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UE407 - Pratiques d’enquêtes et sens de la réalité sociale : formes de vie économique et ethnocomptabilités


Lieu et planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), jeudi 13:00-17:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021


Description


Dernière modification : 24 juillet 2020 12:22

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Agriculture Alimentation Anthropologie culturelle Anthropologie historique Anthropologie sociale Archives Artisanat Capitalisme Circulations Collectifs Économie Écriture Enquêtes Ethnographie Histoire économique et sociale Marché Méthodes et techniques des sciences sociales Savoir-faire Socio-économie Textiles
Aires culturelles
Chine Europe France
Intervenant·e·s
  • Alain Cottereau [référent·e]   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Marie-Paule Hille   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CCJ-CECMC)
  • Stéphane Baciocchi   ingénieur de recherche, EHESS / Laboratoire de démographie et d'histoire sociale (CRH-LaDéHiS)
  • Anne Lhuissier   chargée de recherche, INRAE / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Geneviève Pruvost   chargée de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Dans la continuité du cycle ouvert en 2017, nous étudierons cette année des formes de vie économique sur des échelles variées et connectées entre elles (domestique, marché local, entreprise, atelier de production et fabriques collectives), à différentes périodes (19e-21e siècles) et dans des contextes culturels contrastés, principalement en France, en Europe et en Chine. Il s’agira de présenter les travaux de terrain et de première main, les approches et les résultats de chercheurs formant un collectif autour des questions de méthodes et techniques d’investigation en sciences sociales dans le but d’observer des phénomènes économiques. La mise en commun de résultats d’enquête vise notamment à remettre à plat dans toutes leurs dimensions ce qu’on appelle sommairement des phénomènes économiques et redéfinit, par exemple, toute idée de marché comme fonctionnement de mondes sociaux précisément décrits.

Les formes d’activité liées au textile et à l’habillement seront discutées à partir de deux fronts d’enquête : les monographies de familles des Ouvriers des deux mondes (1857-1928) et une enquête ethnographique menée sur les marches tibétaines. L’enjeu sera de prendre en considération le type de production, les modalités de coopération ou confrontation internationales ainsi que le commerce et les usages qui y sont associés. Par ailleurs, une série d’exposés sera consacrée à la question des budgets de famille et à celle de leur emploi du temps dans une perspective d’ethnographier des formes de vie économique invisibles, fondées sur des activités de débrouille et de solidarité.

En outre, deux séances du séminaire seront dédiées à une réflexion sur les outils proposés par l’ethnocomptabilité, tant d’un point de vue réflexif (sous forme de bilan des études relevant de l’ethnocomptabilité) que prospectif (sur les possibilités d’ouverture de fronts d’enquête).

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour toutes informations concernant le séminaire contacter Marie-Paule Hille, par courriel.

Direction de travaux des étudiants

lLes étudiants qui le souhaitent pourront soumettre des exercices d'écriture ethnographique qui seront travaillés de façon collective avec les enseignants.

Réception des candidats

contacter Marie-Paule Hille par courriel.

Pré-requis

pas de pré-requis pour participer à ce séminaire.


Compte rendu


Le séminaire s’est déroulé en 8 séances de 3 h en ligne du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021 autour de deux séquences thématiques.

Une première séquence a eu pour objectif de clarifier et de développer la notion de fabrique collective, comme forme d’organisation et de coordination. En repartant de la définition des fabriques collectives comme des mondes sociaux liés entre eux par le sort de leurs marchandises, Alain Cottereau a montré comment peuvent s’articuler des connexions sociales que l’on tient trop souvent comme séparées. L’enquête qu’il mène sur la fabrique de soieries de Lyon articule une enquête d’anthropologie de la parenté urbaine, – démarche qui ne semble guère pratiquée aujourd’hui. S’y entrelace de façon inséparable le travail et sa coordination, liant la division interne du travail familial à différents âges, la vie des ateliers artisanaux, leurs coopérations « en essaims », à l’intérieur des coordinations plus vastes à l’échelle de la fabrique, avec sa spécificité de gérer un bien commun de la fabrique. Le travail en essaims d’ateliers représente des formes insoupçonnées de coopération à des échelles jusque-là non prises en compte, que l’enquête sur la fabrique collective de Lyon a permis à Alain Cottereau de découvrir. La mise en ligne de recensements annuels des ateliers de fabrique de soieries (1808-1847) par les Archives municipales de Lyon a permis de réaliser des suivis individuels de près de deux centaines d’ateliers, recoupés avec leurs technologies propres, leurs rapports familiaux, territoriaux et citoyens. Ils ont permis à Alain Cottereau de mettre en évidence des formes de coopération combinant, au-delà du travail familial et au-delà des fronts de parentés (au-delà de fratries et sorories de plusieurs générations), ces ensembles plus vastes de travail, internes à la fabrique collective. A également été souligné la nécessité de décrire les marchés en les resituant dans les mondes sociaux dont ils ne sont qu’une abstraction – une abstraction nuisible pour la compréhension de la vie sociale et des arbitrages économiques. Enfin la dimension politique interne à ces espaces est une clé essentielle pour leur compréhension. Il s’agit pour Lyon de retracer l’invention démocratique, qui fraye son chemin à travers la désincorporation des métiers.

La réflexion sur les fabriques collectives comme forme d’organisation et de coordination s’est poursuivie à partir de l’exemple de la fabrique collective de gants de Grenoble. Cette fabrique a fait l’objet d’une enquête ethnographique en 1865 par Ernest de Toytot auprès d’un coupeur de gants et de son épouse couturière installés à Biviers. Stéphane Baciocchi et Anne Lhuissier ont exposé l’enquête historique menée pour la ré-édition critique de cette monographie et ses apports à la description de l’organisation de la fabrique collective. Après une présentation des matériaux servant à la revisite de cette enquête menée au milieu des années 1860, l’exposé a porté sur la reconstitution des trajectoires comparées de deux gantiers : celle de Théodore Gamard – ouvrier qui fait l’objet de la monographie, fils et petit-fils de petits propriétaires cultivateurs de la commune de Biviers – et celle de son beau-frère Alphonse Vecat, fils et petit-fils de gantiers à Grenoble. C’est dans cette ville abritant l’essentiel des savoir-faire et des ateliers de la fabrique collective de gants que l’exposé s’est poursuivi. À partir d’une exploitation des recensements et des matrices et plans cadastraux, la notion de fabrique collective a été mise à l’épreuve d’une exploration statistique visant à resituer, à l’échelle de la ville, la myriade de gantiers et couturières de gants, ainsi que les modes collectifs d’organisation et de division du travail entre marchands, commissionnaires, fabricants, maîtres, ouvriers et couturières de gants.

Cette séquence sur les formes économiques s’est achevée par une séance consacrée aux travaux de deux étudiants. Ceux de Léo Maillet sur les activités de boulangerie des Ouïghours dans la ville chinoise de Xi’an et ceux de Mohamed Belhadj sur la consommation halal dans les métropoles japonaises. Le premier exposé, fondé sur une présentation de carte, a retracé la disparition ou la reprise par des musulmans sinophones des boulangeries ouïghoures proposant des naans entre 2017 et 2019. Le second a cherché à esquisser les circuits d’approvisionnement des boutiques d’alimentation halal.

Une deuxième séquence du séminaire a porté sur l’amorce d’une enquête collective d’ethnocomptabilités fondée sur l’exploitation en commun des « carnets de Suzanne », un corpus d’environ 80 carnets de compte et agendas tenus par Suzanne Lesquois, remplis de manière continue de 1948 à 1980, puis plus épisodiquement entre 1997 et 2014. Dans une perspective de mise en contexte, Odile Macchi a présenté une de ses études portant sur les calculs économiques d’ouvrières de la bonneterie auboise en activité entre 1948 et 2008. L’analyse de documents individuels de comptes - tels que des bulletins de paie, carnets de production et livres de compte - menée à la lueur des descriptions des actions et des évaluations quotidiennes des agents a permis de restituer les logiques économiques singulières qui orientent les vies ouvrières et d’ouvrir un champ de questionnements concernant les carnets de Suzanne. Ce matériau qui se prête, dans une logique ethnocomptable, à une exploration statistique et ethnographique soulève un ensemble de questions liées au codage de la source, à la représentation graphique des inscriptions et à leur interprétation en contexte.

Les séances ont porté sur l’exploitation collective du premier carnet couvrant la période décembre 1948-mars 1949, soit 112 jours d’inscription quotidienne des dépenses, 660 lignes et environ 220 postes de dépense. La réflexion commune sur les manières d’analyser ce premier carnet afin de mieux en comprendre les logiques d’inscription et de calculs afférentes s’est orientée vers l’attention portée à la variété et à la variation des dépenses, leur temporalité, les modalités de désignation et d’inscription, la question des prix. Nous avons ensuite élargi l’approche à un projet photographique et cartographique sur les jardins de Longuyon en vue d’explorer la question des productions potagères au début des années 1950.

Le travail amorcé sur les carnets de Suzanne et les questions soulevées en séminaire vont faire l’objet d’un approfondissement au séminaire 2021-2022 qui est entièrement dédié à cette source.

 

Publications

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Dernière modification : 24 juillet 2020 12:22

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Agriculture Alimentation Anthropologie culturelle Anthropologie historique Anthropologie sociale Archives Artisanat Capitalisme Circulations Collectifs Économie Écriture Enquêtes Ethnographie Histoire économique et sociale Marché Méthodes et techniques des sciences sociales Savoir-faire Socio-économie Textiles
Aires culturelles
Chine Europe France
Intervenant·e·s
  • Alain Cottereau [référent·e]   directeur d'études (retraité·e), EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
  • Marie-Paule Hille   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CCJ-CECMC)
  • Stéphane Baciocchi   ingénieur de recherche, EHESS / Laboratoire de démographie et d'histoire sociale (CRH-LaDéHiS)
  • Anne Lhuissier   chargée de recherche, INRAE / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Geneviève Pruvost   chargée de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Dans la continuité du cycle ouvert en 2017, nous étudierons cette année des formes de vie économique sur des échelles variées et connectées entre elles (domestique, marché local, entreprise, atelier de production et fabriques collectives), à différentes périodes (19e-21e siècles) et dans des contextes culturels contrastés, principalement en France, en Europe et en Chine. Il s’agira de présenter les travaux de terrain et de première main, les approches et les résultats de chercheurs formant un collectif autour des questions de méthodes et techniques d’investigation en sciences sociales dans le but d’observer des phénomènes économiques. La mise en commun de résultats d’enquête vise notamment à remettre à plat dans toutes leurs dimensions ce qu’on appelle sommairement des phénomènes économiques et redéfinit, par exemple, toute idée de marché comme fonctionnement de mondes sociaux précisément décrits.

Les formes d’activité liées au textile et à l’habillement seront discutées à partir de deux fronts d’enquête : les monographies de familles des Ouvriers des deux mondes (1857-1928) et une enquête ethnographique menée sur les marches tibétaines. L’enjeu sera de prendre en considération le type de production, les modalités de coopération ou confrontation internationales ainsi que le commerce et les usages qui y sont associés. Par ailleurs, une série d’exposés sera consacrée à la question des budgets de famille et à celle de leur emploi du temps dans une perspective d’ethnographier des formes de vie économique invisibles, fondées sur des activités de débrouille et de solidarité.

En outre, deux séances du séminaire seront dédiées à une réflexion sur les outils proposés par l’ethnocomptabilité, tant d’un point de vue réflexif (sous forme de bilan des études relevant de l’ethnocomptabilité) que prospectif (sur les possibilités d’ouverture de fronts d’enquête).

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques

pour toutes informations concernant le séminaire contacter Marie-Paule Hille, par courriel.

Direction de travaux des étudiants

lLes étudiants qui le souhaitent pourront soumettre des exercices d'écriture ethnographique qui seront travaillés de façon collective avec les enseignants.

Réception des candidats

contacter Marie-Paule Hille par courriel.

Pré-requis

pas de pré-requis pour participer à ce séminaire.

  • 105 bd Raspail
    Salle 2
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (1re), jeudi 13:00-17:00
    du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021

Le séminaire s’est déroulé en 8 séances de 3 h en ligne du 5 novembre 2020 au 3 juin 2021 autour de deux séquences thématiques.

Une première séquence a eu pour objectif de clarifier et de développer la notion de fabrique collective, comme forme d’organisation et de coordination. En repartant de la définition des fabriques collectives comme des mondes sociaux liés entre eux par le sort de leurs marchandises, Alain Cottereau a montré comment peuvent s’articuler des connexions sociales que l’on tient trop souvent comme séparées. L’enquête qu’il mène sur la fabrique de soieries de Lyon articule une enquête d’anthropologie de la parenté urbaine, – démarche qui ne semble guère pratiquée aujourd’hui. S’y entrelace de façon inséparable le travail et sa coordination, liant la division interne du travail familial à différents âges, la vie des ateliers artisanaux, leurs coopérations « en essaims », à l’intérieur des coordinations plus vastes à l’échelle de la fabrique, avec sa spécificité de gérer un bien commun de la fabrique. Le travail en essaims d’ateliers représente des formes insoupçonnées de coopération à des échelles jusque-là non prises en compte, que l’enquête sur la fabrique collective de Lyon a permis à Alain Cottereau de découvrir. La mise en ligne de recensements annuels des ateliers de fabrique de soieries (1808-1847) par les Archives municipales de Lyon a permis de réaliser des suivis individuels de près de deux centaines d’ateliers, recoupés avec leurs technologies propres, leurs rapports familiaux, territoriaux et citoyens. Ils ont permis à Alain Cottereau de mettre en évidence des formes de coopération combinant, au-delà du travail familial et au-delà des fronts de parentés (au-delà de fratries et sorories de plusieurs générations), ces ensembles plus vastes de travail, internes à la fabrique collective. A également été souligné la nécessité de décrire les marchés en les resituant dans les mondes sociaux dont ils ne sont qu’une abstraction – une abstraction nuisible pour la compréhension de la vie sociale et des arbitrages économiques. Enfin la dimension politique interne à ces espaces est une clé essentielle pour leur compréhension. Il s’agit pour Lyon de retracer l’invention démocratique, qui fraye son chemin à travers la désincorporation des métiers.

La réflexion sur les fabriques collectives comme forme d’organisation et de coordination s’est poursuivie à partir de l’exemple de la fabrique collective de gants de Grenoble. Cette fabrique a fait l’objet d’une enquête ethnographique en 1865 par Ernest de Toytot auprès d’un coupeur de gants et de son épouse couturière installés à Biviers. Stéphane Baciocchi et Anne Lhuissier ont exposé l’enquête historique menée pour la ré-édition critique de cette monographie et ses apports à la description de l’organisation de la fabrique collective. Après une présentation des matériaux servant à la revisite de cette enquête menée au milieu des années 1860, l’exposé a porté sur la reconstitution des trajectoires comparées de deux gantiers : celle de Théodore Gamard – ouvrier qui fait l’objet de la monographie, fils et petit-fils de petits propriétaires cultivateurs de la commune de Biviers – et celle de son beau-frère Alphonse Vecat, fils et petit-fils de gantiers à Grenoble. C’est dans cette ville abritant l’essentiel des savoir-faire et des ateliers de la fabrique collective de gants que l’exposé s’est poursuivi. À partir d’une exploitation des recensements et des matrices et plans cadastraux, la notion de fabrique collective a été mise à l’épreuve d’une exploration statistique visant à resituer, à l’échelle de la ville, la myriade de gantiers et couturières de gants, ainsi que les modes collectifs d’organisation et de division du travail entre marchands, commissionnaires, fabricants, maîtres, ouvriers et couturières de gants.

Cette séquence sur les formes économiques s’est achevée par une séance consacrée aux travaux de deux étudiants. Ceux de Léo Maillet sur les activités de boulangerie des Ouïghours dans la ville chinoise de Xi’an et ceux de Mohamed Belhadj sur la consommation halal dans les métropoles japonaises. Le premier exposé, fondé sur une présentation de carte, a retracé la disparition ou la reprise par des musulmans sinophones des boulangeries ouïghoures proposant des naans entre 2017 et 2019. Le second a cherché à esquisser les circuits d’approvisionnement des boutiques d’alimentation halal.

Une deuxième séquence du séminaire a porté sur l’amorce d’une enquête collective d’ethnocomptabilités fondée sur l’exploitation en commun des « carnets de Suzanne », un corpus d’environ 80 carnets de compte et agendas tenus par Suzanne Lesquois, remplis de manière continue de 1948 à 1980, puis plus épisodiquement entre 1997 et 2014. Dans une perspective de mise en contexte, Odile Macchi a présenté une de ses études portant sur les calculs économiques d’ouvrières de la bonneterie auboise en activité entre 1948 et 2008. L’analyse de documents individuels de comptes - tels que des bulletins de paie, carnets de production et livres de compte - menée à la lueur des descriptions des actions et des évaluations quotidiennes des agents a permis de restituer les logiques économiques singulières qui orientent les vies ouvrières et d’ouvrir un champ de questionnements concernant les carnets de Suzanne. Ce matériau qui se prête, dans une logique ethnocomptable, à une exploration statistique et ethnographique soulève un ensemble de questions liées au codage de la source, à la représentation graphique des inscriptions et à leur interprétation en contexte.

Les séances ont porté sur l’exploitation collective du premier carnet couvrant la période décembre 1948-mars 1949, soit 112 jours d’inscription quotidienne des dépenses, 660 lignes et environ 220 postes de dépense. La réflexion commune sur les manières d’analyser ce premier carnet afin de mieux en comprendre les logiques d’inscription et de calculs afférentes s’est orientée vers l’attention portée à la variété et à la variation des dépenses, leur temporalité, les modalités de désignation et d’inscription, la question des prix. Nous avons ensuite élargi l’approche à un projet photographique et cartographique sur les jardins de Longuyon en vue d’explorer la question des productions potagères au début des années 1950.

Le travail amorcé sur les carnets de Suzanne et les questions soulevées en séminaire vont faire l’objet d’un approfondissement au séminaire 2021-2022 qui est entièrement dédié à cette source.

 

Publications

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