UE389 - Régimes dynastiques et modernité politique


Planning


  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 17:00-19:00
    du 19 novembre 2020 au 20 mai 2021


Description


Dernière modification : 2 juin 2020 20:14

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société État et politiques publiques Famille Histoire Histoire du droit Institutions Patrimoine Politique
Aires culturelles
Europe France
Intervenant·e·s
  • Fanny Cosandey [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Pierre Bonin   professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

En raison des circonstances exceptionnelles de l’année 2019-2020, le séminaire reprendra la  réflexion sur les rapports entre régimes dynastiques et modernité politique. Il s’agira de sonder l’écart entre une organisation politique fortement incarnée dans la personne et la maison du Roi, et le modèle de l’État dont l’abstraction va grandissante, jusqu’au hiatus précoce que provoque la question de sa représentation. La problématique de la permanence des familles, des corps et du royaume, sera au cœur des questionnements, y compris dans sa dimension anthropologique, et jusque dans les apports techniques du droit privé. Même si la notion d’intérêt collectif se heurte constamment au primat lignager qu’entretiennent les régimes dynastiques, les droits de l’État ne sont pas nécessairement en contradiction avec les droits de la famille. Ils peuvent d’ailleurs en apparaître comme les garants, à condition qu’ils reposent sur des principes supérieurs et soient donc englobants. Les enjeux symboliques du droit public dynastique constituent ainsi une matrice d’intelligibilité d’un fonctionnement formant système ; ils sont par certains aspects les ferments de la modernité politique. C’est alors, de la sorte, dans la dialectique entre la nature des régimes dynastiques et l’affirmation d’un Etat qui déplace les priorités que portera l’analyse, laquelle sera principalement centrée sur la période des XVIe-XVIIIe siècle, dans un dialogue constant entre historiens et juristes, mais ne se privera pas d’ouvrir vers d’autres champs de la recherche.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – sur demande de l'étudiant
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – sur demande de l'étudiant

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis

Niveau requis : Masters, doctorants, chercheurs


Compte rendu


Après une année presque blanche en raison des grèves et de la pandémie de Covid-19, le séminaire a repris en novembre 2020 sur le même thème.  Il s’agissait d’interroger la nature dynastique des régimes monarchiques au regard de la modernité politique. Cela supposait d’examiner la contradiction entre une organisation centrée sur la personne du roi, sa famille, sa maison, son patrimoine, et l’affirmation d’un État dont l’abstraction implique une publicisation de ses représentants.

Organisé en trois temps, l’enseignement a d’abord porté sur la conception juridique et la pratique politique de la famille royale. L’inscription de cette dernière dans une histoire longue des théories monarchiques suppose la prise en charge des membres de la dynastie jusque dans son rapport avec le domaine royal. Dès lors, la forme des alliances souveraines, mais aussi la rédaction des contrats de mariage, engagent très directement les héritages pensés comme patrimoniaux et rattachés à la couronne. Toutes ces questions ont occupé les quatre premières séances, avec un détour par la littérature en guise de contrepoint à travers le personnage fictif de Lord Peter, laissant apparaitre les capitaux d’une aristocratie anglaise rêvée dans l’œuvre de D. L. Sayers.

Une deuxième séquence s’est attachée à examiner plus en détails certains aspects de la construction idéologique du régime. Laura Viaut a ainsi présenté le dossier d’Étienne Baluze face à la lutte des grandes familles féodales opposées à l’affermissement du pouvoir royal, en montrant toute la difficulté à démêler le vrai du faux dans une affaire de falsifications relative à la maison d’Auvergne. Aurore Causin est revenue sur les débats concernant les lois fondamentales sous le règne de Louis XIV, en soulignant l’instrumentalisation d’un thème politique qui consistait bien davantage à penser la succession royale qu’à définir la nature fondamentale des principes de dévolution du trône. Cela ouvrait, finalement, sur le problème des lois fondamentales comme expression d’une constitution « coutumière » pour la France d’ancien Régime, et Arnaud Vergne en a proposé une analyse à travers le rôle tenu par la succession dynastique dans la construction du concept de constitution.

Le troisième volet du séminaire a consisté à élargir la perspective en ouvrant à d’autres horizons géographiques. À partir des Indes de Castille, Alain Hugon a montré les relations entre l’émigration hispanique, la richesse monarchique et les intérêts dynastiques, tandis que Julie Ozcan traitait du régime ottoman afin d’expliciter le fonctionnement d’un régime dynastique polygame jusque dans les liens qu’entretenaient entre eux les membres de la famille régnante. Le Saint Empire romain germanique constituait un autre pôle de réflexion, et Christophe Duhamelle a démêlé la complexité d’un système impérial où il n’existait qu’une autorité supérieure, laquelle restait pourtant liée, voire subordonnée, aux princes électeurs, ce dont témoignent aussi les politiques matrimoniales de ces Grands. Le séminaire s’est ensuite achevé en abordant les questions de maternité, avec les naissances royales et leurs implications ; puis de paternité, Marta Peguera Poch analysant les multiples références, dans le droit privé et public, au père comme « petit souverain », et à la famille comme organe de l’État à partir du thème cher à Jean Bodin.

Il est à noter que toutes les interventions se sont déroulées en visioconférence, ce qui a conduit à quelques modifications dans l’économie des séances. La communication par écrans interposés ne favorisant guère les prises de parole, le temps consacré aux débats a été considérablement réduit au bénéfice d’exposés plus longs, mais moins discutés.

Publications
  • « La représentation dans le cérémonial monarchique : manifester l’absence », dans La représentation avant le gouvernement représentatif, sous la dir. de Samuel Hayat, Corinne Péneau et Yves Sintomer, Presses Universitaires de Rennes, 2020, p. 75-96.
  • « La reine en ses terres : l’exemple de Catherine de Médicis » dans Nel solco di Teodora. Pratiche, modelli e rappresentazioni del potere femminile dall’antico al contemporaneo, sous la dir. de Maria Teresa Guerrini, Vicenzo Lagioia et Simona Negruzzo, Franco Angeli, 2020, p. 180-190.
  • « Quelles frontières entre public et privé ? Réflexions à partir du domaine royal », dans Frontières, seuils, limites. Histoire sociale des catégorisations, sous la dir. d'Isabelle Backouche, Fanny Cosandey, Marie-Elizabeth Ducreux, Christophe Duhamelle, Elie Haddad, Laurent Joly et Mathieu Marraud, L’Atelier du CRH, n° 21 bis, 2020, en ligne : https://doi.org/10.4000/acrh.10678  (traduit en anglais dans L’Atelier du CRH, n° 22 bis, 2021, en ligne : https://doi.org/10.4000/acrh.12036 )
  • « Les ducs et pairs sous Louis XIV : montrer sa puissance ou craindre de déchoir ? La contestation lors de l’entrée solennelle de 1660 » dans L’expérience du déclassement social, France-Italie, XVIe-premier XIXe siècle), sous la dir. de Jean-François Chauvard, Michela Barbot et Stefano Levati, Rome, École Française de Rome, 2021, p. 83-99.

Dernière modification : 2 juin 2020 20:14

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société État et politiques publiques Famille Histoire Histoire du droit Institutions Patrimoine Politique
Aires culturelles
Europe France
Intervenant·e·s
  • Fanny Cosandey [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Pierre Bonin   professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

En raison des circonstances exceptionnelles de l’année 2019-2020, le séminaire reprendra la  réflexion sur les rapports entre régimes dynastiques et modernité politique. Il s’agira de sonder l’écart entre une organisation politique fortement incarnée dans la personne et la maison du Roi, et le modèle de l’État dont l’abstraction va grandissante, jusqu’au hiatus précoce que provoque la question de sa représentation. La problématique de la permanence des familles, des corps et du royaume, sera au cœur des questionnements, y compris dans sa dimension anthropologique, et jusque dans les apports techniques du droit privé. Même si la notion d’intérêt collectif se heurte constamment au primat lignager qu’entretiennent les régimes dynastiques, les droits de l’État ne sont pas nécessairement en contradiction avec les droits de la famille. Ils peuvent d’ailleurs en apparaître comme les garants, à condition qu’ils reposent sur des principes supérieurs et soient donc englobants. Les enjeux symboliques du droit public dynastique constituent ainsi une matrice d’intelligibilité d’un fonctionnement formant système ; ils sont par certains aspects les ferments de la modernité politique. C’est alors, de la sorte, dans la dialectique entre la nature des régimes dynastiques et l’affirmation d’un Etat qui déplace les priorités que portera l’analyse, laquelle sera principalement centrée sur la période des XVIe-XVIIIe siècle, dans un dialogue constant entre historiens et juristes, mais ne se privera pas d’ouvrir vers d’autres champs de la recherche.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – sur demande de l'étudiant
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – sur demande de l'étudiant
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous

Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis

Niveau requis : Masters, doctorants, chercheurs

  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 17:00-19:00
    du 19 novembre 2020 au 20 mai 2021

Après une année presque blanche en raison des grèves et de la pandémie de Covid-19, le séminaire a repris en novembre 2020 sur le même thème.  Il s’agissait d’interroger la nature dynastique des régimes monarchiques au regard de la modernité politique. Cela supposait d’examiner la contradiction entre une organisation centrée sur la personne du roi, sa famille, sa maison, son patrimoine, et l’affirmation d’un État dont l’abstraction implique une publicisation de ses représentants.

Organisé en trois temps, l’enseignement a d’abord porté sur la conception juridique et la pratique politique de la famille royale. L’inscription de cette dernière dans une histoire longue des théories monarchiques suppose la prise en charge des membres de la dynastie jusque dans son rapport avec le domaine royal. Dès lors, la forme des alliances souveraines, mais aussi la rédaction des contrats de mariage, engagent très directement les héritages pensés comme patrimoniaux et rattachés à la couronne. Toutes ces questions ont occupé les quatre premières séances, avec un détour par la littérature en guise de contrepoint à travers le personnage fictif de Lord Peter, laissant apparaitre les capitaux d’une aristocratie anglaise rêvée dans l’œuvre de D. L. Sayers.

Une deuxième séquence s’est attachée à examiner plus en détails certains aspects de la construction idéologique du régime. Laura Viaut a ainsi présenté le dossier d’Étienne Baluze face à la lutte des grandes familles féodales opposées à l’affermissement du pouvoir royal, en montrant toute la difficulté à démêler le vrai du faux dans une affaire de falsifications relative à la maison d’Auvergne. Aurore Causin est revenue sur les débats concernant les lois fondamentales sous le règne de Louis XIV, en soulignant l’instrumentalisation d’un thème politique qui consistait bien davantage à penser la succession royale qu’à définir la nature fondamentale des principes de dévolution du trône. Cela ouvrait, finalement, sur le problème des lois fondamentales comme expression d’une constitution « coutumière » pour la France d’ancien Régime, et Arnaud Vergne en a proposé une analyse à travers le rôle tenu par la succession dynastique dans la construction du concept de constitution.

Le troisième volet du séminaire a consisté à élargir la perspective en ouvrant à d’autres horizons géographiques. À partir des Indes de Castille, Alain Hugon a montré les relations entre l’émigration hispanique, la richesse monarchique et les intérêts dynastiques, tandis que Julie Ozcan traitait du régime ottoman afin d’expliciter le fonctionnement d’un régime dynastique polygame jusque dans les liens qu’entretenaient entre eux les membres de la famille régnante. Le Saint Empire romain germanique constituait un autre pôle de réflexion, et Christophe Duhamelle a démêlé la complexité d’un système impérial où il n’existait qu’une autorité supérieure, laquelle restait pourtant liée, voire subordonnée, aux princes électeurs, ce dont témoignent aussi les politiques matrimoniales de ces Grands. Le séminaire s’est ensuite achevé en abordant les questions de maternité, avec les naissances royales et leurs implications ; puis de paternité, Marta Peguera Poch analysant les multiples références, dans le droit privé et public, au père comme « petit souverain », et à la famille comme organe de l’État à partir du thème cher à Jean Bodin.

Il est à noter que toutes les interventions se sont déroulées en visioconférence, ce qui a conduit à quelques modifications dans l’économie des séances. La communication par écrans interposés ne favorisant guère les prises de parole, le temps consacré aux débats a été considérablement réduit au bénéfice d’exposés plus longs, mais moins discutés.

Publications
  • « La représentation dans le cérémonial monarchique : manifester l’absence », dans La représentation avant le gouvernement représentatif, sous la dir. de Samuel Hayat, Corinne Péneau et Yves Sintomer, Presses Universitaires de Rennes, 2020, p. 75-96.
  • « La reine en ses terres : l’exemple de Catherine de Médicis » dans Nel solco di Teodora. Pratiche, modelli e rappresentazioni del potere femminile dall’antico al contemporaneo, sous la dir. de Maria Teresa Guerrini, Vicenzo Lagioia et Simona Negruzzo, Franco Angeli, 2020, p. 180-190.
  • « Quelles frontières entre public et privé ? Réflexions à partir du domaine royal », dans Frontières, seuils, limites. Histoire sociale des catégorisations, sous la dir. d'Isabelle Backouche, Fanny Cosandey, Marie-Elizabeth Ducreux, Christophe Duhamelle, Elie Haddad, Laurent Joly et Mathieu Marraud, L’Atelier du CRH, n° 21 bis, 2020, en ligne : https://doi.org/10.4000/acrh.10678  (traduit en anglais dans L’Atelier du CRH, n° 22 bis, 2021, en ligne : https://doi.org/10.4000/acrh.12036 )
  • « Les ducs et pairs sous Louis XIV : montrer sa puissance ou craindre de déchoir ? La contestation lors de l’entrée solennelle de 1660 » dans L’expérience du déclassement social, France-Italie, XVIe-premier XIXe siècle), sous la dir. de Jean-François Chauvard, Michela Barbot et Stefano Levati, Rome, École Française de Rome, 2021, p. 83-99.