dans un troisième temps à nouveau en plénière pour une discussion générale sur la base des comptes rendus faits par les porte-paroles respectifs de chaque groupe. Ce dispositif a permis de briser la glace de la distance en rendant les séances plus participatives et interactives, mais aussi de favoriser l’interconnaissance entre les étudiants isolés derrière leurs écrans.

Les premières séances ont consisté à délimiter le questionnement et à rendre compte de la manière dont la liberté, l’agir et la responsabilité étaient conviés dans la littérature managériale contemporaine, en opérant un zoom sur le modèle de l’« entreprise libérée » et sa critique sociologique et économique. Dans ce cadre, nous avons également visionné et commenté des extraits du film « Sorry we missed you » de Ken Loach. Les séances suivantes ont consisté à rendre compte des déplacements analytiques qu’introduit la notion de capacité d’agir, envisagée à travers différentes perspectives théoriques et disciplinaires. Au fil des séances, nous avons ainsi successivement envisagé la capacité d’agir à travers la notion d’agentivité (lecture de texte de Mustafa Emirbayer, Ann Mische et Antony Giddens) ; à travers l’approche par les capabilités de Martha Nussbaum et Amartya Sen (textes de ces dernier·es et intervention de Josiane Vero [Céreq Marseille] sur la « Capacité à se former des salariés et (le) positionnement des entreprises dans la chaine de production ») ; à travers l’approche par le pouvoir d’agir et le sens du travail (travaux d’Yves Clot) ; à travers l’économie des conventions (tout particulièrement autour des travaux de Robert Salais) ; enfin à travers l’approche pragmatiste de l’expérience et de l’agir de John Dewey. Une dernière séance a consisté à réfléchir, sur la base des propositions théoriques précédemment dégagées, à l’articulation entre capacité d’agir des salarié·es et utilité sociale du travail. Les travaux de David Graeber ont alimenté cette séance, de même que les prises de position et tribunes sur l’utilité sociale du travail publiées au cours de la pandémie. 

Publications
  • Avec Jane Bryson, Workers’ participation in continuing training decision-making, Numéro spécial, International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020.
  • Avec Léa Renard, « Gute Arbeit und Qualité de vie au travail : Kategorisierungsprozesse im deutsch-französischen Vergleich »,  Berliner Journal für Soziologie, 30, 2020, p. 421-451.
  • « Capabilités et développement de l’individualité. De Dewey à Sen, la voie d’un pragmatisme critique », Pragmata, 3, 2020, p. 135-175, https://revuepragmata.files.wordpress.com/2021/04/pragmata-2020-3-4-zimmermann.pdf
  • Avec Axel Pohn-Weidinger, « Les médiations institutionnelles de la confiance en entreprise. Une comparaison franco-allemande », Travail et emploi, 161, 2020, p. 5-29, http://journals.openedition.org/travailemploi/9748.
  • Avec Jane Bryson, « Workers’ participation in continuing training decision-making », International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020, p. 167-172.
  • « Employees’ Voice and Lifelong Education Capabilities in France and Germany: Two Models of Responsibility », International Journal of Training and Development, 24 (3), 2020, p. 265-282.
  • Avec Léa Renard, « Qualité de vie au travail et Gute Arbeit. Catégoriser la qualité du travail en France et en Allemagne », Sociologie, 11 (4), 2020, p. 367-384.
  •  « Histoire croisée : A relational process-based approach », Footprint #26, 14 (1), 2020, p. 7-13.
  • Avec Léa Renard, « Promouvoir la socio-économie et “l’art de la théorie sociale”. Entretien avec Richard Swedberg », Revue française de socio-économie, 24, 2020, p. 201-209.
  • « Universalisation et personnalisation des droits sociaux : vers une nouvelle-donne de la protection sociale ? », dans Les droits sociaux au travail. Montée de l’emploi incertain et recomposition des catégories de la protection sociale, sous la dir. d'Olivier Giraud et Nadège Vézinat, Toulouse, Octarès, 2020, p. 209-218.
  • « Sociological Theory and the Capability Approach. Spiros Gangas », Compte-rendu, Journal of Human Development and Capabilities, 2021, 22 (1), p. 180-182.