UE363 - Santé et big data

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Histoire des sciences et des techniques Informatique et sciences sociales Numérique Politiques publiques
Aires culturelles
Transnational/transfrontières

Depuis peu, le domaine de la santé voit poindre un grand nombre de données numériques de natures extrêmement diverses, par exemple les bases de données de l’assurance maladie (SNIIRAM) qui sont dorénavant « ouvertes », les données de séquençage du génome de nouvelle génération, l’ensemble des capteurs qui permettent à chacun d’accumuler des données personnelles, de nouvelles enquêtes épidémiologiques de taille inédite. Cette « mise en données » ou datafication, qui porte sur des données très hétérogènes, facilement circulables et de grande taille, n’est pas naturelle mais le produit d’une activité sociale.  Elle a aussi de très nombreux effets sociaux.

Ainsi, la capacité à utiliser ces données nécessite de nouvelles compétences et des outils intermédiaires qui transforment le champ et les rapports professionnels. Qu’il s’agisse d’experts dont les compétences sont reconnues depuis peu ou prennent une importance nouvelle, comme les biocurators, les bioinformaticiens, les biostatisticiens, ou de savoirs profanes comme ceux dont font usage par exemple les adeptes du « quantified self » ou les malades atteints de maladies rares, tous transforment les rapports de pouvoirs professionnels en place et en particulier questionnent la centralité des médecins et du diagnostic médical dans le champ.

Plus largement encore, ces données sont susceptibles de transformer à la fois les pratiques de santé et les politiques de santé publique. D’une part les effets de redistribution entre sphère publique, sphère privée et production de savoirs sont importants. D’autre part des acteurs privés organisés autour de ces données (les compagnies d’assurances, les laboratoires, et les acteurs du champ numériques – les géants GAFA comme les jeunes pousses) négocient de nouvelles positions. Enfin, les usagers/utilisateurs/patients apprennent au quotidien à se voir diffractées en une multitude d’informations stockées dans des bases de données diverses et à les réutiliser pour eux-mêmes personnellement et comme individus collectifs.

Toutes ces transformations ont fait naître un grand nombre de promesses, souvent naïves, concernant leurs effets dans le domaine médical. Le séminaire se propose de ne pas croire à ces promesses, mais d’étudier les transformations des champs de la santé opérées par leur datafication en s’appuyant sur des enquêtes terrains, qui documentent et analysent les pratiques observées et les évolutions que les données engendrent dans des situations concrètes. Le séminaire s’intéresse aux lentes et laborieuses transformations engendrées par ces réels acteurs sociaux que sont les données numériques.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

  • Emmanuel Didier [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Madeleine Akrich   professeure, Mines ParisTech /
  • Catherine Bourgain   chargée de recherche, INSERM / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Éric Dagiral   maître de conférences, Université de Paris /
  • Christophe Prieur   maître de conférences, Télécom Paris /
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Après discussion avec les enseignants

Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    annuel / mensuel (3e), jeudi 15:00-17:00
    du 15 octobre 2020 au 17 juin 2021


Intervenant·e·s


  • Emmanuel Didier [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
  • Madeleine Akrich   professeure, Mines ParisTech /
  • Catherine Bourgain   chargée de recherche, INSERM / Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, sociétés (CERMES3)
  • Éric Dagiral   maître de conférences, Université de Paris /
  • Christophe Prieur   maître de conférences, Télécom Paris /

Planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    annuel / mensuel (3e), jeudi 15:00-17:00
    du 15 octobre 2020 au 17 juin 2021


Description


Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Action publique Histoire des sciences et des techniques Informatique et sciences sociales Numérique Politiques publiques
Aires culturelles
Transnational/transfrontières

Depuis peu, le domaine de la santé voit poindre un grand nombre de données numériques de natures extrêmement diverses, par exemple les bases de données de l’assurance maladie (SNIIRAM) qui sont dorénavant « ouvertes », les données de séquençage du génome de nouvelle génération, l’ensemble des capteurs qui permettent à chacun d’accumuler des données personnelles, de nouvelles enquêtes épidémiologiques de taille inédite. Cette « mise en données » ou datafication, qui porte sur des données très hétérogènes, facilement circulables et de grande taille, n’est pas naturelle mais le produit d’une activité sociale.  Elle a aussi de très nombreux effets sociaux.

Ainsi, la capacité à utiliser ces données nécessite de nouvelles compétences et des outils intermédiaires qui transforment le champ et les rapports professionnels. Qu’il s’agisse d’experts dont les compétences sont reconnues depuis peu ou prennent une importance nouvelle, comme les biocurators, les bioinformaticiens, les biostatisticiens, ou de savoirs profanes comme ceux dont font usage par exemple les adeptes du « quantified self » ou les malades atteints de maladies rares, tous transforment les rapports de pouvoirs professionnels en place et en particulier questionnent la centralité des médecins et du diagnostic médical dans le champ.

Plus largement encore, ces données sont susceptibles de transformer à la fois les pratiques de santé et les politiques de santé publique. D’une part les effets de redistribution entre sphère publique, sphère privée et production de savoirs sont importants. D’autre part des acteurs privés organisés autour de ces données (les compagnies d’assurances, les laboratoires, et les acteurs du champ numériques – les géants GAFA comme les jeunes pousses) négocient de nouvelles positions. Enfin, les usagers/utilisateurs/patients apprennent au quotidien à se voir diffractées en une multitude d’informations stockées dans des bases de données diverses et à les réutiliser pour eux-mêmes personnellement et comme individus collectifs.

Toutes ces transformations ont fait naître un grand nombre de promesses, souvent naïves, concernant leurs effets dans le domaine médical. Le séminaire se propose de ne pas croire à ces promesses, mais d’étudier les transformations des champs de la santé opérées par leur datafication en s’appuyant sur des enquêtes terrains, qui documentent et analysent les pratiques observées et les évolutions que les données engendrent dans des situations concrètes. Le séminaire s’intéresse aux lentes et laborieuses transformations engendrées par ces réels acteurs sociaux que sont les données numériques.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

Après discussion avec les enseignants

Réception des candidats
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Pré-requis
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